AVANT QUE LE BROUILLARD


AVANT QUE LE BROUILLARD

Accroché aux branches et à tout ce qui retient, le brouillard occupe les alentours

La Chaume limite sa vue à la proximité du gros tilleul à gauche de l’atelier. Les rares voitures qui descendent vers la ville éclaboussent d’un coup de phare prudent l’abordage du virage

A les voir passer la tête dans les épaules, on a pas le sentiment qu’elles ont quitté leur lit comme on fonce pour profiter du moment de trêve de la maréchaussée

Pur moment tranquille avant l’arrivée du ramassage scolaire.

Sans ouvrir les tiroirs quand j’ai traversé l’atelier, j’ai senti l’inspiration chaude

La charnelle présence des tubes avec les doigts prêts à les ouvrir pour en presser la tessiture

Le corps des choses est une forge qui même éteinte garde la chaleur du soufflet prêt à agir

En cela, l’anatomie rassemble une vigueur animale qui ne dort que d’un oeil

Voir au coeur du noir deux fesses apporter le mouvement d’une paire de seins éclaire plus de parties sombres que ne fait un réverbère au coin d’une rue pas recommandée

La porte n’est pas encore ouverte que le chien a déjà la truffe collée au battant.

Niala-Loisobleu – 14 Décembre 2021

PLUS LOIN, POUSSER D’UN AUTRE VOYAGE, ENCORE !


PLUS LOIN, POUSSER D’UN AUTRE VOYAGE, ENCORE !

Changer les plombs à l’arrivée du glauque

S’allumer l’oeil du front, piquer l’étoc de l’ongle, planter le tuteur avant la reptation

Il n’existe pas de nécropole à la source bleue de l’oued

Qu’un tronc plein de palmes sur son tapis-volant

Les deux pieds sur le fil, attrape le balancier laisse tomber le parapluie

Noir et blanc c’est le Pavé Mosaïque des Colonnes

L’estuaire attend ta langue pour le large

Fais-le d’airain comme socle au cheval

En tenant les luminaires à deux mains comme torches

C’est ta vie

Garde-là pour le partage !

Niala-Loisobleu .

13 Décembre 2021

« AURORE VENUE » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE SOUS/VERRE 40X50


« AURORE VENUE »

NIALA

2021

ACRYLIQUE SOUS/VERRE 40X50

Venue du bois que l’herminette initie

et du presse-étoupe qui colmate le passage des larmes nocives

Au plus sombre de l’heur

Bord à bord au naufrage

Dans un bouquet lumineux mêlé d’échafaudages, fenêtres, perrons, échelles de cordes, terres d’ocres et gués de nénuphars, anémones, marguerites, menthes et lins au coeur de l’herbe folle, hissent aux souches la canopée, où la couleur est à l’aile de l’arc-en-ciel volatile se nourrissant en plongeant dans les rivières, à la pêche de ce sel qui porte aux vergues respirer cette pureté innocente d’une enfance maintenue au fil du temps

La claie pour dessus de panier, mettant en dehors des intrigues et complots d’une humanité faussaire

L’oeil double sous la percée de sa vrille

Le nez cassant la coque à la recherche du noyau dans le brou

Les doigts au nouage du trémail pour aller au plus profond drainer le fond

Ce qui meurt tiendra sa tare pour responsable, la vie est hors-d’âge au chantier de la nature où l’homme passe sans s’installer.

Niala-Loisobleu.

13 Décembre 2021

LES CLARTES MARCHANDES


LES CLARTES MARCHANDES

Guichet à la poterne, l’écriteau « Halte ici le jour » commence son contrôle

N’ayant rien à vendre

Je peins pour vivre pas pour me produire

L’impression d’être inadapté se répand dans mes veines

Tout autour

S’installent des rires entre moqueurs, cyniques mais tous niais. Le plus gros tressaille sans s’arrêter des épaules tandis que les portes claquent. Aucun commentaire. Sans savoir si c’est par inquiétude que je provoque un mépris en quelque sorte défensif. L’hypocrisie de la raison inventée pour combler, genre impossible de traduire le sens de ta tournure employée

La marche solitaire oblige à avoir du rechange par devers soi. Le temps qu’il fait au départ, change très souvent durant le parcours

Les plus capricieux sont les nuages d’échappements que les gens normaux laissent derrière eux

En tout cas au stade terminal qui s’avance, donner plus de place aux fleurs qu’aux personnages et aux maisons coule de source

C’est de l’autoprotection.

Niala-Loisobleu – 13 Décembre 2021

AU SEIN DE MES PAUMES


AU SEIN DE MES PAUMES

La grande chemise, la petite culotte

l’herbe son grain de folie

le broc plein de tes cuisses où je remplis la cuvette de ma boucjhe

cet oiseau que rien ne bafoue

le pain qu’on casse

la dilatation de la grosse veine

sa brune couronne

le brûle-parfum de tes menthes

la balançoire de tes seins

sur la chaise du piano en colonnes l’avenir debout

jusqu’au ventre l’embrun enfonce son clou

tout à coup ses arbres androgynes

du caillou guérissent l’errance

frémis pour le mobile de la croupe chevaline

il y aura de la farine pour le peint

j’ai rêvé que l’enfant déshabillait ses billes du sac des méchants

au joint du lit de pierre le limon pose son foetus en sédiment

pourquoi refaire le monde quand tu offres la traversée du lit de la rivière à l’estuaire

ce qu’ils m’ont dit de mal de mon oeil n’altère pas la promenade à ne rien perdre de ton cor

j’ai les doigts vers

la commode ouverte au plus secret des tiroirs je reconnais ne rien valoir en dehors de toi

me coupe en quatre dans tous les sens sans tronçonner l’arbre.

