CHAT SAISISSANT UN OISEAU


PABLO PICASSO

CHAT SAISSISSANT UN OISEAU

L’étang passe, le courant pris à son piège s’est enfilé les deux doigts dans la prise éradiquant la forêt

Mais le cerisier à lui tout seul dans tous les Gobi s’est institué oasis

Sa forme à la tessiture développée perpétue tes cris

Cet appétit qui ne trouverait pas son salutaire sommeil sans ses fruits croqués avant d’aller au lit tout trempé par sa rivière en vie

Ah Pablo tu as du taureau les glands ibères qui m’andalousent aux frontières portugaises comme un Antonio Ramos Rosa !!!

Niala-Loisobleu – 29 Avril 2022

LE NUAGE SAUVAGE


LE NUAGE SAUVAGE

Des germes en guise de fenêtres pour les récoltes ayant un sens navigable, qu’il s’agisse de se faire remorquer par l’envie qui choisit de se faire fluviale où la comparaison mythologique de cette main pariétale qui s’attoucha la caverne pour combattre un froid que le feu ignorait en corps

Les grands boulevards des rives transversales avant la naissance du cinéma n’ignoraient rien du muet, pas plus que le mime Marceau et ses gestes blanc de blanc en lumière noire

Avant Gutenberg la craie existait dans les terres à vigne. Que d’histoires vaporeuses ont t-elles mises en étiquettes sur des fillettes et autres dames-jeannes

Devenu vagabond dans tes chemins broussailleux je dois dire que de tous les jardins aux hautes-herbes tu demeures le seul où je ne me soucies jamais des bêtes rampantes. Les grenouilles y abondent, j’aime quand elles battent les cigales au crochet mais devenu spécial depuis que l’ennui menaçait aux veillées je suis plus aqueux d’arbre en arbre que le premier essai de poisson-volant

Il y a autour des troupeaux cet instinct qui privilégie le musc autour des jarres

L’argile dont tu es faite me tourne le sang brut ou verni par passion , l’aspect décoratif de ton utilitaire devient une forme de culture où l’humanisme dit sans se taire

Je me refuse à croire que nous ne faisons que passer tant le vide de ce qui se développe se moque de ne rien garder. Tous ces enfants nés de multiples erreurs à quoi ça serre ?

Niala-Loisobleu – 28 Avril 2022

« LA FEMME TAPIE DANS L’ATELIER » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 61X50


« LA FEMME TAPIE DANS L’ATELIER »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 61X50

Les chercheurs d’hors ayant colonisé, l’art se trouva en quête du Mont dit Parnasse dans sa baie débarrassée des anges

S’étendit alors ce tapis-volant doux elle s’allongea dans l’anémone correspondante à ces deux-là, légende de beauté gâchée par l’absurde évolution de société

Prenant la manivelle du chevalet elle fit du peintre l’encrier par où sortir de l’impasse

Olympe d’un sport de combat qui rougit de bleu tendu de l’éperon vers l’obstacle

Surréalisme émancipé qui franchit l’inaudible, l’absence d’une sensualité forte d’érotisme atteint, le sourd de l’oeil vers franchissant, le doigt atteignant la cuisse au plus profond, l’herbe sauvage qui dévore les tontes polluantes et gagne au rêve des jours poursuivant les nuits sans interruption

L’amour cause tout seul leur poésie

elle est là

son lin cotre l’autre.

Niiala-Loisobleu – 28 Avril 2022

AURORALES


RAOUL DUFY

AURORALES

Contre mont d’une bouffée

ouverte à deux battants te descendre de cet en droit de Seine d’un collège de France pour un seul havre sur estuaire

Deniers voiles au pied d’Etretat porche de Claude Monet sur Givenchy iris flamboyants lâchés de la verrière de St-Lazare bon apôtre depuis le confrère parisien Dufy que les chevaux ne fréquentent pas Vaugirard mais Chantilly

Ainsi du premier train d’où je pars une maison retrouver à la sortie du grand virage

du jeune Mai en clochettes (en têtante odeur)

Nos enfances arrimées en un début de phrase que ta main continue d’écrire et la mienne passe au bleu des lavages au bout d’Avril qui pointe cette grande herbe folle pour tenir le sel en fleur au sable.

