PAR LA CLOSE


Photo Niala « TOURS DE BREIZH »

PAR LA CLOSE

Du matin sans autre parti pris que celui de la route ouverte, va défiler le paysage dans tous les sens de la pensée

Belle métaphore, ou le chien assis sur la plage-arrière de custode, n’opinera pas bêtement de la tête

il faut laisser le chauffeur regarder à l’avant sans détourner la tête

Apparaît alors la muraille du ventre humain qui a gardé au moins l’esprit de contenant , celui de contenu relevant d’une autre paire de Manche

Pont-levis baissé l’air herse la Motte-Picquet, Grenelle y con pris

Je respire

La muraille montre cuisses ouvertes, un aspect métaphysique pas du tout hors-sujet

C’est autre chose de pénétrer au coeur des pensées, de les suivre dans leurs périples, allant du jovial au pessimisme, de l’amoureux aux frigide, chaud-froid de poulet mis en vitrine d’Amsterdam, puis l’exorcisme de la pensée novatrice, genre histoire de femme qui au départ est née homme, ah la galère. Il y a la parole de celui qui ne profane pas. Plus rare. Debout sur la béquille robotique de l’être femme qui ne se ménage pas. Ah le saint qu’on dévoile chez le fleuriste, si on le cachait, mais le petit-gommerce alors que deviendrait-t-il ?

Allez, trève d’insolence, par la porte ouverte la mer est là qui s’étale et remonte

J’utopise

Putain c’est bon parce qu’en m’affûtant le cortex ça me fait voir sans aigreur inutile, le côté réellement déplorable des traditions civiles d’une société armée pour tuer

Je dirai tout en pensant qu’instruire est le pire ennemi que craignent les exploiteurs

Il reste de tous les monuments construits par l’homme une défense immortelle de sa présence

Niala-Loisobleu – 2 Novembre 2021

Photo Niala « TOURS DE BREIZH »

LA VOIX HUMAINE – CATHERINE MAJOR


LA VOIX HUMAINE

CATHERINE MAJOR

Elle parcourt les chemins
Comme vivent les bohèmes
Elle trébuche au matin
Dans un poème

Le soleil la fait luire
Comme une porcelaine
Elle éclate de rire
La voix humaine

Elle grince, elle vocifère
Chasse la nuit de la terre
Des violons la réclament
Elle n’a qu’une âme

Elle peut parler d’amour
De départ ou de haine
Mais me revient toujours
La voix humaine

Oh oh oh…

Elle habite un soupir
Un silence, un désir
Elle ne craint jamais pire
Que de te mentir
A capella sur toi
Elle se pose tout bas
Quand tu as de la peine
La voix humaine

Quand l’hiver la détient
Je la couvre en mon sein
Elle est mon bel emblème
Ta voix que j’aime

Depuis les siècles blêmes
Jusqu’au vingt-et-unième
Elle est mon requiem
La voix humaine

Oh oh oh…

Elle parcourt les chemins
Comme vivent les bohèmes
Elle trébuche au matin
Dans un poème

Le soleil la fait luire
Comme une porcelaine
Elle éclate de rire
La voix humaine

LA VOIX MYSTIQUE


LA VOIX MYSTIQUE

Moucharabieh sur son image, les vibrations de cordes vocales de cette lyre ont tiré une magie d’échos

L’ombre en mettant les graves dans la lumiere, l’échelle chromatique a déroulée le tant par étapes

Le souffle en délivrant la chronologie en pré-programmation vague après vague comme dans toute histoire de mère

Le désir d’en faire la peinture m’a sauté aux doigts de ma main gauche (parabole du comprendre)

Ce sera fluide

Un corps bien assis

Souple, liane d’une enfance qui se double pour assurer en balançoire un manque d’affect

Aux tons amples d’un ensemble clair

le chaud du sang qui bat au sol enfin clément

L’oiseau derrière, sans cage

Une nidification.

Niala-Loisobleu – 1er Novembre 2021

OUI C’EST BIEN MOI DE NOVEMBRE


OUI

C’EST BIEN MOI DE NOVEMBRE

Des feuilles qui volent je me remonte dans l’arbre

en ce jardin qui est la chambre d’où la voie vient

bien accrochée

Résolution

faite d’une seule couleur vocale au transport d’oiseau

Il se passe plus qu’une naissance

une suite comprise et entendue

Lévé

sans cri de victoire

juste

celui de l’anémone plus ouverte de vérité

Comme raide est la vie

la pulpe automnale l’adoucit au rythme de son envie

Rien n’oblige le choix d’aimer, l’anse l’abrite par naturel partage.

