« LA TRUFFIERE » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE SOUS/VERRE 50X70


« LA TRUFFIERE »

NIALA

2021

ACRYLIQUE SOUS/VERRE 50X70

Le chemin menant à la réunion de familles

Du cercle de ses arbres sort le chien

Les petites-maisons blanches qui sont restées en arrière gardent la clef du mystère

Aux griffes les pierres racinent le délicieux fumet

J’ai marché sur le côté de ton trottoir face à la mer et en silence

Ô Femme

Inspiré d’autant de vent que d’averses sur les lieux de sécheresse

Un oiseau toujours branché sur la lanterne des toitures

Prêt à écrire de sa palette au contact du jour

Le non-figuré du lieu pour l’impression du ressenti

Les pierres qui restent des traversées sortent de l’herbe où elles se tiennent debout

Certaines couchées dans le milieu du patio entre les jarres

L’abeille de garde

Fidèle amante qui se tient au mât des senteurs, en équipage indéracinable

Depuis le sol aéré pour donner à naître au milieu du cercle que l’âne tourne à pleins seaux

Une seule fleur dans le centre triangulaire me tend sa truffe en levant le manteau de la cheminée

Il pourrait y avoir encore plus de batailles que l’amour que j’éprouve ne sortirait pas de mon clos

Abimé et laissé pour compte à l’érosion de l’enceinte.

Niala-Loisobleu – 24 Décembre 2021

LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 14


LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 14

Je sais l’image qui symbolise le mieux ce qu’est la vie ; c’est celle de la mer

Elle montre son immensité par le petit bout de la lorgnette

Que tu nages, surfe ou passe sur n’importe bateau, ce que tu en vois n’est que la plus infime partie

C’est profond au possible la mer

Au point qu’il se passe tout par en-dessous

Le monde de son silence ne connaît pas d’équivalent

Et la mer question de faire face c’est en tout supérieur

Aujourd’hui j’ai passé la nuit dessus, bercé par des pensées venant se frotter sur son fond. Quelle bonne nuit dans le sourire et l’entretien avec mon Capitaine

On parle à nouveau de jauge

De quoi rire

Imagine ce qui va balader ce soir. En matière de divine naissance le Covid va ventiler ses faire-part en pleine incontinence

Ainsi se présentent les choses à partir du moment où elles passent par la direction humaine, faut satisfaire (à l’aide de moyens contraires) le but poursuivi surtout s’il a rien à voir

Oui la vie c’est la mer, ça ne monte pas en avant l’essentiel. Le vague fait son shaker en remuant plus de puéril que d’essentiel. Ben j’ai navigué en plein milieu à partir de mon rivage et en restant dans ses côtes sauvages à mesurer comme l’attachement reste le plus solide bateau

Je suis né l’oeil ouvert sur l’amour, je mourrai en ayant pénétré dans ses pièces les plus reculées et marche après marche. Parce que ça monte toujours plus abrupt.

Niala-Loisobleu 24 Décembre 2021

RACINES – CATHERINE RIBEIRO


RACINES

CATHERINE RIBEIRO

Je ne crois pas en Dieu
L’infiniment Puissant
Parce que je crois en l’homme
À son vol en suspens.Je crois au grand soleil
Qui réchauffe la terre
À l’hymne de l’éveil
Au ventre de ma mère
À la vie sacrement
De sueur et de sang
Aux larmes de l’amour
À l’arbre du secours.Je ne crois pas en Dieu
L’infiniment Puissant
Parce que je crois en l’homme
À son vol en suspens.Et je crois au grand vent
Qui souffle nos mémoires
Au saint du temps présent
À l’issue provisoire
Aux germes du printemps
Aux courbes de l’été
Au regard transparent de l’être tant aimé.Je ne crois pas en Dieu
L’infiniment Puissant
Parce que je crois en l’homme
À son vol en suspens.Et je crois aux mystères
De nos âmes en sursis
Aux fragments de la chair
De nos corps insoumis
Aux chemins de la croix
Qu’il nous faut supporter
En l’absence de la foi
Qu’il nous faut retrouver.Je ne crois pas en Dieu
L’infiniment Puissant
Parce que je crois en l’homme
À son vol en suspens.

Catherine Ribeiro

Source : Musixmatch

Résultats Web

Jacques Bertin – Un Grand Châle Lilas


Jacques Bertin

Un Grand Châle Lilas


D’abord un grand châle lilas
Sorti du fond de mon grenier
Pour tes épaules gelées
Et puis un grand collier de glands
Récoltés en des chemins
Après la fin de leur saison
Après la fin de nos chemins

Et puis un grand peigne de bois
À l’heure où le vent te revient
Tes mèches sont désemparées
Une seule bague à ta main
Pour laquelle j’aurais plongé
Au fond du puits d’un vieux couvent
Et tu me donneras ta main

Un vieux cheval compréhensif
D’une étable de Moncontour
Et devant moi tu es grimpée
Un sentier oublié des hommes
Un chemin au long des vergers
Une reinette un peu fripée
Pour croquer au long des chemins

Une barque sur un canal
Un enfant le long du halage
Dans une blouse démodée
Et puis les herbes de l’étang
Et puis les reflets de l’étang
À l’heure où remonte le froid
Et où nous allons nous baigner

Nous irons par le froid
D’une saison passée
Où tout renaîtra
Vêtus de vieux habits
De vieux moments d’un autrefois
Comme le feu renaît des braises
Comme la fleur perce-gel

