REFLEXION FAITE


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REFLEXION FAITE

 

Laquelle des deux, pendante

toute la journée,

se serait de l’autre

(lèvre)

détournée la première et du cours général, si…

se filant l’haleine aux quatre coins d’un troupeau de moutons à dessein contraire à leur nature profonde, oui si…elle avait démaillée  ?

Sachant qu’un mérinos noir vaut deux brebis blanches, que la mine du crayon est au fil aplomb la roseur des lus nets et qu’un Petit Prince vaut tous les rois, dites combien d’heurs sont contenus dans un élan irrépressible capable de renverser les plus mauvais pronostics ?

Ben de vrais aucuns, de faux des tas !

La vitesse de mon coeur chaussé de palmes augmentant considérablement le braquet, on devra prendre en compte l’effet proportionnel causé par le courant, selon qu’on choisira de le descendre ou de le remonter, à la manière d’une franc-comtoise, munie d’un balancier différant de ceux que les indonésiens mettent à leurs prao, pour pêcher le corail qu’on chercherait en vain au rail d’Ouessant.

Ces pluies, ce vent, ces contradictions et luttes fratricides, tristesses dépressionnaires d’une période pré-électorale m’ayant gonflé un max, je pense avoir davantage à gagner en pratiquant un changement radical,

pour étayer le bleu dans sa verticale.

On ne refait pas le monde, on y fait sa vie à soi.

Qu’importe la provenance des faillites, plutôt qu’en faire la morale, je crois plus constructif d’en bloquer la contamination personnelle. Comment mieux tenir sa parole d’aimer qu’en y restant actif ?

A vivre la vie est !

Niala-Loisobleu – 11 Décembre 2016

 

AZULEJOS


AZULEJOS

Suie

bistre comme s’enfume

 qui conduit à courir sur les Toi pour prendre l’erre

d’un couloir qui se cherche une sortie

par la n’importe laquelle de tes entrées qui s’rait pas fermée

ou verte

tu sais plus bleue que t’abats blond

bitume blues pas trop couard

pour s’décrasser les poumons

en se r’soufflant dans l’cornet

 pour se r’jouer un by b’hop

youp là boum

qui f’rait en faim sauter l’bouchon !!!

N-L – 10/12/16

 

COURTOISIE DE LA FATIGUE


COURTOISIE DE LA FATIGUE

Saluons l’arbre, ô l’homme vertical,

Ses feuilles ; ses cheveux au vent de la vie,

Mais l’homme couché est plus près de la terre

Qui ne confie ses secrets qu’à l’oreille.

C’est pendant l’orage que l’arbre se plie

Vers le sol, mais les nuages déchaînés

L’empêchent d’entendre la voix de terre, et quand la foudre

Fait de lui un être horizontal, il est trop tard.

Le songe ne visite pas le téméraire, l’homme debout,

Et la mort demande une grande douceur. L’allongé

Connaît la noble courtoisie de la fatigue,

Son corps est l’ornement à la mesure de la terre.

Mais les multitudes au repos, dominicales

Formes étendues au bord d’un fleuve,

La tête comme un coquillage, remplie de l’écho

Qui vient des couches profondes où sont les ossements,

Les voici prêtes aux visions, les voici calmes.

Le sommeil leur confie ses flûtes de cendre

Car elles savent que ni la mer énorme ni la flamme

Ne pourrait les soustraire aux ordres de la terre.

Vous rêveurs, vous hommes horizontaux qui attendez

La femme à la beauté immuable, la mort,

Saluts à vous, couchés dans le sable ou la boue,

Vous, gloire des navires au fond des océans.

Bientôt en vos bouches pleines de terre les paroles

Seront ces touffes d’herbes transplantées avec le sol

Quand les racines fines trouveront vos ancêtres

Et les clés d’os ouvrant la porte des nuages.

Ilarie VORONCA

(in Les Hommes sans Epaules n°16, 2004).

 

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Faction du muet


Faction du muet

Les pierres se serrèrent dans le rempart et les hommes vécurent de la mousse des pierres. La pleine nuit portait fusil et les femmes n’accouchaient plus. L’ignominie avait l’aspect d’un verre d’eau.

Je me suis uni au courage de quelques êtres, j’ai vécu violemment, sans vieillir, mon mystère au milieu d’eux, j’ai frissonné de l’existence de tous les autres, comme une barque incontinente au-dessus des fonds cloisonnés.

René char
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Et puis, beaucoup plus nombreux
je me suis trouvé uni, souvent copté, à la lâcheté d’autres êtres, vivant à contresens de mon concept, sans doute m’ont-ils fait vieillir, le mal n’est jamais anodin, mon étrange générosité insubmersible ne leur ayant pas laissé loisir de me torpiller, le Bleu de mes mots-peints, poilus du pince ô, m’a tenu au-dessus du fiel de la pute de vie qui radasse en pleurnichant, pas à plaindre puisque ouvrière accomplie de son malheur.
Niala-Loisobleu – 8 Décembre 2016
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PLAN Ô SEC


PLAN Ô SEC

Avant m’aime que sa main

se soit posée sur la crémone

son flux sanguin

visitait ses deux hémisphères

L’apporte fenêtre grande ouverte

et les jets radium en pleine floraison

faut s’remuer l’erre

et pas qu’un peuh

Psittttttttttt

impair impasse

fais-toi la paire

et gare anse

atmosphère, atmosphère

caillot dégagé d’l’hôte aile du nord

Circule y a rien avoir

à la sein marre teint

quand l’amour se taire

à quoi serre les bras

se dit-il,

j’vaux mieux qu’un raccourci

de bretelle

Une langue qui haletant de rin

ça étouffe à raser

de baisers baîlle au nez

Laisse ton ambulance au garage

et à pieds enjambe c’te panne de secteur

gagne le mas sage du coeur

là où l’ô live

les abeilles s’font pas passer pour des scies gales

viens fourres m’y !!!

