11 FEVRIER 2022 IL EST 18H10


11 FEVRIER 2022 IL EST 18H10

Le jour résiste et du froid qui le conserve sort une abeille venue pointer son tant non chômé. Le peintre en son jardin promène les toiles comme son absolu accessible monté sur son cheval. Labour et semailles indissociablement liés à la tâche. La mer toute proche s’amarre à la rivière en déployant les ailes du moulin à sel. Signe que dans cet environnement peu enclin à la paix, l’artiste est bien vivant. Energie stable dans la forêt où les essences flambent à l’encan du marché flottant électoraliste. Qui d’une pandémie galopante fait montre de guérison avancée à ses fins. Le bonneteau a si grande gueule que là où l’on habite tout devient camelot. Aussi je remonte au soleil puiser une philosophie constructive pour tenir la lumière bien en place à l’arraché des reins, imprégné d’un sacré que seul l’amour peut inspirer. Les grands malheurs sont accros à l’ignorance que cultive le désespoir. L’oiseau pourchassé migre ces engrais qui détruisent

Le tapis de l’Atelier résiste aux tâches, le peintre en ressent chacun de leurs coups comme la garantie de cette présence venue d’elle m’aime.

Niala-Loisobleu – 11 Février 2022

VALERIE ROUZEAU Quand je me deux


VALERIE ROUZEAU
Quand je me deux

Trouvé dans une flaque d’eau de quoi infiniment
Passio passionnément longuement spéculer
Rien de spectaculaire une feuille rongée au fond
Rouge dessus la boue noire et ma tête telle une trogne
Réfléchie tel un arbre découpé sur le ciel
A la surface de l’eau de la flache spéculaire

Ma tête qui comprenait le vent les cumulus
L’ œil coulant au soleil suspendu sans rayons
Pareil qu’une lune toute rouge qu’une peine très ancienne
fonde
Et encore autre chose depuis cette morte feuille
Une vieille main sur mon front rayé une main d’aïeule
Cette vieille sempiternelle main-là par temps de chien

L’asile est lunatique comme la pluie et l’amour
Tout passe par la fenêtre un chat un philosophe
Un unidentified flying object un jour
Un jour une nuit un jour que le téléphone sonne
Par la fenêtre sonne par la fenêtre dégage
Assez légèrement pour cueillir ce nuage.

Valérie Rouzeau

DE CE QUI EST RESTE


DE CE QUI EST RESTE

Tout compte fait aucun regret d’avoir été le même au proche terme d’une randonnée qui n’a rien ménagé

C’est heureux d’aimer bien que le parcours soit assez bosselé

S’il avait fallu attendre j’aurais pas pu espérer qu’on a que ce qu’on désire atteindre dans un putain de salopard de traquenard

Mon jardin a moins de ronces et d’orties que de menthes

Et l’anémone que m’apprit mon père à connaître n’a jamais cessé d’y fleurir

Si j’ai la jambe raide, le genou étoilé et le dos voilé, c’est d’avoir toujours volé, mais surtout pas d’avoir prié les seins de m’en sortir

Plus ils tombent, mieux me tiennent au fourré

Bon jour, bon jour !

Niala-Loiobleu – 22 Janvier 2022

Jacques Bertin – Laissez une fenêtre ouverte


 Jacques Bertin – Laissez Une Fenêtre Ouverte


Laissez une fenêtre ouverte à votre maison entre la voie ferrée et la rivière
Je vous entends, j’entends les bruits du repas, votre enfant
Je vous entends murmurer dans votre premier sommeil
Je viendrai tout à l’heure rôder dans la cour, les chiens seront calmes, ils viendront à mes pieds
Vos rêves passés avec des mots épars, ils s’en vont dans la rivière, escortés de flambeaux 

Je veillerai sur vous dans la pelisse de la nuit et le museau des chiens Au premier bruit de l’aube je partirai Vous pousserez le volet 

Vous ne saurez pas que j’étais si près de vous

Jacques Bertin

« NIALA RECOLLETS 2022 » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 65X54


Tableau qui servira pour l’affiche de l’exposition

« NIALA RECOLLETS 2022 »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 65X54

Oyez, oyez, il est né mon dernier enfant

tout est dedans !

Tel mon jardin, où pousse la Femme Anémone, où laboure le cheval, où l’oiseau grimpe, où l’abeille garde, où le Bleu c’est le chien qui surveille le maussade pour le mordre, où la mer ne veut que l’enfant en bateau de papier, où les mots-peints s’allient à la poésie, où les petites-maisons blanches abritent l’humanisme

Récollets la pierre levée…

Niala-Loisobleu – 20 Janvier 2022

AUX CREUX DE LA CUILLERE


AUX CREUX DE LA CUILLERE

Impatient de réchauffer, l’atelier pousse le froid de la nuit dans le couloir du jour qui pointe

Dans l’ocre brun des chairs de la flamme reste en corps aux tisons des pinceaux

L’oiseau perce la glace

tire sa vision folle à lui, entre les poils les lèvres roses du peint sourient

d’une pincée de Provence, VIncent saupoudre le chemin de faire vers le thème de l’inspiration mise en train

On entend des cigales rissoler dans l’huile d’olive

Le pourpre de l’iris éclate au milieu du mouvement matinal que l’anémone poursuit.

