ACCROCHE-COEUR


ACCROCHE-COEUR

Laurier grimpeur

ce gris qui grouille réclame de l’arôme au ban de la crémaillère

Quelques dalles pour caler les chenets retiennent la flamme contre la fourrure

Par l’aisselle ouverte s’échappe alors le désordre du défilé de mode désuet

Sous la jupe jupe longue d’une couverture où la cuisse s’enrhume, je devine que le chat s’asphyxie

La lumière toussote

Arrive alors en génération spontanée le nom attendu d’une fleur blanche à bonne température

Pendant qu’il ne cesse de pleuvoir cette tristesse de remplissage de bassine bascule en gouttière

Couleur d’anémone elle allonge sur la table son catalogue de voyage pour partir en été de l’autre côté du globe.

Niala-Loisobleu – 9 Décembre 2021

ENTRAIN CORAIL (REPRISE)


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ENTRAIN CORAIL (REPRISE)

Juste ciel accorde

ton archet aux couleurs du Temps

un peu de musique de trottoir en bonnet dans ses oreilles

remettrait assez de roulement dans les billes de ma marelle

Mon carré de craie s’attache aux doigts des falaises dans une image d’Etretat

Monet-Monet

on dirait la guitare d’une étape de St-Jacques par la porte basse d’un autre trip

comme quand il y avait des couloirs aux grandes lignes des voyages de noces à Venise

et des couchettes dans les trains de marchandises

Toi émoi au coeur d’une meule en files de grues

de soupe à l’oignon…

Niala-Loisobleu – 31/01/18

RENCONTRE DICTAPHONE


RENCONTRE DICTAPHONE

Dans un coin la mer et dans l’autre la cloison de vers percée de trous par lesquels ils parlent en laissant l’entente s’échapper. Quelqu’un peut-il lui dire où ils veulent en venir ?

Elle s’est accrochée à l’oiseau assise à son bord

Cette chose inhumaine qui vocifère arrive même à masquer le phare tellement ça ne parle que pour elle sans savoir autre chose que son intérêt

Dès le matin un vol de coucous a squatté l’entrée de la plage pour revendiquer le droit d’asile dans un domaine qu’ils ignorent

Ils se plaignent

Rien n’est à leur convenance

Là où on aurait pensé voir des petites tortues casser l’oeuf, on ne voit plus que du crabe qui se piétine

Non Elle ne se pissera pas dessus, au fond elle est loin de se sentir battue

Dans le couloir la seule issue qui se dessine c’est la pendule qu’Elle ne quitte pas du regard

Ernesto rentre sur son tri porteur et l’enlève avant que le Samu intervienne

Elle respire, ça sent bon l’âne

Brave Ernesto

Il bouche le dictaphone pour lui laisser que le son et la couleur du rivage rédempteur

Sous le marronnier la marelle lève la patte, ça soulage…

Niala-Loisobleu – 9 Décembre 2021

RESONNANCE INTERNE


RESONNANCE INTERNE

Au bord du rein un mouvement fait écho

à Cologne dans son eau

Munch et les modernes de son tant exposent

J’entends venir son cri à Elle

en parenté ventrale sortir vainqueur de son investiture

La fenêtre revient dans le cadre verdoyant du jardin poser l’odeur du coeur

et du noyau où l’amande honorable descend de voyage, la dent s’enfonce et tient goût

Autant d’hirondelles qui s’apprêtent à migrer

il y aura de la pâquerette jusqu’au broutage des meuhs

et pis dans le sac à lait plus que du nécessaire à la baratte pour graisser la boulette à mettre aux moineaux

En la déshabillant pour qu’elle se voit telle, Edwward l’a centrée sur la réponse et non sur la question que ce monde jette à la volée

Dos tourné au couloir débouchant sur la Cour d’une monarchie des mots-creux où les enfants se croient autorisés à prendre la traîne

J’ai cri, dit-Elle.

Niala-Loisobleu – 8 Décembre 2021

L’ARBRE A SOIE ET SES MENTHES


L’ARBRE A SOIE ET SES MENTHES

A l’intérieur des fourmis les poussières disparaissent au profit du grain roulé au moulin

Don Quichotte s’étant fait son propre assureur

Ses seins sont crédibles à loger le premier dieu venu en exil

Qui sait cet arbre à soie, a le pouvoir d’entrer dans l’absolu puisqu’il en devient le sésame

Quant aux menthes il arriva un dimanche par derrière ce complément idoine pour l’extase

Quand de son regard elle penche ça balance accroché à la plus forte branche

Portique d’un père-boulanger c’est au jardin faire entrer la future herbe en moquette

Une flèche noire qui pique dans les tomates passe comme un chien, Barbara-la-Clématite en grimpe à la buée des étoiles

Il y avait aussi une foi et l’heureux vécu de l’illimité hors-d’âge

Ce qui permit aux spermatozoïdes de faire de leurs enfants des Ernesto-vivants

La poésie sortie du scolaire put ainsi faire face à la pauvreté de langage et agrandir son verger de parution salvatrices

Vous remarquerez que l’abeille à gauche s’est logée

et la rose en ruche, droite dans ses bottes

Les vents taillent quand à eux l’itinéraire du retable par la corniche du rail, ta langue en bernique à la mienne, entrelac des doigts

La Femme et l’Enfant mes fruits aujourd’hui à peindre.

