POSTE DE GARDE – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 46X38


« POSTE DE GARDE »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 46X38

Du pot noir qui monte à l’Est

la grenouille enlève son échelle

Monter oui mais qu’au soleil

L’anémone en montant son Poste de Garde

vient prendre son tour en génoise tout au long de la côte

La mer porte une naissance permanente

les fleurs au jardin de son ventre ne peuvent qu’être de sel

Au sommet de ta fourche le nid se fonde à partir des sphères de ta poitrine

faisons que les pierres portent le cri à la place qui est sienne

L’amour et pas le guère.

Niala-Loisobleu – 5 Mars 2022

APHRODITE SE MONTRE


APHRODITE SE MONTRE

Dans l’air pesant de sens étouffés, l’entrée du chemin d’aimer ne peut rester obstruée

Ouvrant la grange à deux battants, Aphrodite sort le char à banc avant qu’il ne brûle

Il est attelé à la marée montante

La mer jaillit dans une vague de poitrine qui passe toutes les digues

Le cosaque risque de se faire sabrer au cours de l’assaut du cortège qui renverse l’interdit

Non au droit de cuissage auto-proclamé

Niet à l’abstinence libérale !

On déblaie les décombres de la suite nuptiale, la tentative d’encerclement est contre-nature

Niet à l’abstinence libérale !

Niala-Loisobleu – 5 Mars 2022

APOCALYPTIQUE ENSEIGNE


APOCALYPTIQUE ENSEIGNE

Parmi les pierres que le tant n’a pas moussues, des gisants en veux-tu en voilà, à côté d’une cheminée qui n’a pas été au bout de sa randonnée

Sur une crédence à côté d’un bout de viande quelques notes de musique rédigées à la hâte

l’oeil d’une peluche en pendentif demande si l’on a vu un bateau pour partir

Une rampe et sa boule de cristal en bas des marches se proposent en folle aventure

C’était du corporatif le bon quartier

le cuir sentait chaud auprès d’un repousseur de cuivres, une marieuse sur parole, puis de la boulange les mains qui pétrissent mieux qu’un zouave le dos de ma soeur, des petits cris , un soupir de Venise, une gondole arrivée tout droit d’un canal carpien, un géranium encore chaud du crottin du cheval qui gît au milieu de ses entrailles, quelques tomettes, pas d’entr’acte, mais les tréteaux d’un drame humanitaire avec des poutres dans l’oeil de l’établi, l’atelier des mécaniques déboîte son outil symbolique

Entre à l’aveugle le début de la patience abattant ses cartes à bout portant

dans l’ancienne maternité une barricade est dressée face à leurs mitrailleuses

Ce que le réflexe du dernier souffle attire fonce tête baissée

je bouche-à-bouche l’instinct de survie, fusil à la bretelle, de seins tombés s’enfante la liberté dans ce qui reste de notre chambre d’amour

S’il en sort quelque chose ce sera citoyen, dit un étranger qui traverse la frontière.

Niala-Loisobleu – 4 Mars 2022

MES MAINS EFFLEURENT TON SOURIRE


MES MAINS EFFLEURENT TON SOURIRE

Aux jonctions de l’herbe sauvage
Et du « forget-me-not »
Se tient une promesse
A conquérir …

J’applique le savoir de mon amour
Laissant vivre la fleur –
Secouant l’arbre
Pour ramasser
Ses fruits
Que j’ajouterai aux tiens

Les mains rougies par leur suc
Je les laverai sur
Tes lèvres …

C’est toi sur ce chemin
Toi dans la jachère
Et je ne t’oublie
Même si je ne
Te cueille pas

Au loin la lune prépare les étoiles
Sur la cime de mon
Orgueil
C’est toi la chair de la promesse
Qui les accueille

Pour toi la rougeur du soir
En une double maraude :
Celle sur le seuil
D’une montagne
Avec celle
Sur le seuil de ton pays !

