TE VOILA JARDIN


NIALA 2015

TE VOILA JARDIN

Décamouflée de tes propres mains

Blancia

te voilà accrochée

Haute et ronde la pierre s’est mise en socle

L’oiseau va d’une branche à l’autre

quérir le sauvage constructible

Isolante ta peau garde l’odeur des ruts animaux

mélange de poils et musc pétri au mortier des corps

Au moment où j’atteignais ton estuaire

un coq sorti de la bruyère a ouvert tes genoux au creuset de l’airain

Soulevés par l’atmosphère tes seins décollent

au-dessus de la montagne sans voix pour crier

Je distingue chaque pore de tes escales

à n’avoir nul besoin de m’endormir au laurier

Niala-Loisobleu.

27 Janvier 2023

AUTAN QUE TU PEUX, ALAIN FINIS CE QUE TU AS VOULU ENTREPRENDRE


Niala

AUTAN QUE TU PEUX

ALAIN

FINIS CE QUE TU AS VOULU ENTREPRENDRE

Ôté de mer

le bon versant

à flan de chaîne

ici où là

une maison fera fête au bon endroit

ventre rond

du jardin

et cornes debout de la moelle

nul autre endroit plus vert

que ton herbe

à me lever ou à m’endormir

passe sur les pierres en ronde avec les lucioles

un seul caillou en paume

Sur son cheval

le Peintre

regarde le bout de son pavé

au coeur sa dernière volonté

acte

de son oeuvre d’homme

finir ce qu’il a commencé

L’accord a été conclu dans l’après-midi

L’Oeuvre de Niala

vivra Ville de Cognac

Bientôt

une

grande exposition

officialisera la donation

à Cognac

Niala-Loisobleu.

23 Janvier 2023

TRANSFORMATION DE L’ESSAI


TRANSFORMATION DE L’ESSAI

Du temps qui lasse

sans que les chaussures tiennent aux pieds

j’ai trop fatigué des jambes à courir vers un soleil qui rappelle en tous points l’Arlésienne

Alors sans rien vendre de mon âme

j’ai troqué mon genre pour celui de macareux

Il peut pleuvoir

la réserve de sel qui est sous mes yeux me tiendra bien plus loin que ce soir

j’aperçois déjà Rossinante qui m’attend au coin d’un moulin.

Niala-Loisobleu.

16 Janvier 2023

Passé la ligne…


Passé la ligne…

Barbara

s’annonce comme ce qu’il faut savoir et surtout distinguer entre le fond et l’apparence

Me voici visible à l’Ecluse

mis à niveau pour le passage

Ce monde à plusieurs faces est un épouvantail redoutant l’oiseau par-dessus tout

aussi il affute son hypocrisie pour le tromper

Par la voie du silence les jours sont baladés en émettant leurs fumées

ruses d’indiens égarant de la seule destination

La poussée du volet libérant la lumière individuelle

Celle d’un Grindel, m’est parvenue au début de l’adolescence

Le matin en quittant la ruche Verneuil, mes pas allaient à sa poésie sans retenue

Visionnaire il m’initia au Surréalisme

Seule ouverture sans limite sur la Muse

Découverte de l’Absolu

De quoi ôter au voeu son machiavélique usage

Et ouvrir sans rien vouloir dénaturer, au mystique dans toute la force de la vérité

L’amour intègre passe par l’inévitable corruption du quotidien

Je peins pour dire autrement

Elle m’entend

Barbara a toujours su la racine

le dernier tableau lui est entièrement dédié

Je lui donne en bonne année comme pour lui dire, je suis là, je tiens sans me retenir autrement qu’au chevalet, La Chaume fertile, la couleur poétique, cet enfant silencieux là, ce sein de sel, plus loin que l’infinité du chien noir, l’Autre-Monde bien réel à la plume de ses vers.

Regarde-le, Barbara, je vis dans son tissage.

Niala-Loisobleu.