Niala-Loisobleu – 20 Janvier 2022

LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 26


LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 26

J’ai une chaise qui m’assoie en Elle. Comme ça mais pas n’importe où. Drainant avec elle des fenêtres sur l’infini. Pas n’importe lesquelles. Celles que le Grand Fauve a si largement ouvertes qu’elles déglinguent le sombre du présent des années après

Matisse, cette force de la nature à lui tout seul

Ils sont là tous les deux avec un commun en parabole qui pulvérise d’A à Z la prétention actuelle

Plus que presque 1 mois et les Récollets lèveront leur drapeau, pour moi sans doute la 38ème fois dernière

Sacré bout de chemin, mon Cousin

Dire ce que ça m’habite le ventre, dans le coin où l’émotion loge c’est pas possible. Mais le taire c’est pareillement impossible. C’est tellement physique d’accrocher à ce stade…

Je peins celui-là qui sera l’affiche de cette Expo 2022. Depuis plusieurs jours et pas fini

Je ne traîne pas mais à voir comme ça macère, je dois reconnaître que c’est nouveau en bavardage interne

Les tripes dans la main gauche, les tripes dans le regard en arrière, les tripes dans le transport sensuel, parce que l’érection part de la palette jusqu’à gicler sur la toile, les tripes qui regardent le bout du couloir où planent des corbeaux qui prendraient bien leur part. MAIS seulement arrêter les Récollets par conformité d’âge ça n’a rien d’un adieu pour l’atelier. Le Capitaine peut pas partir sans le bateau

Alors avec l’anémone et tout son bleu symbole ô hisse et ô

L’émotion finit par prendre le dessus avec bonheur sur les plus grands malheurs que la vie largue sans se priver.

Niala-Loisobleu – 19 Janvier 2022

A L’EAU REPONDEZ-MOI


A L’EAU REPONDEZ-MOI

lci et là, tous ces regards qui balancent des mains

Leurs fleurs artificielles en bout quai

Et l’atmosphère noyée dans le canal St-Martin, l’Hôtel du Nord dérive

Sur l’assiette faïencée de la statue équestre le roi en rit et tombe poignardé, ail

Le pari actuel ne vaut pas une messe

Miracle dans la cour de l’école Roberto professe l’insolence

Ah larmes au secours

Pendant du marronnier la fleur en grappe du poème rosit dans la rouille des saisons

C’est dur pour l’Adam

Mais l’Eve son aube aux genoux communie.

Niala-Loisobleu – 18 Janvier 2022

SENSITIVE EMISSION


SENSITIVE EMISSION

Du jour en début d’éveil sortent des manifestations qui se sont trempées dans le catalogue des Allégories. Façon propre à l’épiderme de sentir la rosée venue au pied de sa mise en marche

Le premier moulin tourne l’évent du premier galop

Sur le banc deux amoureux tête-bêche se donnent à boire sous la quille du bateau qui passe

Debout sur le trapèze prête à jeter les mots rebattus, la poétesse remonte depuis l’enfance pour donner au peintre matière à retenir le mouvement du pétale que la tige soulève du chant sec

Quelque chose est à se défaire de la pesanteur

la voile se détache du corps-mort au passage des oies-sauvages

Apparaissent les formes de ta nudité

tu découpes l’horizon

Bouche pleine de ta langue je pose tes odeurs intimes sur la palette.

Niala-Loisobleu – 18 Janvier 2022

JACQUES BERTIN – PROSE DES JOURS LONGS


Jacques Bertin « Prose des jours longs »

J’étais solitaire chaque jour un peu plus. J’aimais me taire
Je doutais de qui j’étais chaque jour un peu plus. Je guettais
Sur les visages de mon âge la tristesse, ses sillons,
La certitude aussi de la défaite intime. Nous traînions

Chacun le deuil d’un amour sans cadavre dans un sac trop lourd
Les manigances de l’amour et la gifle de la hautaine
Nos âmes fêlées par un simple mot comme des porcelaines
Et ce qu’on n’ose pas crier à la hautaine dans les cours

L’abjecte société, l’un après l’autre, nous avait meurtris
Bien des gens que j’aimais s’y sont, par ambition, laissés corrompre
Ils sont perdus corps et biens comme vaisseaux dans l’opaque gris
Ils suivaient comme au jeu, par orgueil : Ah, plutôt ramper que rompre!

Il me semblait pourtant savoir, et de mieux en mieux, où j’allais
Je m’appliquais à travailler dans la mémoire de mon père
Y cultivant ses idéaux perdus ainsi qu’en un jardin
Pour que mon fils en fût encouragé à les transmettre au sien

Et quelque chose vive ainsi en aval de nous, s’il se peut
Obscure foi qui me tenait! Qui j’étais ne sachant plus guère
Comme un rêveur dans un grenier parlant tout seul, les jours qu’il pleut
Ou bien aux anges dans un poulailler étrange dans la guerre

Jacques Bertin