La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Tableau qui servira pour l’affiche de l’exposition
« NIALA RECOLLETS 2022 »
NIALA 2022
ACRYLIQUE S/TOILE 65X54
Oyez, oyez, il est né mon dernier enfant
tout est dedans !
Tel mon jardin, où pousse la Femme Anémone, où laboure le cheval, où l’oiseau grimpe, où l’abeille garde, où le Bleu c’est le chien qui surveille le maussade pour le mordre, où la mer ne veut que l’enfant en bateau de papier, où les mots-peints s’allient à la poésie, où les petites-maisons blanches abritent l’humanisme
J’ai une chaise qui m’assoie en Elle. Comme ça mais pas n’importe où. Drainant avec elle des fenêtres sur l’infini. Pas n’importe lesquelles. Celles que le Grand Fauve a si largement ouvertes qu’elles déglinguent le sombre du présent des années après
Matisse, cette force de la nature à lui tout seul
Ils sont là tous les deux avec un commun en parabole qui pulvérise d’A à Z la prétention actuelle
Plus que presque 1 mois et les Récollets lèveront leur drapeau, pour moi sans doute la 38ème fois dernière
Sacré bout de chemin, mon Cousin
Dire ce que ça m’habite le ventre, dans le coin où l’émotion loge c’est pas possible. Mais le taire c’est pareillement impossible. C’est tellement physique d’accrocher à ce stade…
Je peins celui-là qui sera l’affiche de cette Expo 2022. Depuis plusieurs jours et pas fini
Je ne traîne pas mais à voir comme ça macère, je dois reconnaître que c’est nouveau en bavardage interne
Les tripes dans la main gauche, les tripes dans le regard en arrière, les tripes dans le transport sensuel, parce que l’érection part de la palette jusqu’à gicler sur la toile, les tripes qui regardent le bout du couloir où planent des corbeaux qui prendraient bien leur part. MAIS seulement arrêter les Récollets par conformité d’âge ça n’a rien d’un adieu pour l’atelier. Le Capitaine peut pas partir sans le bateau
Alors avec l’anémone et tout son bleu symbole ô hisse et ô
L’émotion finit par prendre le dessus avec bonheur sur les plus grands malheurs que la vie largue sans se priver.
J’étais solitaire chaque jour un peu plus. J’aimais me taire Je doutais de qui j’étais chaque jour un peu plus. Je guettais Sur les visages de mon âge la tristesse, ses sillons, La certitude aussi de la défaite intime. Nous traînions
Chacun le deuil d’un amour sans cadavre dans un sac trop lourd Les manigances de l’amour et la gifle de la hautaine Nos âmes fêlées par un simple mot comme des porcelaines Et ce qu’on n’ose pas crier à la hautaine dans les cours
L’abjecte société, l’un après l’autre, nous avait meurtris Bien des gens que j’aimais s’y sont, par ambition, laissés corrompre Ils sont perdus corps et biens comme vaisseaux dans l’opaque gris Ils suivaient comme au jeu, par orgueil : Ah, plutôt ramper que rompre!
