La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
c’est juste reconnaître la faiblesse des jambes pour rester debout
Voilà l’heur pour tout
Continuer à peindre seul compte
l’Atelier a toujours secondé pour exposer
Niala-Loisobleu – 28 Janvier 2022
PRESQUE EN DEHORS DU CIEL, ANCRE ENTRE DEUX MONTAGNES
Presque en dehors du ciel, ancre entre deux montagnes, le croissant de la lune. Tournante, errante nuit, terrassière des yeux,
pour compter les étoiles dans la mare, en morceaux.
Elle est la croix de deuil entre mes sourcils, elle fuit. Forge de métaux bleus, nuits de lutte cachée, tourne mon coeur, et c’est un volant fou. Fille venue de loin, apportée de si loin, son regard est parfois un éclair sous le ciel. Incessante complainte et tempête tourbillonnant dans sa furie, au-dessus de mon coeur passe sans t’arrêter. Détruis, disperse, emporte, ô vent des sépultures, ta racine assoupie. De l’autre côté d’elle arrache les grands arbres. Mais toi, épi, question de fumée, fille claire. La fille née du vent et des feuilles illuminées. Par-delà les montagnes nocturnes, lis blanc de l’incendie je ne peux rien dire! De toute chose elle était faite.
Couteau de l’anxiété qui partagea mon coeur c’est l’heure de cheminer, sur un chemin sans son sourire. Tempête, fossoyeur des cloches, trouble et nouvel essor de la tourmente, Pourquoi la toucher, pourquoi l’attrister maintenant.
Ah! suivre le chemin qui s’éloigne de tout, que ne fermeront pas la mort, l’hiver, l’angoisse avec leurs yeux ouverts au coeur de la rosée
J’aurai du mettre l’air en flacon peut-être que le sel aurait gardé la chanson de marin sur l’A de l’embarcadère
A l’encre se tend l’orin les haubans cliquètent en suivant des yeux le tourbillon des mouettes . Sur les pavés que la pluie fait briller des sépias sont restés sous les casiers qu’en sortira-t-il un corps mort où le n°5 ?
Voilà le coefficient qui monte jours de grandes marées annoncés les estrans remonteront la jupe des vagues jusqu’au haut des cuisses du rivage
A découvert l’enfoui en faisant surface dira la vraie couleur du fond sans l’habillage des mots qui dissimulent la vérité le silence jauge l’exacte profondeur de l’expression orale
La plage étend tout son corps à la rencontre de l’horizon en question…
Niala-Loisobleu 19 Janvier 2015
On est d’ici et nulle part. Tu te souviens Mon Capitaine ? Petit-Frère est-ce pour ça que tu es parti devant avec tes dix-ans de moins ? Un rivage que t’as gardé de côté à l’anneau a du finir par te retenir au mauvais moment que l’amour t’avait fait. L’Homme peut pas vivre sans et il arrive pratiquement jamais à le garder à partir du premier. Faut repartir. Voilà comme quoi je pense que pour assurer faut amarrer sans descendre à quai. La poésie n’en pâtira pas. Comme je disais à Ana, la Philosophe ce matin ce qu’elle dit elle, est la vérité, mais la vérité à dire est pas toujours bonne. Alors on fait appel au poète pour soigner avec des mots menteurs le côté cruel de la vie. Faut qu’on sache prendre soin de nous comme des autres.
Du coup j’ai eu besoin d’une promenade avec toi Mon Capitaine
Dis-moi dans les abysses ça va comment , ça change aussi ?
Les savoyards logent dans la maison croquée. Comme l’étain.
le cuivre est sourd :
cruches et tabatières
en témoignent. Passe ton chemin.
porteur de coquilles.
Ensemble de tracés, de clameurs.
Les genoux ont des coussins.
La sombre, en son poivre,
est fagot de sureau,
blancheur mourante.
On ne peut que voir
à petit feu.
On ne peut qu’annoncer
la langue et sa manœuvre.
Nerfs dont on ne sait ni le nom, ni le chemin, ni la rivière fluide, nerfs de laine ou de foin, nerfs, je vous appelle. Vous longez, silencieux la main, la jambe. C’est le cœur qui vous tient serré dans sa lumière.
