LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 24


Photo Niala

LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 24

La basse épaule le rivage de la côte d’un long châle morne de grisaille l’intérieur garde sa chaleur au sec

Un lin y brode son chant d’un bleu surprenant pour l’aqueux absorbant l’élan des paroles

Arrivé au bois flotté, seul baigneur su la plage, il faut se taire de respirer pour conter les joyeuses heures passées là. J’entre dans le reste de pierres en abri pour un peu d’odeur animale que les vaches tiennent au sec

Un retour au poil restituerait la vérité de présence par la Passe aux Boeufs au Marais d’Yves

Quant la mer habitait là le sel allait jusqu’au Nord des Amériques porter sa foi avant que les négriers ne s’emparent du marché en inventant le plus infâme des négoces

Cet endroit en temps normal protège les oiseaux en escale pendant les migrations que des réchauffements à l’écart de signes d’affect confondent de plus en plus. Enfant je trouvais des oeufs partout dans l’herbe du marais sans qu’il soit besoin de faire appel aux organisations clandestines d’une religion

Les couleurs aquarelles que mon père extrayait d’un ciel à la lumière unique en me traînant dans la tête rechaulent un béton de pensée d’une humanité papillon qui en étant mise en garde fait flotter les bateaux de papier là où se battre à maintenir l’abeille est un concept et non un rapport d’exploitation de la misère humaine

Le grand héron cendré a allumé de blanc des petits-échassiers d’un accord tacite d’une telle portée philosophique que j’hésite à ne pas le baptiser phénix. Comme je parle de plus en plus seul je dois même aller bien plus loin capable d’un bavardage de réunir le Delta du Mékong au Marais du Douhet

Moëze-Oléron d’un pas tu me remets d’aplomb telle la quille attachée au Nord qui fuit les dérives

Le sommeil en peaux collées garde contre tout les agresseurs et se fout de la pluie étant donné qu’il nage dans l’humide désiré.

Niala-Loisobleu – 10 Décembre 2022

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