NOTRE DEMEURE PAR MICHEL DEGUY


NOTRE DEMEURE PAR MICHEL DEGUY

Dame de près l’ombre chat sous ta main de peintre

joue
Tandis que l’âge crible la mienne drainant le derme

(et mince taie sur la pupille)
La paume de la nuit en sueur scintille sur la nuit

Une meule d’étoiles se rentre à l’horizon urbain
La lune fardée comme une
Japonaise
Approvisionne là l’immeuble de la nuit
Les feux du stade bordent notre alcôve

Une demande précautionneuse

Cherche ta voix
Que ta diction lente et courtoise exauce

Michel Deguy

JEU DE CUBES


JEU DE CUBES

Sorti du berceau de la grande rivière le petit-enfant pose sa main

le poisson s’approche

entre les doigts flotte la plume

Des rousseurs qui montent un battement sanguin met son fruit dans l’arbre

la côte est proche

un château commence à sortir du seau

En deux vagues au sein des douves l’herse coupe de la raison dangereuse

l’enfant grandira de taille sans bouger d’état d’esprit.

Niala-Loisobleu – 17 Janvier 2022

COLLINE de JACQUES BERTIN grimpée à mon ressenti


COLLINE de JACQUES BERTIN grimpée à mon ressenti

C’était juste pendant les très grandes chaleurs,
Cette année là, nous cherchions à nouveau un logement,
En attendant nous étions chez une amie qui était belle
Mais nous ne faisions pas l’amour et sans doute c’était à cause du temps

Ou c’était que nous n’étions pas chez nous et tu t’étonnais de cela

Et je savais que l’homme est une mécanique plus fragile
Que les appareils compliqués qu’on voit dans les musées silencieux
Et qui oscillent sans un bruit et sont mystérieusement utiles
Tu venais juste de reprendre le travail et tu avais du mal,
Nous étions de passage et Colline qui était belle
Parfois nous la surprenions nue et nous la regardions
Avec amour dans son sommeil
Et tout trois nous nous aimions bien

Nous ne faisions pas l’amour, et par timidité peut être
Parceque cela aurait remis en route quelque part une de ces machines éteintes
Pourtant nous nous aimions, les choses sont si simples
Que ces machines qu’on dérègle pour un rien sont sans complications

Je ne sais, oh, je ne sais, pourquoi j’écris tout cela
Pour tendre un filet à travers ma vie qui m’entraîne
Il faisait dans l’appartement une chaleur
On ne respirait plus
Nous étions dans une parenthèse élevée d’un immeuble de notre vie
Un jour, je me dis que peut être nous aurons enfin une maison Sur la pointe de l’ile entre les deux bras et les années qui passent
Je les verrai venir et se mêler à mon passé
Comme dans les tourbillons de la Loire,
L’eau et ensuite, l’eau paresseusement va mourir dans les sables
Crois tu qu’un jour nous aurons réellement une maison
Avec une bonne amie à nous et nous saurons avoir la force
De nous aimer, nous l’aimerons sans peur souviens t’en
Ce sera bien plus beau et bien plus pur qu’un couple même comme nous deux

Ce sera comme une prairie dans la partie ombragée de l’été vers le soir
Tu n’auras pas peur de l’orage et ni surtout de toi même,
Dans l’herbe, on aura disposé ces machines inutiles des musées,
Avec des balanciers, des contrepoids, des rouages de cuivre, des roulements…
Et il flottera une de ses chansons mélodiques que chantait nos parents,
Pour qui crois tu que nous serons capable de cette fête, souviens t’en …

Jacques Bertin

Quel tremplin que celui de tes seins dont l’oblique du regard hisse au large

c’est archipel à portée

les sentes au baissé de culotte des chemins détournés

A l’étreinte de l’attente nos corps attelés sillonne le cheval pour le retour du grain

rassurée par la reconnaissance de ton argument d’écriture tu n’as plus peur de le dire cet amour absolu

dans l’oeil du chien ta fidélité en gardienne du désir réveillé

Et sur l’onde de ce qui flotte de notre concept, le bateau de papier lancé à la poursuite de l’espoir

Niala-Loisobleu – 17 Janvier 2022

DERRIERE LA GLACE


DERRIERE LA GLACE

Sur le blanc en traîne l’oiseau trouve l’aumônière sous la branche

sans voir la mer on entend le chien courir la sortir des appels de la cloche de brume

Le cheval crinière dans ses traces porte la torche au phare dans le mouvement qui balaie

Tout arrive

le propos du seoir qui tombe est en phase à la gratte des guitares

Ce que les mains tiennent parle avec le mystique des gestes écrits par la plume poétique

qui remet le son à la voix masquée par le détour écolier

Des yeux qu’un bandeau manipulateur retient à distance se dirige la vue des maisons épaulées à l’amour

Ils se voient en braille et se lisent dans ce monde aveugle doigts posés sur leur clavier ouvert, les embruns assurant le transport

Niala-Loisobleu – 16 Janvier 2022.