Niala-Loisobleu – 1er Novembre 2021

DU LOIN JE TE RAPPROCHE


Photo Niala « TOURS DE BREIZH »

DU LOIN JE TE RAPPROCHE

Sur l’ardoise où j’ai cris

la bruyère se déplace à l’anémone à gorge déployée

la fougère s’est penchée sur ta nudité

la mer est venue au-devant

Niala-Loisobleu – 31 Octobre 2021

D’AUTOMNE


D’AUTOMNE

Promenade de terre ouverte par les grandes herbes que rien ne couche

faudra-t-il, comme tu dis, déplacer le lavoir de la gémellité de rivière pour tourner l’an fort

Non je vais pas me demander

combien à côté de leurs pompes s’inscrivent dans le club de gymnastique de l’égo

je suivrais les oies sauvages dans leur formation en escadrille

Et surtout la mouvance de tes formes naturelles quand tu laboures la phrase creuse pour la séparer de l’école

je me souviens, je me rappelle

moinillon quand mon père me montrait la manière de bien bander en humain

Geste ample que le ventre porte à la main du semeur quand il a la tripe et la moelle en sac

Feuille qui vole, nudité qui révèle

Novembre comme dit la ceinte Catherine c’est le mois de planter

En couple à l’araire ça entre tien émoi au fourré le mendiant, figue et fruit sec en coque

l’écureuil comme les feuilles couleur de feu.

Niala-Loisobleu – 30 Octobre 2021

EQUIN SI SOIT-ÎLE


EQUIN SI SOIT-ÎLE

Par la trouée du harnais le rein pousse les lèvres dans l’alignement d’Art Gilles

l’envolée lance un cri de mouettes à l’infini

appuyé contre la grosse pierre ton regard franchit l’agrafe du soutif pour respirer sa prise de conscience

le persistant tient sa feuille à jour, l’autre le caduque sans remet à l’automne pour la lessive, une boule de bleu au chaudron

Dans le rayon du sacré je ne me suis pas trompé d’aube, l’ostensoir solaire laissé sur l’ô tel accompagné des enfants que l’aigle du sermon épargné n’a pas fait fuir

A qui la faute ?

Je garde enclos la réunion de tes seins dans mes mains plutôt que l’intermittent frappement d’un spectacle sur ma poitrine flagellée

Quand Vierge je t’ouvre du Je Nous je ne déflore rien de ta beauté

Ma prière mécréante n’a ni les pieds du bouc satanique, ni les cornes du cocu, elle pénètre en toi sans faire la roue de celui qui a la plus longue

Ses défauts sont humains au point de l’auréoler de brun ocre

Hue oui da Ma…

Niala-Loisobleu – 30 Octobre 2021

NE PLUS DEVOYER L’Ô


NE PLUS DEVOYER L’Ô

Quitter le taire sec du non-dit , cet espace de non-reconnaissance par refus volontaire du paysage

A grimer la côte pour en repousser l’accostage la pieuvre tient les méduses sur la plage claire

Au centre du patio la fontaine chante, pourquoi vouloir couper ses branches du sauvage ?

Un temps nettoie l’encrassé du mal-fondé

Le pont est lancé

Pas de honte à reconnaître ses erreurs, l’automne assainit l’épendage

Reste du vers dans la cressonnière au rivet de la carlingue

Et nue aux pieds du chien tu tiens l’anémone debout.

Niala-Loisobleu – 30 Octobre 2021

« MERIDIENNE » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/TOILE 73X60


« MERIDIENNE »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/TOILE 73X60

Des fleurs que des abeilles tiennent à la boutonnière des seins marquent les draps d’une chaude impression

Nu à nu la peau d’un seul tissu franchit la moiteur saisonnière pour faire la planche

Crique me croque

L’anémone entrejambe l’impossible au coeur de l’humble triangle d’herbe humide

Déjà cette odeur de pomme monte au pressoir d’automne se boucher

Niala-Loisobleu

29 Octobre 2021

DANS L’ APPROCHE


DANS L’ APPROCHE

Les esquisses sur la table du menu du jour, agrandissent déjà devant elles

Le chevalet a pris l’endroit où le soleil passe

Ce que tu n’as pas encore dit approche

La brume en lambeaux épars ne se rassemblera pas si tu déboutonnes le couloir du décolleté

L’ocre-peau se le tient pour lin.

Niala-Loisobleu – 28 Octobre 2021