MA FLEUR DU BIEN


MA FLEUR DU BIEN

Rien ne marque un rang d’orchestre

mais la place reste la plus chère autrement qu’en argent

Que le rideau fasse aux trois coups du gendarme

rentrer le soleil pour seul phare au devant du rire de la joie

pour que le flot te porte la tête hors de l’eau

« Tiens-bon mon FIls. »

Niala-Loisobleu – 15 Février 2022

« LOVE MATIN » – NIALA 14.O2.2022 – ACRYLIQUE S/VERRE 40X50 ENCADRE 50X70


« LOVE MATIN »

NIALA 14.O2.2022

ACRYLIQUE S/VERRE 40X50

ENCADRE 50X70

A Patrice DENEFLE

Dans sa nuit le matin pas en corps né criait déjà

par un oiseau blanc messager en repoussant la vague scélérate de son regard debout

Les rugissants s’y sont trop acharnés, écrivit le peintre de sa main gauche, pour qu’avant de sombrer je puisse passer par le Cap d’Espérance toucher ma lanterne

Alors remontant du plus profond de leurs abysses vinrent à les fidèles anémones à la rescousse, reins cambrés

Pureté, innocence, sans naïveté, toutes amertumes quelque en soit la douleur, boutées hors, l’amour relia le cordon au fils que la mer avait rompu

L’arc-en-ciel d’un seul pont reliant de ses mains le temporel à l’intemporel par les seins de la Muse pour que l’amour règne

Niala-Loisobleu – 14 Février 2022

AU CREUX DE SON EPAULE L’ATELIER MURMURE


AU CREUX DE SON EPAULE, L’ATELIER MURMURE

Chaud qui fond les retenues et murmure à pas lents les déhanchés de l’introspection

Ce qui inerte dans l’apparence carnavale

L’oiseau montre l’heure exacte sans parlante à la manière de l’embrun qui se jette comme le sel en semailles

Dans sa boîte à chaussure l’atelier marche en couple avec le tournesol.

Niala-Loisobleu – 12 Février 2022

11 FEVRIER 2022 IL EST 18H10


11 FEVRIER 2022 IL EST 18H10

Le jour résiste et du froid qui le conserve sort une abeille venue pointer son tant non chômé. Le peintre en son jardin promène les toiles comme son absolu accessible monté sur son cheval. Labour et semailles indissociablement liés à la tâche. La mer toute proche s’amarre à la rivière en déployant les ailes du moulin à sel. Signe que dans cet environnement peu enclin à la paix, l’artiste est bien vivant. Energie stable dans la forêt où les essences flambent à l’encan du marché flottant électoraliste. Qui d’une pandémie galopante fait montre de guérison avancée à ses fins. Le bonneteau a si grande gueule que là où l’on habite tout devient camelot. Aussi je remonte au soleil puiser une philosophie constructive pour tenir la lumière bien en place à l’arraché des reins, imprégné d’un sacré que seul l’amour peut inspirer. Les grands malheurs sont accros à l’ignorance que cultive le désespoir. L’oiseau pourchassé migre ces engrais qui détruisent

Le tapis de l’Atelier résiste aux tâches, le peintre en ressent chacun de leurs coups comme la garantie de cette présence venue d’elle m’aime.

Niala-Loisobleu – 11 Février 2022

MI SCION, UN POSSIBLE ?


MI SCION, UN POSSIBLE ?

Du bord de l’arbre à sa branche en corps ouverte le greffon regard tourné vers l’orée scrute le premier cri d’où doit sortir la tête du fruit

Non sans le sel on ne peut rien attendre du haut parleur de l’annonce de passage du cirque

Le grand chapiteau s’engage à plus qu’une ménagerie pour spectacle

Du ô de son trapèze l’amour se jette mains dans les mains sans filer aux quatre coins .

Niala-Loisobleu – 11 Février 2022

Entre la vitre et le bois


Entre la vitre et le bois

Ces images que le mastic garde et celles que j’apporte depuis la crémone d’une évasion gagnée

Sans savoir pour combien de temps l’odeur restera par-dessus l’image de la fleur imprimée sur les draps

Du rêve qui vient du rêve qui va des animaux faméliques sautent les lacets de la route de montagne pour voler à pieds nus dans l’espace absolu de la mer

où tout se met en flottage joue contre la plage

l’oreille au sable pour deviner l’heure à laquelle la lune sera à marée

Le chien-assis sur le bord du toit garde le souvenir de toi dans la cretonne de sa mansarde

Et sur l’arêtier un oiseau a écrit sur des feuilles restées cousues par la sève au branchu des veillées devant le feu d’une guitare

Tout ça pour que le vent balance la lumière d’une sorte d’espérance entre la vitre et le bois

en sachant pour quoi la transparence favorise ton corps de sa lingerie

Niala-Loisobleu – 10 Février 2022

L’avions qui passe


L’avions qui passe

On peut traverser le grand bassin à sec, ils l’ont vidé hier pour nettoyer les carpes du muet en gardant le cinéma

C’est la dernière version de l’Etang Moderne de Charlot illustrée par Pablo Auladell

La Mancha se démouline, comme partout ailleurs

c’est le vain qui prend du degré sans que le Maître de Chais n’ait retrouvé de quoi monter à cheval en gardant le goût pour l’engrain au crottin

Alors il se fouille à la recherche du tant perdu

Si bien que les Ministres de la Culture et son comparse de l’Education ne Proust plus que par lui

« Drône d’époque » peut-on lire sur la banderole de l’avions qui passe en lâchant sur internet ses petites vertus en aube de première communiante

Sans bruit la nuit tombe.