Niala-Loisobleu – 9 Décembre 2021

L’ARBRE A SOIE ET SES MENTHES


L’ARBRE A SOIE ET SES MENTHES

A l’intérieur des fourmis les poussières disparaissent au profit du grain roulé au moulin

Don Quichotte s’étant fait son propre assureur

Ses seins sont crédibles à loger le premier dieu venu en exil

Qui sait cet arbre à soie, a le pouvoir d’entrer dans l’absolu puisqu’il en devient le sésame

Quant aux menthes il arriva un dimanche par derrière ce complément idoine pour l’extase

Quand de son regard elle penche ça balance accroché à la plus forte branche

Portique d’un père-boulanger c’est au jardin faire entrer la future herbe en moquette

Une flèche noire qui pique dans les tomates passe comme un chien, Barbara-la-Clématite en grimpe à la buée des étoiles

Il y avait aussi une foi et l’heureux vécu de l’illimité hors-d’âge

Ce qui permit aux spermatozoïdes de faire de leurs enfants des Ernesto-vivants

La poésie sortie du scolaire put ainsi faire face à la pauvreté de langage et agrandir son verger de parution salvatrices

Vous remarquerez que l’abeille à gauche s’est logée

et la rose en ruche, droite dans ses bottes

Les vents taillent quand à eux l’itinéraire du retable par la corniche du rail, ta langue en bernique à la mienne, entrelac des doigts

La Femme et l’Enfant mes fruits aujourd’hui à peindre.

Niala-Loisobleu – 8 Décembre 2021

RUE DU VENT


RUE DU VENT

D’un côté des bateaux immeubles de croisières et de l’autre la rue des marchands, ça monopolise

Le vent porteur voulant jouir de vide

Cette pluie battante contre les vitres de l’atelier rend la peinture complètement monologue, En lisant ce matin une citation du Castor, j’ai eu un moment conscience d’être loin égaré comme un naufragé

Si je n’avais connu l’enthousiasme donné à l’intérêt, j’aurais pu croire que j’avais rêvé notre décadence. De voir la ruée vers l’hors je sens l’airain ramollir

Babel Gum

Le silence lui même passe aux catacombes dans le trou des goûts

Qu’est-ce que l’âme ?

un truc comme comme ma peinture qui garde pour Elle seule le tremblement de mon corps en l’absence absurdement préméditée de partage humaniste

Ma Muse, mon Île.

Niala-Loisobleu – 8 Décembre 2021

« DES FLEURS POUR SEUL FRUIT » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE SOUS/VERRE 60X80


« DES FLEURS POUR SEUL FRUIT »

NIALA

2021

ACRYLIQUE SOUS/VERRE 60X80

Les 3 coups du gendarme

en écartant le stérile du rideau qui bourgeonne aimantent en scène

cet horizon qui aspire à la vie originelle

De mille et une odeurs au tapis

Vole

Vole

Vole !

De Grasse

du compotier au palais que ton triangle herbe de cet arôme propre à la femme

Fenaison qui vît courir les sauvages gibiers par hordes et troupeaux au point d’en saisir la main par paume afin d’immortaliser l’éternel dans sa grotte

Pariétal frisson dont je retiens la moelle-épinière en colonne pyrénéenne comme autan de danses catalanes à l’accent d’oc

Niala-Loisobleu .

7 Décembre 2021

LE JARDIN QUI PASSE


LE JARDIN QUI PASSE

Du poirier qui s’est éloigné de la claie

je vois un corsage ombellifère s’ouvrir au vent

lâché de montgolfières

seins qui quittent taire

le cheval sauvage est pris au lasso

sur le croassement des grenouilles je monte à cru jusqu’au tertre

quand la mésange bleue aura fini de retisser le ciel sur son métier de haute haleine

la grenaille des limes dans l’étau

je laisserai mes mains repriser les douves pour tenir le rempart en anneau aux amarres

Le jardin passe

espèce de navette entre le monde ordinaire et la refonte des canons pour sentir tes nymphes en baume.

Niala-Loisobleu – 6 Décembre 2021

2 – SUITE DE SENSATIONS D’AUTOMNE


2 – SUITE DE SENSATIONS D’AUTOMNE

Je sors de table, à chaque fenêtre une saison différente, c’est bien l’automne affiché là

Coup de vent et derrière, la poire est bien restée en évidence pour donner gout à ce qui change

Dans la boîte de couleurs le tri d’abus par trop toxique (à partir d’un chantage au beau) espèce de contre-emploi de nichon synthétique au laid de scoumoune

La vaisselle à l’eau de source pour détartrer le couvert de l’aurore avancée en pleine éclipse et le cristal d’une roche pour piedestal feront lever le poireau sans devoir attendre le bon vouloir de l’Arlésienne

Puisque la lumière se fait voir, je règle ma montre sur les délicieux parterres surgis dans la méridienne.

Niala-Loisobleu – 4 Décembre 2021