La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Votre porte claque – Vous êtes à l’extérieur : Vous y êtes enfermés
Vous êtes à l’intérieur : Pas de dommage…
La clef est votre chance Mais de l’intérieur : Nul besoin d’elle…
Ainsi les courants d’air Appellent de l’extérieur : la clef Il faut être prudent Avec eux
Mais de l’intérieur : vous ouvrez.. Et c’est l’accueil ou Avec la clef… Vous sortez Vers…Le grand monde
Il est une porte qui semble Vous interdire les deux… C’est celle de La prison Or le grand monde Peut être dans Les songes… Nul besoin de clef… Ainsi échappe-t-on à l’univers clos : De l’intérieur des âmes Par la porte des Songes…
Qui prétend en découvrir la clef Sans être à l’intérieur S’en voit refuser L’entrée Il s’agit là d’ouvrir son désir De toucher un fil dans un Courant d’air… Écrire cette fulgurance Pour ouvrir un Horizon
Et qui a déjà rêvé à la porte de l’horizon Où la mer se confond avec le ciel Où la mer est allée avec Le soleil couchant – Peut s’abandonner à un grand Air fugace
Mais…Ah ! Passer les portes et les murs Sans chercher à les ouvrir… On ne le peut que Comme Alice ou Marcel Aymé En inventant – réinventant Un monde merveilleux Qui est derrière La clôture
La liberté va jusque dans les portes des villes… Si elles sont ouvertes On peut rentrer et Accueillir ce Qui pointe à L’horizon… Le jour pointe ou la nuit tombe On entre au jour par Des points d’azur Rougeoyants ou Par les nuées On entre dans la nuit Par l’horizon étoilé Par les phares Les réverbères ou les enseignes Au bout d’une avenue
Mais – en aucun cas – on ne saurait ouvrir Les portes du monde sans en faire De même avec nos songes et Sans nous donner Un horizon
Et si le passé nous est fermé Il faut entendre battre Le cœur de La mémoire avec nos désirs Illimités… Cela vaut pour toutes les portes Si nous voulons les ouvrir A nos amis et à L’amour Sinon nous les fermons A tout partage et à Toute fidélité
Et toujours s’enquérir des bruits et Des voix du monde – implique Qu’on se les remémore Sinon on se lie Aux chaînes De l’oubli De l’oubli Sinon ce n’est que le travail Pour lequel s’il ne Nous plaît pas On aimerait peut-être mieux Rêver et désirer Quitte à se calfeutrer chez soi Comme en un cocon dont On attendrait des Métamorphoses
Ouvrir – fermer des portes C’est encore le courant d’air des désirs Qu’il faut peut-être Laisser entrer Dans l’instant d’une décision Pour lâcher prise à Notre plaisir… La tristesse et l’angoisse nous guette Et nous ne pensons plus Ni à l’ouverture ni A la fermeture ?… Or la renaissance de nos êtres Se fait dans le soin Que nous accordons à l’accueil Et au partage dans ce Monde global D’empires et de communautés fermées
Notre intériorité nous pousserait A tout fermer que nous Ne nous nous y Reconnaîtrions plus Sauf à lâcher prise A tous courants D’air Vivifiants et salvateurs Y passant au travers Ainsi claquer La porte au monde nous transforme Nous-mêmes en Courants d’air devant L’univers infini !…
Le virage débusque à partir du pied le derrière du genou en étape avant l’enchantement
comme la pente à se laisser glisser conduit au 7ème ciel
Enfoui dans ta fleur tutélaire mon subconscient allait trottinant, le voilà qui ouvre l’oeil
avec un mot pour chaque pierre sortant de l’herbe son air d’autan
cet ocre queue-de-vache venu de la mère en témoignage d’appellation
La tourterelle en écart des lèvres s’envole du trou de la haie qui me fait penser au claquement jubilatoire du travail bien fait
ce qui me rappelle la note que j’avais mis sur Julie fut un tant
Soudain tout ce qui demeure inchangé se met à éclore du vide à rendre le chien fou.. Il renifle les toiles jusqu’à la trame du bleu, appâté par la cerise des tomates
Des vélos me sortant des jambes me grimpent le pinceau en danseuse. J’ai le rire innocent d’enfant dans la palette.
La messe n’est pas dite Le sort n’est pas jeté Prière de prévoir La paix de mes nerfs Prière Parole de primate Parole de blatte Prière de prévoir La paix de mes nerfs Prière À hauteur d’atomes À hauteur de fantôme À longueur d’angélus À longueur de phallus Je la cherche par terre Je la cherche au fond des rivières
Comme on chercherait de l’or La paix de mes morts
Alléluia Be Bop A Lula
À longueur de mythes À hauteur de termite De parabole en parabole De rite en rite De rumeur en rumeur
Je la cherche au ciel Je la cherche au fond des rivières Comme on chercherait de l’or La paix de mes morts
Aux parois pariétales de ta caverne combien d’échos se renouvellent en mes doigts quand je les écoutent vibrer et les suis mufle collé à leur piste
il y a là, tout au point de départ ce qui manquera toujours au naïf
De la fourrure autour des lèvres de la gueule animale à la sécrétion fluviale où le corail vit pour nourrir les battements de l’anémone
Création du Monde, gigantesque humilité
Attaché du nombril resté je monte à l’élastique sans jamais en descencendre comme les abrutis du vide qui croient impressionner sans une goutte d’ancre
Et dans l’ELLE la nourrice des seins traverse sans obliger à faire le plein
La bouche ouverte aujourd’hui boire à même le ciel quelle régalade !!!
Un trois-mâts se glisse entre deux estrans tenus de haut en bas par tous les côtés
–« Je suis toujours la Grande Isis ! Personne n’a encore levé mon voile ! » s’écrie Odilon en déboutonnant son corsage. Libérant les cris des oiseaux-marins en un tour-de-main
Une chaleur de volcan en fusion
met la mer en ébullition
Ce qui reste de la végétation ouvre sa trousse pour trouver un taille-crayon qui aurait la mine fraîche, et le goût d’écrire déraisonnablement le voeu de noces avec la vie, sans compter les nuits, qu’il y ait du vent ou non, et n’importe quelle panne de courant
Par la mer l’accès revient alors à la calanque
coupant du bruit d’enfer des scooters en isolant des serviettes de plage, porte-ouverte sur la grotte sans mettre Isis en doute
un vers d’olive dans le jaune du pastis à la table des guitares.
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