Niala-Loisobleu – 10 Février 2022

Pablo Auladell

Nationalité : Espagne
Né(e) à : Alicante , 1972
Biographie :

Pablo Auladell est né à Alicante en 1972. Autodidacte, il travaille comme illustrateur (notamment des contes de Grimm et d’Andersen) et auteur de bandes dessinées, notamment pour les éditions Sinsentido, Anaya et Ponent. En 2008, son album Soy mi sueño, sur scénario de Felipe Hernandez Cava, a été très remarqué. La Torre blanca (La Tour blanche) avait reçu le prix de la révélation au Salon de Barcelone en 2006, tout en étant également nominé dans les catégories « meilleure œuvre » et « meilleur dessin ». La version que nous traduisons correspond à la deuxième édition revue et augmentée. Son unique livre en français à ce jour est Le Rêve de Pablo, publié par La Joie de Lire.
dessinateur atypique, il publie « Le Paradis perdu » d’après l’oeuvre de John Milton et au ski « le cuirassé Potemkine ».

JEAN FERRAT – EPILOGUE


JEAN FERRAT – EPILOGUE

La vie aura passé comme un grand château triste que tous les vents traversent
Les courants d’air claquent les portes et pourtant aucune chambre n’est fermée
Il s’y assied des inconnus pauvres et las qui sait pourquoi certains armés
Les herbes ont poussé dans les fossés si bien qu’on n’en peut plus baisser la herse

Quand j’étais jeune on me racontait que bientôt viendrait la victoire des anges
Ah comme j’y ai cru comme j’y ai cru puis voilà que je suis devenu vieux
Le temps des jeunes gens leur est une mèche toujours retombant dans les yeux
Et ce qu’il en reste aux vieillards est trop lourd et trop court que pour eux le vent change

J’écrirai ces vers à bras grands ouverts qu’on sente mon coeur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu’on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu’il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

Je vois tout ce que vous avez devant vous de malheur de sang de lassitude
Vous n’aurez rien appris de nos illusions rien de nos faux pas compris
Nous ne vous aurons à rien servi vous devrez à votre tour payer le prix
Je vois se plier votre épaule A votre front je vois le pli des habitudes

Bien sûr bien sûr vous me direz que c’est toujours comme cela mais justement
Songez à tous ceux qui mirent leurs doigts vivants leurs mains de chair dans l’engrenage
Pour que cela change et songez à ceux qui ne discutaient même pas leur cage
Est-ce qu’on peut avoir le droit au désespoir le droit de s’arrêter un moment

J’écrirai ces vers à bras grands ouverts qu’on sente mon coeur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu’on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu’il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

Songez qu’on arrête jamais de se battre et qu’avoir vaincu n’est trois fois rien
Et que tout est remis en cause du moment que l’homme de l’homme est comptable
Nous avons vu faire de grandes choses mais il y en eut d’épouvantables
Car il n’est pas toujours facile de savoir où est le mal où est le bien

Et vienne un jour quand vous aurez sur vous le soleil insensé de la victoire
Rappelez-vous que nous avons aussi connu cela que d’autres sont montés
Arracher le drapeau de servitude à l’Acropole et qu’on les a jetés
Eux et leur gloire encore haletants dans la fosse commune de l’histoire

J’écrirai ces vers à bras grands ouverts qu’on sente mon coeur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu’on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu’il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

Je ne dis pas cela pour démoraliser Il faut regarder le néant
En face pour savoir en triompher Le chant n’est pas moins beau quand il décline
Il faut savoir ailleurs l’entendre qui renaît comme l’écho dans les collines
Nous ne sommes pas seuls au monde à chanter et le drame est l’ensemble des chants

Le drame il faut savoir y tenir sa partie et même qu’une voix se taise
Sachez-le toujours le choeur profond reprend la phrase interrompue
Du moment que jusqu’au bout de lui-même Le chanteur a fait ce qu’il a pu
Qu’importe si chemin faisant vous allez m’abandonner comme une hypothèse

J’écrirai ces vers à bras grands ouverts qu’on sente mon coeur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu’on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu’il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

Jean Ferrat

ECHOGRAPHIE


ECHOGRAPHIE

Contre la fenêtre du couloir capter ce bruit que les traverses rendre significatif

Au premier poste d’eau stopper la machine pour la rafraîchir sans rien toucher de la mémoire

et au mouvement qui remue les feuilles du tapis d’automne au levé de rideau printanier suivre la direction où l’oiseau s’est tourné sans la moindre question.

Niala-Loisobleu- 10 Février 2022