Cri mâle ou parole qu’on jette aux ajoncs ! Souvent, le souvenir. Souvent, la récolte. Quinquets et sabots sont dérision.
Grondeur intègre et bleu. Les plantes et les veines emmêlent tiges et cheveux. J’arrive au sommet du mont : le clocher dressé, la fièvre. Opaque devin qui me traîne. Les pirogues ont des mains papelardes et des éboulis muets. J’élève l’élève, et la langue, en ce moulin moelleux, fait figue, fait flèche. Et c’est le démêlé très doux qu’on suppose en la cosse.
Vin chantant. Toupie. Lave l’œuf à grande eau. Bonnet de laine ou grain de blé. Bon sabot plumé. Ou orge, ou gorge. Ou orme assouvi.
Maisons de papier, de foin, où vivent ensemble arbres et mulots, voici vos villes, vos étreintes La poutre et le carreau ont mille raisons de craquer, de fendre toits et portes. Au jardin, le linge prend feu pâle, capture en vain papillons ou mains.
Tout est bon : le lierre, les murs gris, le feu franc, les lèvres et les jambes. Nous irions voler, dès qu’aube tombe, chats et bestiaux, femmes sans langue. Et je marche à travers les souches mates, les sapins, comme endormi, palpé sous la peau, animal sans ombre.
Le doux appareil frotte le linge contre la main. Et nous sommes sûres de voir muscles et tendons. Fallait-il amincir la peau fine et les ongles ?
L’œil sans cloison n’étouffe qu’une clarté sans famille. Me voilà dans l’épaule. Me voilà dans le talon qui claque ou qui ronronne. Partout, les mains dorment, frêles et liquides, dans le geste enfermé d’un dormeur bleu.
Touche toutes les armes
l’orange et la chaux,
la douleur très ronde
où l’œil est un puits,
le genou dodu, la châtaigne.
On verra le pays
vivre dans la querelle
du charbon repu.
L’écureuil poursuit jabots ou crécelles. Claque un cabaret ! Mon timon noir ameute les filles, les femmes. En chandail jacquard, je fais le jade, franchis l’éventail du coq et du pou.
Chacun des bras, chacun des doigts. Y compris la cuisse et le genou, la maison, le papier, l’enclume, et l’odeur ovale des arbres, le lait qu’on avale. Papiers à grandes jambes dans le ruisseau vert. Repas de grenouilles. Jambes courtes du sang, jacquemart bleu d’amblève, amande en langue de chat. J’allonge en vain le cœur jaune: jambe de bois n’ose.
Bourgeons ronds, menus grains
dont l’œil s’emplit.
Et c’est la pluie
dont nous aimons
les liens, les pattes,
les boules de nerfs.
Déjà, plumes et châtaignes
font rouler l’ombre :
on dirait qu’un soleil
meurt noyé,
qu’un enfant court
dans le parfum des aulnes.
Oubli gelé de la sève très blanche, l’hiver. C’est ici le lieu, la rotonde. C’est ici le lieu. Nul ne se cherche un visage : flots de givre en mon ventre, flots d’étoffe, de graines, ou de grains coupés en deux. Les enfants font des rondes, avalent des poignards. Mettront-ils à feu et à rêve le home des voleurs ?
Langue avide vers le couloir que défend la herse aux oiseaux froids. Déluge emplumé des yeux, dédale de doigts très fins. Dans la maison ronde, l’arc du borgne, touche le cœur.
Nous vivions de laine,
de crayons de couleur,
d’eau fraîche, d’estampes.
Les fenêtres en papier
n’étaient pas des tambours.
Nous aimions le candi, la cannelle,
les femmes sans bras,
les garçons sans regard.
Muscles doux et volés
sous la peau qui caresse
la peau, qui coupe
le souffle.
Court projet des doigts,
des dents à la carie.
Salve de salive !
Donc, tu vis, tu choisis
la maison détruite,
ses poutres, ses mannequins,
l’empire de la main nue.
Péroné rouge, te voici, long sous le gel, outil de longue taille, cassé deux fois, vers midi. Enfant de petit doigt, nous aimons ta nage et clamons à cris nus : feu logé ! vaste neige !
