La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Les dieux sont panacée de frustrés de cocus Qui fomentent des lois pas plus haut que leur cul Et d’Olympe de Gouges à Rosa Luxemburg La femme est l’oubliée d’une histoire à rebours C’est pas faute d’avoir fait sonner le réveil De Louise Michel jusqu’à Simone Veil Camarade entends-tu le viol noir des corbeaux Que les hommes sont laids pourtant que l’homme est beau Avec le temps va rien s’en va
Le vent qui cogne la pluie sur le balcon me tient derrière la vitre la langue à retrouver le soleil
passé le contact froid le goût en revenant transpose ce qui bouge dans l’herbe humide
amenant le ventre à ouvrir un matin bleu en plein après-midi en décroisant la cuisse et voir le haut du bas de la femme qui dans l’atelier parle à l’abeille tenant la fleur sous son parapluie
La vie trébuche en rencontres opposables
la dernière se balance comme la règnée à sa toile, tisserande genre Bayeux
plus accrochée qu’un humanisme volatile en se rusant du ménage arracheur de pages employé à la surface, le fond symbolique de la poésie cultivé en dehors du désert
A l’entrée du jardin l’obélisque face au grand bassin garde son mystère dans la pérennité du hiéroglyphe. tuilerie en chauffe à côté du théâtre de verdure, qui l’a peinte plus verte qu’un bronze de Maillol, le cerceau double le bateau de papier en l’envoyant rejoindre le rire des enfants à Guignol
où la clarté du phénix tire la chevillette de la clef zygomatique
goût de peau que la bretelle laisse monter à la chute élastique de raideurs défaites
l’aine en son pli ourlé d’herbe et de soie que la rosée fait frissonner se teinte du bleu des matins où qu’il pleuve, neige ou vente la mer est navigable
et le tapis de l’atelier bourdonnant comme ruche
Le vert mit au fruit en gestation cligne de l’oeil au soleil
Entre la force des arbres séculaires et le menu du jour je m’assied à table en prenant la porte du fond
Un petit gris traverse le ciel, cagouillard ce nuage d’Avril
La lanterne compensera la couleur hésitante du drapeau de la plage
En passant sous tes fenêtres j’ai vu de la lumière et pas n’importe laquelle. Ce qui m’a été confirmé en voyant la façon comme le chien que tu avais sorti, levait la patte
Voilà un jour à sortir les tons chauds
En grattant l’écorce du cerisier je trouverais de ta sève en droite ligne de ton ventre qui salive les mots d’un littoral corse
Ce qui me séparera plus encore de l’outre-noir pour presser le chant du rossignol de mon en vie.
MERLIN ET LA VIEILLE FEMME PAR GUILLAUME APOLLINAIRE
Le soleil ce jour-là s’étalait comme un ventre
Maternel qui saignait lentement sur le ciel
La lumière est ma mère ô lumière sanglante
Les nuages coulaient comme un flux menstruel
Au carrefour où nulle fleur sinon la rose Des vents mais sans épine n’a fleuri l’hiver Merlin
guettait la vie et l’éternelle cause Qui fait mourir et puis renaître l’univers
Une vieille sur une mule à chape verte S’en vint suivant la berge du fleuve en aval Et l’antique Merlin dans la plaine déserte Se frappait la poitrine en s’écriant Rival
O mon être glacé dont le destin m’accable Dont ce soleil de chair grelotte veux-tu voir Ma Mémoire venir et m’aimer ma semblable Et quel fils malheureux et beau je veux avoir
Son geste fit crouler l’orgueil des cataclysmes Le soleil en dansant remuait son nombril Et soudain le printemps d’amour et d’héroïsme Amena par la main un jeune jour d’avril
Les voies qui viennent de l’ouest étaient couvertes D’ossements d’herbes drues de destins et de fleurs Des monuments tremblants près des charognes vertes Quand les vents apportaient des poils et des malheurs
Laissant sa mule à petits pas s’en vint l’amante
A petits coups le vent défripait ses atours
