SUR LE TYMPAN D’UNE EGLISE ROMANE – RENE CHAR


René Char

SUR LE TYMPAN D’UNE EGLISE ROMANE RENE CHAR

Maison pour recevoir l’abandonné de
Dieu,
Dos étréci et bleu de pierres.

Ah! désespoir avide d’ombre.

Indéfiniment poursuivi

Dans son amour et son squelette.

Vérité aux secrètes larmes,
La plus offrante des tanières!

René Char

DU LOIN JE TE RAPPROCHE


Photo Niala « TOURS DE BREIZH »

DU LOIN JE TE RAPPROCHE

Sur l’ardoise où j’ai cris

la bruyère se déplace à l’anémone à gorge déployée

la fougère s’est penchée sur ta nudité

la mer est venue au-devant

Niala-Loisobleu – 31 Octobre 2021

D’AUTOMNE


D’AUTOMNE

Promenade de terre ouverte par les grandes herbes que rien ne couche

faudra-t-il, comme tu dis, déplacer le lavoir de la gémellité de rivière pour tourner l’an fort

Non je vais pas me demander

combien à côté de leurs pompes s’inscrivent dans le club de gymnastique de l’égo

je suivrais les oies sauvages dans leur formation en escadrille

Et surtout la mouvance de tes formes naturelles quand tu laboures la phrase creuse pour la séparer de l’école

je me souviens, je me rappelle

moinillon quand mon père me montrait la manière de bien bander en humain

Geste ample que le ventre porte à la main du semeur quand il a la tripe et la moelle en sac

Feuille qui vole, nudité qui révèle

Novembre comme dit la ceinte Catherine c’est le mois de planter

En couple à l’araire ça entre tien émoi au fourré le mendiant, figue et fruit sec en coque

l’écureuil comme les feuilles couleur de feu.

Niala-Loisobleu – 30 Octobre 2021

JE ME SOUVIENS, JE ME RAPPELLE – DANIEL DARC


JE ME SOUVIENS, JE ME RAPPELLE

DANIEL DARC

Je me souviens je me rappelle
C’est en ces lieux chèrs à mon cœur
Le jour baissait j’étais près d’elle
Je me foutais bien du malheur

Dissimule dans le silence
Tes sentiments des espérances
Qui montent et plongent sans bruit
Etoile brillant dans la nuit

Je me souviens je me rappelle
Très doucement jouait le vent
Alors elle me semblait si belle
Alors moi j’avais tout le temps

Dissimule dans le silence
Tes sentiments des espérances
Qui montent et plongent sans bruit
Etoile brillant dans la nuit

Je me souviens je me rappelle
Une croix trop lourde pour moi
Un bois qui pèse et m’écartèle
Et pourtant comme j’aimais cette croix

Dissimule dans le silence
Tes sentiments des espérances
Qui montent et plongent sans bruit
Etoile brillant dans la nuit

Je me souviens je me rappelle
C’est en ces lieux chèrs à mon cœur
Le jour baissait j’étais près d’elle
Je me foutais bien du malheur

Je me souviens je me rappelle
Très doucement le vent jouait
Alors elle me semblait si belle
Et moi le temps je l’avais, oui
Je me souviens je me rappelle
Une croix trop lourde pour moi
Un bois qui pèse et m’écartèle
Et pourtant je l’aimais cette croix
Je me souviens je me rappelle
Je Dissimule dans le silence
Mes sentiments mes espérances
Qui montent et plongent sans bruit
Etoile brillant dans la nuit

Etoile brillant encore dans la nuit
Dans la nuit et puis…

EQUIN SI SOIT-ÎLE


EQUIN SI SOIT-ÎLE

Par la trouée du harnais le rein pousse les lèvres dans l’alignement d’Art Gilles

l’envolée lance un cri de mouettes à l’infini

appuyé contre la grosse pierre ton regard franchit l’agrafe du soutif pour respirer sa prise de conscience

le persistant tient sa feuille à jour, l’autre le caduque sans remet à l’automne pour la lessive, une boule de bleu au chaudron

Dans le rayon du sacré je ne me suis pas trompé d’aube, l’ostensoir solaire laissé sur l’ô tel accompagné des enfants que l’aigle du sermon épargné n’a pas fait fuir

A qui la faute ?

