« QUE D’AMOUR ! » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 61X50


« QUE D’AMOUR ! »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 61X50

L’air tout en rose

un oiseau déverse à croire

que les fruits mûrissent sans mendier

en Décembre

et l’écart est grand entre ça et la réalité

Le soleil lui-même a squatté la fenêtre

sous ta robe à fleurs poussent mes pulsions créatives

au point que pour mon Noël

tu m’as promis l’élastique de ta culotte pour me faire sauter des ponts

sans peurs ni reproches

L’anémone en frémit

puis coraille ton coquillage

à me faire traverser les nuages

sans basculer de mon cheval

avec dans les outres tes seins en bouée.

Niala-Loisobleu.

14 Décembre 2022

AU MIROIR DE SOI


AU MIROIR DE SOI

Tête sur le bras au moment où l’arbre se dévêt, tu me montres ton corps en faisant montre de m’ignorer

La nature ne sait plus qu’elle position adopter entre le chaud et le froid

Impossible d’adapter son corps au climat montré

Faut-il se méfier des joueurs d’accordéons en les classant d’office comme naturellement aveugles ?

Où est-ce la façon de faire valser un semblant de plaisir ?

A moins qu’il faille désormais faire l’amour en demeurant habillé

Le mâle s’étend dans le brouillard, le féminisme de l’autre versant du lit

Tourne sa lange plus de cette fois dans ce sur quoi il débouche

Quand à la rivière et son rôle

Qu’est-ce que ça compte de lubrifier un mot heur qui bricole dans son coin un pédalo.

Niala-Loisobleu .

14 Décembre 2022

Jacques Bertin – Un Grand Châle Lilas


Jacques Bertin – Un Grand Châle Lilas


D’abord un grand châle lilas
Sorti du fond de mon grenier
Pour tes épaules gelées
Et puis un grand collier de glands
Récoltés en des chemins
Après la fin de leur saison
Après la fin de nos chemins

Et puis un grand peigne de bois
À l’heure où le vent te revient
Tes mèches sont désemparées
Une seule bague à ta main
Pour laquelle j’aurais plongé
Au fond du puits d’un vieux couvent
Et tu me donneras ta main

Un vieux cheval compréhensif
D’une étable de Moncontour
Et devant moi tu es grimpée
Un sentier oublié des hommes
Un chemin au long des vergers
Une reinette un peu fripée
Pour croquer au long des chemins

Une barque sur un canal
Un enfant le long du halage
Dans une blouse démodée
Et puis les herbes de l’étang
Et puis les reflets de l’étang
À l’heure où remonte le froid
Et où nous allons nous baigner

Nous irons par le froid
D’une saison passée
Où tout renaîtra
Vêtus de vieux habits
De vieux moments d’un autrefois
Comme le feu renaît des braises
Comme la fleur perce-gel

Jacques Bertin

BRASERO


BRASERO

Chauds-marrons d’un trottoir glacial

espoir déversant sa couleur dans le blanc sale de la neige

de sa canopée intime l’oiseau décolle

du bouche-à-bouche des bancs public je piste l’haleine

par le mendiant des fruits secs plus quelques noix du dernier en dattes

Au bord de l’île en marge des spirales des anémones font des grands-écarts au soleil

je garde ma fenêtre et t’échange mes billes contre ton cerf-volant si tu abandonnes ta trottinette pour un cheval à bascule

les musiciens reprendront l’orgue du pauvre et laisseront la barbarie faire appel à don pour la paix.

Niala-Loisobleu.

13 Décembre 2013

Du divan à la fenêtre


Du divan à la fenêtre

Le serpent a disparu en avalant le rat quand la trompette ouvrit le toril

des papillons m’ont remonté le genre

et du bilboquet la ficelle ne mena pas la boule au trou

Toundra que des chevaux broutent sans clôture avant que les moutons passent

Quand Sigmund a ouvert sa trousse

j’ai sorti un pinceau bleu du nuage pour entendre l’enfant rire.

Niala-Loisobleu.

11 Décembre 2022

QUESTION (REPRISE)


QUESTION (REPRISE)

Nous n’avions qu’un ban où refuser de nous asseoir

dans un monde où la vie tient à son fil décousu

juste à veiller à ce que la flamme ne soit pas la seule à être mouchée

A la perpendiculaire de la première intention pourquoi le timbre oblitéré de la voix

fut seul à faire l’unanimité

pourquoi le remue-ménage ne mit que les araignées au travail

pourquoi l’ineptie pris racine ?

Serait-il au contraire du sens de la marche

ce monde

qui ne reconnait que des dieux mercis

au sein de la plus grande ingratitude ?

Niala-Loisobleu

4 Décembre 2014

L’ESPERANCE – JACQUES BERTIN


L‘ESPERANCE

JACQUES BERTIN

Oh, s’il te plaît, reparle-moi de ces hôtels
Où nous aurions pu aller tous deux hors saison
Vacances studieuses, plage des Demoiselles,
Reparle-moi de ce passé, nous y serons

Des formes figées sous le kiosque, le quatuor
Dans ce parc où un astrolabe fut perdu
Sur le violon du cap, l’archet du vent du nord
Des drapeaux pendant comme des amours déçues

Terrasses vides, gravillons blancs, tourbillons
Une ondée, on s’ennuie, tu as garni un vase
Tourne les pages du passé sans jours, sans phrases
Contre le futur, enfant triste, mets ton front