Niala-Loisobleu – 28 Avril 2022

FEMME DANS UN FAUTEUIL ROUGE


Pablo Picasso

FEMME DANS UN FAUTEUIL ROUGE

Des ocres rouges qui lui grimpent du bas du dos et des sanguines qui lui pendent des aisselles, estuaire grand ouvert elle écluse par l’échelle à poissons l’alevin dont elle taira l’existence sans préméditation. Un pont entre la lune et le soleil et un puzzle face à la disparition de pièces maîtresses obligent au devoir de réserve. Ce qui n’interrompt que l’inconséquent en fin de conte

Le calibre n’a rien à voir avec ce qui se trouve tenu à l’intérieur. Les baudruches ont rien à dire et pourtant tout porte à croire qui s’égare à souffler

Pour tenir les souvenirs des ballons captifs qui s’étalaient dans le ciel de Paris durant la dernière guerre, je me souviens qu’ils n’ont rien empêché de s’envoler du génie de Picasso. Du quai des Grand-Augustins où se trouvait son atelier, il a fait décoller au delà d’un alunissage et pour des années lumière

Garde tes mots dits, le tapis rigole de soleil. l’oiseau lui à la clef de ton nombril.

Niala-Loisobleu – 27 Avril 2022

L’ENFANT DE MON VIVANT PAR JACQUES PREVERT


L’ENFANT DE MON VIVANT

JACQUES PREVERT

Dans la plus fastueuse des misères mon père ma mère
apprirent à vivre à cet enfant
à vivre comme on rêve et jusqu’à ce que mort s’ensuive naturellement
Sa voix de rares pleurs et de rires fréquents
sa voix me parle encore
sa voix mourante et gaie
intacte et saccagée
Je ne puis le garder je ne puis le chasser ce gentil revenant
Comment donner le coup de grâce à ce camarade charmant qui me regarde dans la glace
et de loin me fait des grimaces pour me faire marrer drôlement
et qui m’apprit à faire l’amour maladroitement éperdument
L’enfant de mon vivant sa voix de pluie et de beau temps chante toujours son chant lunaire ensoleillé
son chant vulgaire envié et méprisé son chant terre à terre étoile
Non je ne serai jamais leur homme puisque leur homme est un roseau pensant
non jamais je ne deviendrai cette plante
Carnivore qui tue son dieu et le dévore et vous invite à déjeuner et puis si vous refusez vous accuse de manger du curé
Et j’écoute en souriant l’enfant de mon vivant l’enfant heureux aimé et je le vois danser danser avec ma fille avant de s’en aller là où il doit aller.
Jacques Prévert

LA JEANNE EMOI


LA JEANNE EMOI

Souvent je choisis Jeanne pour escalier de mon matin, vaste et dégagé, mais sans le tapis orgueilleux menant aux étages bourgeois

la première fois que je l’ai emprunté, mon père tenait ma main en me disant monte et branche-toi au cri que tu vas entendre quand elle va s’envoler pour le sol dur de la cour

tu te réécriras les mots, chacun doit y mettre les siens pour tenir son geste à jamais vivant

un enfant qui nait en mourant avec sa mère c’est un jardin suspendu vierge de mauvaises herbes

et vivant de Modigliani. Là je te retrouve sans personne à prendre de ton tant.

Niala-Loisobleu – 23 Avril 2022

LA ROSEUSE


LA ROSEUSE

Plusieurs ministres lui avaient attribué la garde en fantine (sa mode à ailes) ce qui avait donné naissance à son expression favorite : « mon petit-oiseau va sortir »

lève-toi ton cul de la chaise

ah le beau jardin

un combat entre le velours et l’épine

un train jamais loin et des meuhs pour témoin

Un jour j’ai tiré des poches de mon vélo son rayon vers

histoire de trouver la couleur du tant capable de compenser les illusions du beau-parleur de service

vînt la poésie et ses jardins suspendus où le raisin saigne sans qu’on le presse de s’inscrire

Mon caniveau en remonte….

Niala-Loisobleu – 22 Avril 2022