BANDE L’ARC DE TA LANGUE PAR JACQUES IZOARD


BANDE L’ARC DE TA LANGUE PAR JACQUES IZOARD

Et ce délire déjà déchiré du mouchoir et du sperme, et l’odeur des affûts : la main, dans le bras creux, cherche l’hiver, le fou rire.
On grandit malgré soi dans l’oreille des vigies.

Ce que l’on dit de bleu fait mourir les filles.
Aimons jarres et parfums.
Marchons nus dans les rues.
Les maisons qu’on abat, faisons-en des navires.

Langue en langue.

Le doigt sur la bouche.

Affame.
Femme.

Blé bleu du chaos verni,

je t’incendie.

Dix clous sans tête

et je meurs à l’envers.

Incertain venin des nages.

Belle enclume de
Babel

dont je cache les marteaux.

Je m’insurge et vomis :

fleurs et bourreaux bourrus

m’enferment ici.

N’étemue qu’un vizir nu,

qui balbutie, qui lapide.

Le corps: maison de salive où des jambes multiples laissent trace, empreinte, où des mains de cent doigts effleurent le verre mince de l’œil ou du poignet.
Que meure la hâte des battements du cœur !
Que le bon liquide circule et soit suave!
Tout le vêtement des veines, cachons-le sous la peau.

Nous voici désossés, lancinants, languissants et meurtris.
Et nos bris de verre nous assaillent.
Et nous crispons poings et flottilles.
Le nerf aigu de l’herbe avive en nous paresse et pâmoison.
Cachons les épaules dans les grands miroirs.
Blé d’embolie dans le mille.
Ou serpent voyageur des abîmes.
Ainsi, ce ne serait que l’intérieur d’une coquille d’œuf : y loge un poing fermé.
Mille pattes le roulent en moi, qui n’ai pas de ventre.
Et j’use de mon droit de canaille, je souffle dans tous vos orifices et je vous enduis de mes liquides amers.
Réjouie, la dentellière se perd dans sa dentelle.
Je m’égosille dans la sueur; nos vitres vitrifiées, quel marteau les brisera?
Quel poupin me nargue?
Quel pantin me foudroie?
Quel jasmin me séduit?
Quel aveugle entêté me bande les yeux?
Quel bandit de bonheur m’étrangle?
Qui m’arrache langue et doigts?
Le nain
Vertige.

Jacques Izoard

LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 21


LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 21

Au bout de la Route 21, va commencer la 22

le soleil se signale pour accompagner le défunt . Peut-être pour se faire bonne conscience, il a pas suivi la règle pour en faire plus à sa tête qu’au respect de ce qui va de l’avant

Mais les choses partent de plus qu’on les soulève toujours trop tard loin, on en parle quand ça sert plus à rien

Alors honneur au soleil

Le monument qui le glorifie : cette Femme habillée d’histoire est beau comme Olivia se déplaçant dans ma pensée dans les rues de Moscou. Autour d’elle la musique élève le Bolchoï dans l’élan d’un entrechat plus félin qu’une conquête politique sortie à la traque de nouveaux territoires

Ton sourire, Olivia a ce rose de l’anémone qui boit l’atmosphère pour en jouir comme de la caresse la plus sensuelle qui peut tendre les seins comme un arc pour se transpercer l’entrechat précisément.

Je ne marche pas, je peins mais pas immobile. Propulsé d’un coup vers la Maison Bleue de Frida. Déplacement en barque à Mexico, Des mariachis tombés des cascades de fleurs vers la porte des arènes où l’Espagne a gravé sa culture pour qu’on comprenne la richesse de sa langue révolutionnaire. Autre chose que la jésuitique coloniale cul bénie

Elvira est en cuisine, l’épice de son art va d’un poêlon de terre aux oignons qui pendent de l’haleine du plafond. La dernière écriture de sa main, remue encore l’herbe de la chambre à coucher retenue par les amants

Ainsi je garderai de ce qui va sortir la partie à mettre dans la suite. Tout n’est pas à jeter dans le ben des hésitations du quotidien

J’aime pas les voeux. Mais ça ne m’empêche de souhaiter le bien de l’humanité

Riez l’intelligence artificielle vous épie. Je vous embrasse toutes et tous.

