La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Parmi les pierres que le tant n’a pas moussues, des gisants en veux-tu en voilà, à côté d’une cheminée qui n’a pas été au bout de sa randonnée
Sur une crédence à côté d’un bout de viande quelques notes de musique rédigées à la hâte
l’oeil d’une peluche en pendentif demande si l’on a vu un bateau pour partir
Une rampe et sa boule de cristal en bas des marches se proposent en folle aventure
C’était du corporatif le bon quartier
le cuir sentait chaud auprès d’un repousseur de cuivres, une marieuse sur parole, puis de la boulange les mains qui pétrissent mieux qu’un zouave le dos de ma soeur, des petits cris , un soupir de Venise, une gondole arrivée tout droit d’un canal carpien, un géranium encore chaud du crottin du cheval qui gît au milieu de ses entrailles, quelques tomettes, pas d’entr’acte, mais les tréteaux d’un drame humanitaire avec des poutres dans l’oeil de l’établi, l’atelier des mécaniques déboîte son outil symbolique
Entre à l’aveugle le début de la patience abattant ses cartes à bout portant
dans l’ancienne maternité une barricade est dressée face à leurs mitrailleuses
Ce que le réflexe du dernier souffle attire fonce tête baissée
je bouche-à-bouche l’instinct de survie, fusil à la bretelle, de seins tombés s’enfante la liberté dans ce qui reste de notre chambre d’amour
S’il en sort quelque chose ce sera citoyen, dit un étranger qui traverse la frontière.
Aux jonctions de l’herbe sauvage Et du « forget-me-not » Se tient une promesse A conquérir …
J’applique le savoir de mon amour Laissant vivre la fleur – Secouant l’arbre Pour ramasser Ses fruits Que j’ajouterai aux tiens
Les mains rougies par leur suc Je les laverai sur Tes lèvres …
C’est toi sur ce chemin Toi dans la jachère Et je ne t’oublie Même si je ne Te cueille pas
Au loin la lune prépare les étoiles Sur la cime de mon Orgueil C’est toi la chair de la promesse Qui les accueille
Pour toi la rougeur du soir En une double maraude : Celle sur le seuil D’une montagne Avec celle Sur le seuil de ton pays !
Jusqu’au-delà de la mer : C’est toi ma cime D’orgueil
Sur tes lèvres : L’herbe folle des oasis Où tu siffles la source Délicate …
Mais je n’achèverai pas ton nom Avec les rutilances D’un poème Mes mots traîneront sur Ta peau solaire …
Peut-être glisseront-ils De tes yeux d’océan A ton ventre pétri D’écume de Sable
Et la paume sensible de tes mains Recueillerait la respiration De mon sourire Et Tu la porterais à ton cœur Comme pour ta Nouvelle Jeunesse
Tous les fruits se confondront Dans la corbeille de fleurs Que le « Forget-me-not » Rehaussera sur Ta tête Comme au royaume de tes pensées
Mais je ne t’épuiserai pas … Si ton hasard de reine Rejoint celui de Tant de mes bénédictions pour toi
Délicatesse de ta patience Qui ouvre à une bienveillance Pour celui qui veut poser Ses genoux à Tes pieds asséchés Au sel du Désert …
J’entends et je vois sur tes pas La danse du travail et Des jours Que les enfants suivent En battant le rythme De ta voix Qui les baigne d’Humanité
La bienveillance grandit la délicatesse A la fenêtre d’où s’exhalent Les parfums de ton grand Monde généreux
Délicate ! Est-ce ta beauté En ton grand jardin Laissant affleurer Ces fruits de La nouveauté ? Je m’y confie Pour surpasser tout champ d’herbes folles Et y dégager un sens Au monde
Au creux de ton pays : Ton chemin où se croisent Tant de richesses – Borde les secrets D’un continent Tu les prends Et les garde Loin de toute finitude – Là avec la si délicate énigme Où tu ranges ton histoire Si fidèle au souvenir Où ta liberté A depuis longtemps Posé sa trace.
