BRIBES EN UN SEUL MORCEAU


BRIBES EN UN SEUL MORCEAU

Accroché aux tringles des branches le rideau des nuits se frotte les paupières, tandis que sous les tables les souris s’empressent de manger les miettes de sommeil. Je suis sorti promener des arrêts sur image vers 2 h, un bruit d’idées m’ayant tiré du lit. En entrant dans l’atelier je n’ai pas vu mon travail d’hier, il n’y avait pas de courant électrique, je n’ai rien peint depuis l’inventaire pour le legs. Entre un dialogue et une promenade ailleurs, on se retrouve parfois, le nez chaussé d’un autre regard sur le chemin pris la veille. Le bruit qui réveille vient justement du tableau qui appelle à la reprise après une gestation. Germination créative. Transit buccal au terminus intestinal de la tripe.
Cette heure nocturne est propice, elle révèle mieux qu’en plein jour, les chemins qui ouvrent sur le but immatériel. Nous tournons au bout d’une ficelle comme un gigot d’agneau, accrochés pour un temps à un vieux manège installé sur une place intermittente de la terre . Cheval de bois qui monte et qui descend en compagnie du carrosse et des trois petits cochons. Sous l’action de la lune tout se met en place. Une autre marée est en marche, pleine de plancton frais, renouvelée d’autre écume, vigoureuse comme une jeunesse nouvelle.
Ne laisser personne venir troubler cet instant de son éphémère. L’intimité est au point le plus élevé, je peux sans crainte converser avec ma folie. Est-ce le signe d’approche de la mort qui saisit les souvenirs en mémoire ? J’entends sourire la cabane comme un fait marquant… La plage est en musique. Les éclats de coquilles scintillent de leur nacre. Les messages du Télégraphe viennent se poser sur une prochaine palette. Voici le bleu, les ocres et les verts-résine, les jaunes-cabanes, des grands A pour l’inscription-maritime des barques. Faudra la tendresse du retour de migration pour le rose d’un jabot de moineau. L’amour est servi, ses deux seins sur le plat. La cabane est partie dans un autre quelque part de roses trémières et de pigeons ramiers, peut-être de godille à l’annexe pour échapper au corps-mort. Grande marée nous traversons à pieds pour joindre l’Île aux Oiseaux, quand l’ormeau baillera je le décrocherai de la mâchoire du rocher. La période du blanc bat les voeux en neige, jamais tant vu la page s’y mettre. Vomir quelque chose évacuerait la bile comme une écobuée du mental. Le cheval remue la tête en direction du vélo puis sort le caillou de la poche pour l’envoyer au carreau matérialiser ce sel en cône. C’est encore Dimanche normalement en horizon estival. Dans la maison règne un certain désordre dû à des pannes d’une croyance absolue.

Niala-Loisobleu – 3 Juillet 2022

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