« NIALA RECOLLETS 2022 » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 65X54


Tableau qui servira pour l’affiche de l’exposition

« NIALA RECOLLETS 2022 »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 65X54

Oyez, oyez, il est né mon dernier enfant

tout est dedans !

Tel mon jardin, où pousse la Femme Anémone, où laboure le cheval, où l’oiseau grimpe, où l’abeille garde, où le Bleu c’est le chien qui surveille le maussade pour le mordre, où la mer ne veut que l’enfant en bateau de papier, où les mots-peints s’allient à la poésie, où les petites-maisons blanches abritent l’humanisme

Récollets la pierre levée…

Niala-Loisobleu – 20 Janvier 2022

LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 26


LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 26

J’ai une chaise qui m’assoie en Elle. Comme ça mais pas n’importe où. Drainant avec elle des fenêtres sur l’infini. Pas n’importe lesquelles. Celles que le Grand Fauve a si largement ouvertes qu’elles déglinguent le sombre du présent des années après

Matisse, cette force de la nature à lui tout seul

Ils sont là tous les deux avec un commun en parabole qui pulvérise d’A à Z la prétention actuelle

Plus que presque 1 mois et les Récollets lèveront leur drapeau, pour moi sans doute la 38ème fois dernière

Sacré bout de chemin, mon Cousin

Dire ce que ça m’habite le ventre, dans le coin où l’émotion loge c’est pas possible. Mais le taire c’est pareillement impossible. C’est tellement physique d’accrocher à ce stade…

Je peins celui-là qui sera l’affiche de cette Expo 2022. Depuis plusieurs jours et pas fini

Je ne traîne pas mais à voir comme ça macère, je dois reconnaître que c’est nouveau en bavardage interne

Les tripes dans la main gauche, les tripes dans le regard en arrière, les tripes dans le transport sensuel, parce que l’érection part de la palette jusqu’à gicler sur la toile, les tripes qui regardent le bout du couloir où planent des corbeaux qui prendraient bien leur part. MAIS seulement arrêter les Récollets par conformité d’âge ça n’a rien d’un adieu pour l’atelier. Le Capitaine peut pas partir sans le bateau

Alors avec l’anémone et tout son bleu symbole ô hisse et ô

L’émotion finit par prendre le dessus avec bonheur sur les plus grands malheurs que la vie largue sans se priver.

Niala-Loisobleu – 19 Janvier 2022

A L’EAU REPONDEZ-MOI


A L’EAU REPONDEZ-MOI

lci et là, tous ces regards qui balancent des mains

Leurs fleurs artificielles en bout quai

Et l’atmosphère noyée dans le canal St-Martin, l’Hôtel du Nord dérive

Sur l’assiette faïencée de la statue équestre le roi en rit et tombe poignardé, ail

Le pari actuel ne vaut pas une messe

Miracle dans la cour de l’école Roberto professe l’insolence

Ah larmes au secours

Pendant du marronnier la fleur en grappe du poème rosit dans la rouille des saisons

C’est dur pour l’Adam

Mais l’Eve son aube aux genoux communie.

Niala-Loisobleu – 18 Janvier 2022

JACQUES BERTIN – PROSE DES JOURS LONGS


Jacques Bertin « Prose des jours longs »

J’étais solitaire chaque jour un peu plus. J’aimais me taire
Je doutais de qui j’étais chaque jour un peu plus. Je guettais
Sur les visages de mon âge la tristesse, ses sillons,
La certitude aussi de la défaite intime. Nous traînions

Chacun le deuil d’un amour sans cadavre dans un sac trop lourd
Les manigances de l’amour et la gifle de la hautaine
Nos âmes fêlées par un simple mot comme des porcelaines
Et ce qu’on n’ose pas crier à la hautaine dans les cours

L’abjecte société, l’un après l’autre, nous avait meurtris
Bien des gens que j’aimais s’y sont, par ambition, laissés corrompre
Ils sont perdus corps et biens comme vaisseaux dans l’opaque gris
Ils suivaient comme au jeu, par orgueil : Ah, plutôt ramper que rompre!

Il me semblait pourtant savoir, et de mieux en mieux, où j’allais
Je m’appliquais à travailler dans la mémoire de mon père
Y cultivant ses idéaux perdus ainsi qu’en un jardin
Pour que mon fils en fût encouragé à les transmettre au sien

Et quelque chose vive ainsi en aval de nous, s’il se peut
Obscure foi qui me tenait! Qui j’étais ne sachant plus guère
Comme un rêveur dans un grenier parlant tout seul, les jours qu’il pleut
Ou bien aux anges dans un poulailler étrange dans la guerre

Jacques Bertin

NOTRE DEMEURE PAR MICHEL DEGUY


NOTRE DEMEURE PAR MICHEL DEGUY

Dame de près l’ombre chat sous ta main de peintre

joue
Tandis que l’âge crible la mienne drainant le derme

(et mince taie sur la pupille)
La paume de la nuit en sueur scintille sur la nuit

Une meule d’étoiles se rentre à l’horizon urbain
La lune fardée comme une
Japonaise
Approvisionne là l’immeuble de la nuit
Les feux du stade bordent notre alcôve

Une demande précautionneuse

Cherche ta voix
Que ta diction lente et courtoise exauce

Michel Deguy

« LE BAC A SABLE » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 45X38


Photo Niala

« LE BAC A SABLE »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 45X38

Levé à ce bout d’âge atteint, l’enfant sort du sommeil d’un saut , la pelle laissant le râteau faire le tri des mauvaises pierres et du bon caillou

Par delà ces ruines qui n’ont pas ébranlées Carnac pas plus que les bisons et la main de Lascaux n’ont pus faire l’affaire du pillage des naufrageurs, l’innocence enfantine choisit de loger au bac à sable

Là ce qui s’écrie et se construit dans le sable se fonde sans balayage à la première vague

Ce qui a fait le genre à l’intérieur des culottes petit-bateau ne disparaît pas à la poussée du premier poil, tout reste assis sur la planche courbe

Oxygéné par la pureté de l’air qui équilibre la balance

Au point de tirer le soleil neuf du tiroir quand l’étable se couvre des miettes de coulures de cierges

Fleurs introuvables sur internet

Ignorance Valentin, déni du guru c’est au sein qu’ils s’élèvent

Ils savent lire et écrire sans besoin de cette scolarité du détournement.