Jusqu’au-delà de la mer :
C’est toi ma cime
D’orgueil

Sur tes lèvres :
L’herbe folle des oasis
Où tu siffles la source
Délicate …

Mais je n’achèverai pas ton nom
Avec les rutilances
D’un poème
Mes mots traîneront sur
Ta peau solaire …

Peut-être glisseront-ils
De tes yeux d’océan
A ton ventre pétri
D’écume de
Sable

Et la paume sensible de tes mains
Recueillerait la respiration
De mon sourire
Et
Tu la porterais à ton cœur
Comme pour ta
Nouvelle
Jeunesse

Tous les fruits se confondront
Dans la corbeille de fleurs
Que le « Forget-me-not »
Rehaussera sur
Ta tête
Comme au royaume de tes pensées

Mais je ne t’épuiserai pas …
Si ton hasard de reine
Rejoint celui de
Tant de mes bénédictions pour toi

Délicatesse de ta patience
Qui ouvre à une bienveillance
Pour celui qui veut poser
Ses genoux à
Tes pieds asséchés
Au sel du
Désert …

J’entends et je vois sur tes pas
La danse du travail et
Des jours
Que les enfants suivent
En battant le rythme
De ta voix
Qui les baigne d’Humanité

La bienveillance grandit la délicatesse
A la fenêtre d’où s’exhalent
Les parfums de ton grand
Monde généreux

Délicate ! Est-ce ta beauté
En ton grand jardin
Laissant affleurer
Ces fruits de
La nouveauté ?
Je m’y confie
Pour surpasser tout champ d’herbes folles
Et y dégager un sens
Au monde

Au creux de ton pays :
Ton chemin où se croisent
Tant de richesses –
Borde les secrets
D’un continent
Tu les prends
Et les garde
Loin de toute finitude –
Là avec la si délicate énigme
Où tu ranges ton histoire
Si fidèle au souvenir
Où ta liberté
A depuis longtemps
Posé sa trace.

Alain Minod

LAISSE VENIR L’EPINE A LA ROSE


LAISSE VENIR L’EPINE A LA ROSE

Par la tige qui mène au pastel , à l’écart des ténèbres déversés au hasard de la haine, laisse la rime métaphysique se frayer le contraire de l’infondée désolation

Rien n’a autant de ressemblance avec la fausse-identité que la fable du loup allant à la fontaine abuser la grand-mère

Je vois si bien la cruauté de la réalité au travers de la fumée des bombes que mes plaies ouvertes se désinfectent et se pansent de poésie

Chercher au trèfle la quatrième feuille chanceuse, n’a rien de l’effet que produit la ruine redressée en point d’appui pour le sniper

De l’au-delà d’une guerre civile la mémoire de brigade internationale fait phénix

Le filet odorant que tu as fait passer ce matin montre au point de croire que l’amour trempe toujours sa flamme dans son huile.

De là à voir Stalingrad revenir au pouls des soldats russes il se pourrait qu’un Poutine puisse y trouver châtiment.

Niala-Loisobleu – 3 Mars 2022

AUJOURD’HUI SE REPRISE. C’EST UNE CEREMONIE.


Contre la blessure qui ampute l’arbre, l’oiseau niche un chant pour pondre la fourche où se retenir. Ce jour ou une ville tombe, des villages se lèvent partout dans le monde. Dans les yeux de la poésie j’ai trouvé tes seins grossis et ton ventre battant d’un sang refusant une certaine ménopause. Je retrouve l’ardeur qui arme l’amour d’un tant qui mord.

Niala-Loisobleu – 3 Mars 2022

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LE TEMPS MORD (REPRISE)

Un mouvement est là, dans l’immobile incongru, est-ce la pensée plus forte que les rues qui ont été fermées qui fêle ?

A n’en pas douter, dans l’angle le papier-peint baille, la forme transparaît par l’ouverture du temps. Les quais des trains ratés en quittant leurs vêtements un à un dévoilent la beauté des lieux. On ne part de soi trop tard qu’en restant sous son chapeau.

L’âne qui tourne la noria pense-t-il aux déserts  sur lesquels les sots se répandent, prêtons-lui le bénéfice du doute de l’innocence, l’âne est pas domestique au point de tomber si bas, il a le sien à porter et cela lui suffit.

