LE PASSE-MONTAGNE


LE PASSE-MONTAGNE

L’orée franchie, se dressent les taillis de ronces à traverser où peuvent se lover les sourires au venin dangereux

A la vue des éruptions de roches s’élèvent les marches qui montent au courant ascendant contrebalançant son signe

La lune y puise de ses sauts aux rias la bonne-marée

Saute le nuage indisposé d’un élan de rire que tes reins sauront trouver NOIR SUR BLANC par le col approprié

C’est l’absence d’utopie qui trompe pas le rêve mis dans la vie

L’amour pendu à la planche franchit tout.

Niala-Loisobleu – 17 Mars 2022

HALEINE


HALEINE

La Chaume poitrine dégrafée s’écarte des branches mortes, en resserrant ses bras autour du tilleul sans envie de sommeilLa huppe de l’oiseau au plumage tigré sautille sur le parcours vitré de l’atelier en passant dans l’herbe repoussée

La douleur au dos restée vient se frotter à la chaleur du tableau qui repousse les mauvais maux

Sur le chevalet se dessine une femme qui dirait de l’avenir sans lire ailleurs que des yeux. Mèche en soupente, front en mansarde. Au pied du lit, sur les tomettes qui branlent son ventre ouvert sur la lirette marque les premiers mots à faire-part.

Niala-Loisobleu – 14 Mars 2022

RUCHE SALVATRICE


RUCHE SALVATRICE

Giacometti, un crayon à faire tordre le métal d’où sortir l’Homme avec cette chair qui lui manque au lieu de la disperser en éclats d’obus

Revient ô Alberto mette cette matière sur sur la sellette

J’ai La Ruche bourdonnante dans mon Montparnasse mystique

Là où du maudit finit par sortir la Beauté sereine du ventre de l’expression poétique humaine.

Niala-Loisobleu – 12 Mars 2022

FIDÉLITÉ PAR JACQUES DUPIN


FIDÉLITÉ PAR JACQUES DUPIN

Nos armes et nos liens ont jailli de la môme souche, à présent calcinée, éparpillée dans le ciel froid.

D’autres (leurs ont failli me perdre, d’autres talons d’argent me piétiner. J’ai repoussé cette aube anticipée du jour qui ne doit qu’à la nuit son accompagnement de
flûtes et de nuées, son trouble, sa félicité…

Tellement j’ai tremblé que tu ne trembles plus, ma flamme à la proue, très bas, éclairant les filets.

Les astres sont anciens mais la nuit est nouvelle. 0 sa tyrannie d’enfant d’autrefois, son joug de rosée.

Jacques Dupin

A LA REMONTEE DE LA VOILE


A LA REMONTEE DE LA VOILE

A travers le siège de l’ennemi, dans ce coin du coeur où le chat saute comme la flûte du joueur

la Méditerranée garde son bleu en façade plus blanche que l’ambition déplacée d’un tsar sorti des limites

Dans les virages en corniche d’Alicante, à cheval andalou me voici retourné en escale à l’endroit qui me reçu la toute première fois en Espagne

Les palmes du ventilateur brassant le plafond pour en retrouver l’azur authentique philtré de tourisme

Le Gardien de la Vie, son office rempli, me migre du marais à la palmeraie au Centre de la Sphère, assez de signes probatoires dans les réductions du passage pour élargir la confiance en toute sécurité

Les nuits de Bénidorm et leurs leurs artifices dans la veine laissés sur les serviettes d’une plage de micro sillon pour une racine au plus profond d’une terre rouge sans crime rapporté dans le patio, vin dans la main, fontaine prélude rossignol, juste à côté en Altea

Ces ondes qui couchent la bêtise, le mensonge, la haine; les tromperies et tous les crimes

sont fortes à lever la paix révélatrice de l’ESPRIT, rien à voir avec les accords menteurs d’hommes qui après s’être reniés flottent dans leur marécage…

Un Printemps se montre plus près pour l’étreinte, Ami AW Chat Sauteur

Niala-Loisobleu – 11 Mars 2022

TENIR LE FOND DE LA COUR EN JARDINIERE


TENIR LE FOND DE LA COUR EN JARDINIERE

Journal replié je t’ai assise de manière à ce que tu entendes mes genoux te dire tout ce qu’ils ne plient pas au premier signe

Ta gueule de fond d’atelier contient une si longue histoire que je ne passe plus par l’Observatoire pour avoir les nouvelles. La tienne du bout des pieds à la poignée des hanches c’est mes fortifs, cet endroit où je jouais au ballon en tapant dans une gamelle. La roue à aubes y tient prête son fil d’eau. J’ai toujours appris dehors ce qui manque à l’école en matière d’humanité. Alors que j’étais au bord de la Seine, les Tuileries cuisaient cette sorte d’argile dont on commence par voir du sauvage sortir du Cabinet de Curiosités des coins non habités Très précoce j’ai atteint l’orée par où on sort. J’ai jamais refusé d’être instruit par l’odeur que le mystère propose à ceux qui ne posent pas de questions à côté. Le premier nichon qui m’ait sauté dessus , loin de me faire peur, m’a rassuré. Ce qui fait que j’ai la certitude d’avoir jamais été sevré. La musique porte plus loin que la voix, tais-toi et lève un bras après l’autre que je colle mon oreille aux conques d’aisselles. Je trouve que les hordes qui en dévalent emmènent autrement plus haut que la promesse d’une vente au Diable. Je garde pour preuve de passage tout ce que je ne laisserai pas à mes enfants faute d’avoir donné sans attendre de retour aux vents bien aspectés. Les autres c’est le pourboire obligé. J’ai commencé à peindre ce fond de cour qui garde en lisière son fond d’avant le feu quand l’eau a tenté de mettre en place la vérité sans y parvenir. C’est sensuel plus qu’un bout de corne de rhinocéros, mais ça tient du fauve.