Niala-Loisobleu – 31 Décembre 2021

DU BOUT DE LA LANGUE


DU BOUT DE LA LANGUE

Goût fouaillé du bout du né le sel garde son cône

D’un carreau trempé d’un autre soleil que la vanne se garde en marais

Une lune égarée par l’ambition se prend dans le tapis sa culotte de cheval, honni qui mal y panse

Par le fronton de l’orangeraie le dernier quartier du fruit en refusant la tête des morts comme seins bols ne sèvrera pas la vie

La souplesse du nichon attelée en double au rebondi de la chute de reins elle remplissait les greniers ma charrette. Il n’y a pas de vain de garde pour la cave, comme de truffe au gland d’une cagouille

Plus vive qu’un embrun au sortir du goémon charnu de l’anse de la Pointe Espagnole au coeur de la côte sauvage cette nervure de la feuille non arrachée du fruit prend le large

L’oiseau dégaine et hisse sa couleur au gibet du chevalet dans l’avalé des Reines.

Niala-Loisobleu – 28 Décembre 2021

LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 15


LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 15

L’odeur de pichpin prend mon impression au moment où la première entre dans la pièce. Elle a dans l’oeil cette évasion qu’ont la crète des vagues lorsque rien ne les arrête. Et puis cette fleur qui les chapeaute comme un jardin qui ne respecte pas les allées rectilignes me dit quelque chose. Elle lui lui colle comme une complicité pas cachée, mais pas forcément saisie dans le dessin. Avant que je sorte faire courir le chien, les dynkies-toys tournaient autour de la maison de poupée. Il y a forcément dans tout ce manège un truc qui doit expliquer le regard qu’elles s’évitent d’avoir pas forcement par hasard

Voilà trois fois que le vent déplace la fumée du train sans lui faire quitter le quai, il est évident que ça n’est pas aujourd’hui que le soleil reviendra pour que nous allions sur l’impériale caresser les nuages. Cette dernière semaine de l’année a du mal à digérer. Trop de remords sans doute

Voilà qu’elle murmure à son oreille

Le chat s’étire sur le palier du premier

Sur le coup de cinq heures quel conseil vont-ils nous donner ?

J’aimerai trouver la haute-laine à tisser l’odyssée. Lâche le cheval à la sortie des curies il pourrait faire en sorte de piquer des deux.

Niala-Loisobleu – 27 Décembre 2021

« MERCI POUR LES JOURS HEUREUX » – JACQUES BERTIN


« Merci pour les jours heureux »

Jacques Bertin

Merci pour les jours heureux
Merci pour la joie sans ombre
Merci pour la joue des cieux
Pour la jeunesse des mains

Pour l’âge qui s’ouvre en deux
Comme une allée dans les nombres
Merci pour les jours heureux
Merci pour la joie des mains

Pour la genèse du bleu
La robe dénouée de l’aube
Jetée d’un ange des cieux
Dans un mouvement des reins

Merci pour les jours heureux
Et la gorge des colombes
Ce beau fruit ouvert en deux
L’âge qui saigne son vin

Les mots jetés dans le feu
Les mots comme une crinière
L’âge à bouche que tu veux
Le mors que tu mords si bien

L’âge jeté dans le feu
L’âge comme une crinière
La bouche d’or des aveux
Et la proue large des mains

Les mots pêchés dans tes yeux
Mes mains plongées dans l’eau claire
Et balafrant le ciel bleu
Un messager, col ouvert

Merci pour les jours heureux
Le rire des cantinières
L’éclaireur piquant des deux
Rayant le front de l’hiver

Merci pour les jours heureux
La rivière volontaire
L’arrivée dans les cheveux
Et le rire à livre ouvert

Merci pour les jours heureux
Pour la proue des canonnières
Pour la rafle des enjeux
Et la mine à ciel ouvert

L’espoir, les montagnes bleues
La bataille des frontières
L’homme dressé sous le feu
Qui se bat à découvert

Merci pour les jours heureux
Ta voix, comme une bannière
L’ombre sur la joue des cieux
La caresse de ma main

Merci pour le mal qui vient
Merci pour le soir qui tombe
Mes mots sombrés dans ta main
Mon espoir perdu en mer

Merci pour le mal qui vient
La fête morte dans l’aube
L’or échappé de mes mains
La blessure sous la mer

Merci pour les jours heureux
Merci, pitié pour le mal
Merci pour les jours heureux
Mon mal

AU PORTANT TA PLEINE IMAGE


AU PORTANT TA PLEINE IMAGE

La bûche dans la cheminée pour consumer la farce et voilà la dinde à sa place

au bout d’un décembre recroquevillé en pied-de-lit

ambiance chambre de passe sa lanterne est en berne

J’arrache à l’houe l’épine du fakir en habit rouge et sa braise imitée pour te gratter de ce qui souffre d’abus

manière de t’amenuiser les restrictions prochaines

Le manteau tu te souviens je n’ai pas oublié ses fleurs, à poil dedans le printemps ne pouvait faire rougir que les menteurs, la mer elle s’en ballotait la pompe à chaleur, je le place au centre contre tes murs où je m’expose nature comme les galets de Dieppe dans leur peau

Pleine fleur l’oeil ourlera un autre soleil de solides poutres dans son torchis pour se faire la chaume en couverture au levé du chien

Cette musique des marées sous le kiosque du cri des oiseaux d’un départ à la manivelle

Rien que du beau !