Puis les pâles amants joignant leurs mains démentes
L’entrelacs de leurs doigts fut leur seul laps d’amour
Elle balla mimant un rythme d’existence Criant Depuis cent ans j’espérais ton appel Les astres de ta vie influaient sur ma danse Morgane regardait du haut du mont Gibel
Ah! qu’il fait doux danser quand pour vous se déclare Un mirage où tout chante et que les vents d’horreur Feignent d’être le rire de la lune hilare Et d’effrayer les fantômes avant-coureurs
J’ai fait des gestes blancs parmi les solitudes Des lémures couraient peupler les cauchemars Mes tournoiements exprimaient les béatitudes Qui toutes ne sont rien qu’un pur effet de l’Art
Je n’ai jamais cueilli que la fleur d’aubépine Aux printemps finissants qui voulaient défleurir Quand les oiseaux de proie proclamaient leurs rapines D’agneaux mort-nés et d’enfants-dieux qui vont mourir
Et j’ai vieilli vois-tu pendant ta vie je danse Mais j’eusse été tôt lasse et l’aubépine en fleurs Cet avril aurait eu la pauvre confidence D’un corps de vieille morte en mimant la douleur
Et leurs mains s’élevaient comme un vol de colombes Clarté sur qui la nuit fondit comme un vautour Puis Merlin s’en alla vers l’est disant Qu’il monte Le fils de la Mémoire égale de l’Amour
Qu’il monte de la fange ou soit une ombre d’homme Il sera bien mon fils mon ouvrage immortel Le front nimbé de feu sur le chemin de Rome Il marchera tout seul en regardant le ciel
La dame qui m’attend se nomme Viviane Et vienne le printemps des nouvelles douleurs Couché parmi la marjolaine et les pas-d’âne Je m’éterniserai sous l’aubépine en fleurs
Ici le chant s’étire dans les cailloux laissés après le départ de la rivière, là un noyau laissé après un nuage a roulé par l’aqueux dans la pluie sentinelle
Loin derrière resté sans un mot en plein bataclan le mystère tient son secret
La chaise de Vincent n’a jamais perdu de paille durant l’isoloir de l’asile
l’encre des iris a animée les tournesols
les arbres ont transpercés le froid du sol, d’un coup de burin dans la pierre qui donnera un peu plus tard la vague à Camille dans une force douloureuse d’ex-voto, un écho de cathédrale entre les deux colonnes de la petite chapelle
cri sans nom autre qu’AMOUR porté par la douleur transcendée
Un chevalet, un pupitre
une plume, un couteau
un papier, un bleu
ces fils de l’haleine qui ignorent le mou ton à l’usage du métier
A travers le mouvement perpétuel l’amour se relaie sans penser finir l’Odyssée
les enfants apprendront la goutte qui porte l’eau à l’ardoise en puisant hors de l’école à la noria de leur professeur.
Un temps soit peu paumé, redouble à faire le point, pour se rassembler toi émoi
l’été venu alors que le présent n’a point apparu c’est un comble
Ce matin pendant que tu glissais pour aller garder les trois ou quatre moutons que les parents larguent, j’ai eu de telles visions d’effroi, c’est certains zigs-zags font froid dans le dos, au point de remonter le tant comme on enfile un gilet en embarquant
Le couloir dans son coude obscur n’a pas hésité à redresser sa vérité
on peut glisser sur la berme san aller au fossé
Ce dernier tableau que le précédent avait remis dans la bonne palette, a fait de haut les tours périlleux du trapèze, cette guerre comme n’importe quel type d’autre n’est pas de nous
A voler l’oiseau peut croiser l’aigle sans pour autant perdre sa parenté colombe
l’amour c’est NOUS
tu le vois chaque jour
et tu l’écris sans point à la ligne
2018 montre la vérité sur ce qui n’a pas changé d’EPOQUE
alors le cerisier ne pourra qu’avoir des fruits. Il fait froid mais le soleil te ressemble tellement qu’on en voit plein quand on y regarde de près.
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