SUR LE TROTTOIR DU CIEL


SUR LE TROTTOIR DU CIEL

Tiré des tiroirs d’un ciel imaginaire, avec ce qu’il faut de réalité ajoutée pour y croire

un paysage habité d’abeilles

des papillons

la boutique du marchand de couleurs

les reins essorés jusqu’à l’ultime goutte

sur le fil l’hirondelle

du crin équin dans le saut de la rivière en plein soleil

puis la faim de Soutine se nourrissant du quartier de viande qu’il peint

un air qui rappelle Frida grimaçant à poil, cicatrice ouverte au bruit de tramway, que des mariachis veulent couvrir de leurs trompettes

Et sur les pétales jetés au chemin, Diégo titubant en sortant des putes refaire la révolution sur sa Riviéra

Elles se tordent les maisons de Chaïm comme un mensonge qui ne peut plus cacher sa vérité

elle est haute à dépasser les arbres l’envie d’herbe plus verte au point de tourner le bouillon de moules en brouet

La colombe que je promène dans mes idée folles devient vautour en arrivant à la fosse commune des enfants enfouis dans les guerres

Pourtant je refuse la commémoration et les fleurs le long des grilles de tous les viols pour aller me baigner au clair de lune rêver que la vie n’est pas la drogue héroïne

Pierrot siamois de Colombine dans une prochaine toile. là voilà mon Evangile.

Niala-Loisobleu – 7 Novembre 2022

PHILTRAGE


PHILTRAGE

Il fait encore sec sans que l’herbe n’ait pu reverdir

cette rivière au confluent arrive à border ses quais d’un fleuve large

Les formules à base de crapaud er de crocs de vipère tiennent le souffle du temps, les supers-marchés embauchent leurs influenceurs sur leur route à fric

La fourmi ne prend jamais de congé et continue de travailler quand elle dort sans réclamer. Imagine tout ce qu’elle peut savoir sans retourner à l’école

A peine faisait-il jour que j’ouvrais l’atelier

Le tableau lui était déjà allumé à mon entrée

il ne fait aucun doute que la marée montante pose quelque chose de nouveau à la côte

J’aime la sérénité que la jouissance apporte

c’est un corps exploré que l’acte de peindre avec ses doigts

et tu ne boudes pas à t’ouvrir seins au dehors

La fontaine de la clairière dresse un cresson riche en fer.

Niala-Loisobleu – 7 Novembre 2022

CHOSES NOUVELLES – BERTRAND BELIN


CHOSES NOUVELLES

BERTRAND BELIN

Cherchant un banc bien gaulé
Trouvant un banc mal gaulé
Debout près d’un banc mal gaulé
Assis sur ce banc mal gaulé
Je chéris ton cœur
Je chéris ton cœur
Adoré

Dans un coin d’architecture manqué
Un méandre de la cité
Allons bon
Cachant à ma raison
Que du temps a passé
Je chéris ton cœur
Adoré
La nuit je parle
Je parle seul
Je te parle tout seul
Pour te dire des choses nouvelles
Je chéris ton cœur
Adoré
Contournant un vaste chantier
De pluie, de planches, d’acier
Suspendu
Songeant au sommeil mathématique des grues
Je chéris ton cœur
Adoré

La nuit je parle
Je parle seul
Je te parle tout seul
Pour te dire des choses nouvelles
Je chéris ton cœur
Oh adoré

Je chéris ton cœur
Adoré
Oh oh
Adoré

Source : LyricFind

Paroliers : Bertrand BELIN

DE LA PLAGE DE NOTRE MAISON


DE LA PLAGE DE NOTRE MAISON

Le parasol est resté dans la pinède à compter les aiguilles

Nous sommes descendus de la chambre pour prendre l’eau de la marée montante

toi aussi nue que les loups de mer ramenés par le pêcheur de la rue de Bienfaisance

Opposé aux ciels incapables de se déboucher j’avais peint plus clair une partie de la nuit, j’ai gardé le tableau commencé sans le finir, pour son éclairage. Ressentant un virage dans la manière plus proche où les tons rendent l’atmosphère à l’esprit nécessaire. L’ombre qui s’esquive au bas va droit dans ses limbes rejoindre les enfants perdus dans l’enfer, des fils se croisent et tirent la natte sur l’irrégularité des sols

Depuis le goulet de l’estuaire par où le cheval est sorti des coques balancent le cri des mâtures en escadrille avec les oiseaux-marins

Les chaux de façades tapies au débord des toitures basses accaparent les trémières en ascension. Il se pourrait que la résine du peint gemme vu le roulis qui déborde ma ligne de flottaison d’une envie de dénouer mon nombril pour me laisser attraper le cerf-volant en sa réalité orgasmique

Je sais déjà que j’intitulerai le tableau de ce nom d’article, sans y apporter que très peu de changement avant de le signer.

