AUJOURD’HUI SE REPRISE. C’EST UNE CEREMONIE.


Contre la blessure qui ampute l’arbre, l’oiseau niche un chant pour pondre la fourche où se retenir. Ce jour ou une ville tombe, des villages se lèvent partout dans le monde. Dans les yeux de la poésie j’ai trouvé tes seins grossis et ton ventre battant d’un sang refusant une certaine ménopause. Je retrouve l’ardeur qui arme l’amour d’un tant qui mord.

Niala-Loisobleu – 3 Mars 2022

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LE TEMPS MORD (REPRISE)

Un mouvement est là, dans l’immobile incongru, est-ce la pensée plus forte que les rues qui ont été fermées qui fêle ?

A n’en pas douter, dans l’angle le papier-peint baille, la forme transparaît par l’ouverture du temps. Les quais des trains ratés en quittant leurs vêtements un à un dévoilent la beauté des lieux. On ne part de soi trop tard qu’en restant sous son chapeau.

L’âne qui tourne la noria pense-t-il aux déserts  sur lesquels les sots se répandent, prêtons-lui le bénéfice du doute de l’innocence, l’âne est pas domestique au point de tomber si bas, il a le sien à porter et cela lui suffit.

Il était pas en corps l’heur des seins qui devance le coq qu’à mon oreille j’entendais ton pouls battre. Pour preuve ce bleu qui macule encore mes doigts. La couleur dit clairement d’où l’on sort et où on a l’intention d’aller. Ce petit-linge accroché au dossier de la chaise même avec ce cheveu qu’il a gardé sur la langue, peut dire l’enchantement du coeur de la forêt sans zozoter. Un solide conteur aux veillées que celui-la. Ficelle, vous avez-dit ficelle, ah non, je parlais de soie pas d’un autre.

Illustration: Peinture d’Otto Dix

Niala-Loisobleu – 30/03/18

BOÎTE A MUSIQUE


BOÎTE A MUSIQUE

Sur la portée ce silence qui montre l’écoulement de sang sans lequel ton coquelicot ne gonflerait la voile

je tends l’oreille à la couleur que le vol garde en ciel dans le mouvement circulaire de tes seins

De nos pouls la langue de mots lierre appuie ses patins pour glisser sur la glace le voyage au riant exprès

du soleil frotté de l’étreinte privilégiée.

Niala-Loisobleu – 27 Février 2022

RECALAGE


RECALAGE

Du vent explosif qui envahit les alentours, les oiseaux se resserrent au cœur de la ramure

Se tenir à l’encre d’eux-mêmes en retendant les amarres est le seul abri dans la mitraille

Du ventre que l’abominable menstrue tord sort le germe de ce qui veille.

Niala-Loisobleu – 25 Février 2022

QUAND LE SILENCE CRISSE


QUAND LE SILENCE CRISSE

Avant même qu’un peu de jour vienne te sortir du sommeil ma pensée amoureuse a ouvert tes endroits de peau cachée

C’est d’un chaud où tu as ajouté ces étreintes qui ne perdent rien à dormir

Ce que la langue et les lèvres ont laissées n’a rien de ce qui s’est perdu par hasard

Le silence qui en est empreint crisse de plaisir.

Niala-Loisobleu – 23 Février 2022

L’ECHARPE – CORA VAUCAIRE/MAURICE FANON


L’ECHARPE – CORA VAUCAIRE/MAURICE FANON

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Ce souvenir de soie
Qui se souvient de nous
Ce n’est pas qu’il fasse froid
Le fond de l’air est doux

C’est qu’encore une fois
J’ai voulu comme un fou
Me souvenir de toi
De tes doigts sur mon cou
Me souvenir de nous
Quand on se disait « vous »

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Ce sourire de soie
Qui sourit comme nous
Souriions autrefois
Quand on se disait « vous »

En regardant l’soir
Tomber sur nos genoux
C’est qu’encore une fois
J’ai voulu revoir
Comment tombe le soir
Quand on s’aime à genoux

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Ce soupir de soie
Qui soupire après nous
Ce n’est pas pour que tu voies
Comme je m’ennuie sans toi