Par la tige qui mène au pastel , à l’écart des ténèbres déversés au hasard de la haine, laisse la rime métaphysique se frayer le contraire de l’infondée désolation
Rien n’a autant de ressemblance avec la fausse-identité que la fable du loup allant à la fontaine abuser la grand-mère
Je vois si bien la cruauté de la réalité au travers de la fumée des bombes que mes plaies ouvertes se désinfectent et se pansent de poésie
Chercher au trèfle la quatrième feuille chanceuse, n’a rien de l’effet que produit la ruine redressée en point d’appui pour le sniper
De l’au-delà d’une guerre civile la mémoire de brigade internationale fait phénix
Le filet odorant que tu as fait passer ce matin montre au point de croire que l’amour trempe toujours sa flamme dans son huile.
De là à voir Stalingrad revenir au pouls des soldats russes il se pourrait qu’un Poutine puisse y trouver châtiment.
Contre la blessure qui ampute l’arbre, l’oiseau niche un chant pour pondre la fourche où se retenir. Ce jour ou une ville tombe, des villages se lèvent partout dans le monde. Dans les yeux de la poésie j’ai trouvé tes seins grossis et ton ventre battant d’un sang refusant une certaine ménopause. Je retrouve l’ardeur qui arme l’amour d’un tant qui mord.
Niala-Loisobleu – 3 Mars 2022
LE TEMPS MORD (REPRISE)
Un mouvement est là, dans l’immobile incongru, est-ce la pensée plus forte que les rues qui ont été fermées qui fêle ?
A n’en pas douter, dans l’angle le papier-peint baille, la forme transparaît par l’ouverture du temps. Les quais des trains ratés en quittant leurs vêtements un à un dévoilent la beauté des lieux. On ne part de soi trop tard qu’en restant sous son chapeau.
L’âne qui tourne la noria pense-t-il aux déserts sur lesquels les sots se répandent, prêtons-lui le bénéfice du doute de l’innocence, l’âne est pas domestique au point de tomber si bas, il a le sien à porter et cela lui suffit.
Il était pas en corps l’heur des seins qui devance le coq qu’à mon oreille j’entendais ton pouls battre. Pour preuve ce bleu qui macule encore mes doigts. La couleur dit clairement d’où l’on sort et où on a l’intention d’aller. Ce petit-linge accroché au dossier de la chaise même avec ce cheveu qu’il a gardé sur la langue, peut dire l’enchantement du coeur de la forêt sans zozoter. Un solide conteur aux veillées que celui-la. Ficelle, vous avez-dit ficelle, ah non, je parlais de soie pas d’un autre.
Comment écrire simplement quelques mots sur Michèle Bernard, quand on l’aime autant, et qu’on la sait si fragile. Quand on a reçu le choc consolateur parmi les forêts pluvieuses des jours, de ces « petits cailloux verts de la Durance », chanson élémentaire de tout le désarroi et de la tendresse du monde, on ose à peine parler de cette grande sœur si proche de nous.
Et puis la grande présence de son absence, les quelques nouvelles éparses jusqu’à la lumineuse invite « Quand vous me rendrez visite ». Auteur, compositeur, interprète et accordéoniste, Michèle Bernard est aussi comédienne. Chanteuse depuis 1978 elle a humblement tenté de remplir les nuits noires avec plein de monde.
Parfois le découragement aussi et ses longs silences (depuis 1992 !), et nous étions orphelins de ses douces révoltes de cette envie inconnue. Puis en mars 1997, au café de la Danse, un nouveau spectacle soutenu par Anne Sylvestre est venu comme une pluie heureuse nous rappeler l’étrange douceur, l’étrange réalité de sa voix d’absinthe. Maintenant l’on sait qu’il existe une boule de tendresse et de houle nommée Michèle Bernard. Son écriture est comme elle pugnace et profonde. » Dans une année, je n’écris peut-être que quelques semaines. Mais j’y pense tous les jours. Comme un hamster, je stocke ce qui m’émeut. Je note tout sur un carnet et, au moment d’écrire, toutes ces impressions, toutes ces anecdotes ressurgissent. « Belles sont les provisions de Michèle.
