APOCALYPTIQUE ENSEIGNE


APOCALYPTIQUE ENSEIGNE

Parmi les pierres que le tant n’a pas moussues, des gisants en veux-tu en voilà, à côté d’une cheminée qui n’a pas été au bout de sa randonnée

Sur une crédence à côté d’un bout de viande quelques notes de musique rédigées à la hâte

l’oeil d’une peluche en pendentif demande si l’on a vu un bateau pour partir

Une rampe et sa boule de cristal en bas des marches se proposent en folle aventure

C’était du corporatif le bon quartier

le cuir sentait chaud auprès d’un repousseur de cuivres, une marieuse sur parole, puis de la boulange les mains qui pétrissent mieux qu’un zouave le dos de ma soeur, des petits cris , un soupir de Venise, une gondole arrivée tout droit d’un canal carpien, un géranium encore chaud du crottin du cheval qui gît au milieu de ses entrailles, quelques tomettes, pas d’entr’acte, mais les tréteaux d’un drame humanitaire avec des poutres dans l’oeil de l’établi, l’atelier des mécaniques déboîte son outil symbolique

Entre à l’aveugle le début de la patience abattant ses cartes à bout portant

dans l’ancienne maternité une barricade est dressée face à leurs mitrailleuses

Ce que le réflexe du dernier souffle attire fonce tête baissée

je bouche-à-bouche l’instinct de survie, fusil à la bretelle, de seins tombés s’enfante la liberté dans ce qui reste de notre chambre d’amour

S’il en sort quelque chose ce sera citoyen, dit un étranger qui traverse la frontière.

Niala-Loisobleu – 4 Mars 2022