NIDS-DE-POULES


NIDS-DE-POULES

Dans les volets que t’as ouverts j’arrive pour prendre la route allant vers

Bouge pas ton derrière que je m’accroche d’abord

Après tu n’auras qu’à suivre la traverse à chacun son tour

Putain de route où le cas ô est si mal balisé que même en ligne droite on peut aller au fossé

Plus on penche et moins ça demeure roulable

r’heusement que ma pugnacité sert d’essuie-glaces ça permet de cueillir les quelques fruits qu’on a fait mûrir

De la guitare qu’on fait vomir roule ma poule nous v’là rendus à la fourche

faut toujours bien choisir

avant qu’arrive un taliban qui te ferait tout disparaître dans le noir comme le genre qui nuit

la Victoire de ces ânes est mal Vénus

impressionne-moi Ma telle que la nature t’a créée

Niala-Loisobleu – 6 Septembre 2021

IL EXISTE POURTANT…PAR MARIE UGUAY


IL EXISTE POURTANT…PAR MARIE UGUAY

Il existe pourtant des pommes et des oranges
Cézanne tenant d’une seule main
toute l’amplitude féconde de la terre
la belle vigueur des fruits
Je ne connais pas tous les fruits par cœur
ni la chaleur bienfaisante des fruits sur un drap blanc

Mais des hôpitaux n’en finissent plus
des usines n’en finissent plus
des files d’attente dans le gel n’en finissent plus
des plages tournées en marécages n’en finissent plus

J’en ai connu qui souffraient à perdre haleine
n’en finissent plus de mourir
en écoutant la voix d’un violon ou celle d’un corbeau
ou celle des érables en avril

N’en finissent plus d’atteindre des rivières en eux
qui défilent charriant des banquises de lumière
des lambeaux de saisons ils ont tant de rêves

Mais les barrières les antichambres n’en finissent plus
Les tortures les cancers n’en finissent plus
les hommes qui luttent dans les mines
aux souches de leur peuple
que l’on fusille à bout portant en sautillant de fureur
n’en finissent plus
de rêver couleur d’orange

Des femmes n’en finissent plus de coudre des hommes
et des hommes de se verser à boire

Pourtant malgré les rides multipliées du monde
malgré les exils multipliés
les blessures répétées
dans l’aveuglement des pierres
je piège encore le son des vagues
la paix des oranges

Doucement Cézanne se réclame de la souffrance du sol
de sa construction
et tout l’été dynamique s’en vient m’éveiller
s’en vient doucement éperdument me léguer ses fruits.

Marie Uguay

TABLE-EAU PAR RUSU MIRELA


TABLE-EAU PAR RUSU MIRELA

Crépuscule, versatile architecte pulsatile,
Oeuvre fenêtre!
Et tables pour les âmes en famine!

Peintre des joies, des tendresses et des ombres,
Parle! divine résonance, intime et sauvage,
Coule! des baisers, sur les ponts frémissants,
Creuse ta couchette, dans la terre brune!

Voyage!
De tes dicts,
Vague
les écumes!

Rusu Mirela

DU GRAVIER DE MA POCHE


DU GRAVIER DE MA POCHE

Par la porte

entre baillées

un mètre d’air

sème du gravier

Le chat est parti du toit baguenauder avec le chien

et l’écurie vide de chaleur aux bats-flancs laisse le cheval sauter par derrière

les encombrements des routes dominicales

Libre la pensée se déplace en stop aux questions subsidiaires

Niala-Loisobleu – 5 Septembre 2021

Poème érotique de Sophie Loizeau


Poème érotique de Sophie Loizeau

… Ici et maintenant, une femme se branle ouvre un conen dents de scie vagina dentada tropical aux senteurs de
cantal jeune
(c’est elle qui parle en humant ses doigts) ni le savon de
mer ni l’algue poivrée ni…

le(s) doigt(s) préféré(s) à frénésie en pleine
nature ce bas pli parallèle au pli de l’aine faille aînée
qui sève
d’être vue…

Sophie Loizeau

EN D’AUTRES THERMES


EN D’AUTRES THERMES

Déjà se sentant venir de loin une certaine chaleur

Tâte le terrain

Oiseaux qui s’ébrouent

Le bac vidé du sable laisse monter l’eau

A seaux

Nonobstant

Elle dit je vais au jardin

Et puits et puits…

Embruns

C’est plus clair

Les rides de l’eau clament une jeunesse qui tend plus que la peau

Concerto à plus de quatre-mains

L’estuaire au piano aqueux a bon do

Niala-Loisobleu – 5 Septembre 2021

La main par Alain Verdure


La main par Alain Verdure

La main tout doucement, se pose sur un genou,
Elle reste là, figée, n’ose pas d’avantage,
Se permettre autre chose serait un rêve fou,
Pourtant tant de trésors et tant d’autres rivages.