J’avoue qu’un ouvrier serre le plus grand talon, conserve un outil bleu le plus longtemps possible. Vive épreuve, action de neuve envergure, où l’arbre est debout dans la bouche du parleur.
La main laisse à la main la paume et les dix doigts, la femme ou l’étendard. Viens à moi, fileuse, fille sans recours… L’épaule gauche est la bosse du deuxième cœur.
Coupe en quatre lèvres et cheveux : l’épingle est visitée, le sabot parle bas, le chemin fait le tour de la chambre et du cœur.
Langue à vendre
ou œil sourd
dans un panier d’aveugle…
Et va la veine
au cœur.
Et dort le dormeur
dans le poing, dans l’oiseau.
Le feu volé, je le donne à ce parleur dans une maison vide, à ce marcheur très doux dans une forêt touffue. Et je coupe les ciseaux. Je ne tranche pas le cou de la femme que j’aime.
Connais-tu le figuier? La clarté sans couture vit dans la bouche. C’est la femme endormie qu’il faut suivre: la rivière l’assouvit, la très pâle enchantée, muscade en son parfum, l’éveillée sans retour.
Jetais cavalcade ou sel pur dans le chemin des veines, le chameau de l’aiguille ; forêt, je salue tes étais, tes papiers fondus. À mamelon entier, je préfère demi-sabot, quenouille, ou grenouille dans la bouche: c’est soleil, c’est fracas d’eau nourrie de viviers, de vive nuit, de vin clair qu’on a bu dans les fermes, au fond des puits glacés, claquant dents et scies; marchez vivants, enfants de laine, dont les yeux sont jouets de cerises, et caressez goupils et filles. Orée des cheveux. Orée des mains, des chemises. Mentirai-je sur les doigts? Je fuis à courte paille au sommet des maisons.
Carcans et châssis font ténèbres. Chassent la peau, la neige, et j’essaie de retenir bras d’enfants, chenilles, paupières dans cette chambre où, finalement, tout se joue: le vivre à perte d’œil, le nourrir en son melon, le grossir en cette potiche gardeuse de billes, de pièces de monnaie, de fragments d’ongles de jade ! Exulte le chant très franciscain. De l’attente enfiévrée, je sors très pâle et seul, près des ciseaux primaires. Des masses de foin fondent. On entend les osselets crisser, les drapeaux coudre leurs couleurs.
Car si je scie le doigt, je scie le feu, la flamme femelle du corbeau: anis, cannelle, pépins, levain, radis, poivre, voilà plus qu’il n’en faut pour survivre en ce cocon touffu. Tout fait farine à Iveldingen. Je me souviens: j’essuyais les cheveux, les vitres, les carreaux, les verres laissés à terre, que les bafouilleurs avaient oubliés. Et nos enfants juteux marmonnaient maints embrouillaminis; lève un seul sabot: la houe rouille. Fourre de papier le mannequin que tu portes sur le dos, tel un nain tatoué, un frelon nu qu’on châtre sous le préau. Allonge un long membre dans la maison des doigts: lave le va-et-vient qui meurt dans la mort.
Coquin vêtu de vert, je t’embrasse en tes balafres, et te crie: scie les mains et les sabots, et cherche en ton chien les plumes ennuagées. Viens avec moi: la peau tire les genoux vers les yeux ; je tue le feu, le linge où vit le plat papillon du front, les charbons délavés des veines, les pupilles mates des bambins qui vont à l’école. Et je me dresse, et je hurle à la hâte les indistincts mots du pus noir. Voile, voile l’orage, l’organisation des pas du sable et du bois. Rêveur chaud que la menthe assouvit, vis ici parmi les encres et les chiffons et les fragments de peau; pulpes, verrières, plantes grasses, émaux n’étoufferont pas la petite femme dans la savonnette.
Opaque lointain. Montagne en neige. Le papier noyé boit les mots où la femme en lèvres fend le cuir dont tu sais les tendons, les mortes frondaisons. Mirabelles dans des paniers de lin; fleur d’amandier dans l’œil. De quel époux se séparer? Je touche outre. Au-delà des doigts, l’orfraie ou la haie fïleuse et ses chemins poudrés ou pointus, qui vont vers les étangs piles, les miroirs gredins, les puits vengeurs, d’où sortent des brassées d’enfants minuscules. Ah! Sommet de nos centaines de vitres, de nos moleskines, de nos trajets coupés en huit. Février est un homme court. Les doigts pendus aimaient les doux vernis d’Isabelle en gris, les cœurs de jade ou de Jacques.