Niala-Loisobleu – 26 Décembre 2021

REPRISE DE TROU AUX CHAUDS SETS


REPRISE DE TROU AUX CHAUDS SETS

Noël laissons-lui sa Vierge ignorante

nous avons le secret pouvoir du miracle par vouloir

comme à l’Epoque quand des Baléares la grotte faisait crèche

voici que je te r’offre les Strates Bleue 2 Ma

Là contre ta main

pour plus de détail en corps

Voilà l’enfant que le soleil enchante

Je vous en brasse !

Niala-Loisobleu

25 Décembre 2021

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STRATES BLEUES 2

Devant deux je le jure

plus qu’un jour étroit

aimer large

nous sommes en Décembre

ce soleil

trapu comme une armoire normande

tire la marguerite à lui

Si quelque vache à la corne venimeuse

elle est étrangère à la volonté de l’entrain de plaisir qui me penche à sa portière

Une petite robe noire sans appeau blanc

ses petits seins ronds comme un chapeau rouge

si t’aime pas ma couleur

prend le premier métro dès que ça remarchera

la grève est salubre…

Niala-Loisobleu

25 Décembre 2019

L’INFINIE PLAINE


L’INFINIE PLAINE

Ses menthes sauvages limant l’épine du cactus

portent le sabot dans l’écume au trempé du ventre

voici la vague venue par trois

la main posée sur la poignée de la porte

entends le coq tenir office au parking en toute sieste

comme pour combler le moindre espace de vide d’exigence de cette nature sauvage

« Piensa en mi »

Si tienes un hondo penar, piensa en mí.

Si tu as une peine profonde, pense à moi,

si tienes ganas de llorar, piensa en mí.

Si tu as envie de pleurer, pense à moi,

Ya ves que venero tu imagen divina

Vois-tu comme je vénère ton image divine,

tu párvula boca que siendo tan niña

Ton innocente bouche, qui est si enfantine,

me enseño a pecar

M’a appris à pécher.

Piensa en mí cuando sufras, cuando llores

Pense à moi, quand tu souffres,Quand tu pleures,

también piensa en mí

Pense aussi à moi

cuando quieras

Quand tu veux

quitarme la vida, no la quiero para nada

Ôte moi la vie, je n’en ai pas besoin,

para nada me sirve sín tí.

Elle ne me sert à rien sans toi.

Piensa en mí cuando sufras, cuando llores

Pense à moi, quand tu souffres,quand tu pleures

también piensa en mí, cuando quieras

Pense à moi, quand tu veux

quitarme la vida, no la quiero para nada

Quand tu veux ôte moi la vie, je n’en ai pas besoin

para nada me sirve sin tí.

Elle ne me sert à rien sans toi.

Piensa en mí cuando sufras, cuando llores

Pense à moi, quand tu souffres,quand tu pleures

también piensa en mí, cuando quieras

Pense à moi, quand tu veux

quitarme la vida

ôte moi la vie

Para nada

je n’en ai pas besoin

para nada me sirve sin ti

Elle ne me sert à rien sans toi.

Entre les lèvres du canyon garde le chemin sur la langue

La vie est à boire pendant qu’elle coule.

Niala-Loisobleu – 25 Décembre 2021

LE SAPIN MOSAÏQUE


LE SAPIN MOSAÏQUE

En secouant le tapis de sable je vais faire sortir comme un mouvement de palmes du ventre animé du désert

Dans la palmeraie tes seins au toi des casbahs me font l’effet du chameau qui meurt pas de soif

Les grandes tentes nomades sur la croupe des dunes la voilà la route de la soie sans mirages

Les toiles du sapin plus vivantes qu’une naissance de Noël sans manière de vouloir paraître, juste l’attachement à ce qui dure

Quand la datte aura passée rien n’empêchera la figue de célébrer au gré de sa volonté justifiée

Joyeuses nos ailes à tout le monde, dit l’alouette au faîte.

Niala-Loisobleu – 25 Décembre 2021