PRESENCE


PRESENCE

Déjà rien qu’à la courbure des tiges le flou ne résiste pas au brouillard étalé

attachés aux penchements qui défient les lois de l’équilibre établies par les pucelles ignares qui s’esclaffent au passage du minet boutonneux

ta poitrine mature dégringole à la ceinture où les cow-boys mettent leur cheval en pause pour se rincer d’un coup de raide de la trop longue randonnée des vaches

L’espace sans limites encorné de la morne plaine finit par déchausser l’intime parfum qui grimpe aux rideaux

Le cactus laissé au serpent de passage, une nuance de pommier épluche petit à petit l’idée d’offrir mieux qu’un trognon de french-cancan en grand-écart

Matisse surgit en grand-fauve dans le corral…

Niala-Loisobleu – 16 Janvier 2022

TOUT TE R’AILES


TOUT TE R’AILES

Quand à l’envers des pannes de toutes les couleurs, je te vois à la rime bleue des mots que tu écris, je n’ai pas à me dire bonjour, tu l’as fait en absolu fort et clair

Sous le givre qui tient tout raide

le dessin de ton regard avance en souplesse

Ils ne peuvent que s’en prendre à eux, le pas de deux de notre danse est à l’abri dans l’anse du pore

chaud dimanche…

Niala-Loisobleu – 16 Janvier 2022

LE COEUR EN QUENOUILLE


LE COEUR EN QUENOUILLE

A sa tige attaché grimpe l’arbre

des fleurs bien au-dessus du mur où l’ombre chinoise pour tenter de passer

A-t-on jamais vu pareil sel gagner le contour à l’épouser ?

Par l’entonnoir qu’il garde le nombril se porte racine au tracé

que l’oiseau exporte au-dessus des parasites

Voie lactée en estuaire enfouie au coeur de la forêt originelle

l’haleine aspire à mettre en saumure.

Niala-Loisobleu – 15 Janvier 2022

LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 25


LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 25

Faute de faire ne m’est pas coutume, mes matins ont toujours eus pour règle sitôt le café bu d’ouvrir la boîte à outils

Ces derniers jours de crise bien que m’ayant monté le sucre m’ont semblé un tantinet amers, au point que ce matin en ouvrant la boîte de couleurs me suis dit qu’au train dans lequel on nous a fait monter ce pourrait bien être celui de la gare où on descend sans choisir

J’aime pas les bouteilles à moitié-vides comme les seins plats, ça m’outre-noir au point qu’il faut que je m’en soulage sans traîner

Quand la demande d’entrer au Couvent m’est parvenue, foi de Bébert, j’ai pas vu un mécréant comme moi dire bingo aussi rapidement

Et si fallait quitter le navire parce que ce serait l’heure, j’aurai resté poli en disant « Salut les Copains » sans perdre l’odeur du coin d’herbe qui m’a toujours été le plus vers.

COUVENT DES RECOLLETS

Salle du Prieuré – 21 Février au 5 Mars 2022

Niala- Loisobleu – 12 Janvier 2022

Sin Tu Latido – Luis Eduardo Aute


Sin Tu Latido – Luis Eduardo Aute

Il y en a qui disent
Hay algunos que dicen

que tous les chemins mènent à Rome
que todos los caminos conducen a Roma

pourquoi est vrai parce que le mien
why es verdad porque el mío

m’emmène chaque nuit au trou qui te nomme
me lleva cada noche al hueco que te nombra

pourquoi je lui parle pourquoi je le laisse partir
why le hablo why le suelto

un sourire, un blasphème et deux défaites ;
una sonrisa, una blasfemia why dos derrotas;

alors je ferme tes yeux
luego apago tus ojos

pourquoi je dors avec ton nom embrassant ma bouche.
why duermo con tu nombre besando mi boca.

Oh mon amour
Ay, amor mío,

c’est terriblement absurde
qué terriblemente absurdo

c’est être vivant
es estar vivo

sans l’âme de ton corps,
sin el alma de tu cuerpo,

sans battement de coeur.
sin tu latido.Que la fin de cette histoire,
Que el final de esta historia,

énième autobiographie d’un échec,
enésima autobiografía de un fracaso,

ne sert pas d’exemple,
no te sirva de ejemplo,

il y a ceux qui affirment que l’amour est un miracle
hay quien afirma que el amor es un milagro

qu’il n’y a pas de mal qui ne guérisse
que no hay mal que no cure

mais il n’est pas bon non plus qu’elle dure cent ans ;
pero tampoco bien que le dure cien años;

qui l’a presque sauvé,
eso casi lo salva,

le mal sont les nuits qui me mouillent la main.
lo malo son las noches que mojan mi mano.

Bien que tout ne soit rien
Aunque todo ya es nada,

Je ne sais pas pourquoi vous vous cachez et fuyez ma rencontre.
no sé por qué te escondes why huyes de mi encuentro.

Pour connaître ta vie
Por saber de tu vida

Je ne crois pas que cela viole un commandement ;
no creo que vulnere ningún mandamiento;

si terrible est la haine
tan terrible es el odio

que tu n’oses pas me montrer ton mépris,
que ni te atreves a mostrarme tu desprecio,

mais ne m’écoute pas
pero no me hagas caso,

ce qui m’arrive, c’est que ce monde je ne le comprends pas.
lo que me pasa es que este mundo no lo entiendo.

Source : LyricFindParoliers : Luis Eduardo Aute GutierrezParoles de Sin Tu Latido © Universal Music Publishing Group