A FLANC DE MER


A FLANC DE MER

De ta silhouette allongée en falaise émergent les corps musicaux des heures mobiles

Accrochées à rien de ce qui s’oublie

Devant le troupeau des vagues le roulis porte aux cales de son ventre la veillée des épices

Des seins plus lourds quand tu les lâches de la branche des pôles avec leurs histoires de naissances que les femmes se transmettent après qu’elles aient cédées leur volonté à l’homme au débouché choisi

Restent des pierres dressées entre l’ombre et la lumière

Des cheveux en désordre sous la chaste coiffe gardent en secret les aboiements de la lune après le départ de la Mère Supérieure

Un rayon en traversant le vitrage jusqu’au ventre a mis des parfums troublants comme onguent sur la chair ouverte afin d’en chasser l’insomnie qui retient l’orgasme onirique

Le souffle du cheval blanc prend pied.

Niala-Loisobleu – 11 Janvier 2022

Liliane Wouters – Je revenais d’une saison d’ardoises


Liliane Wouters – Je revenais d’une saison d’ardoises

Je revenais d’une saison d’ardoises,
De longs hivers à couper au couteau.

Descendre la rivière de ton sang,
Entendre les grillons de tes silences.

Tu ne me connais pas encor. Je suis capable
D’ouvrir des portes verrouillées depuis mille ans,
De rallumer les feux d’étoiles presque mortes.

Je rongeais l’os de mon chagrin.
Je mange le pain chaud, je bois le vin.

J’habiterai chacune de tes vies :
Dans l’une sources, herbe dans l’autre. Pour le feu
Je garderai le dur silex de ma mémoire.
L’étincelle que j’en ferai jaillir
Brûlera tout ce qui n’était pas toi.

***

Liliane Wouters (1930-2016) – L’aloès (Luneau-Ascot, 1983)

LE TRAIT D’UNION


TRAIT D’UNION

MESSAGERIE : le-peintre-niala@orange.fr

Les yeux droit devant dans sa suite le chemin fait place à tout un changement après les contraintes que cette pandémie lui inflige

Ce qui relevait des attaches un tranchant l’a coupé à jamais

A partir de maintenant il faut retourner au point de départ pour inventer à partir de la base saine restant utilisable

Le peintre ne peut brûler son atelier comme un pêcheur de St-Jacques a le choix de détruire son navire si les suites du Bréxit lui coupent la pêche. L’artiste ne figure sur aucune des dispositions d’aide étatique

L’artiste est le marginal qu’il préfère en matière d’économies

Alors comme le JARDIN DE NIALA est ce qu’il y a de plus vivant et qu’il produit sans polluer faut pas le fermer

Au contraire

Il vous demeure ouvert en trait d’union sans condition

L’atelier c’est une ruche au service de demain et bien ma RESOLUTION.

Niala-Loisobleu – 11 Janvier 2022

Photo Niala

Claribel Alegría – Ultimo umbral


Claribel Alegría | Ultimo umbral

« Poésie d’un jour

ULTIMO UMBRAL



Un paso más
dos o tres quizá
un mirar hacia atrás
el vértigo
el abismo
y cruzar el umbral
que me lleve hacia ti.





DERNIER SEUIL



Encore un pas
deux ou trois peut-être
un regard en arrière
le vertige
l’abîme
puis franchir le seuil
qui me conduira jusqu’à toi.



Claribel Alegría, Saudade, Éditions L’atinoir, Collection L’atinoir, Poésie bilingue hispano-américaine, Marseille, 2017, page 73. Traduction de Michelle Dospital. Préface de Claire Pailler.

AGACERIES


AGACERIES

Du bruit de pluie qui coule dans l’oreille déranger l’aqueux

Du doigt qu’on montre au désir d’attouchement

Du bout des lèvres qu’on ferme aux noeuds de sa langue native d’un masque étranger

Du côté chien qu’on prive de gravir au fruit de l’arbre avaler

Du mot cru lié au lancement des reins qui tourne au pieu d’un train bloqué en gare

Du bruit de mer d’un bruitage en vidéo en dehors de la conque

Du bar à tain qui suggère des positions pour Narcisse en interdisant l’accès au contoir aux aficionados

Le cheval n’est pas que de bois.

Niala-Loisobleu – 10 Janvier 2022

CHOIX DU JOUR


CHOIX DU JOUR

La pluie fade balance le vide d’un bord à l’autre de la gondole

le service de nuit blanche en chargeant le sommeil ailleurs n’a pas manqué d’agir

Mais au matin ton visage dans la glace de ce lundi m’a décollé les yeux du remake des mauvaises nouvelles d’hier

j’ai choisi

de suivre la forme nue de tes pores entre leurs bosses

tendres glissades

enfoncés aux Je Nous

dans les dunes jusqu’au pied qui palisse la chute du goût de vivre

Dans tout ce qui change c’est te garder créative, mélodieuse, en dehors de promesses mensongères, rien d’autre que simple comme Bon Jour conforme à ton genre compatible au mien qui me va plus que tout

Pour ça l’abus de tests ne pourrait qu’engendrer des écarts comme celui qui consiste à laisser les écoles ouvertes à la propagation du mal.

