Le creux du fauteuil


Le creux du fauteuil

Du tant qu’il a fallu au sel pour creuser le rocher

les jours ramènent à l’assise cet amour encré aux vagues

Là où le bas s’arrête au haut des jambes la peau élargit l’estuaire

Pré salé du mont

Le cheval remonte l’algue en chariots pour l’épandre entre tien émoi…

Niala-Loisobleu – 30 Octobre 2022

RAYON VERS


RAYON VERS

Contre l’oeil frontal j’appuie

la main en direction des mots-peints

roule la pâte d’une poésie picturale

pour tenir le cou et glisser mes lèvres dans le tant à venir.

Niala-Loisobleu – 29 Octobre 2022

ENCOMBREMENT


ENCOMBREMENT

Les feux dépassés depuis le dernier arbre à soie et la rivière des parfums, je te file sur place. Imbécile heureux qui n’attend rien qui s’ouvre, se lève, se recouche et finit debout comme le cheval du dernier sillon sans le semeur. Le soleil, allez y comprendre quelque chose, perce dans tout ça qui devient de plus en plus obscur. Les bancs disparaissent sous la végétation des peintures fraîches sans le public et encore moins les amoureux. De ce qui reste c’est le sentiment du refus de croire que l’image gardée de tes seins ait pu s’aplatir sous un éboulement. Le ressort des mots crus que tu ne protestais pas alors, a un don de réminiscence qui force l’âne à se frotter aux murs tant ça gratte. J’irais au phare sans attendre la tombée de la nuit. Le sémaphore demeure. Et cette chaleur…

Niala-Loisobleu 28 Octobre 2022

« SUR L’ARC DU CENTAURE » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 65X54


NIALA

« SUR L’ARC DU CENTAURE »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 65X54

Au coeur des pierres qui volent, le monde tire sa route lapidé

A quoi bon se faire censeur de la décadence qui remonte si loin qu’aucun n’a pu l’enrayer à ce jour

Ainsi la nature malmenée menace aujourd’hui d’imploser sans qu’on fasse autre chose qu’en baver

L’écologie pour constituer un parti politique de plus merci

Je tends mon arc sans viser de Messie, juste pour y poser la flèche des valeurs englouties

Sans autre chose que mes mots-peints

pour l’amour, l’amour, l’amour, l’amour en tout ce qui en fait un concept et non un site de rencontre.

Niala-Loisobleu.

20 Octobre 2022

Dans les rails – Pierre Reverdy


NIALA – OEUVRE EN COURS

DANS LES RAILS

PIERRE REVERDY

Le vent revient plus tard du chemin reconnu
Les mains pendent au bord du livre

Tête nue l’homme traverse l’heure l’éclair le champ perdu
Sur la pointe où le ciel se fixe
L’étoile et son pignon
Quand les raies de couleurs arrêtent l’horizon
Une roue se détourne l’eau s’éveille en sueur

et les berges ruissellent

Une fenêtre glisse un regard imprévu
Entre le coin du mur et la flèche de l’arbre

Une ombre qui remue

Pierre Reverdy

LE TIROIR


LE TIROIR

Collées aux murs les odeurs de bête tiennent pour raison principale aux brancards où j’attèle

Le grenier à foin est fleuri de tes robes imprimées

un trou dans le toit pour la lumière

la charpente pour l’exercice aux barres parallèles

C’est là qu’on s’est enseigné à l’exercice de la vie

et qu’on garde ses dessous dans leurs dentellles pour les moments ténébreux

Ta poupée et mon nounours y restent grandis par les montées à l’échelle.

Niala-Loisobleu – 17 Octobre 2022

TRANSPORT VISUEL


NIALA

TRANSPORT VISUEL

A la trace du miel

l’oeil couché sur le dos

je trouve l’abeille à travers les dernières feuilles qui avaient été écrites

Un serrement de doigts et tout se garde amarré à l’encre loin d’ouragan

Au moment où l’on suis-je, ni la montre, ni le calendrier des pompiers ne cherchent un indicateur

La grosseur de tes seins est conforme au relief de ma campagne et l’herbe toujours verte

Nous avons traversé des époques où l’arbre se ressemait seul sur une simple emprise des haleines mâle et femelle sans que le vent intervienne

Puis la mer, sa côte sauvage, ton naturisme dans la salive de l’écume, mon embrun à l’orgasme des trois dernières premières vagues en navette entre le clair-obscur d’un masque ont cherché le vaccin qui restaure politiquement de la mal-bouffe

On finit par se demander l’adresse où elle est, qu’on se remplit les yeux en levrette au débouché du tunnel.