Il était pas en corps l’heur des seins qui devance le coq qu’à mon oreille j’entendais ton pouls battre. Pour preuve ce bleu qui macule encore mes doigts. La couleur dit clairement d’où l’on sort et où on a l’intention d’aller. Ce petit-linge accroché au dossier de la chaise même avec ce cheveu qu’il a gardé sur la langue, peut dire l’enchantement du coeur de la forêt sans zozoter. Un solide conteur aux veillées que celui-la. Ficelle, vous avez-dit ficelle, ah non, je parlais de soie pas d’un autre.

Illustration: Peinture d’Otto Dix

Niala-Loisobleu – 30/03/18

Michèle Bernard


Michèle Bernard

« Ma fragile, ma fragile, ma copine »

Comment écrire simplement quelques mots sur Michèle Bernard, quand on l’aime autant, et qu’on la sait si fragile.
Quand on a reçu le choc consolateur parmi les forêts pluvieuses des jours, de ces « petits cailloux verts de la Durance », chanson élémentaire de tout le désarroi et de la tendresse du monde, on ose à peine parler de cette grande sœur si proche de nous.

Et puis la grande présence de son absence, les quelques nouvelles éparses jusqu’à la lumineuse invite « Quand vous me rendrez visite ». Auteur, compositeur, interprète et accordéoniste, Michèle Bernard est aussi comédienne. Chanteuse depuis 1978 elle a humblement tenté de remplir les nuits noires avec plein de monde.

Parfois le découragement aussi et ses longs silences (depuis 1992 !), et nous étions orphelins de ses douces révoltes de cette envie inconnue. Puis en mars 1997, au café de la Danse, un nouveau spectacle soutenu par Anne Sylvestre est venu comme une pluie heureuse nous rappeler l’étrange douceur, l’étrange réalité de sa voix d’absinthe.
Maintenant l’on sait qu’il existe une boule de tendresse et de houle nommée Michèle Bernard. Son écriture est comme elle pugnace et profonde.
 » Dans une année, je n’écris peut-être que quelques semaines. Mais j’y pense tous les jours. Comme un hamster, je stocke ce qui m’émeut. Je note tout sur un carnet et, au moment d’écrire, toutes ces impressions, toutes ces anecdotes ressurgissent. « 
Belles sont les provisions de Michèle.

Funambule entre le léger et le grave, entre le réaliste et le rêve fou, Michèle Bernard nous revient de façon inespérée, plus belle encore que dans nos souvenirs. Avec son accordéon, ses mots gris-gris elle « revient de si loin derrière son visage », dans le sang de ses mots et toute l’angoisse de l’avoir perdue s’évapore.
Quand « il devient trop étroit de vivre » il faut écouter Michèle Bernard. Drapeau qui bat et qui claque encore au vent des espérances. Mots de rage, mots de velours Michèle trace avec son accordéon un chemin d’humanité.

 » Rien qu’une chanson qui t’fait du bien/Mais tout entière, couplet refrain… « 

Michèle Bernard chante encore et la fête viendra. Elle et son piano du pauvre, son accordéon comme une offense au goût des riches, elle semble cette chanteuse populaire qui chantait dans nos cours. Et quelque monnaie tombait parfois de fenêtres vite refermées.
Bien sûr elle sait encore le goût aigre du monde décalé, où tout se déglingue lentement, où l’on rate son train, où l’amour est en retard. Mais même si chacun est dans son désert, Michèle Bernard par la beauté de ses chansons (des « rêves réverbères »!) apporte de l’espoir à la volée, de la rosée sur les trous de la terre.

Elle a pour voisins de palier tous les opprimés de la Terre, surtout sa chère Louise Michel celle qui est L’oiseau noir du champ fauve. Elle chante les chansons que Louise n’a pas eu le temps de nous dire, fauchée non pas par la mitraille, mais par le bagne infâme de la Nouvelle-Calédonie, et par la maladie enfin à Paris.
 » Dans une époque désemparée et désenchantée, j’ai eu envie de réécouter la petite musique de ce personnage austère et fascinant qui a « jeté son cœur à la Révolution » alors qu’elle se rêvait poète et musicienne. »

La vierge rouge reprenait ses airs grâce à un tout petit bout de femme, qui est mille barricades contre la bêtise à elle seule. Quand Michèle Bernard s’avance sur scène c’est toutes les femmes libres et combattantes qui l’accompagnent. Tous les visages anonymes, ceux des petites vies des ouvriers sont sous ses fenêtres. Elle les aime et elle les chante avec sa tendresse solidaire, son ironie douce. Du haut de ses trois pommes qui font sa taille elle porte loin très loin. Son visage d’enfant soit en colère et rage, soit entre tendresse et larmes est illumination.