1er Janvier 2023

L’atelier râtèle mes mots-peints et engrange


L’atelier râtèle

mes mots-peints et engrange

A la crôute des palettes et aux manches qui ont posés leurs poils, le nuancier a forniqué sans froideur, laissant pendre aux verrières assez de chaleur pour arriver au bord de la lumière d’un monde ténébreux. Sans se retourner sur les larmes des pleureuses, dans la ligne des cris de Camille, au fossé de la berme des fosses à purin. La grange a pourri en suivant l’enfermement animal de l’élevage en batterie. Faux-seins à me gonfler et jouets en ferraille dans les narines vaginales, tribale libération de la femme que la buée des vitres emporte. Les genoux rasant la vérité du parvis des temples à travers les marchés ambulants, camelots vêtus en Rois-Mage pour la grande distribution. Fève du loto. Chiffons d’essuie âge pour couvrir les années de veuvage de revenus. Et gratte-cul de reconnaissance de tes lardons.

Ô Lumière tu coûtes cher, mais t’es la vie !

Niala-Loisobleu.

29 Décembre 2022

Une Grange – Jacques Bertin

Peut-être, à travers les chansons
Comme à travers les trous du toit
De la vieille grange effondrée,
Appelant la fraîcheur des doigts,
De l’orage ou l’amour, on voit
Peut-être ma vie qui appelle
Ô vous savez qu’elle était belle
Anciens compagnons de ma joie

Puisque c’est vrai, tout est image
Nous sommes l’image de nous
Et dans les paumes du message
Vous voyez la trace des clous
Ô les feux allumés de l’âge !
Ne va pas prendre mal, surtout,
Et reviens, sèche-toi, sois sage
Il tombe de la mort partout

Chevaux tués, ombres des désastres
Avenirs aux jambes brisées
Éternités tombées des astres
Aux formes de lampions brûlés
Ô les bombes sur l’abbatiale !
Ô l’incendie dans le verger !
La terre est ce tablier sale
Et les couleurs se sont vengées

Puisque c’est vrai, tout est mensonge
Le regard franc, profond, surtout
Et un cancer d’argent me ronge
Puisque la mort rôde partout

Que je sois cette ancienne grange
Sans douleur au fond des étés
Et dont un peu de chanson penche
Et je ne souffre plus d’aimer !

Eté court et mauvaise donne,
Brûlant vite, elle était pressée !
Puis on voit le toit qui frissonne
Et la vieille âme un peu bouger

Jacques Bertin

RETROUVE-MOI L’ÂGE D’Y ALLER


RETROUVE-MOI L’ÂGE D’Y ALLER

Il pleut sur la mer

mes caniveaux débordent

que j’en dépasse les conventions de l’âge

Malher

m’absorbe jusqu’aux pores

d’un désir d’escale…

Niala-Loisobleu.

16 Décembre 2022

 Mahler – Catherine Ringer

C’est ton visage
Et puis tes mains
Et puis ton torse
Sur le miens

Doucement

Dans mon dos
Tu viens
Et tu me tiens

Tu me calmes
A trop de pleurs de larmes
Et je te sens serein
Quand je sèche mes mains

Ta chère a disparu
Bien que mon âme l’ait retenue
Bien que mon âme ait ton parfum
Et tu me tiens

Si tu n’étais pas mort
Je serais avec toi
On marcherait dehors
Et puis on rentrerait

Si tu étais vivant
On serait bien ensemble
On irait de l’avant
C’est beau comme on s’aimerait

Au fond de moi
Oui, c’est bien toi
Encore toi
Qui me fait rire

Là ! Ton regard
Est dans mes yeux
Oui c’est ta flamme
Et je suis deux

SE VOULOIR OUVERTE


SE VOULOIR OUVERTE

Enfourchée, les seins sortis de leurs attentes à l’estuaire de ton ventre tu viens librement te donner à la vague

Sorti de la ceinture de feu, l’oiseau tresse le nid

La monture est équine et vient brouter l’herbe là où rien ne pourrait la faire plus verte !