Niala-Loisobleu – 8 Décembre 2021

DE L’ANNEAU TENU


DE L’ANNEAU TENU

Que de mots passent sur l’inutile esquif

l’amer est trop indigest pour qui le surf n’a pas d’attrait

La bouche que j’préfère ma parlé d’anneau au début d’un jour

que le seoir vienne et s’allume

Je lui pocherai l’oeil d’un suçon

après des pinçons à la large fraise que l’aréole cultive

Il me tarde de revenir peindre d’une seule parole ce roulis.

Niala-Loisobleu – 8 Décembre 2021

RUE DU VENT


RUE DU VENT

D’un côté des bateaux immeubles de croisières et de l’autre la rue des marchands, ça monopolise

Le vent porteur voulant jouir de vide

Cette pluie battante contre les vitres de l’atelier rend la peinture complètement monologue, En lisant ce matin une citation du Castor, j’ai eu un moment conscience d’être loin égaré comme un naufragé

Si je n’avais connu l’enthousiasme donné à l’intérêt, j’aurais pu croire que j’avais rêvé notre décadence. De voir la ruée vers l’hors je sens l’airain ramollir

Babel Gum

Le silence lui même passe aux catacombes dans le trou des goûts

Qu’est-ce que l’âme ?

un truc comme comme ma peinture qui garde pour Elle seule le tremblement de mon corps en l’absence absurdement préméditée de partage humaniste

Ma Muse, mon Île.

Niala-Loisobleu – 8 Décembre 2021

« LE FRUITIER » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE SOUS/VERRE 6OX80


« LE FRUITIER »

NIALA

2021

ACRYLIQUE

SOUS/VERRE 6OX80

Brins que balles poursuivent

d’un tir mortel

Cherchent leur grange en saison d’automne

Le peintre en filant un gilet de survie tire

l’haleine du doux tapis mordoré comme croyant au miracle de l’ocre

Des glycines pendues, par les jasmins vaporeux de parfum, les roses et les trémières que l’oiseau transplante, ourlent l’iris en plein bocage

Un regard allié des deux genres au creuset

Folie raisonnée

Le train au troisième sifflet tombe le chapeau et pénètre en résistance

Sillon s’aimait comme la nature s’était simplement organisée, sans nom de dieu consulter l’homme,

en proue dans ton estuaire notre bateau ne perdrait pas ses jambes

A l’enfant qui sème laissons le commandement

Petite-Mort t’es la Vie, l’Abeille

Niala-Loisobleu.

26 Novembre 2021

LES ENFANTS QUI S’AIMENT – PHILIPPE LEOTARD/ JACQUES PREVERT


LES ENFANTS QUI S’AIMENT – PHILIPPE LEOTARD/ JACQUES PREVERT

Les enfants qui s’aiment
S’embrassent debout contre les portes de la nuit
Et les passants qui passent les désignent du doigt
Mais les enfants qui s’aiment
Ne sont là pour personne

Et c’est seulement leur ombre
Qui tremble dans la nuit
Excitant la rage des passants
Leur rage, leur mépris
Leurs rires et leur envie

Les enfants qui s’aiment
Ne sont là pour personne
Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit
Bien plus haut que le jour
Dans l’éblouissante clarté
De leur premier amour

Les enfants qui s’aiment
S’embrassent debout contre les portes de la nuit
Et les passants qui passent les désignent du doigt
Mais les enfants qui s’aiment
Ne sont là pour personne

Et c’est seulement leur ombre
Qui tremble dans la nuit
Excitant la rage des passants
Leur rage, leur mépris
Leurs rires et leur envie

Les enfants qui s’aiment
Ne sont là pour personne
Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit
Bien plus haut que le jour
Dans l’éblouissante clarté
De leur premier amour

AUDITION


AUDITION

Des roses mêlés au bleu passent

en vert

et contre tout

Quand un regard fou se dresse sur sa tige

ces dentelles à mi-jambes

se prêtent à causer pour percer le brouhaha

Les parents se pressent plantés sur leur montre

ton regard s’accroche à l’heure du départ

Là en fond de jardin

ce grincement retenu du portail

J’écoute des fois qu’un trou dans la pluie arrête le trafic du manque d’intérêt

Puis plus pressant te tire sous la table dans ma marge

ouvrir le bouton de la lumière

Une marguerite serait venue dégrafer la plus grande gueule

Niala-Loisobleu – 25 Novembre 2021