Ma campagne passe par l’œil dont tu cousais l’étoffe, la blancheur canaille, la prunelle. Et les cloutiers rêvaient. Et les dormeurs, appuyés aux échelles, aha-naient. Fruits duvetés des pommiers, la coque est pleine. Hors d’ici, voleurs de filles; qui secondera les bras courageux de l’hyène et les efforts du grand cheval bleu?
Pourvu que j’écrive «froidure» ou «demi-sentier» ou «carcasse» ; haute givrée, la voici onglée sous l’œil jeune et je ne sais lui parler, mangeant les mots qu’elle donne, hurlant «scalpel» , matins ouverts dans une maison, dans un oursin, dans une espagne à l’envers, où le nalôn se sert de mes mots. Je juge un juste espoir. Je pends le papier à l’aide d’un croc. La main prend peur si le fruit rapetisse ou gagne le grenier vrai des filles qu’on engrosse, qu’on veut toucher demain dans la dent, toujours à l’intérieur.
Puisque claques font ténèbres, jeu de peuple en naufrage. Ouvrier de bonne menthe, je sais que tu m’aimes. Eclate. Suis la poutre et saute à travers l’œil glacé de la poule ou fais semblant de l’enivrer, lucide. Je suis l’odeur de mon odeur, corps déraciné qui naquit de mon ombre, dans la foulée d’un incendie qui marche à pas de sang dans mes membres, et mes vertèbres, et mes épaules fragiles.
Et voici l’astuce, le terrain mou des yeux, des regards de glu sous la table. Hésitez, soyez plus noir que l’horloge éventrée dans des jardins engloutis. Je marche et suis vieillard. Je marche dans le parleur orange, dans l’oreille immense d’un parc de vitres, où chaque plante sort d’un œuf. Hurle ou ne hurle, tu verras des maisons sur le flanc, des enfants d’orge, qui viennent voir leur mère dans le ventre de ta mère.
A sombre venue, je lisse la chambre et suis organe de noir massage à travers maints ouvriers les pieds cassés, les moignons bien vivants dans des guêpes et des encriers nus, dont j’étais le sauveur. Perpétue la trace et le fol enjeu, damne et cloue, laitier bébé que je tatoue, que je traverse d’une masse argileuse, avec mes aigrefins, mes vautours pointus, mes cadenas enveloppés de laine. À qui dirai-je que j’écris pour écrire un seul mot qui me tient à jambe?
Arrache à foudre sans demain le glas poilu de l’œil: déjà tu te sers des mâchoires pour avaler l’œuf premier, puis la langue, et des milliers d’amandes, dont le goût te traverse, hors du toucher rêche. Prunelles ou baies par tombereaux, assaillez-moi ! Pitié, poux ou arbres de noir rejet, vierges carnages ! Je dirai demain que je pars vers vos étraves, prêt à déchirer les jutes, les ganglions, les estomacs, les tissus somptueux des jaunes d’œuf, dans le dédale sec du palais d’os que ma main possède. Et je suis ici dans chaque cri qui coupe en deux la nourriture. Ave.
Village dont on se sait brisé ou gourmand. Je lance à bonne vitesse un flacon d’orange et je dors dans le village de mes épaules, dans le village de mes jambes, dans le village de mes yeux, dans le village de mes cheveux, dans le village de mes ongles que je regarde souvent. Ongles sans Pyrénées, sans vains parloirs : êtes-vous là, étiez-vous là sans histoire, quand on me demandait d’entrer dans la prison Saint-Léonard, poupée bouffie de son ?
Bois à goulée le citron, la neige, le thé. Je n’écris pas, je mange à poings perdus dans ma vie effilée, fil tendu de l’ongle, où des cerfs lèchent un peu de bon sang pendu. Je m’insurge à chaque rondeur du corps où mes mains inondent une douleur de grenade, un bon sens évidé: luxe ou taillis, réminiscence, plan d’eau vaine, plan de verveine à chaque étage. Au grenier, je nage entre les os norvégiens des enfants. Je saute et diminue de clarté, car le tambour que j’ai aimé m’engrange et m’endors roulé dans un grain de sel.
