La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
D’une voie que la douleur transmet dans les derniers aboiements d’un chien écrasé, me vient le soubresaut de ce coin de rue qui souriait
A travers l’âcreté des fumées criminelles, cette foi que l’acide ne peut ronger dans ce qui reste de valide dans mon oeil, Flore l’arrose d’un tampon d’autres odeurs pour que je vois où introduire la fleur sans couronnes
Il faut bien décompresser la chenille pour sortir un papillon de la bouche du char
En se tournant face à demain on voit que rien ne pourra échapper au construire à neuf, le rafistolage ne sera plus insubmersible
je vous laisse les outils et le mode d’emploi du bâtiment.
Il s’en faut d’un effondrement, d’une dérive souveraine
la surface du jeu, l’alternance et l’altération
c’est la peau du dehors qui se retourne et nous absorbe
analphabètes pour les feuilles, détachés de tout arriéré scintillant
qu’on expulse de soi avec la tourbe, les viscères
et les choses attisées, la nuit, et les hardes de couleurs
la loupe asphyxie son maître, la fenêtre donne sur le talion
Le sang sur le mur pour ne pas le voir
attenante aux travaux des confins l’hilarité comme sa pelle raclait le fond cassait le sens après l’incorporation de la marche à l’étendue œufs couvés par le sable et la peur comme si le désert intermittent l’aveuglait
au couperet de toute balance les éclats du linge et le sang contradictoire
Acquiesçant pour disparaître, ou revenir, défalqué de la somme
d’une seule coulée froide quand les parois se sont concertées
le corps traversé mûrit, le corps appliqué s’élève
comme si jouait la solidarité du crime
nous ne nous trompons pas écrivant, n’écrivant que
les otages jumeaux dont l’intervalle est un masque
le dur axiome du levain, ce que le soc soulève de futur
Détruire l’écriture de cet espace oppressif et se perdre en l’écrivant
pour l’indivision dans le feu contre la léthargie des sources la carrière
les miettes du festin sont debout sur la nappe irréprochable
mimant ce qui rend exemplaire son exécration, le je plural et harcelant, décimé
il se mêle à l’eau limoneuse des parcelles incorruptibles
dans la chambre coritiguë son sacrifice ou son sommeil, et le reflux
les blocs appareillés à leur suite, et soustraits à l’interprétation
Débarcadère de chaque chose et son hermétique fraîcheur
le tout-puissant affleurement dont tu assures la mobilité
l’aven comblé nous glissons jusqu’aux bords qui n’existent pas
une clarté vipérine une chaleur inachevée
nous sommes seuls, et nombreux, là, attestant une faiblesse de la langue
l’étalement de la question comme un champ de fleurs
nous errons dans le froid de plusieurs soleils
La traversée qui nous scande, la trajectoire qui nous mesure
glène, au fond de son enroulement, ce qui dormait, et brûle
depuis que les portes s’ouvrent à ce tremblement de l’air
exultant de n’être pas l’horizon fossilisé d’un livre
nous, la mesure de la traversée, la scansion de la trajectoire
notre discordance convoite une illisibililé clignotante
alentour il y a le feu qui fait rage et les choses dessinées
Précipitée du dehors, étant du dehors la force, ou la loi, fourvoyée
de la masse enchevêtrée des lignes le brusque arrachement qui nous apaise
dérapage lassitude sur l’anneau consumé nous rapprochant de la courbe déclive
même enlevé sur une hanche de déesse, même en configurations purifiées
dans l’espace retourné comme une glace vide véridique
un éparpillement de l’autre à l’infini jusqu’à l’adéquation du nombre au non-sens
et le vent qui renâcle et s’épuise dans l’élargissement de la nuit
Surgir de l’effacement d’une trace illégitime
nos corps échangés se taisent, grandir est indifférent
l’orage fraye un chemin parmi les violettes atroces
allégresse, crève-cœur, du recommencement
de la limite fractionnée que la perte de la vue transgresse
dans la vigne où nous commencions d’être ensemble
les yeux plissés devant une couture sans couleur
L’exclamation qui courbe la vitre favorise un dernier éclat