Niala-Loisobleu – 7 Mars 2022

POSTE DE GARDE – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 46X38


« POSTE DE GARDE »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 46X38

Du pot noir qui monte à l’Est

la grenouille enlève son échelle

Monter oui mais qu’au soleil

L’anémone en montant son Poste de Garde

vient prendre son tour en génoise tout au long de la côte

La mer porte une naissance permanente

les fleurs au jardin de son ventre ne peuvent qu’être de sel

Au sommet de ta fourche le nid se fonde à partir des sphères de ta poitrine

faisons que les pierres portent le cri à la place qui est sienne

L’amour et pas le guère.

Niala-Loisobleu – 5 Mars 2022

INTROMISSION


INTROMISSION

Au plus charnu de cette cage thoracique

sur le souffle personnel qui n’a pas signé d’allégeance

bien que soumis à

en partage avec la minuscule faune insecte

dans la recherche du papillon, un bleu d’abord puis le jaune

j’ajoute la libellule pour l’émotion qu’elle cause au porte-avion-nénuphar quand elle y repose

et dans tous les ateliers floraux les stations des sens de l’abeille

bien-sûr sans oublier l’oiseau de toutes les couleurs

sinon il manquerait la portée des arbres

pour introduire aux abris la provision de sauvegarde

qui permettra de tenir le siège de l’invasion guerrière de l’agitateur de désamour.

Niala-Loisobleu – 26 Février 2022

SE REMPLIR A JAMAIS


SE REMPLIR A JAMAIS

Devant se qui lève de plus mauvais

conduisant

au devant des lots de misères

et au comble du malheur

dans la course au pouvoir personnel

entraînant la mort à grande échelle

l’incertain est plus que jamais à l’entrée du chemin

Aussi je veux te noter sans rien perdre dans mon Carnet de Vie

puis le remplir de tes mots que mes couleurs ont mises à l’ô depuis ta source

Mer céleste tressée d’algues, prairies en archipel, pores de cabotage

vallons d’alpage, où les forêts en broche tiennent les clairières en camées

les derniers animaux sauvages dans nos traces

pour partir en chanté l’un dans l’autre

avec Bertin

Niala-Loisobleu – 24 Février 2022

 Jacques Bertin -Carnet

Il y a beaucoup de morts dans le journal d’hier
Et beaucoup de misère mais partout
Beaucoup de gens qui restent indifférents
Le lendemain tout semble déjà moins grave

Je ne voudrais pas que tu vieillisses trop vite

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Avant que nous ayons eu le temps de nous arrêter
Et de nous dire : nous sommes heureux
Que nous nous regardions encore une fois
Dans le miroir amoureux des sourires
Que je te trouve belle encore une fois
Je veux encore du temps pour offrir
Ton corps aux regards de passage
Gens de passage prenez cette femme
Possédez-la un jour elle ne sera plus rien
Montre-toi nue danse pour eux
Possédez-la qu’elle demeure
Et demeure l’empreinte de ses doigts dans le sol

Je sens maintenant que tout va un peu plus vite
Pourtant nous avons juste trente ans
Je m’arrête et je te regarde
Ai-je assez profité de toi ?
J’arrête le monde et je regarde
Car il est plus que temps aujourd’hui de vivre
Je cherche à écrire de plus en plus simplement Dans le journal d’hier beaucoup de morts
Et puis partout beaucoup de gens indifférents
Nous sommes peu nombreux à veiller
Nous tenons la lampe allumée
Nous repoussons de toutes nos forces le sommeil
Et la lampe nous fait les yeux brillants

Nous tenons la lampe allumée
Nous ne vieillissons pas

Jacques Bertin

LA POMPE SECHE


LA POMPE SECHE

La grande vertèbre échouée sur le muret de la cécité ne parle plus qu’en image en dehors des mots

Comme je peins j’écris sans son ni Dali là

mais la belle image s’esclaffe seule

Un morceau d’épave passe sans que l’Inscription-Maritime s’inquiète d’où vient ce bout de naufrage, à part de temps à autre un lambda du haut du énieme pont d’une croisière de passage qui photographie l’image sans un regard sur les mots

Difficile de cacher le pincement du côté gauche que ça laisse.

Je me dis que c’est ce que les bisons ont du sentir quand le promeneur qui passait par hasard à découvert Lascaux

Ô je tremble de la main gauche comme un chemin qui soudain s’arrête sur le néant.

Niala-Loisobleu – 23 Février 2022