Funambule entre le léger et le grave, entre le réaliste et le rêve fou, Michèle Bernard nous revient de façon inespérée, plus belle encore que dans nos souvenirs. Avec son accordéon, ses mots gris-gris elle « revient de si loin derrière son visage », dans le sang de ses mots et toute l’angoisse de l’avoir perdue s’évapore. Quand « il devient trop étroit de vivre » il faut écouter Michèle Bernard. Drapeau qui bat et qui claque encore au vent des espérances. Mots de rage, mots de velours Michèle trace avec son accordéon un chemin d’humanité.
» Rien qu’une chanson qui t’fait du bien/Mais tout entière, couplet refrain… «
Michèle Bernard chante encore et la fête viendra. Elle et son piano du pauvre, son accordéon comme une offense au goût des riches, elle semble cette chanteuse populaire qui chantait dans nos cours. Et quelque monnaie tombait parfois de fenêtres vite refermées. Bien sûr elle sait encore le goût aigre du monde décalé, où tout se déglingue lentement, où l’on rate son train, où l’amour est en retard. Mais même si chacun est dans son désert, Michèle Bernard par la beauté de ses chansons (des « rêves réverbères »!) apporte de l’espoir à la volée, de la rosée sur les trous de la terre.
Elle a pour voisins de palier tous les opprimés de la Terre, surtout sa chère Louise Michel celle qui est L’oiseau noir du champ fauve. Elle chante les chansons que Louise n’a pas eu le temps de nous dire, fauchée non pas par la mitraille, mais par le bagne infâme de la Nouvelle-Calédonie, et par la maladie enfin à Paris. » Dans une époque désemparée et désenchantée, j’ai eu envie de réécouter la petite musique de ce personnage austère et fascinant qui a « jeté son cœur à la Révolution » alors qu’elle se rêvait poète et musicienne. »
La vierge rouge reprenait ses airs grâce à un tout petit bout de femme, qui est mille barricades contre la bêtise à elle seule. Quand Michèle Bernard s’avance sur scène c’est toutes les femmes libres et combattantes qui l’accompagnent. Tous les visages anonymes, ceux des petites vies des ouvriers sont sous ses fenêtres. Elle les aime et elle les chante avec sa tendresse solidaire, son ironie douce. Du haut de ses trois pommes qui font sa taille elle porte loin très loin. Son visage d’enfant soit en colère et rage, soit entre tendresse et larmes est illumination.
Elle a « au cœur une plaie ouverte », et demeure pourtant une messagère d’utopie et d’espérance. Petit bout de femme obstinée, ouvrière des mots quotidiens, elle est joie simple dans les clairs-obscurs. Elle est aussi la voix de la colère qui monte des faubourgs du monde contre les nantis repus. Elle reprend haut et fort les cris de la » Vierge rouge, la Bonne Louise » Douce et sauvage, femme et lumière, voilà plus de vingt ans que Michèle Bernard a le dur désir de durer. Sa voix vibrante s’appuie sur la poésie des rues et des brins d’herbe, des amis trop lointains et des douleurs trop proches.
Michèle Bernard croit à la puissance de la vie, à la fraternité des rencontres. Ces mots si justes, tendres ou amers frappent en plein cœur en donnant du sens à nos journées. Le « Temps des cerises » reviendra avant le dernier soupir de ton accordéon. Tes amis tous les opprimés le chantonnent derrière toi. Ils nous disent de nous rappeler ce temps si proche où tant n’étaient que « chair à pavé, chair à travail, chair à patron, chair à trottoir, chair à prison, chair à scalpel pour les savants, chair à fusils pour tous les va-t-en-guerre. »
Michèle Bernard s’est trouvé un territoire dans le chant et une tanière dans la géographie dans un petit village à une heure de Lyon, un village dans le parc du Pilât au sud de Lyon, Saint-Julien-Molin-Molette. « En pleine campagne, c’est un village d’anciennes usines. Je vis dans une ancienne fabrique textile. Pour moi qui suis très sensible à la chanson populaire, au thème du travail ouvrier et des luttes, c’est un lieu qui m’inspire. J’y ai aménagé ma tanière. «
Campée dans la fraternité elle revient nous le dire. Te revoilà de retour, Michèle, ton absence a été lourde pour nous, mais voici enfin « l’enfant émerveillée, la vieille conteuse ridée, la femme amoureuse, la croqueuse cruelle »
Au coin de toutes nos rues, elle chante avec son accordéon, et toutes nos rues intérieures sont plus belles. Plus sereine, plus dans le vif de la vie : « J’ai moins peur de la douceur et du silence. Je me sens moins comme un bazooka. »
On boit à sa tendresse, on boit à sa lucidité.