la vitre et le vide afin que leur proie se dessine
joueur à la lisière du soupçon pour accueillir toutes les versions du geste
et affilié à ce qui n’est encore que lambeaux d’une gomme anxieuse
éclairs de chaleur entropie figure au timbre de plus en plus las
le rocher qui obstrue le sens n’est qu’un nuage désœuvré qu’on traverse
les blés mûrissent en une nuit, le surcroît de la douleur
Jusqu’aux ongles jusqu’à leur niaise férocité
en deçà les courbes grandissent les lignes s’oblitèrent
dans la logique du récit la pierre désirable1 roule au torrent inintelligible
inscrite en faux dans le contexte harassé qui la broie
notre troupe aux termes d’un vieux pacte évaporé
simplement la terreur d’écrire malgré l’inflexion du soir
le signe, qui nous force à l’écouter hors de toute saisie
Fair. ou l’ouvrage persistant, de ses mains taciturnes, de ses mains torrentielles
il n’y a q u’une barrière .à renverser pour que le proverbe s’érige
sculpté par la foule, transpirant le vide qui la désaltère
le brin d’herbe ne dit rien de plus aux dents agacées que ce plus
qui suspend les hostilités pour jouir
du seul affleurement qui fonde — le futur, la monstruosité
tellement tendue que j’éclate
Sa naissance était de mots très simples et de coups de feu isolés
sommes-nous la part éloignée de son dénuement le givre furieux le sommeil
une peau si fine sur le monde qu’elle tient en échec le feu
s’inscrivant comme un don du soleil au cratère de sa blessure
la lame — encore qu’il n »y ait rien que l’obscurcissement du soleil
mais j’aime le goût de la terre en dessous et plus bas la voix féminine
réfractant la tendresse des hautes parois incohérentes, leur verte fragilité
Nous marchons avec discernement la bouche ensanglantée
c’est le (Ion de l’auvent qui déjà nous blesse, le feu qui nous chasse
si haute est la nuit que nous sommes dans l’ignorance
l’émerveillement comme à la frontière d’un territoire excessif
après l’incorporation de la marche à l’étendue
d’un feu désaltérant de souches la cendre est blanche à nos pieds
à peine la clarté que laisse la mer en se retirant.
Par la tige qui mène au pastel , à l’écart des ténèbres déversés au hasard de la haine, laisse la rime métaphysique se frayer le contraire de l’infondée désolation
Rien n’a autant de ressemblance avec la fausse-identité que la fable du loup allant à la fontaine abuser la grand-mère
Je vois si bien la cruauté de la réalité au travers de la fumée des bombes que mes plaies ouvertes se désinfectent et se pansent de poésie
Chercher au trèfle la quatrième feuille chanceuse, n’a rien de l’effet que produit la ruine redressée en point d’appui pour le sniper
De l’au-delà d’une guerre civile la mémoire de brigade internationale fait phénix
Le filet odorant que tu as fait passer ce matin montre au point de croire que l’amour trempe toujours sa flamme dans son huile.
De là à voir Stalingrad revenir au pouls des soldats russes il se pourrait qu’un Poutine puisse y trouver châtiment.
Contre la blessure qui ampute l’arbre, l’oiseau niche un chant pour pondre la fourche où se retenir. Ce jour ou une ville tombe, des villages se lèvent partout dans le monde. Dans les yeux de la poésie j’ai trouvé tes seins grossis et ton ventre battant d’un sang refusant une certaine ménopause. Je retrouve l’ardeur qui arme l’amour d’un tant qui mord.
Niala-Loisobleu – 3 Mars 2022
LE TEMPS MORD (REPRISE)
Un mouvement est là, dans l’immobile incongru, est-ce la pensée plus forte que les rues qui ont été fermées qui fêle ?
A n’en pas douter, dans l’angle le papier-peint baille, la forme transparaît par l’ouverture du temps. Les quais des trains ratés en quittant leurs vêtements un à un dévoilent la beauté des lieux. On ne part de soi trop tard qu’en restant sous son chapeau.
L’âne qui tourne la noria pense-t-il aux déserts sur lesquels les sots se répandent, prêtons-lui le bénéfice du doute de l’innocence, l’âne est pas domestique au point de tomber si bas, il a le sien à porter et cela lui suffit.