Elle a « au cœur une plaie ouverte », et demeure pourtant une messagère d’utopie et d’espérance.
Petit bout de femme obstinée, ouvrière des mots quotidiens, elle est joie simple dans les clairs-obscurs. Elle est aussi la voix de la colère qui monte des faubourgs du monde contre les nantis repus. Elle reprend haut et fort les cris de la  » Vierge rouge, la Bonne Louise »
Douce et sauvage, femme et lumière, voilà plus de vingt ans que Michèle Bernard a le dur désir de durer. Sa voix vibrante s’appuie sur la poésie des rues et des brins d’herbe, des amis trop lointains et des douleurs trop proches.

Michèle Bernard croit à la puissance de la vie, à la fraternité des rencontres. Ces mots si justes, tendres ou amers frappent en plein cœur en donnant du sens à nos journées. Le « Temps des cerises » reviendra avant le dernier soupir de ton accordéon. Tes amis tous les opprimés le chantonnent derrière toi. Ils nous disent de nous rappeler ce temps si proche où tant n’étaient que « chair à pavé, chair à travail, chair à patron, chair à trottoir, chair à prison, chair à scalpel pour les savants, chair à fusils pour tous les va-t-en-guerre. »

Michèle Bernard s’est trouvé un territoire dans le chant et une tanière dans la géographie dans un petit village à une heure de Lyon, un village dans le parc du Pilât au sud de Lyon, Saint-Julien-Molin-Molette.
« En pleine campagne, c’est un village d’anciennes usines. Je vis dans une ancienne fabrique textile. Pour moi qui suis très sensible à la chanson populaire, au thème du travail ouvrier et des luttes, c’est un lieu qui m’inspire. J’y ai aménagé ma tanière. « 

Campée dans la fraternité elle revient nous le dire.
Te revoilà de retour, Michèle, ton absence a été lourde pour nous, mais voici enfin « l’enfant émerveillée, la vieille conteuse ridée, la femme amoureuse, la croqueuse cruelle »

Au coin de toutes nos rues, elle chante avec son accordéon, et toutes nos rues intérieures sont plus belles. Plus sereine, plus dans le vif de la vie :
« J’ai moins peur de la douceur et du silence. Je me sens moins comme un bazooka. »

On boit à sa tendresse, on boit à sa lucidité.

Et tout sera simplement comme dans cette autre vie, tu viendras.
« Ma fragile, ma fragile, ma copine ».

Gil Pressnitzer

Textes de Michèle Bernard

Les petits cailloux

Au fond de la Durance
y a des ptits cailloux verts
tach’tès de gris
à c’qu’on dit
on n’ en trouve que là-bas
de ces p’tits cailloux vert-là.

C’est tard les chiens vont s’endormir
pleins de grognements, de soupirs
après la chasse, après la fête
des rêves de chiens pleins la tête

Et mai je suis comme une pierre
au fond du lit ma rivière
ventre en l’air je n’sens plus mon corps
j’dérive avec les poissons morts

Tu m’as dit un jour
que le ventre de ta mère
sur son lit de mort
était lisse et doux
comme un ventre de petite fille

Offert a la mort
toute douleur effacée
et pourtant tu pleures
ce ventre que la mort seule
t’a permis de découvrir

J’peux pas dormir, ça tourbillonne
maint’nant j’ai peur du téléphone
corne de brume des mal-aimés
j’voudrais pas qu’tu t’mettes à sonner

J’suis cailloux au fond d’une rivière
qu’est pas notée dans l’annuaire
j ai fait vingt-mille lieues en silence
et les mots n’ont plus d’importance

Couchée sur une civière
je suis une vieille femme qui va mourir
deux hommes m’emmènent
indifférents derrière leur sourire

Ils me soulèvent
un peu au-dessus de la terre
balancement très doux
entre la mémoire et l’oubli

je pars pour une sieste infinie
Un voisin ronfle au-d’sus de ma tête
j’écoute monter la tempête
c’est un homme très distingué
qui m’salue pas dans l’escalier