Niala-Loisobleu – 3 Octobre 2022

QUAND L’OEIL BRÛLE (REPRISE)


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QUAND L’OEIL BRÛLE (REPRISE)

Il s’aperçut qu’elle se tenait dans cette robe de soleil que le temps froid n’avait  pas imprimée par crainte d’avoir les doigts gourds. La vie ne laisse pas toujours à l’impression un droit de choisir, elle s’impose par tant de raccourcis que ça vient comme ça peut en un éclair obscur.

Maintenant l’image se refaisant claire il était possible d’avoir les trois dimensions.

Quand j’étais enfant un bout de ficelle m’a appris qu’il possédait le pouvoir d’imaginer tout ce que je voulais. Je sais qu’à mon âge il est encore dans ma poche avec le caillou.

Le caillou c’est l’outil-multiple, ça clef comme ça coupe, rive, martèle, grave, peint, fait voler, navigue, mène.

Quand tu cabanes avec eux, le cheval se joint sur ses deux-roues comme une balançoire à deux places. Rien qu’en peau tout autour.

La texture du tapis où sont marquées les tâches faites et à faire, tape des deux poings à ma poitrine quand je la trouve assise prête à partir. Tissage, les navettes du métier d’aimer ont des fois des pentes raides à monter, le cheval se fait alors plus utile que jamais. La force qu’il est seul a posséder en ses reins arc-que-boute le quart de cercle de l’arc-en-ciel qui se mettrait à glisser.

De nouveau, il se sentit troublé. Il se remémora les pensées qu’il avait eues en voyant la grâce de ses seins.

Niala-Loisobleu – 30 Septembre 2018

MASCARET


MASCARET

Hier et ses chutes

tiennent l’agenda disponible

A part juste l’ancien tant qui remonte, je tiens debout qu’à peindre

c’est vrai que je partirai non défait de cet amour qui s’est fait trop attendre qu’à peine là il est reparti de son côté

Ô muse ma plus grande marée le cerisier a en corps ses feuilles

Niala-Loisobleu – 17 Septembre 2022

ANNA MARIA CARULINA CELLI …EXTRAIT


NIALA « VIBRATIONS » – 2010 – Acrylique s/toile 65×54 – Collection Privée

ANNA MARIA CARULINA CELLI …EXTRAIT

Faire survivre à chaque instant

Recommencer le temps

Une maille endroit, une maille envers

Le tricot que l’on trame avec la chaîne de la peau

Incessamment nous dévêt

Tels les premiers hommes qui n’avaient pas

Rêvé à la pomme d’or

Nous errons d’un espace à l’autre

D’une heure à l’autre

Dans l’ignorance de notre nudité

Nous sommes nus

Nous sommes vus

Le méconnaître fait notre arrogance

A quel moment l’oignon fait-il oeuvre de dépouillement ?

Chaque couche, chaque strate, chaque masque

Est le reflet d’un vêtement transparent

Il nous révèle plus qu’il nous cache

Quand d’une ombre fugace nous couvrons notre tache

Quoi? Quelles sont les forces en présence?

De quel poids penchent les plateaux de la balance?

Les dieux rient de nos guerres et de nos larmes

L’aiguille du fléau glisse toujours du côté du vide

Etrangement

Les sillons que nous gravons sur la terre

A la lueur de la genèse de la première salve de vie

Ce presque rien qui tend à tout

Ne sont que des signes éphémères

Les mots d’une lettre par un absent adressée à une absente

Les mouchoirs blancs agités sur les quais

Avec le pressentiment qu’il n’y aura jamais aucun retour

Nous ressassons la même histoire

Depuis des milliers d’années de mémoire

Une maille envers, une maille endroit

Tout à l’heure, un mouchoir est tombé

Quelqu’un a pleuré, dormi, ne s’est plus réveillé

Faire survivre l’acquiescement à chaque instant

Recommencer le temps

Le temps d’un voyage sans espace

Puis, se recroqueviller de guerre lasse

Flétris, fanés, en nous semant aux quatre vents

Le vent

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ANNA MARIA CARULINA CELLI