Et tout sera simplement comme dans cette autre vie, tu viendras. « Ma fragile, ma fragile, ma copine ».
Gil Pressnitzer
Textes de Michèle Bernard
Les petits cailloux
Au fond de la Durance y a des ptits cailloux verts tach’tès de gris à c’qu’on dit on n’ en trouve que là-bas de ces p’tits cailloux vert-là.
C’est tard les chiens vont s’endormir pleins de grognements, de soupirs après la chasse, après la fête des rêves de chiens pleins la tête
Et mai je suis comme une pierre au fond du lit ma rivière ventre en l’air je n’sens plus mon corps j’dérive avec les poissons morts
Tu m’as dit un jour que le ventre de ta mère sur son lit de mort était lisse et doux comme un ventre de petite fille
Offert a la mort toute douleur effacée et pourtant tu pleures ce ventre que la mort seule t’a permis de découvrir
J’peux pas dormir, ça tourbillonne maint’nant j’ai peur du téléphone corne de brume des mal-aimés j’voudrais pas qu’tu t’mettes à sonner
J’suis cailloux au fond d’une rivière qu’est pas notée dans l’annuaire j ai fait vingt-mille lieues en silence et les mots n’ont plus d’importance
Couchée sur une civière je suis une vieille femme qui va mourir deux hommes m’emmènent indifférents derrière leur sourire
Ils me soulèvent un peu au-dessus de la terre balancement très doux entre la mémoire et l’oubli
je pars pour une sieste infinie Un voisin ronfle au-d’sus de ma tête j’écoute monter la tempête c’est un homme très distingué qui m’salue pas dans l’escalier
J’imagine sa main posée en signe de propriété sur le sein d’une femme endormie ça m’rend morose au fond d’mon lit
Oh j’aimerais bien que tu me balances très fort contre la vitrine du magasin de porcelaine ça f’rait chanter la sirène
J’f’rais un peu d’ remue-ménage dans les listes de mariage ménage et vaisselle brisés j’aim’rais bien être un pavé dans cette mare d’médiocrité
J’entends plus mon cœur c’est la fin non c’est l’réveil qui marche pas bien demain j’le porte a réparer mais ’crois bien qu’son heure a sonné
J’vais m’endormir jusqu’à demain mais c’soir prends-moi dans l’creux d’ta main
j ’suis un p’tit caillou vert de la Durance et je pèse mon poids d’espérance
Quand vous me rendrez visite
Quand vous me rendrez visite Oh, n’arrivez pas trop vite De votre pays si loin S’il vous plait, quoiqu’il arrive Mon ami de l’autre rive Surtout prévenez moi bien Annoncez votre venue Il faut que je m’habitue A l’idée de vous revoir C’est si bon de reconnaître L’écriture sur la lettre Que l’on vient de recevoir C’est si doux de la relire De la respirer, de rire En tournant dans la maison Et s’asseoir soudain plus calme Pour approcher de la flamme Ses ailes de papillon Je regarde la fenêtre Où vous allez apparaître J’y cogne comme un oiseau Un bruit de pas qui approchent Et soudain contre la cloche Vos trois coups comme un cadeau Tout cela que j’imagine C’est un ruisseau qui chemine Dans le désordre du coeur Permettez que j’en profite Après tout ira si vite Quand viendront le jour et l’heure S’il voue plaît quoi qu’il arrive Mon ami de l’autre rive Surtout prévenez-moi bien Non, n’arrivez pas trop vite Quand vous me rendrez visite De votre pays si loin
La fête viendra