Je garde enclos la réunion de tes seins dans mes mains plutôt que l’intermittent frappement d’un spectacle sur ma poitrine flagellée

Quand Vierge je t’ouvre du Je Nous je ne déflore rien de ta beauté

Ma prière mécréante n’a ni les pieds du bouc satanique, ni les cornes du cocu, elle pénètre en toi sans faire la roue de celui qui a la plus longue

Ses défauts sont humains au point de l’auréoler de brun ocre

Hue oui da Ma…

Niala-Loisobleu – 30 Octobre 2021

NE PLUS DEVOYER L’Ô


NE PLUS DEVOYER L’Ô

Quitter le taire sec du non-dit , cet espace de non-reconnaissance par refus volontaire du paysage

A grimer la côte pour en repousser l’accostage la pieuvre tient les méduses sur la plage claire

Au centre du patio la fontaine chante, pourquoi vouloir couper ses branches du sauvage ?

Un temps nettoie l’encrassé du mal-fondé

Le pont est lancé

Pas de honte à reconnaître ses erreurs, l’automne assainit l’épendage

Reste du vers dans la cressonnière au rivet de la carlingue

Et nue aux pieds du chien tu tiens l’anémone debout.

Niala-Loisobleu – 30 Octobre 2021

« MERIDIENNE » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/TOILE 73X60


« MERIDIENNE »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/TOILE 73X60

Des fleurs que des abeilles tiennent à la boutonnière des seins marquent les draps d’une chaude impression

Nu à nu la peau d’un seul tissu franchit la moiteur saisonnière pour faire la planche

Crique me croque

L’anémone entrejambe l’impossible au coeur de l’humble triangle d’herbe humide

Déjà cette odeur de pomme monte au pressoir d’automne se boucher

Niala-Loisobleu

29 Octobre 2021

PAROISSE – JACQUES BERTIN


Photo Niala « Tours de Breizh »

PAROISSE

JACQUES BERTIN

Des femmes sont assises dans l’hiver
Le long de la radio, sur un dernier travail
C’est tard la nuit, il est déjà dans les dix heures
Depuis longtemps dorment dans les chambres glacées
Des enfants protégés du mal par un signe de croix
Des femmes sont assises dans l’hiver. Il fait grand froid.

A la gare on attend encore le train de Combourg et Dol
Dans la prairie les gitans guettent le sommeil des chevaux
Ils ont plié le cirque dérisoire et ils s’en vont. Demain
Les maçons ne travailleront pas sans doute à cause du gel
Demain il y a messe pour la jeune fille qui est en deuil
De Nantes vient le givre avec ses cuivres. Il fait grand froid.

Paroisse de l’année soixante. O périphérie de la paix
Femme posée comme une lampe à huile dans le silence
Rassemble dans cet écrin-là tous tes enfants. Emporte-les
Vers le bon dieu et qu’on ne nous sépare pas
Demande-lui si c’est bien demain que le payeur passe
Et quand va-t-on enfin goudronner la rue. Tu as froid.

Tu fermes la radio. Tu montes en faisant attention
Vers un endroit que je t’ai préparé dans ma mémoire
Et qui s’est détaché de moi pour vivre, comme une chanson
Où tu es bien parce qu’on ne nous séparera pas.

Photo Niala « Tours de Breizh »

DANS L’ APPROCHE


DANS L’ APPROCHE

Les esquisses sur la table du menu du jour, agrandissent déjà devant elles

Le chevalet a pris l’endroit où le soleil passe

Ce que tu n’as pas encore dit approche

La brume en lambeaux épars ne se rassemblera pas si tu déboutonnes le couloir du décolleté

L’ocre-peau se le tient pour lin.

Niala-Loisobleu – 28 Octobre 2021