J’imagine sa main posée
en signe de propriété
sur le sein d’une femme endormie
ça m’rend morose au fond d’mon lit

Oh j’aimerais bien
que tu me balances très fort
contre la vitrine
du magasin de porcelaine
ça f’rait chanter la sirène

J’f’rais un peu d’ remue-ménage
dans les listes de mariage
ménage et vaisselle brisés
j’aim’rais bien être un pavé
dans cette mare d’médiocrité

J’entends plus mon cœur c’est la fin
non c’est l’réveil qui marche pas bien
demain j’le porte a réparer
mais ’crois bien qu’son heure a sonné

J’vais m’endormir jusqu’à demain
mais c’soir prends-moi dans l’creux d’ta main

j ’suis un p’tit caillou vert de la Durance
et je pèse mon poids d’espérance

Quand vous me rendrez visite

Quand vous me rendrez visite
Oh, n’arrivez pas trop vite
De votre pays si loin
S’il vous plait, quoiqu’il arrive
Mon ami de l’autre rive
Surtout prévenez moi bien
Annoncez votre venue
Il faut que je m’habitue
A l’idée de vous revoir
C’est si bon de reconnaître
L’écriture sur la lettre
Que l’on vient de recevoir
C’est si doux de la relire
De la respirer, de rire
En tournant dans la maison
Et s’asseoir soudain plus calme
Pour approcher de la flamme
Ses ailes de papillon
Je regarde la fenêtre
Où vous allez apparaître
J’y cogne comme un oiseau
Un bruit de pas qui approchent
Et soudain contre la cloche
Vos trois coups comme un cadeau
Tout cela que j’imagine
C’est un ruisseau qui chemine
Dans le désordre du coeur
Permettez que j’en profite
Après tout ira si vite
Quand viendront le jour et l’heure
S’il voue plaît quoi qu’il arrive
Mon ami de l’autre rive
Surtout prévenez-moi bien
Non, n’arrivez pas trop vite
Quand vous me rendrez visite
De votre pays si loin

La fête viendra

Soufflez les bougies croquez les gâteaux
La fête est finie et dans son cratère
Un volcan s’endort et dit à bientôt
Je reviens dans quelques années-lumière
Dans le ciel s’en vont cochons et chevaux
Ils ont laissé là leur trop vieux manège
Partir avec eux chausser leurs sabots
Oublier le sang tombé sur la neige
Quand revient la guerre on entend des cris
Et le long des routes on les voit qui marchent
Hommes affamés, loin du paradis
Enfants aux pieds nus, fleurs que l’on arrache
Quel espoir viendra cocher au hasard
Le calendrier près de la fenêtre
Où l’on voit des lunes et des saints bizarres
Des prénoms d’enfants qui vont bientôt naître
Soufflez les bougies croquez les gâteaux
La fête est finie et dans son cratère
Un volcan s’endort et dit à bientôt
Je reviens dans quelques années-lumière

Rêves réverbères

Rêves rêves réverbères
Beaux enfants de la misère
Les lend’mains qui chantent
Ont pris des coups
Dans leur vieux binious
Rêves rêves réverbères
Beaux enfants de la galère
Mon lit cette nuit
Un vieux carton
Une bouche d’égout
J’vends d’la lumière à la criée
Criez criez
Criez pour moi
Y’a d’ia poussière dans vos idées
Vos idéaux placés si haut
Qu’vous n’osez plus me regarder
Clodi-clodo
Marchand d’journaux
Le Père Noël est un vendu
Fait plus d’cadeaux
Rêves rêves réverbères
Beaux enfants de la colère
Les lend’mains qui chantent
Ont avalé Leurs bell’s dents de loup
Rêves rêves réverbères
Beaux enfant de la fourrière
Les mômes à Poulbot
Sont toujours là
Qui grattent leur poux
Je vends d’l’espoir à la volée
Volez volez
Envolez vous
Petits homm’s en trop dans l’décor
Même dehors on nous dit « dehors »
Fausses notes au milieu du Bal
Clodi clodo
Marchand d’journaux
L’av’nir ça m’fait
Un drôle d’effet
Où j’vais aller?
Rêves rêves réverbères
Beaux enfants de la misère
Les mômes à Poulbot
Sont toujours là
Qui grattent leur poux
Rêves rêves réverbères
Beaux enfants de la galère
Mon lit cette nuit
Un vieux carton