Il me semblait pourtant savoir, et de mieux en mieux, où j’allais Je m’appliquais à travailler dans la mémoire de mon père Y cultivant ses idéaux perdus ainsi qu’en un jardin Pour que mon fils en fût encouragé à les transmettre au sien
Et quelque chose vive ainsi en aval de nous, s’il se peut Obscure foi qui me tenait! Qui j’étais ne sachant plus guère Comme un rêveur dans un grenier parlant tout seul, les jours qu’il pleut Ou bien aux anges dans un poulailler étrange dans la guerre
joue Tandis que l’âge crible la mienne drainant le derme
(et mince taie sur la pupille) La paume de la nuit en sueur scintille sur la nuit
Une meule d’étoiles se rentre à l’horizon urbain La lune fardée comme une Japonaise Approvisionne là l’immeuble de la nuit Les feux du stade bordent notre alcôve
Une demande précautionneuse
Cherche ta voix Que ta diction lente et courtoise exauce
Levé à ce bout d’âge atteint, l’enfant sort du sommeil d’un saut , la pelle laissant le râteau faire le tri des mauvaises pierres et du bon caillou
Par delà ces ruines qui n’ont pas ébranlées Carnac pas plus que les bisons et la main de Lascaux n’ont pus faire l’affaire du pillage des naufrageurs, l’innocence enfantine choisit de loger au bac à sable
Là ce qui s’écrie et se construit dans le sable se fonde sans balayage à la première vague
Ce qui a fait le genre à l’intérieur des culottes petit-bateau ne disparaît pas à la poussée du premier poil, tout reste assis sur la planche courbe
Oxygéné par la pureté de l’air qui équilibre la balance
Au point de tirer le soleil neuf du tiroir quand l’étable se couvre des miettes de coulures de cierges
Fleurs introuvables sur internet
Ignorance Valentin, déni du guru c’est au sein qu’ils s’élèvent
Ils savent lire et écrire sans besoin de cette scolarité du détournement.
Un instant comme tombé de la poche, une cigarette Un instant ou une herbe arrachée à l’eau Une césure dans la course, dans l’haleine Une mesure pour rien juste avant le sanglot Une blessure qui coupe en deux l’oreille de la plaine Pour y jeter un fleuve comme un filet d’eau Si tu parles, c’est sans importance Parle de la présence du corps et du repos
Dans l’épaule, un instant immobile dans l’épaule de la terre Arrêté entre les deux pages du livre, un instant Un regard sur la vie rassemblée, la vie entière Dans un étage le piano sous les doigts d’une enfant Le silence sur les toits, la musique Et juste en dessous des certitudes, cet instant Juste en dessous des paroles, des promesses, des habitudes Pour se reconnaître étranger à soi-même et fort un instant
Un instant sur le pont où c’est moi-même arqué entre les rives Et de partout l’appel qui gonfle, l’appel incertain Le bruit, le bruit de la rue, des chantiers, le bruit du sang Dans les artères le bruit, toujours le même bruit de la fatigue et de la peur, le bruit du sang
La vie ou quelque chose comme d’habitude Qui n’ose pas dire son nom. Peut-être l’amitié pour les hommes Un fruit volé sur un étal et rien de plus Un instant dans cette chambre où une femme se déshabille Lentement dans le silence protégé de ses rideaux
Redressant le bas du dos le peintre se met d’équerre avec le soleil et pousse le chariot en direction de la rue d’Angoulême la main ferme sur le fil à plomb
L’époque change si vite d’humeur qu’l faut pas tarder à répondre quand l’estuaire ouvre l’écluse
Et puis mis en humeur joyeuse par une pensée bleue par une maison de Mexico qui ne triche pas avec la lutte pour l’espoir, j’ai peint l’envie de faire l’amour qui en navette funicule mon sacré coeur
Le petit oiseau sur ma main chante à vague montante
Faute de faire ne m’est pas coutume, mes matins ont toujours eus pour règle sitôt le café bu d’ouvrir la boîte à outils
Ces derniers jours de crise bien que m’ayant monté le sucre m’ont semblé un tantinet amers, au point que ce matin en ouvrant la boîte de couleurs me suis dit qu’au train dans lequel on nous a fait monter ce pourrait bien être celui de la gare où on descend sans choisir
J’aime pas les bouteilles à moitié-vides comme les seins plats, ça m’outre-noir au point qu’il faut que je m’en soulage sans traîner
Quand la demande d’entrer au Couvent m’est parvenue, foi de Bébert, j’ai pas vu un mécréant comme moi dire bingo aussi rapidement
Et si fallait quitter le navire parce que ce serait l’heure, j’aurai resté poli en disant « Salut les Copains » sans perdre l’odeur du coin d’herbe qui m’a toujours été le plus vers.
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