Petits souliers mous, je vous aime, puisque je vis à Halbachermuhle, dans un moulin creux, qui croît le long des aulnes, à Amblève, où sont mes blancs parents, de longs chemins enroulés dans les jambes. Quatre caisses de bois craquent, et mon cœur, mon corps allègent le feu qui palpe une dernière fois les hanches des branches, les landaus muets de quelque châtelain cru. Navigateur béni, crois-moi, je tiens à courts bras l’orfraie dont les plumes poissent le col ; ma femme plie le linge enneigé, les plies, les soles, dans l’armoire en noyer. Incestueux promeneur, mange ton ombre et grave, ce mardi, ton nom et le mien dans le cuir peureux, dans l’écorce mate. Mille phalènes sont dans les yeux ; les fourmis, dans les jambes, ont des genoux minuscules, et nous économisons notre regard en ne le posant qu’où nos lèvres se posent, sur le chemin chevelu de Meyerode.
Glotte où petits oiseaux me font mourir de cris. Sont, sont ainsi longs doigts de pied ou jouets de couleur pour de nègres oranges. L’étouffement de la paume a permis le voyage : le voyeur est caché dans la dernière phalange et casse tout : les yeux qu’on gardait pour le bon regard, les pieds bots empalés. Ah! juristes sans vérité, que faire? J’oins les parties de mon corps de liquide douceâtre et de miel et suce enfin arbres et robinets. Passe, garde à cheval, et ne me crois pas. Je vis le remous à l’intérieur du cœur et ne suis ici qu’en demi-voyageur.
Bête à bête. On dit bien qu’on ira battre une panse à pleines mains, cacher dans la fontaine un gigot de velours, voler le cœur gonflé d’un garçon très noir, dont les muscles en sommeil n’ont pas de nom, n’ont que fièvre sans foudre, ou jardin épais. Je suis joyeux ; ceci me donne un remontoir de papier, puisque je vais à la campagne faire mûrir les tambours, récolter les rivières ou lécher l’eau pure, compter les grains moussus, les cerises cerise.
Précédant le passage de la fin Décembre, dans l’achèvement de 2021, les ouvriers du destin dans mon équipage menaient l’ouvrage à son lancement
Comme toujours avant, dans les mouvements que l’Art révèle, on voit arriver un grand vol d’oies sauvages à la pointe du jour
Rien ne bouleverse en apparence les repères ordinaires
C’est au-dedans que tout s’opère, parce que le moment est venu. On est prêt pour le voyage. La vie va tourner la page lue pour en écrire une nouvelle
Le tableau signé n’a jamais fini de dire
La peinture sèche pas la signature
Cette nuit comme un père qui sait que l’accouchement est en cours et qui suit des yeux la mise au monde de l’enfant, son visage futur lui apparaît et prend forme au rythme des contractions de sa femme. Deux souffrances s’accompagnent dans leur spécificité propre. L’enfant symbolique de cette naissance arrive résolut
Les yeux grands ouverts baignent le visage de lumière
La part personnelle augmente
Il y a dans le vide collectif, un plein personnel qui renvoie dans la montagne croire au mystère du soleil.
Les creux du fossé butent à la grosse pierre servant de robinet à la source, retenant la distribution demandée
Combien d’attentes abritent en réfugiés dans leur camp
le broc nomade n’assure que les navettes entre ici et l’eau de là
Aller paître à la verdeur de son herbe locale sans être sage demeure plus clair, celle d’ailleurs à toujours plus d’alinéas en tous petits caractères. Sans pinailler sur le nombre de pétales des marguerites de l’une ou l’autre, je m’en bats l’oeil vu que les fleurs que je peux peindre sont d’une autre sorte florifère
De tige grimpante aussi bien à l’horizontale du moment; ma fleur s’avoue verticale par son origine philosophique, espèce de printemps des poètes qui régulait les crues, les coulures de boue par terrain si bien assis qu’aujourd’hui on a du mal à croire au sentiment sincère
Combien d’abri pour le bétail a vu pousser l’agrandissement de la ferme par adjonction familiale d’un corps de bâtiment au fil du premier jour à la fin de la deuxième guerre mondiale ?