Niala.

6 Novembre 2022

L’ARBRE A MUSE


L’ARBRE A MUSE

Au noeud de l’oeil la fourche se prête à l’élastique du clin

tandis que l’oiseau tire de sa plume la flèche à bander à l’arc-en-ciel

C’est bruissant comme l’eau qui saute les pierres du torrent

Puis ça gobe le soleil en un seul geste

en écrivant ses mots d’amour par la fenêtre

déjà des fruits formé à ses branches.

Niala-Loisobleu.

3 Novembre 2022

« FUGUE LUNAIRE » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/CONTRECOLLE – ENCADRE S/VERRE 40X50


« FUGUE LUNAIRE »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/CONTRECOLLE ENCADRE S/VERRE 40X50

Ballade entre les pierres debout

et les pierres couchées

j’ai ta main qui me sert Papa

tu sais les quais de la Cité où tu m’as amarré

je m’y mouche le né

Du soleil pour Toussaint

c’est topless

Attends-moi au pied de l’échelle

je te rejoins…

Niala-Loisobleu.

1er Novembre 2022

LES PIERRES DE PLUIE PASSENT


LES PIERRES DE PLUIE PASSENT

Le temps court sans ralentir, il va si vite qu’il laisse tomber bien des choses dans sa course

Je ne crois pas aux vertus du footing, pour voir il faut s’arrêter face à la chose

D’ailleurs à ton sujet, le temps d’aller d’un endroit à l’autre de toi, me demande du tant et je ne suis pas lent

Sur les tombes on dense en ce jour

Les pensées post-mortem peuvent mentir comme les visions vivantes

j’irai peindre que ce qui n’existe en moi comme un monde pas dépossédé sans avoir au préalable croisé les mains dans la traversée du tunnel

S’il pleut, les pierres nageront sans bouées.

Niala-Loisobleu – 1er Novembre 2022

« SPECTACLE » Niala revient en loge


« SPECTACLE »

Niala

revient en loge

Par la Rue de Seine ?

Atout prendre, j’en vois pas d’autre pour me rendre à ce

SPECTACLE DE 2015

qui me ramène aux fenêtres sur l’avenir d’en vie de parler

d’écrire

de ma peinture

sans intention d’éternité mais de relais de continuité

La pouliche sortant de la fenêtre qu’elle a ouverte au soleil

s’étend maisons épaules contre épaules en plain-chant

Sont passés les jeux du cirque, saltimbanques et acrobates d’un trapèze en tapis-volant

pour conduire la Veuve à la maternité depuis la sarbacane amazonienne du poumon gardé

Sur les planchas grillent les fesses posées par le fakir

pour laisser mes mains développer l’idée de construire en dépit de la pandémie génétique du futur

Marcello je t’avais dit que je peindrais ton idée avec mes couleurs

tu vois ce retour en arrière me booste en avant pour

faire du vivant au jour des Morts.

Niala-Loisobleu .

31 Octobre 2022

PORTES DECLOSES


PORTES DECLOSES

Murmure solaire

tend la main

Mes traces sont restées là où étaient leur place

mon regard s’ouvre à la clef restée sur l’apporte

Halloween refoulé est reconduit dans son pays d’origine.

Niala-Loisobleu – 31 Octobre 2022

BLEU VILLAGE


BLEU VILLAGE

Réverbère, le village où le dernier moû des grappes finit de sécher, l’alambic opiniâtre tient sa lumière allumée

Les raisins testiculaires entrent aux vagins de la beauté en se détournant des banques pour les porteuses

Comme à la veillée où les The Voice n’ont pas accès ont applaudi que si la voix est libre, sinon on siffle en crochet

En selle sur le vent les nuages entourent les maisons dans la ouate en les transportant d’un coeur à l’autre sans réveiller le rêve

Au plafond des oiseaux se déplacent

comme je migre mes pensées sur l’amour qui ne me quittera pas la respiration de tes seins

La vie est si belle qu’incroyablement elle cache les cons qui la défigurent en la tatouant d’un mauvais langage…

Niala-Loisobleu – 30 Octobre 2022