Niala-Loisobleu

16 Décembre 2022

« QUE D’AMOUR ! » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 61X50


« QUE D’AMOUR ! »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 61X50

L’air tout en rose

un oiseau déverse à croire

que les fruits mûrissent sans mendier

en Décembre

et l’écart est grand entre ça et la réalité

Le soleil lui-même a squatté la fenêtre

sous ta robe à fleurs poussent mes pulsions créatives

au point que pour mon Noël

tu m’as promis l’élastique de ta culotte pour me faire sauter des ponts

sans peurs ni reproches

L’anémone en frémit

puis coraille ton coquillage

à me faire traverser les nuages

sans basculer de mon cheval

avec dans les outres tes seins en bouée.

Niala-Loisobleu.

14 Décembre 2022

«Union libre» André Breton 1931


«Union libre» André Breton 1931


Ma femme à la chevelure de feu de bois
Aux pensées d’éclairs de chaleur
A la taille de sablier
Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre
Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquet d’étoiles de
dernière grandeur
Aux dents d’empreintes de souris blanche sur la terre blanche
A la langue d’ambre et de verre frottés
Ma femme à la langue d’hostie poignardée
A la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux
A la langue de pierre incroyable
Ma femme aux cils de bâtons d’écriture d’enfant
Aux sourcils de bord de nid d’hirondelle
Ma femme aux tempes d’ardoise de toit de serre
Et de buée aux vitres
Ma femme aux épaules de champagne
Et de fontaine à têtes de dauphins sous la glace
Ma femme aux poignets d’allumettes
Ma femme aux doigts de hasard et d’as de coeur
Aux doigts de foin coupé
Ma femme aux aisselles de martre et de fênes
De nuit de la Saint-Jean
De troène et de nid de scalares
Aux bras d’écume de mer et d’écluse
Et de mélange du blé et du moulin
Ma femme aux jambes de fusée
Aux mouvements d’horlogerie et de désespoir
Ma femme aux mollets de moelle de sureau
Ma femme aux pieds d’initiales
Aux pieds de trousseaux de clés aux pieds de calfats qui boivent
Ma femme au cou d’orge imperlé
Ma femme à la gorge de Val d’or
De rendez-vous dans le lit même du torrent
Aux seins de nuit
Ma femme aux seins de taupinière marine
Ma femme aux seins de creuset du rubis
Aux seins de spectre de la rose sous la rosée
Ma femme au ventre de dépliement d’éventail des jours
Au ventre de griffe géante
Ma femme au dos d’oiseau qui fuit vertical
Au dos de vif-argent
Au dos de lumière
A la nuque de pierre roulée et de craie mouillée
Et de chute d’un verre dans lequel on vient de boire
Ma femme aux hanches de nacelle
Aux hanches de lustre et de pennes de flèche
Et de tiges de plumes de paon blanc
De balance insensible
Ma femme aux fesses de grès et d’amiante
Ma femme aux fesses de dos de cygne
Ma femme aux fesses de printemps
Au sexe de glaïeul
Ma femme au sexe de placer et d’ornithorynque
Ma femme au sexe d’algue et de bonbons anciens odorat le goût
Ma femme au sexe de miroir
Ma femme aux yeux pleins de larmes
Aux yeux de panoplie violette et d’aiguille aimantée
Ma femme aux yeux de savane
Ma femme aux yeux d’eau pour boire en prison
Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache
Aux yeux de niveau d’eau de niveau d’air de terre et de feu.

André Breton

Je me lève


Je me lève

Je me lève dans un coin du couchant qui garde ses derniers mots

les doigts enveloppant ce corps demeuré présent

Les volets s’ouvrent aux fenêtres

sur la rue l’air soulève les pas poitrinaires pour les faire prendre vol

Dans le ventre un émoi se retourne en tous sens

le pouls prend le large sans demander l’avis à personne

Au milieu de la gelée un point dégage sa chaleur corps à corps.

Niala-Loisobleu.

10 Décembre 2022