Soufflez les bougies croquez les gâteaux La fête est finie et dans son cratère Un volcan s’endort et dit à bientôt Je reviens dans quelques années-lumière Dans le ciel s’en vont cochons et chevaux Ils ont laissé là leur trop vieux manège Partir avec eux chausser leurs sabots Oublier le sang tombé sur la neige Quand revient la guerre on entend des cris Et le long des routes on les voit qui marchent Hommes affamés, loin du paradis Enfants aux pieds nus, fleurs que l’on arrache Quel espoir viendra cocher au hasard Le calendrier près de la fenêtre Où l’on voit des lunes et des saints bizarres Des prénoms d’enfants qui vont bientôt naître Soufflez les bougies croquez les gâteaux La fête est finie et dans son cratère Un volcan s’endort et dit à bientôt Je reviens dans quelques années-lumière
Rêves réverbères
Rêves rêves réverbères Beaux enfants de la misère Les lend’mains qui chantent Ont pris des coups Dans leur vieux binious Rêves rêves réverbères Beaux enfants de la galère Mon lit cette nuit Un vieux carton Une bouche d’égout J’vends d’la lumière à la criée Criez criez Criez pour moi Y’a d’ia poussière dans vos idées Vos idéaux placés si haut Qu’vous n’osez plus me regarder Clodi-clodo Marchand d’journaux Le Père Noël est un vendu Fait plus d’cadeaux Rêves rêves réverbères Beaux enfants de la colère Les lend’mains qui chantent Ont avalé Leurs bell’s dents de loup Rêves rêves réverbères Beaux enfant de la fourrière Les mômes à Poulbot Sont toujours là Qui grattent leur poux Je vends d’l’espoir à la volée Volez volez Envolez vous Petits homm’s en trop dans l’décor Même dehors on nous dit « dehors » Fausses notes au milieu du Bal Clodi clodo Marchand d’journaux L’av’nir ça m’fait Un drôle d’effet Où j’vais aller? Rêves rêves réverbères Beaux enfants de la misère Les mômes à Poulbot Sont toujours là Qui grattent leur poux Rêves rêves réverbères Beaux enfants de la galère Mon lit cette nuit Un vieux carton
Une bouche d’égout
Une fois qu’on s’est tout dit
Une fois qu’on s’est tout dit Tout crié Qu’on pleure assis au bord du lit Tout miné, les yeux bouffis Le nez bouché Comme la trompette De Chet Baker Le cœur En miettes Qu’est-ce qu’on fait ? On s’jette ? Non, on va boire un verre A la santé De l’amour qui s’était Un instant Absenté
Discographie
* Le nez en l’air (2006) * L’oiseau noir du champ fauve (2004) * Une fois qu’on s’est tout dit (2002) * Ses premiers vinyls (2002) * Voler…(1999) * Quand vous me rendrez visite 1997 * Nomade (1997) * Des nuits noires de monde (1992 ) * « Lala et le cirque du vent », (1993) avec Anne Sylvestre * En Public (1988 ) * Bar du grand désir (1982) * Paroles & Musique No 14 (1980) * Le kiosque (1978)
la page ouvre son pas-de-porte , façade gardée au coeur de la pensée qui ne l’a pas quittée
Léchant les murs de son pas souple le chat ondule en regardant les volutes du chant de l’oiseau sauter d’une branche à l’autre
La main de l’enfant sur le cerceau et le cheval de bois montent et élèvent le fond des choses dans l’éloignement du mauvais moment
Au coin de la rue, prêtes à se faire jardiner, les fleurs d’un printemps à transplanter n’ont rien d’obsolète en cette situation de combat de rue
Ramassant le bris de vitres, la mère en posant son bébé dans son berceau, pense qu’un jour il devra aller se battre pour défendre ce que son père est parti lui épargner. C’est la vie
Sur les murs tremblants sous les bombes les photos de la famille font le tour des pièces en laissant glisser leurs doigts sur le piano
Quand l’herbe marquée d’un char entonne le refus de céder, molotov paie sa tournée de cocktails.
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