C’est qu’il y a toujours
L’empreinte, sur mon cou
L’empreinte de tes doigts
De tes doigts qui se nouent
L’empreinte de ce jour
Où les doigts se dénouent

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Cette écharpe de soie
Que tu portais chez nous
Ce n’est pas pour que tu voies
Comme je m’ennuie sans toi
Ce n’est pas qu’il fasse froid
Le fond de l’air est doux

DEPUIS L’EMBARCADERE


DEPUIS L’EMBARCADERE

Des traversées qui rampent durant la nuit vont, . lamparo allumé, trémaille aux mains et aiguilles qui pêchent à la traîne des heures le désir de remonter l’amour absolu, ouïes en pleine énergie

Comme dans une odyssée de pis commença la vallée d’un Nil à soie, sauvage , qui muta le papillon en fleur pour installer l’Abeille

Marche initiatique où le feu, l’eau et l’air feulent comme le tigre de PI

la rencontre de ces deux expressions d’Art n’a pas eu dès le départ de visée commerciale

rien que la puissance attractive d’un sentiment recherchant sa symbiose pour combattre la fureur d’éléments mis à disposition de garnissage du catalogue de toutes les atrocités humaines

Les mesures du temporel se sont dissoutes dans l’intemporel de l’histoire à compte d’hauteur étalant ses bornes en inégales distances

Et l’embarcadère maintenu ferme sur ses pilotis est là au pied du phare qui dépêche ses appareillages

transport d’anémones d’une mer à l’autre, en provenance de ses jardins

Niala-Loisobleu – 21 Février 2022

DE CE QUI MONTE, POURSUIVRE


DE CE QUI MONTE, POURSUIVRE

Du peu qu’on peut en apercevoir au levé, ne retenir d’un nouveau jour, quoi qui puisse s’en déduire, est neuf à faire le choix de la fameuse moitié du vers

L’auto dans ce cas n’a pas de rapport avec un jeu qui fait fureur dans l’impôt déguisé que tout Etat met en jeu

Tu habites assez hôte en moi pour justifier mon désir de monter d’abord à toi

Cet arbre a ses feuilles prêtes à revenir au pouls de l’escalade

Niala-Loisobleu – 20 Février 2022

DU SOLEIL QUI ME GARDE EN PLAINE


Henri Matisse

DU SOLEIL QUI ME GARDE EN PLAINE

S’étire ton corps aux rives d’un grand fleuve tranquille où scintille la course solaire

quelque chose du collier de perles d’ambre au cou des temples de la plaine tenant naissance permanente dans une apparence contraire

la traversée d’ombres dans laquelle je marche mène à la porte du coq qui se tient ferme à ses aiguilles

Te voici devenue jonque au cap d’une Asie qui dame comme Matisse mon ailleurs résolu sur des encens brûlants pour ne perdre l’odeur de tes pores, mes attaches, sur les cordes d’un si tard

A voir la licorne sauter je reste le seul à ne pas m’étonner de cette présence retenue

nous n’étions pas dès le départ faits pour partager le monde vulgaire

tous mes amours y meurent pour rester vivre dans l’Esprit de couleur de la véritable oeuvre d’Art.

Niala-Loisobleu – 18 Février 2022

A PRENDRE ET GARDER AU PASSAGE


A PRENDRE ET GARDER AU PASSAGE

Mouvement de sa plume

sa caresse me place au milieu du chenal de ses seins

j’ai les yeux qui plongent dans l’absolu de ses mots

l’obstacle du vide est rempli par son ventre

Ce qui n’était qu’amour demeure franchissant la barrière.

Niala-Loisobleu – 18 Février 2022

LA GRANDE PRAIRIE


LA GRANDE PRAIRIE

Cannibale bouffeur d’herbe mis au seuil d’une sécheresse contre son gré

je s’aime

Frantz KUPTA

pour transe plantée

L’hennissement guetté de l’oreille je tiens mon cheval-vapeur

plein d’entrain à la sortie du tunnel

Sans prendre de billet à kroum

mais

cash pour l’ô riant express de l’époque du savoir-vivre au naturel

Niala-Loisobleu – 17 Février 2022