La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
La Chaume poitrine dégrafée s’écarte des branches mortes, en resserrant ses bras autour du tilleul sans envie de sommeilLa huppe de l’oiseau au plumage tigré sautille sur le parcours vitré de l’atelier en passant dans l’herbe repoussée
La douleur au dos restée vient se frotter à la chaleur du tableau qui repousse les mauvais maux
Sur le chevalet se dessine une femme qui dirait de l’avenir sans lire ailleurs que des yeux. Mèche en soupente, front en mansarde. Au pied du lit, sur les tomettes qui branlent son ventre ouvert sur la lirette marque les premiers mots à faire-part.
Nos armes et nos liens ont jailli de la môme souche, à présent calcinée, éparpillée dans le ciel froid.
D’autres (leurs ont failli me perdre, d’autres talons d’argent me piétiner. J’ai repoussé cette aube anticipée du jour qui ne doit qu’à la nuit son accompagnement de flûtes et de nuées, son trouble, sa félicité…
Tellement j’ai tremblé que tu ne trembles plus, ma flamme à la proue, très bas, éclairant les filets.
Les astres sont anciens mais la nuit est nouvelle. 0 sa tyrannie d’enfant d’autrefois, son joug de rosée.
A travers le siège de l’ennemi, dans ce coin du coeur où le chat saute comme la flûte du joueur
la Méditerranée garde son bleu en façade plus blanche que l’ambition déplacée d’un tsar sorti des limites
Dans les virages en corniche d’Alicante, à cheval andalou me voici retourné en escale à l’endroit qui me reçu la toute première fois en Espagne
Les palmes du ventilateur brassant le plafond pour en retrouver l’azur authentique philtré de tourisme
Le Gardien de la Vie, son office rempli, me migre du marais à la palmeraie au Centre de la Sphère, assez de signes probatoires dans les réductions du passage pour élargir la confiance en toute sécurité
Les nuits de Bénidorm et leurs leurs artifices dans la veine laissés sur les serviettes d’une plage de micro sillon pour une racine au plus profond d’une terre rouge sans crime rapporté dans le patio, vin dans la main, fontaine prélude rossignol, juste à côté en Altea
Ces ondes qui couchent la bêtise, le mensonge, la haine; les tromperies et tous les crimes
sont fortes à lever la paix révélatrice de l’ESPRIT, rien à voir avec les accords menteurs d’hommes qui après s’être reniés flottent dans leur marécage…
Un Printemps se montre plus près pour l’étreinte, Ami AW Chat Sauteur
Journal replié je t’ai assise de manière à ce que tu entendes mes genoux te dire tout ce qu’ils ne plient pas au premier signe
Ta gueule de fond d’atelier contient une si longue histoire que je ne passe plus par l’Observatoire pour avoir les nouvelles. La tienne du bout des pieds à la poignée des hanches c’est mes fortifs, cet endroit où je jouais au ballon en tapant dans une gamelle. La roue à aubes y tient prête son fil d’eau. J’ai toujours appris dehors ce qui manque à l’école en matière d’humanité. Alors que j’étais au bord de la Seine, les Tuileries cuisaient cette sorte d’argile dont on commence par voir du sauvage sortir du Cabinet de Curiosités des coins non habités Très précoce j’ai atteint l’orée par où on sort. J’ai jamais refusé d’être instruit par l’odeur que le mystère propose à ceux qui ne posent pas de questions à côté. Le premier nichon qui m’ait sauté dessus , loin de me faire peur, m’a rassuré. Ce qui fait que j’ai la certitude d’avoir jamais été sevré. La musique porte plus loin que la voix, tais-toi et lève un bras après l’autre que je colle mon oreille aux conques d’aisselles. Je trouve que les hordes qui en dévalent emmènent autrement plus haut que la promesse d’une vente au Diable. Je garde pour preuve de passage tout ce que je ne laisserai pas à mes enfants faute d’avoir donné sans attendre de retour aux vents bien aspectés. Les autres c’est le pourboire obligé. J’ai commencé à peindre ce fond de cour qui garde en lisière son fond d’avant le feu quand l’eau a tenté de mettre en place la vérité sans y parvenir. C’est sensuel plus qu’un bout de corne de rhinocéros, mais ça tient du fauve.
l’incertain est plus que jamais à l’entrée du chemin
Aussi je veux te noter sans rien perdre dans mon Carnet de Vie
puis le remplir de tes mots que mes couleurs ont mises à l’ô depuis ta source
Mer céleste tressée d’algues, prairies en archipel, pores de cabotage
vallons d’alpage, où les forêts en broche tiennent les clairières en camées
les derniers animaux sauvages dans nos traces
pour partir en chanté l’un dans l’autre
avec Bertin
Niala-Loisobleu – 24 Février 2022
Jacques Bertin -Carnet
Il y a beaucoup de morts dans le journal d’hier Et beaucoup de misère mais partout Beaucoup de gens qui restent indifférents Le lendemain tout semble déjà moins grave
Je ne voudrais pas que tu vieillisses trop vite
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Avant que nous ayons eu le temps de nous arrêter Et de nous dire : nous sommes heureux Que nous nous regardions encore une fois Dans le miroir amoureux des sourires Que je te trouve belle encore une fois Je veux encore du temps pour offrir Ton corps aux regards de passage Gens de passage prenez cette femme Possédez-la un jour elle ne sera plus rien Montre-toi nue danse pour eux Possédez-la qu’elle demeure Et demeure l’empreinte de ses doigts dans le sol
Je sens maintenant que tout va un peu plus vite Pourtant nous avons juste trente ans Je m’arrête et je te regarde Ai-je assez profité de toi ? J’arrête le monde et je regarde Car il est plus que temps aujourd’hui de vivre Je cherche à écrire de plus en plus simplement Dans le journal d’hier beaucoup de morts Et puis partout beaucoup de gens indifférents Nous sommes peu nombreux à veiller Nous tenons la lampe allumée Nous repoussons de toutes nos forces le sommeil Et la lampe nous fait les yeux brillants
Nous tenons la lampe allumée Nous ne vieillissons pas
La grande vertèbre échouée sur le muret de la cécité ne parle plus qu’en image en dehors des mots
Comme je peins j’écris sans son ni Dali là
mais la belle image s’esclaffe seule
Un morceau d’épave passe sans que l’Inscription-Maritime s’inquiète d’où vient ce bout de naufrage, à part de temps à autre un lambda du haut du énieme pont d’une croisière de passage qui photographie l’image sans un regard sur les mots
Difficile de cacher le pincement du côté gauche que ça laisse.
Je me dis que c’est ce que les bisons ont du sentir quand le promeneur qui passait par hasard à découvert Lascaux
Ô je tremble de la main gauche comme un chemin qui soudain s’arrête sur le néant.
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