La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Comme dans l’éponge il y a dans l’orange une aspiration à reprendre contenance après avoir subi l’épreuve de l’expression. Mais où l’éponge réussit toujours, l’orange jamais : car ses cellules ont éclaté, ses tissus se sont déchirés. Tandis que l’écorce seule se rétablit mollement dans sa forme grâce à son élasticité, un liquide d’ambre s’est répandu, accompagné de rafraîchissement, de parfum suaves, certes, — mais souvent aussi de la conscience amère d’une expulsion prématurée de pépins.
Faut-il prendre parti entre ces deux manières de mal supporter l’oppression? — L’éponge n’est que muscle et se remplit de vent, d’eau propre ou d’eau sale selon : cette gymnastique est ignoble. L’orange a meilleur goût, mais elle est trop passive, — et ce sacrifice odorant… c’est faire à l’oppresseur trop bon compte vraiment.
Mais ce n’est pas assez avoir dit de l’orange que d’avoir rappelé sa façon particulière de parfumer l’air et de réjouir son bourreau. Il faut mettre l’accent sur la coloration glorieuse du liquide qui en résulte, et qui, mieux que le jus de citron, oblige le larynx à s’ouvrir largement pour la prononciation du mot comme pour l’ingestion du liquide, sans aucune moue appréhensive de l’avant-bouche dont il ne fait pas se hérisser les papilles.
Et l’on demeure au reste sans paroles pour avouer l’admiration que mérite l’enveloppe du tendre, fragile et rose ballon ovale dans cet épais tampon-buvard humide dont l’épidémie extrêmement mince mais très pigmenté, acerbement sapide, est juste assez rugueux pour accrocher dignement la lumière sur la parfaite forme du fruit.
Mais à la fin d’une trop courte étude, menée aussi rondement que possible, — il faut en venir au pépin. Ce grain, de la forme d’un minuscule citron, offre à l’extérieur la couleur du bois blanc de citronnier, à l’intérieur un vert de pois ou de germe tendre. C’est en lui que se retrouvent, après l’explosion sensationnelle de la lanterne vénitienne de saveurs, couleurs et parfums que constitue le ballon fruité lui-même, — la dureté relative et la verdeur (non d’ailleurs entièrement insipide) du bois, de la branche, de la feuille : somme toute petite quoique avec certitude la raison d’être du fruit.
Dans le temps passant des campagnes SDF et des hommes avec des femmes dans toutes sortes de naufrages, peu y comprenant quelque chose
La vie est la plus belle chose qui se fait écraser des fois sans même être sortie de chez elle
Evidemment dans ces cas là le temps se couvre de toutes les manières possibles, et pour ça il manque rien
Mais l’oiseau pugnace est pas de ceux qui fonde sans besoin de soleil, quand il sait qu’il ne se trompe pas plus qu’il est trompé, il s’accroche
Voici cette Epoque qui ramène avec des fleurs nouvelles, des piafs de l’année et plus de merde qu’on pouvait attendre l’envie de vivre sacrément regonflée
C’est ainsi que les yeux que je guettais au bout de la jetée me vinrent sur une vague resalée et de la chair de poule autour des paupières quand le peintre a rit comme un imbécile heureux
Le chien noir bien que s’étant blanchi du poil en a pris le courant, il s’est redressé à l’odeur bien connue qui manquait
Voici une matière totalement organique
le sang en carbure
les yeux en disent l’île était une foi
la toile maintient serré le lin d’un bleu à se demander s’il est vrai tant il retourne l’outremer et balafre Janus dans sa trajectoire
Un hé cris de peinture qu’aucun clou ne rouillera de son venin
D’un premier réflexe, ouvrir la fenêtre, voici revenu le temps des oiseaux
les arbres en manèges en tournent les trilles
L’étendue est si vaste, qu’au moment où les arbres passent dans le ciel, le grand lac de vert courant à la mer remplit ses bateaux
Les boutiques fermées des rues de la ville m’incitent à aller voir dans la grange combien d’oeufs seront dans la paille
Je pense t’emmener sur mon porte-bagage pour que les heures te plaisent au travail que t’aime. Qui plus est, ces heures-là ramènent aux liens qui aiment le partage des envies et la confection émotive
La roche la plus dure peut ainsi être creusée pour la caverne où peindre le durable
Du feu offert par le soleil s’allume le chemin, des fleurs amortissent le bruit des pas et quelque chose de l’odeur de femme égalise les traces de l’ours
Dans le coin d’une nacelle des enfants ont laissé leur ballon
On peut leur dire de nous emporter au-dessus, le vent est de taille à passer les marécages. Laisse-ta porte ouverte le chien est de garde près des abeilles, ça tiendra les heures en dehors du temps cherché par les autres.
Les civilisations sont des graisses. L’Histoire échoue, Dieu faute de Dieu n’enjambe plus nos murs soupçonneux, l’homme feule à l’oreille de l’homme, le Temps se fourvoie, la fission est en cours. Quoi encore ?
La science ne peut fournir à l’homme dévasté qu’un phare aveugle, une arme de détresse, des outils sans légende. Au plus dément : le sifflet de manœuvres.
Ceux qui ont installé l’éternel compensateur, comme finalité triomphale du temporel, n’étaient que des geôliers de passage. Ils n’avaient pas surpris la nature tragique, intervallaire, saccageuse, comme en suspens, des humains.
Lumière pourrissante, l’obscurité ne serait pas la pire condition.
Il n’y avait qu’une demi-liberté. Tel était l’octroi extrême. Demi-liberté pour l’homme en mouvement. Demi-liberté pour l’insecte qui dort et attend dans la chrysalide. Fantôme, tout juste souvenir, la liberté dans l’émeute. La liberté était au sommet d’une masse d’obéissances dissimulées et de conventions acceptées sous les traits d’un leurre irréprochable.
La liberté se trouve dans le cœur de celui qui n’a cessé de la vouloir, de la rêver, l’a obtenue contre le crime.
Le verre brisé des carreaux du marais abandonne son sel à l’eau
passe en fantôme un bateau de guère au moment où par l’écluse d’un espoir sensé tu charges la fleur à se tirer ô vers le soleil en se sortant des lèvres des jarres
des femmes et des enfants rejoignent leur homme pair pour que vive la vie
Gardés chauds les plis du drap ont passés la fenêtre pour s’adouber au mouvement vertical des vagues, à la broderie de l’écume où plonge le cormoran
Perspective en premier point sur la toile nue qui attend au chevalet l’attouchement de sa main gauche
Ce silence qui libère le son retenu craque le bois-mort en passant. Ce qui éclot les petites pointes vertes où les feuilles vont dire tout ce que l’automne leur a redonné à croire et appliquer afin de se sentir en accord avec soi-même. Fut un temps où l’on croyait aux maléfices de sorcières éleveuses de reptiles. En fait l’homme c’est l’homme qui aime accuser un autre pour se faire passer pour bon
La tige est droite, si l’anémone penche c’est un effet d’optique pour imiter le sein féminin dans sa grâce.
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