La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Poursuivie par un crocodile arrivé là sans le moindre hasard, la libellule ayant décollée du Charles de Gaulle par le bac de 18 h 00 devrait arriver avant que la récession se couche
Nous sommes entrés dans l’austérité artistique d’une sensibilité qui fait totalement défaut aux influenceurs
Je peins pour survivre
en noir pour sauvegarder mon bleu oiseau et en ouvrant mes quat’yeux (les deux ordinaires et les deux qui lisent entre les lignes et au-dessus des g’noue de la combine)
Au désastre des chiffres où la dette s’aligne, seuls les canards en file donnent un repaire sentimental qui tire du goudron que la canicule déverse entre deux grêles sur la nature
J’ai connu l’abri des caves quand les sirènes rugissaient la nuit
puis quand ça été fini les orgiaques complètement jazziques de St-Germain-des-Prés pour se refaire une santé
aujourd’hui l’endive se montrant comme l’avenir, la musique redevient mélodie en sous-sol.
A la montée de la sève Je me suis greffé sur le bras Un rejet de cerisier Au bout des doigts Un pommier de Saint-Jean Sur la nuque un figuier Et maintenant j’attends les oiseaux.
Accroché aux tringles des branches le rideau des nuits se frotte les paupières, tandis que sous les tables les souris s’empressent de manger les miettes de sommeil. Je suis sorti promener des arrêts sur image vers 2 h, un bruit d’idées m’ayant tiré du lit. En entrant dans l’atelier je n’ai pas vu mon travail d’hier, il n’y avait pas de courant électrique, je n’ai rien peint depuis l’inventaire pour le legs. Entre un dialogue et une promenade ailleurs, on se retrouve parfois, le nez chaussé d’un autre regard sur le chemin pris la veille. Le bruit qui réveille vient justement du tableau qui appelle à la reprise après une gestation. Germination créative. Transit buccal au terminus intestinal de la tripe. Cette heure nocturne est propice, elle révèle mieux qu’en plein jour, les chemins qui ouvrent sur le but immatériel. Nous tournons au bout d’une ficelle comme un gigot d’agneau, accrochés pour un temps à un vieux manège installé sur une place intermittente de la terre . Cheval de bois qui monte et qui descend en compagnie du carrosse et des trois petits cochons. Sous l’action de la lune tout se met en place. Une autre marée est en marche, pleine de plancton frais, renouvelée d’autre écume, vigoureuse comme une jeunesse nouvelle. Ne laisser personne venir troubler cet instant de son éphémère. L’intimité est au point le plus élevé, je peux sans crainte converser avec ma folie. Est-ce le signe d’approche de la mort qui saisit les souvenirs en mémoire ? J’entends sourire la cabane comme un fait marquant… La plage est en musique. Les éclats de coquilles scintillent de leur nacre. Les messages du Télégraphe viennent se poser sur une prochaine palette. Voici le bleu, les ocres et les verts-résine, les jaunes-cabanes, des grands A pour l’inscription-maritime des barques. Faudra la tendresse du retour de migration pour le rose d’un jabot de moineau. L’amour est servi, ses deux seins sur le plat. La cabane est partie dans un autre quelque part de roses trémières et de pigeons ramiers, peut-être de godille à l’annexe pour échapper au corps-mort. Grande marée nous traversons à pieds pour joindre l’Île aux Oiseaux, quand l’ormeau baillera je le décrocherai de la mâchoire du rocher. La période du blanc bat les voeux en neige, jamais tant vu la page s’y mettre. Vomir quelque chose évacuerait la bile comme une écobuée du mental. Le cheval remue la tête en direction du vélo puis sort le caillou de la poche pour l’envoyer au carreau matérialiser ce sel en cône. C’est encore Dimanche normalement en horizon estival. Dans la maison règne un certain désordre dû à des pannes d’une croyance absolue.
1 Été, grâce fugace en ce rivage sont cachés. Patientes voici que vous errez libres du temps Amoureuses de vous à vous-mêmes laissées Femmes, lichens perdus lorsque vous y passez. En cet amour qui se dévêt d’aubes lassées O rivage, sur qui les matins sont des crimes ! Sables, qui dévoiliez vos plages vers des cimes. Et milans, souvenirs d’hier au ciel jetés !
2 Pays, lorsqu’au soleil s’établissent les pluies, Où les forges de l’eau brasent un arc-en-ciel L’homme projette après l’orage, sur le Sel Son ombre taciturne et son espoir sans bruit. Le silence avait fui l’ardente solitude Palmes ! Le jour désert ramonait sur les fleurs ; Toujours entre la peur et le désir, hésite L’amour blessé qui jonchera le jour. O nuit, pays de carnage d’opprobre, De larves qui sans fin prédisent leur futur Aux cieux où dort l’oiseau sempiternel.
3 Navires vous errez dans l’immobilité Seules vous retenez l’eau fruste sur vos reins, Lieu sur le rivage où le regard se fortifie. Craignez-vous l’aube qui glanait les champs d’orage Noyé las au linceul de la première voix, De boire l’eau qui broute à l’aurore les plages Et la terre trop tard en vous ensevelie ? Mort beauté gloire éternité ! labours Du semeur en l’espace étincelant, pour qui Le Sel vient à douleur et s’efface toujours.
4 Comme enfin la parole appelle votre absence Vous êtes mer, telle une infante, telle encore La femme, aux cases nocturnes lavant le sel. Mer apparue, veillée de jardins enfouis Votre visage déracine son oiseau, Plus haut que nues dilapide le blé des mers. Vergers, glaciers, argile impure qui fermente Sous l’écume voyez ce jour où je vous vois Visage devenu labour déshérité. O l’océan si calme, et calme, ce sous-bois ! Le jour y fait sombrer la Pâque son amante. Le soleil y repose en douces cruautés.
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