Les batteries de poulets et le veau sous l’amer ont arrêté l’inventaire en gardant un nom qui ne correspond plus à autre chose que le fric: le patrimoine
La pente finira par se rattraper et se foutra tout par terre
Déjà dans la Mancha Don Quichotte ne vante plus les moulins
Tout ça pour dire comme j’en étais sûr que Prévert est bien le visionnaire qui m’a éclairé dès ma première entrée en Seine.
Au pied de la chambre de bonne, eau-courante au fond du couloir, par l’escalier de service siou-plait
sur le trottoir contre la descente pluviale poussera jusqu’au bout une dernière anémone
chanteuse à texte de rue, lavandière, ravaudeuse de naturel, walkyrie écuyère du rein, conteuse de cuisine, surréaliste file de joie d’un beau cabinet de curiosité, que l’ibère n’a pas gelé lors de la colonisation
A la vérité chacun son sursaut pour franchir la pantalonnade du quidam
vivre sans cacher la réalité de sa gourmandise
Tout comme Frida je préfère la trompette du mariachi à celle de Jéricho
Quatre-saisons à l’arrêt, la charrette mêle dans son étal la figue au rouge carnassier de la langue, des menthes, pour la promotion de l’abricot au sein du caniveau
L’enfant, cul au bord et pieds dans la rue pousse les moulins jusqu’à la Mancha avec son cheval amoureux de sa licorne
Où des maisons-blanches marquent de leurs bornes l’orée du bois
En plein soleil sous les marronniers (pour l’ombre) le fameux bac à sable des entrailles que la mer tangue au bas d’une falaise aux seins lourds
Si le peintre et son oiseau habitent là , c’est parce que les catéchèses d’une société nouvelle étant passés par là, rien de bon tient encore debout
Le zinc atterri les tonneaux peuvent avaler la mer pour donner au panama l’impression que ça va passer
Et l’arrosoir fait bouffer la jupe plissée d’un premier jet
La Chaume sème les premières pâquerettes pour dégourdir la remontée verte
Avec leur blancheur de circonstance les fleurs mettent le petit-bateau à l’aise, les argos sont restées dans l’éventualité, rien n’affecte la gîte, la quille se tient droite, pas d’appel la marine portugaise a continué sa route vers l’Amérique du Sud
Tout s’apprête en ordre pour l’exposition, aujourd’hui s’est offert l’anémone dernière
C’est une chanson pour l’enfance Pour chanter longtemps Avec des mots comme espérance Et soir couchant La maison au bord de la route Sous les cerisiers Fume pour écarter le doute Comme un chien couché {x2}
Les voisins qui sont vieux et sages Gâtent les enfants La dame parle des Rois mages Et lui des uhlans On ne le croit pas, mais on rêve En mai les jardins Sont pleins de rumeurs et de sève Et d’amour en juin {x2}
J’ai vécu dans une autre vie Où dans un passé Dans cette maison cette vie Et ce temps rêvé L’hôtesse est blonde aux yeux pervenche Couleur des rideaux Quand il fait bon la maison penche L’épaule dans l’eau {x2}
Tout près est une basilique Entre deux moulins On y monte dans les colchiques Et les chants marins Couverts de bouquets quand on rentre Chacun fiancé On chante pour suivre la pente Et la destinée {x2}
La maison est comme une bête Cachée dans un coin Douce et chaude comme la tête Au creux de la main L’hôtesse a passé la barrière Portée par l’amant Et la scène emplit de joie fière Les yeux des enfants {x2}
C’est une chanson pour l’enfance Pour chanter longtemps Avec des mots comme espérance Et soir couchant
Jacques Bertin
Combien de temps il reste chante encore Reggiani depuis l’étoile qui l’héberge
On ne peut jamais savoir surtout quand on aime le vie à dépasser la mort ainsi et surtout que toutes les menteries qu’elle vous a réservées. Dans le ciel l’oiseau qui passe et reste peut continuer à croire. Il est dans son rêve sans que les vers ne le massacre pas
Voilà la petite maison qui s’approche
Le chemin qui y mène reste sans tourner le dos à l’amour.
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