Et voilà que la main se permet une avance,
Elle doit se sentir bien car s’arrête à nouveau,
L’endroit est doux et chaud et mérite une danse,
Une cuisse qui vibre, rien ne sera plus beau.

Mais pourtant sans attendre elle remonte un peu plus,
Sous la jupe à présent la voici qui découvre,
Comme un léger barrage en un bout de tissus,
Sans frapper à la porte la voilà qui l’entrouvre.

La main a dû trouver là sa destination,
Car elle ne bouge plus de cet endroit divin,
Et voilà qu’elle s’endort dans un léger frisson,
Rêvant à d’autres lieux, et à d’autres câlins.

Alain Verdure

SUITE MATINALE DU TANGO NOCTURNE DE L’ENCRE A DESSEIN


SUITE MATINALE DU TANGO NOCTURNE DE L’ENCRE A DESSEIN

Brouillard au réveil qu’un manque de retour place à la vigie pompant le lointain

Croire ce qui n’existe pas suborne l’attrait à en venir au tatouage

pourtant fausse-vérité qui abuse du corps comme une vitrine de bétail

bleu du cru mis à l’étal du boucher

Non il faut du silence pour le cri

l’orgie solitaire sacre ce que le bavardage profane

Jetant l’encre du poignet incisé en tradition gitane le mariage écarte l’amour fait que dans le noir

il fait sortir les cordes de sous la peau l

le spasme est preignant

l’agnostique extase n’est pas

Vois ces yeux-là

ils appuient la réalité dans sa complétude

plus besoin de maîtres chanteurs pour dire la messe le jouir de l’harmonium certifie mieux que les grandes-orgues

Niala-Loisobleu – 4 Septembre 2021

TANGO NOCTURNE DE L’ENCRE A DESSEIN


TANGO NOCTURNE DE L’ENCRE A DESSEIN

Cernes de quelques heures, l’escalier est sans fin

monte comme descend l’amer

à la vague du clair-obscur va la fumée des cierges

des tambours que la cire dans les oreilles éteint

Au bout du dessein l’encre chine un amour en sampan au marché-flottant

La voie rauque le long des murs où les chiens pissent dans le tremblement du chemin

A la pêche

lamparo qui chercherche

la main est détournée par les sirènes qui médusent

Il y a dans le cru de mon sexe raide un millésime où le fruit rouge domine l’amande honorable

en corps du tant bourre

les fauves vont au point d’eau

Toi qui des abeilles est seule à garder la vérité de mon dessin

je t’invite à denser

avec la boule de tes seins derviches jusqu’au bas du dos fendu

tango tant go

Niala-Loisobleu – 3 Septembre 2021

Tango notturno (je pensais à toi)
J’ai pensé à toi,
que le Tango Notturno
entre le soir et le matin
retentit de loin.

Le cœur de Meinz s’est réveillé
parce que le Tango Notturno
un client d’appel d’offres
Ton amour m’a chanté.

Que tu es mon destin
je me suis senti très chanceux
que dans les heures solitaires
J’ai pleuré de joie.

J’ai pensé à toi,
que le Tango Notturno
avec la magie des tons
nos cœurs unis.

Qu’est-ce que l’amour est vraiment ;
Je pourrais vous le dire ;
car je les connais très bien.
je sais qu’elle est belle
et sait combien ça fait mal.

J’ai embrassé un homme
et puis je l’ai oublié
parce que quelqu’un d’autre me désire
jusqu’au hasard
m’a apporté le bon homme.

J’ai pensé à toi,
que le Tango Notturno
entre le soir et le matin
retentit de loin.

Que tu es mon destin
je me sentais plein de bonheur
et dans les heures solitaires
J’ai pleuré de joie.