AU SEIN DE MES PAUMES


AU SEIN DE MES PAUMES

La grande chemise, la petite culotte

l’herbe son grain de folie

le broc plein de tes cuisses où je remplis la cuvette de ma boucjhe

cet oiseau que rien ne bafoue

le pain qu’on casse

la dilatation de la grosse veine

sa brune couronne

le brûle-parfum de tes menthes

la balançoire de tes seins

sur la chaise du piano en colonnes l’avenir debout

jusqu’au ventre l’embrun enfonce son clou

tout à coup ses arbres androgynes

du caillou guérissent l’errance

frémis pour le mobile de la croupe chevaline

il y aura de la farine pour le peint

j’ai rêvé que l’enfant déshabillait ses billes du sac des méchants

au joint du lit de pierre le limon pose son foetus en sédiment

pourquoi refaire le monde quand tu offres la traversée du lit de la rivière à l’estuaire

ce qu’ils m’ont dit de mal de mon oeil n’altère pas la promenade à ne rien perdre de ton cor

j’ai les doigts vers

la commode ouverte au plus secret des tiroirs je reconnais ne rien valoir en dehors de toi

me coupe en quatre dans tous les sens sans tronçonner l’arbre.

Niala-Loisobleu – 9 Décembre 2021

ACCROCHE-COEUR


ACCROCHE-COEUR

Laurier grimpeur

ce gris qui grouille réclame de l’arôme au ban de la crémaillère

Quelques dalles pour caler les chenets retiennent la flamme contre la fourrure

Par l’aisselle ouverte s’échappe alors le désordre du défilé de mode désuet

Sous la jupe jupe longue d’une couverture où la cuisse s’enrhume, je devine que le chat s’asphyxie

La lumière toussote

Arrive alors en génération spontanée le nom attendu d’une fleur blanche à bonne température

Pendant qu’il ne cesse de pleuvoir cette tristesse de remplissage de bassine bascule en gouttière

Couleur d’anémone elle allonge sur la table son catalogue de voyage pour partir en été de l’autre côté du globe.

Niala-Loisobleu – 9 Décembre 2021

L’ARBRE A SOIE ET SES MENTHES


L’ARBRE A SOIE ET SES MENTHES

A l’intérieur des fourmis les poussières disparaissent au profit du grain roulé au moulin

Don Quichotte s’étant fait son propre assureur

Ses seins sont crédibles à loger le premier dieu venu en exil

Qui sait cet arbre à soie, a le pouvoir d’entrer dans l’absolu puisqu’il en devient le sésame

Quant aux menthes il arriva un dimanche par derrière ce complément idoine pour l’extase

Quand de son regard elle penche ça balance accroché à la plus forte branche

Portique d’un père-boulanger c’est au jardin faire entrer la future herbe en moquette

Une flèche noire qui pique dans les tomates passe comme un chien, Barbara-la-Clématite en grimpe à la buée des étoiles

Il y avait aussi une foi et l’heureux vécu de l’illimité hors-d’âge

Ce qui permit aux spermatozoïdes de faire de leurs enfants des Ernesto-vivants

La poésie sortie du scolaire put ainsi faire face à la pauvreté de langage et agrandir son verger de parution salvatrices

Vous remarquerez que l’abeille à gauche s’est logée

et la rose en ruche, droite dans ses bottes

Les vents taillent quand à eux l’itinéraire du retable par la corniche du rail, ta langue en bernique à la mienne, entrelac des doigts

La Femme et l’Enfant mes fruits aujourd’hui à peindre.

Niala-Loisobleu – 8 Décembre 2021

DE L’ANNEAU TENU


DE L’ANNEAU TENU

Que de mots passent sur l’inutile esquif

l’amer est trop indigest pour qui le surf n’a pas d’attrait

La bouche que j’préfère ma parlé d’anneau au début d’un jour

que le seoir vienne et s’allume

Je lui pocherai l’oeil d’un suçon

après des pinçons à la large fraise que l’aréole cultive

Il me tarde de revenir peindre d’une seule parole ce roulis.

Niala-Loisobleu – 8 Décembre 2021

L’ACCORD DES ON ET LE REFUS DE SE RENDRE


L’ACCORD DES ON ET LE REFUS DE SE RENDRE

Marchant d’un feu follet dans le vieux cimetière, la peur que je ressentis de mourir me vint en croisant ces monuments funéraires d’une prétention aussi laide qu’indécente

Imagine la pauvre luciole qui arrive à poil devant un tel étalage d’orgueil

Mais comprendras-tu que cette gêne ne provienne pas d’une absence de costume ?

J’allais plus loin aussi vite que je pus, la navette entre moi et ma façon d’être n’était pas revenue de faire pisser le chien

Nous nous assîmes sur un pierre renversée que l’herbe fleurissait de son bon comme du mauvais et la pensée philosophique me tira les cartes pour me faire la bonne aventure

A quoi bon vivre à espérer s’il n’y a rien à attendre, me dis-je ?

Le chien me serpilla le regard d’un coup d’employé de surface scrupuleux de son ouvrage

Pourquoi attendre de quelqu’un qui attend de recevoir au lieu de donner sans préméditer?

Le plus gros du quiproquo vient de cette erreur d’observation

J’en suis l’impardonnable fautif depuis le commencement pour n’y avoir jamais rien changé

Seulement le refus de se rendre est autrement plus louable dans ce foutoir où tous les trafics se foutent des règles pour satisfaire l’égo en premier

Si le soleil est à vendre, j’en arrive à penser que dans l’ombre se trouve une forme pure de lumière…

Niala-Loisobleu – 28 Novembre 2021