Niala-Loisobleu .

15 Janvier 2022

JACQUES BERTIN – UN INSTANT


JACQUES BERTIN – UN INSTAN


Un instant comme tombé de la poche, une cigarette
Un instant ou une herbe arrachée à l’eau
Une césure dans la course, dans l’haleine
Une mesure pour rien juste avant le sanglot
Une blessure qui coupe en deux l’oreille de la plaine
Pour y jeter un fleuve comme un filet d’eau
Si tu parles, c’est sans importance
Parle de la présence du corps et du repos

Dans l’épaule, un instant immobile dans l’épaule de la terre
Arrêté entre les deux pages du livre, un instant
Un regard sur la vie rassemblée, la vie entière
Dans un étage le piano sous les doigts d’une enfant
Le silence sur les toits, la musique
Et juste en dessous des certitudes, cet instant
Juste en dessous des paroles, des promesses, des habitudes
Pour se reconnaître étranger à soi-même et fort un instant

Un instant sur le pont où c’est moi-même arqué entre les rives
Et de partout l’appel qui gonfle, l’appel incertain
Le bruit, le bruit de la rue, des chantiers, le bruit du sang
Dans les artères le bruit, toujours le même bruit de la fatigue et de la peur, le bruit du sang

La vie ou quelque chose comme d’habitude
Qui n’ose pas dire son nom. Peut-être l’amitié pour les hommes
Un fruit volé sur un étal et rien de plus
Un instant dans cette chambre où une femme se déshabille
Lentement dans le silence protégé de ses rideaux

Jacques Bertin

PASSAGE DU COL


PASSAGE DU COL

Redressant le bas du dos le peintre se met d’équerre avec le soleil et pousse le chariot en direction de la rue d’Angoulême la main ferme sur le fil à plomb

L’époque change si vite d’humeur qu’l faut pas tarder à répondre quand l’estuaire ouvre l’écluse

Et puis mis en humeur joyeuse par une pensée bleue par une maison de Mexico qui ne triche pas avec la lutte pour l’espoir, j’ai peint l’envie de faire l’amour qui en navette funicule mon sacré coeur

Le petit oiseau sur ma main chante à vague montante

Niala-Loisobleu – 13 Janvier 2022

MARINES PAR PAUL ELUARD


MARINES PAR PAUL ELUARD

I

Je me suis pris à caresser
La mer qui hume les orages

II

Ma bouche au ras des flots buveuse de paroles

Prenant l’or au soleil sur un chemin d’or chaud

Comme foule pressée entraînée exaltée

Les vagues les étés dans cet arbre ajouré

Dans cet arbre accessible aux couleurs et aux hommes

Leur azur leur ciel pur le mélange des eaux

Leur dentelle et la flamme du matin désert

Deux vallées trois sommets s’unissent font la chaîne

L’océan qui me mène a le destin du ciel

Et la vague initiale amenuise un nuage.

III

Miroir ouvert sur ces oiseaux uniques
Qui tremblent d’aise à chaque goutte d’eau.

IV

L’herbe grande d’océan
Sur les sables assoupis

La fleur de fille marine
Les astres vierges en fête
Midi blanc dans les fonds noirs
Et dans le filet l’hiver

L’injure jetée au vent À la vague du tombeau.

Tout au plus un navire
Tout au plus un navire à demi englouti
Comme un poignard dans sa blessure
Connaît encore l’ombre

Tout au plus un radeau

La mort simple

Et la mer est plus vide qu’un ivrogne pauvre.

VI

Dernière vague ivresse de vieillard

Les solubles coteaux et la lune risible

N’ont trouvé dans mon cœur qu’un espace restreint

Et la mer dans le ciel n’est qu’une goutte d’eau.

Paul Eluard

Photo Niala

LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 25


LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 25

Faute de faire ne m’est pas coutume, mes matins ont toujours eus pour règle sitôt le café bu d’ouvrir la boîte à outils

Ces derniers jours de crise bien que m’ayant monté le sucre m’ont semblé un tantinet amers, au point que ce matin en ouvrant la boîte de couleurs me suis dit qu’au train dans lequel on nous a fait monter ce pourrait bien être celui de la gare où on descend sans choisir

J’aime pas les bouteilles à moitié-vides comme les seins plats, ça m’outre-noir au point qu’il faut que je m’en soulage sans traîner

Quand la demande d’entrer au Couvent m’est parvenue, foi de Bébert, j’ai pas vu un mécréant comme moi dire bingo aussi rapidement

Et si fallait quitter le navire parce que ce serait l’heure, j’aurai resté poli en disant « Salut les Copains » sans perdre l’odeur du coin d’herbe qui m’a toujours été le plus vers.

COUVENT DES RECOLLETS

Salle du Prieuré – 21 Février au 5 Mars 2022

Niala- Loisobleu – 12 Janvier 2022