Une bouche d’égout

Une fois qu’on s’est tout dit

Une fois qu’on s’est tout dit
Tout crié
Qu’on pleure assis au bord du lit
Tout miné, les yeux bouffis
Le nez bouché
Comme la trompette
De Chet
Baker
Le cœur
En miettes
Qu’est-ce qu’on fait ?
On s’jette ?
Non, on va boire un verre
A la santé
De l’amour qui s’était
Un instant
Absenté

Discographie

* Le nez en l’air (2006)
* L’oiseau noir du champ fauve (2004)
* Une fois qu’on s’est tout dit (2002)
* Ses premiers vinyls (2002)
* Voler…(1999)
* Quand vous me rendrez visite 1997
* Nomade (1997)
* Des nuits noires de monde (1992 )
* « Lala et le cirque du vent », (1993) avec Anne Sylvestre
* En Public (1988 )
* Bar du grand désir (1982)
* Paroles & Musique No 14 (1980)
* Le kiosque (1978)

Source: Esprits-Nomades

ARCANIA COELESTTA PAR PAUL NEUHUYS


ARCANIA COELESTTA

PAR

PAUL NEUHUYS

Du temps que j’étais chasseur de chamois à
Chamonix,

très chercheur de nature et poltron par instinct,

je découvris dans la montagne, une fleur d’un dessin

si nerveusement bizarre, que je l’appelai:
Arcania

Coelestia, la fleur curieuse d’arcanes,

celle qui veut prendre le ciel en escalade,

pour qui l’espace astral est peuplé de démons,

fleur brasero

pour qui le point oméga est dans la gravité zéro.

Paul Neuhys

COMME CHAT QUE L’OISEAU C’EST LA VIE


COMME CHAT QUE L’OISEAU C’EST LA VIE

Pour garnir le vide d’une rue

la page ouvre son pas-de-porte , façade gardée au coeur de la pensée qui ne l’a pas quittée

Léchant les murs de son pas souple le chat ondule en regardant les volutes du chant de l’oiseau sauter d’une branche à l’autre

La main de l’enfant sur le cerceau et le cheval de bois montent et élèvent le fond des choses dans l’éloignement du mauvais moment

Au coin de la rue, prêtes à se faire jardiner, les fleurs d’un printemps à transplanter n’ont rien d’obsolète en cette situation de combat de rue

Ramassant le bris de vitres, la mère en posant son bébé dans son berceau, pense qu’un jour il devra aller se battre pour défendre ce que son père est parti lui épargner. C’est la vie

Sur les murs tremblants sous les bombes les photos de la famille font le tour des pièces en laissant glisser leurs doigts sur le piano

Quand l’herbe marquée d’un char entonne le refus de céder, molotov paie sa tournée de cocktails.

Niala-Loisobleu – 1er Mars 2022

DANS L’INSDISCRETION DES ANGES


DANS L’INSDISCRETION DES ANGES

L’indigo de la robe de mariée en rive d’un orgue

soulève les feuilles mortes pour un bouche-à-bouche dépassant le massage cardiaque en désembuage de musique d’un possible

on a la folie de vivre défiant le shadock au point de pomper du vide l’air qui manque

Nos cuisses emboîtées, on articule

nos reins dans la torsion du bandonéon affolent les jours sans en brandissant le soupir qui attise

bien sûr l’enjeu est de taille plus épaisse que l’insecte donné pour étalon

mais quand tu te cambres à jaillir du téton

la vie bande son sauvage comme une chienne prête à mordre l’enragé

je monte tu descends je remonte au diapason de la passe entre les cornes pour avoir les deux oreilles

Du visage remonté à l’enfance vient un tel silence que les canons passés par là ont du Péchebel dans l’affût

s’il faut mourir pour donner le droit de vivre plus avant, il y a de l’utile à planter la victoire dans l’alignement des croix blanches.

Niala-Loisobleu – 28 Février 2022