Il était pas en corps l’heur des seins qui devance le coq qu’à mon oreille j’entendais ton pouls battre. Pour preuve ce bleu qui macule encore mes doigts. La couleur dit clairement d’où l’on sort et où on a l’intention d’aller. Ce petit-linge accroché au dossier de la chaise même avec ce cheveu qu’il a gardé sur la langue, peut dire l’enchantement du coeur de la forêt sans zozoter. Un solide conteur aux veillées que celui-la. Ficelle, vous avez-dit ficelle, ah non, je parlais de soie pas d’un autre.
en l’absence de fenêtres pour voir la paisibilité de la porte que l’on choisirait pour dégoter ce coin d’herbe où nous découvrir à la mode-marguerite
au-delà de l’apparence
l’arbre abattu à la hache missile brandit une balançoire sur son moignon
avec la rage de vaincre l’injuste force en présence
Tout comme j’accède au relief de ta poitrine en plein dans une platitude qui voudrait araser la liberté d’être en extrayant la toute petite enfance de sa croissance
Pareil que dans la retenue de ton langage tu enfiles un collant sur le cri qui arriverait aux autres, toi, chaste d’une sensualité toute personnelle, ramassée comme le chien sur le fusil tu t’envoles rejoindre l’inégal à bord du tapis sauvé de l’haleine à tisser.
Si au loin se rapproche un ciel traversé de désirs funestes, viens et pose ton coude sur la table pour que l’anémone dise à ta tête de s’incliner vers elle, ça lui donnera matière à pencher du bon côté
Il nous reste, sans rien mesurer en dehors de l’instant présent, qu’à choisir librement la position qui enfantera le bien-être
Je sais qu’on ne peut pas savoir où et quand la bombe tombera, je me souviens seulement comme durant la dernière oppression, l’amour a gardé l’envie au-dessus de tout dans ses insurrections
Des murs qui posent un cerne sous l’aire de jeux comme une escarbille dans la fenêtre, en glissant mon levier sous l’éboulis, je soulève de quoi voir au-dessus du JE NOUS
D’un accent comme d’une couleur à l’autre le lien devrait voir en commun le beau sans le vouloir pour lui tout seul
N’arrête rien de l’oiseau qui vole ou du chien qui flaire ils transportent l’un comme l’autre le savoir mystique de là sève dans la tige-mère
Voilà pourquoi j’ai pris un billet pour ta gare avant que le train s’arrête
Pour mieux se confondre avec tout ce qui l’entoure
Ses yeux couleur de houle
A Pimproviste sont la mare tirant à elle le linge sale
les détritus Celle qui arrête toujours l’homme La mare avec sa petite place de l’Opéra dans le
ventre
Car la phosphorescence est la clé des yeux de la Bête
Qui se lèche
Et sa langue
Dardée on ne sait à l’avance jamais vers où
Est un carrefour de fournaises
D’en dessous je contemple son palais
Fait de lampes dans des sacs
Et sous la voûte bleu de roi
D’arceaux dédorés en perspective l’un dans l’autre
Pendant que court le souffle fait de la généralisation à l’infini de celui de ces misérables le torse nu qui se produisent sur la place publique avalant des torches à pétrole dans une aigre pluie de sous
Les pustules de la Bête resplendissent de ces hécatombes de jeunes gens dont se gorge le Nombre Les flancs protégés par les miroitantes écailles que
sont les armées Bombées dont chacune tourne à la perfection sur sa
charnière Bien qu’elles dépendent les unes des autres non
moins que les coqs qui s’insultent à l’aurore de
fumier à fumier On touche au défaut de la conscience pourtant
certains persistent à soutenir que le jour va
naître La porte j’ai voulu dire la Bête se lèche sous l’aile Et l’on voit est-ce de rire se convulser des filous au
fond d’une taverne Ce mirage dont on avait fait la bonté se raisonne C’est un gisement de mercure Cela pourrait bien se laper d’un seul coup J’ai cru que la Bête se tournait vers moi j’ai revu
la saleté de l’éclair Qu’elle est blanche dans ses membranes dans le
délié de ses bois de bouleaux où s’organise le
guet Dans les cordages de ses vaisseaux a la proue desquels
plonge une femme que les fatigues de l’amour ont
parée d’un loup vert Fausse alerte la Bête garde ses griffes en couronne
érectile autour des seins J’essaie de ne pas trop chanceler quand elle bouge
la queue Qui est à la fois le carrosse biseauté et le coup de
fouet Dans l’odeur suffocante de cicindèle
De sa litière souillée de sang noir et d’or vers la lune elle aiguise une de ses cornes à l’arbre enthousiaste du grief
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.