Niala-Loisobleu – – 10 Janvier 2010

LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 24


Photo Niala

LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 24

La basse épaule le rivage de la côte d’un long châle morne de grisaille l’intérieur garde sa chaleur au sec

Un lin y brode son chant d’un bleu surprenant pour l’aqueux absorbant l’élan des paroles

Arrivé au bois flotté, seul baigneur su la plage, il faut se taire de respirer pour conter les joyeuses heures passées là. J’entre dans le reste de pierres en abri pour un peu d’odeur animale que les vaches tiennent au sec

Un retour au poil restituerait la vérité de présence par la Passe aux Boeufs au Marais d’Yves

Quant la mer habitait là le sel allait jusqu’au Nord des Amériques porter sa foi avant que les négriers ne s’emparent du marché en inventant le plus infâme des négoces

Cet endroit en temps normal protège les oiseaux en escale pendant les migrations que des réchauffements à l’écart de signes d’affect confondent de plus en plus. Enfant je trouvais des oeufs partout dans l’herbe du marais sans qu’il soit besoin de faire appel aux organisations clandestines d’une religion

Les couleurs aquarelles que mon père extrayait d’un ciel à la lumière unique en me traînant dans la tête rechaulent un béton de pensée d’une humanité papillon qui en étant mise en garde fait flotter les bateaux de papier là où se battre à maintenir l’abeille est un concept et non un rapport d’exploitation de la misère humaine

Le grand héron cendré a allumé de blanc des petits-échassiers d’un accord tacite d’une telle portée philosophique que j’hésite à ne pas le baptiser phénix. Comme je parle de plus en plus seul je dois même aller bien plus loin capable d’un bavardage de réunir le Delta du Mékong au Marais du Douhet

Moëze-Oléron d’un pas tu me remets d’aplomb telle la quille attachée au Nord qui fuit les dérives

Le sommeil en peaux collées garde contre tout les agresseurs et se fout de la pluie étant donné qu’il nage dans l’humide désiré.

Niala-Loisobleu – 10 Décembre 2022

Photo Niala

RUE DES CASCADES – YANN TIERSEN


Rue des cascades – Yann Tiersen

Quand je dors dans la rue Cascades
When I’m asleep in Cascades Street

Quand je dors dans la rue Cascades
When I’m asleep in Cascades Street

je ne peux pas, je ne peux pas
I can’t, I can’t

entendre n’importe quoi, entendre n’importe quoi
Hear anything, hear anythingEn cascade, en cascade
In a cascade, in a cascade

tu m’as lavé
You washed me

En cascade, en cascade
In a cascade, in a cascade

tu m’as lavé
You washed meQuand je suis éveillé dans la rue Cascades
When I’m awake in Cascades Street

Quand je suis éveillé dans la rue Cascades
When I’m awake in Cascades Street

je ne peux pas, je ne peux pas
I can’t, I can’t

Sentir n’importe quoi, sentir n’importe quoi
Feel anything, feel anythingEn cascade, en cascade
In a cascade, in a cascade

tu m’as lavé
You washed me

En cascade, en cascade
In a cascade, in a cascade

tu m’as lavé


You washed meSource : Musixmatch

Paroliers : Yann Pierre Tiersen

LE MIROIR ET LE MONDE


LE MIROIR ET LE MONDE

Chaque jour de ses dents aiguës
Le temps déchire un peu le tain
De ce miroir et restitue
A l’espace un nouveau butin

La lèpre marque le visage
Et masque un retard qui s’éteint
Las et las de se reconnaître
Chaque soir et chaque matin

Le paysage apparaissant
Avec son ciel et son lointain
Libère un reflet et invite
Narcisse à vivre l’incertain
Le limpide, le beau voyage
Entre le soir et le matin

Robert Desnos

Mouvements que la mer tient dans ses filets de pêche à vide et remontée plaine

le chat saute d’une fuite à un retour et la fenêtre troue le mur

la jarre garde son contenu sans le changer pour une proposition de passage

puis dépendu de sa ficelle le géranium quitte l’hiver pour la poterie de soleil au feu d’été

Qu’est -ce qui à part le mensonge ne tient pas la route bien que la prenant à chaque coin du matin ?

Les heures où j’entendais ta plume gratter pendant que tu traversais le noir ont obtenues la lumière méritée

Artiste c’est le seul métier où le tain de Narcisse est d’un pâle létal et pourtant que de cierges s’en allument

Le pied de l’arbre n’a rien perdu de la vigueur que nous lui avons transfusé, à un instant du sourire de la pluie d’aujourd’hui je jurerai qu’il a en corps grossi.

Niala-Loisobleu – 8 Janvier 2022

« BARBARA SOLEIL » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE SOUS/VERRE 13X18


« BARBARA SOLEIL »

NIALA 2022

ACRYLIQUE SOUS/VERRE 13X18

Dehors la pluie en rigole surprise par la venue d’un soleil qui dépasse une fâcheuse tendance au désordre

Un chapeau de lumière

Des pinceaux déployés font la haie

Voilà réalisé le voeu qu’elle avait fait de venir se tapir dans l’atelier

Ses poèmes parlent à voix hôte

ça décuple le petit-format de l’intime à sa bonne taille.

Niala-Loisobleu.

8 Janvier 2022