La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
joue Tandis que l’âge crible la mienne drainant le derme
(et mince taie sur la pupille) La paume de la nuit en sueur scintille sur la nuit
Une meule d’étoiles se rentre à l’horizon urbain La lune fardée comme une Japonaise Approvisionne là l’immeuble de la nuit Les feux du stade bordent notre alcôve
Une demande précautionneuse
Cherche ta voix Que ta diction lente et courtoise exauce
C’était juste pendant les très grandes chaleurs, Cette année là, nous cherchions à nouveau un logement, En attendant nous étions chez une amie qui était belle Mais nous ne faisions pas l’amour et sans doute c’était à cause du temps
Ou c’était que nous n’étions pas chez nous et tu t’étonnais de cela
Et je savais que l’homme est une mécanique plus fragile Que les appareils compliqués qu’on voit dans les musées silencieux Et qui oscillent sans un bruit et sont mystérieusement utiles Tu venais juste de reprendre le travail et tu avais du mal, Nous étions de passage et Colline qui était belle Parfois nous la surprenions nue et nous la regardions Avec amour dans son sommeil Et tout trois nous nous aimions bien
Nous ne faisions pas l’amour, et par timidité peut être Parceque cela aurait remis en route quelque part une de ces machines éteintes Pourtant nous nous aimions, les choses sont si simples Que ces machines qu’on dérègle pour un rien sont sans complications
Je ne sais, oh, je ne sais, pourquoi j’écris tout cela Pour tendre un filet à travers ma vie qui m’entraîne Il faisait dans l’appartement une chaleur On ne respirait plus Nous étions dans une parenthèse élevée d’un immeuble de notre vie Un jour, je me dis que peut être nous aurons enfin une maison Sur la pointe de l’ile entre les deux bras et les années qui passent Je les verrai venir et se mêler à mon passé Comme dans les tourbillons de la Loire, L’eau et ensuite, l’eau paresseusement va mourir dans les sables Crois tu qu’un jour nous aurons réellement une maison Avec une bonne amie à nous et nous saurons avoir la force De nous aimer, nous l’aimerons sans peur souviens t’en Ce sera bien plus beau et bien plus pur qu’un couple même comme nous deux
Ce sera comme une prairie dans la partie ombragée de l’été vers le soir Tu n’auras pas peur de l’orage et ni surtout de toi même, Dans l’herbe, on aura disposé ces machines inutiles des musées, Avec des balanciers, des contrepoids, des rouages de cuivre, des roulements… Et il flottera une de ses chansons mélodiques que chantait nos parents, Pour qui crois tu que nous serons capable de cette fête, souviens t’en …
Jacques Bertin
Quel tremplin que celui de tes seins dont l’oblique du regard hisse au large
c’est archipel à portée
les sentes au baissé de culotte des chemins détournés
A l’étreinte de l’attente nos corps attelés sillonne le cheval pour le retour du grain
rassurée par la reconnaissance de ton argument d’écriture tu n’as plus peur de le dire cet amour absolu
dans l’oeil du chien ta fidélité en gardienne du désir réveillé
Et sur l’onde de ce qui flotte de notre concept, le bateau de papier lancé à la poursuite de l’espoir
Déjà rien qu’à la courbure des tiges le flou ne résiste pas au brouillard étalé
attachés aux penchements qui défient les lois de l’équilibre établies par les pucelles ignares qui s’esclaffent au passage du minet boutonneux
ta poitrine mature dégringole à la ceinture où les cow-boys mettent leur cheval en pause pour se rincer d’un coup de raide de la trop longue randonnée des vaches
L’espace sans limites encorné de la morne plaine finit par déchausser l’intime parfum qui grimpe aux rideaux
Le cactus laissé au serpent de passage, une nuance de pommier épluche petit à petit l’idée d’offrir mieux qu’un trognon de french-cancan en grand-écart
Quand à l’envers des pannes de toutes les couleurs, je te vois à la rime bleue des mots que tu écris, je n’ai pas à me dire bonjour, tu l’as fait en absolu fort et clair
Sous le givre qui tient tout raide
le dessin de ton regard avance en souplesse
Ils ne peuvent que s’en prendre à eux, le pas de deux de notre danse est à l’abri dans l’anse du pore
Faute de faire ne m’est pas coutume, mes matins ont toujours eus pour règle sitôt le café bu d’ouvrir la boîte à outils
Ces derniers jours de crise bien que m’ayant monté le sucre m’ont semblé un tantinet amers, au point que ce matin en ouvrant la boîte de couleurs me suis dit qu’au train dans lequel on nous a fait monter ce pourrait bien être celui de la gare où on descend sans choisir
J’aime pas les bouteilles à moitié-vides comme les seins plats, ça m’outre-noir au point qu’il faut que je m’en soulage sans traîner
Quand la demande d’entrer au Couvent m’est parvenue, foi de Bébert, j’ai pas vu un mécréant comme moi dire bingo aussi rapidement
Et si fallait quitter le navire parce que ce serait l’heure, j’aurai resté poli en disant « Salut les Copains » sans perdre l’odeur du coin d’herbe qui m’a toujours été le plus vers.
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