Tu y voyais des coeurs appareillant aux nues
Tu y voyais danser d’anciennes demoiselles
A quoi tu rêves, avec ta belle âme en dentelle?
Nous y errions, puis ce souvenir s’est perdu

Comme effacé sur l’aquarelle l’espérance,
Elle, demeure à tout jamais, ne parlons pas
Je vois une villa isolée sur la Rance
Et toi, dans les soirs qui

sur tes pas

Jacques Bertin

«Union libre» André Breton 1931


«Union libre» André Breton 1931


Ma femme à la chevelure de feu de bois
Aux pensées d’éclairs de chaleur
A la taille de sablier
Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre
Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquet d’étoiles de
dernière grandeur
Aux dents d’empreintes de souris blanche sur la terre blanche
A la langue d’ambre et de verre frottés
Ma femme à la langue d’hostie poignardée
A la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux
A la langue de pierre incroyable
Ma femme aux cils de bâtons d’écriture d’enfant
Aux sourcils de bord de nid d’hirondelle
Ma femme aux tempes d’ardoise de toit de serre
Et de buée aux vitres
Ma femme aux épaules de champagne
Et de fontaine à têtes de dauphins sous la glace
Ma femme aux poignets d’allumettes
Ma femme aux doigts de hasard et d’as de coeur
Aux doigts de foin coupé
Ma femme aux aisselles de martre et de fênes
De nuit de la Saint-Jean
De troène et de nid de scalares
Aux bras d’écume de mer et d’écluse
Et de mélange du blé et du moulin
Ma femme aux jambes de fusée
Aux mouvements d’horlogerie et de désespoir
Ma femme aux mollets de moelle de sureau
Ma femme aux pieds d’initiales
Aux pieds de trousseaux de clés aux pieds de calfats qui boivent
Ma femme au cou d’orge imperlé
Ma femme à la gorge de Val d’or
De rendez-vous dans le lit même du torrent
Aux seins de nuit
Ma femme aux seins de taupinière marine
Ma femme aux seins de creuset du rubis
Aux seins de spectre de la rose sous la rosée
Ma femme au ventre de dépliement d’éventail des jours
Au ventre de griffe géante
Ma femme au dos d’oiseau qui fuit vertical
Au dos de vif-argent
Au dos de lumière
A la nuque de pierre roulée et de craie mouillée
Et de chute d’un verre dans lequel on vient de boire
Ma femme aux hanches de nacelle
Aux hanches de lustre et de pennes de flèche
Et de tiges de plumes de paon blanc
De balance insensible
Ma femme aux fesses de grès et d’amiante
Ma femme aux fesses de dos de cygne
Ma femme aux fesses de printemps
Au sexe de glaïeul
Ma femme au sexe de placer et d’ornithorynque
Ma femme au sexe d’algue et de bonbons anciens odorat le goût
Ma femme au sexe de miroir
Ma femme aux yeux pleins de larmes
Aux yeux de panoplie violette et d’aiguille aimantée
Ma femme aux yeux de savane
Ma femme aux yeux d’eau pour boire en prison
Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache
Aux yeux de niveau d’eau de niveau d’air de terre et de feu.

André Breton

Je me lève


Je me lève

Je me lève dans un coin du couchant qui garde ses derniers mots

les doigts enveloppant ce corps demeuré présent

Les volets s’ouvrent aux fenêtres

sur la rue l’air soulève les pas poitrinaires pour les faire prendre vol

Dans le ventre un émoi se retourne en tous sens

le pouls prend le large sans demander l’avis à personne

Au milieu de la gelée un point dégage sa chaleur corps à corps.

Niala-Loisobleu.

10 Décembre 2022

Beth Hart – Je préférerais devenir aveugle 


Beth Hart – Je préférerais devenir aveugle

Quelque chose m’a dit que c’était fini, bébé, ouais

Quand je t’ai vu 

Quand je t’ai vu toi et cette fille 

Je t’ai vu, quand je t’ai vu avec cette même personne bébé 

Ne me quitte pas, je ne veux pas te voir partir 

Parce que tu vois, je t’aime tellement 

Et je ne veux pas te voir me quitter 

Je ne veux pas te voir me quitter, bébé 

Et une autre chose est, une autre chose est que je ne le fais pas,

Je ne veux juste pas être libre

Effrayé d’être seul, j’étais juste, j’étais juste assis ici à penser à ton doux baiser et à ton, ton étreinte chaleureuse

Hmm, ton étreinte chaleureuse

Hmm, yo, yo, étreinte chaleureuse et chaleureuse

Quand je regarde vers le bas dans le verre que je tenais à mes lèvres

Et j’ai vu le reflet des larmes couler sur mon visage

C’est alors que j’ai su que je t’aime et que je ne pouvais pas me passer de toi

Et que je préférerais être une fille aveugle

Bébé, bébé, bébé, bébé, bébé

Bébé, bébé, bébé, non, bébé, oh, oh 

Oh bébé, assis toute la journée

Assis en pensant à toi

Moi-même, je ne veux pas te voir partir 

Je préfère être une fille aveugle

Quelque chose m’a dit que c’était fini, bébé

Quand je t’ai vu

Quand je t’ai vu toi et cette fille 

Je t’ai vu toi et cette fille 

Et vous passiez tous devant

Et je préférerais devenir aveugle, je préférerais devenir aveugle 

Je préférerais devenir aveugle, bébé 

Que de te voir partir, partir 

Ne pars pas

Parce que je préfère devenir aveugle