Niala-Loisobleu – 8 Décembre 2016

Man Meditating on a Rock at the Beach --- Image by © Royalty-Free/Corbis

 

GERALD BLONCOURT


EXTRAITS

La colère
est en moi
je hume l’existence
je me heurte
aux fils de fer barbelés
de la désespérance
je franchis les ruisseaux
boueux de l’inquiétude
Martissant, Carreour-feuille,
Bizoton, Jérémie, Jacmel,
Pétionville, Port-au-prince,
l‘Ile de la Gonave,
bruissants de misère
L’azur est en folie
Tout se mêle
S’entrecroise
Et se noue
Je sonde l’espace séculaire
Ce brassage de peuples
Qui fil sonner le glas
Du sordide esclavage

Je dis à la jeunesse
Aux yeux-diamants
luisants d’espoir
Aux cohortes affamées
des bidonvilles
aux créateurs
peintres
poètes
écrivains
L‘heure est venue
De dire NON
aux imbroglios
des politiciens véreux
aux corrompus
aux assassins

Le jour se lève
en ma mémoire
Les « CINQ GLORIEUSES » de Janvier 1946
Ont offert au Monde
Un sursaut salutaire

Haiti d’infortune
des tremblements de terre
tes enfants sont là
Kampé ! Debout !
Je crois en tes vertus
En vous
Nouvelle générations
Je crois en ce renouveau cosmique
De Liberté, d’Égalité et de Fraternité

Je dis Merde à l’Espace
Je crie mon mot d’ordre
« Kembe fèm ! pa lagé ! »

Salut à vous
mes racines profondes
mon doux parlé créole
mes cassaves, boborits
rapadou, mes rorolis,
mes pisquettes grillées
mon choux palmiste

Salut à vous Furcy
Kenscoff, le Morne Bourrette
Le Massif de la Selle

Salut à vous
Dessalines, Toussaint Louverture,
Héros de l’Indépendance

Salut à vous Jacques Roumain, Jacques Stephen Alexis,
Gérard Chenet, René Depestre
Et tous les autres

Je m’incruste dans les rues démembrées
Je soude espoir et certitude
pour bannir l’obscurité.

 Gérald Bloncourt

29 novembre 2016

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gerald-bloncourt

Gérald Bloncourt

bloncourtblog.net

CHEVALERIE


CHEVALERIE

La nuit à cheval sur le jour

pose sur la lune

mes sabots en clair-obscur

 L’eau tisse un voile de rosée

pour faire front au paysage aride

A l’orée des claires dans la baillée des huîtres

je n’irais pas commémorer  la perle des coquilles vides

Cette côte me voulant plus sauvage encore

que la faune et la flore d’une diversion imposée

mon concept de l’amour reste lié à la quête du graal

Les arbres tremblent toujours en premier

en réception souterraine du plus intime de la racine

infiltrée par la le rugissement des lions

Je n’enfouis pas les chevaux et les bisons

d’une fresque laissée par l’Homme

à 36.000 années de là

dans l’espoir de retrouver la vie

au souffle d’Amour de tes seins

Terre aux ocres rouges

charbonne-moi de sanguine

et pose-moi en Amazone

sur le trait d’une sarbacane

chantant des couleurs de plumes avides d’aimer

Pour que Toi

Tu sortes de ton sommeil artificiel

Libre de corps comme d’esprit…

Niala-Loisobleu – 7 Décembre 2016

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LACUSTRES


LACUSTRES

D’un tremblement indicible, la maison court de long en large

au plus reculé du village Que d’années à se sortir de l’arrière-cuisine

Retournant la chambre d’amour de fond en comble,

loin des enfouissements des pilotis

qui pourtant,

contre toutes apparences,

continuent à nager

nous visons la rive

L’odeur de jasmin s’entête à escalader le tertre.

Est-ce par l’alchimie des peaux retournées,

par l’élargissement des brisures à corps défendant,

ou par la brûlure des zéniths décalés,

que du clocher le coq sonna ce jour après qu’il se fut levé ?

Rien en particulier, tout

chez Soi

est à prendre ensemble

pour désengorger.

Des glacis transparents, liquéfiés aux écoulements internes

la couleur se débat pour reprendre

matière

éclat

lumière

vigueur

et rejoindre d’un bond la main d’un esprit commun

qui élargira les fissures par où évacuer

les accommodements de tons rabattus imposés par l’Académie…

Entre deux eaux, deux aiguilles face à face

pendulent

en croisant le faire d’un cap et d’épais, vent à tâtons.

Tandis

que paisiblement grimpés sur le récif,

les traits mis ensilent pour deux mains…

Niala-Loisobleu – 6 Décembre 2016

 

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LE RUBAN BLEU


LE RUBAN BLEU

Alors que les néons cédaient l’espace aux étoiles,

me sembla-t-il

voir bouger, sur la pente du Toi, le chatoiement d’une pensée. Sentiment plus chaud. Signal d’un vouloir dire. J’entre en lit  dans tes bras.

J’ai dessiné un coeur à la pointe de ton sein

Sentis ton ventre ronronner entre mes doigts

empreints de peau, mes yeux ont rejoint notre ponton

Des mèches de brouillard en se laissant peigner par l’eau

ont démêlé le silence pour nouer le ruban bleu

Niala-Loisobleu – 6 Décembre 2016

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