FLORE EMOI VEILLONS


FLORE EMOI VEILLONS

D’une voie que la douleur transmet dans les derniers aboiements d’un chien écrasé, me vient le soubresaut de ce coin de rue qui souriait

A travers l’âcreté des fumées criminelles, cette foi que l’acide ne peut ronger dans ce qui reste de valide dans mon oeil, Flore l’arrose d’un tampon d’autres odeurs pour que je vois où introduire la fleur sans couronnes

Il faut bien décompresser la chenille pour sortir un papillon de la bouche du char

En se tournant face à demain on voit que rien ne pourra échapper au construire à neuf, le rafistolage ne sera plus insubmersible

je vous laisse les outils et le mode d’emploi du bâtiment.

Niala-Loisobleu – 2 Février 2022

Michèle Bernard


Michèle Bernard

« Ma fragile, ma fragile, ma copine »

Comment écrire simplement quelques mots sur Michèle Bernard, quand on l’aime autant, et qu’on la sait si fragile.
Quand on a reçu le choc consolateur parmi les forêts pluvieuses des jours, de ces « petits cailloux verts de la Durance », chanson élémentaire de tout le désarroi et de la tendresse du monde, on ose à peine parler de cette grande sœur si proche de nous.

Et puis la grande présence de son absence, les quelques nouvelles éparses jusqu’à la lumineuse invite « Quand vous me rendrez visite ». Auteur, compositeur, interprète et accordéoniste, Michèle Bernard est aussi comédienne. Chanteuse depuis 1978 elle a humblement tenté de remplir les nuits noires avec plein de monde.

Parfois le découragement aussi et ses longs silences (depuis 1992 !), et nous étions orphelins de ses douces révoltes de cette envie inconnue. Puis en mars 1997, au café de la Danse, un nouveau spectacle soutenu par Anne Sylvestre est venu comme une pluie heureuse nous rappeler l’étrange douceur, l’étrange réalité de sa voix d’absinthe.
Maintenant l’on sait qu’il existe une boule de tendresse et de houle nommée Michèle Bernard. Son écriture est comme elle pugnace et profonde.
 » Dans une année, je n’écris peut-être que quelques semaines. Mais j’y pense tous les jours. Comme un hamster, je stocke ce qui m’émeut. Je note tout sur un carnet et, au moment d’écrire, toutes ces impressions, toutes ces anecdotes ressurgissent. « 
Belles sont les provisions de Michèle.

Funambule entre le léger et le grave, entre le réaliste et le rêve fou, Michèle Bernard nous revient de façon inespérée, plus belle encore que dans nos souvenirs. Avec son accordéon, ses mots gris-gris elle « revient de si loin derrière son visage », dans le sang de ses mots et toute l’angoisse de l’avoir perdue s’évapore.
Quand « il devient trop étroit de vivre » il faut écouter Michèle Bernard. Drapeau qui bat et qui claque encore au vent des espérances. Mots de rage, mots de velours Michèle trace avec son accordéon un chemin d’humanité.

 » Rien qu’une chanson qui t’fait du bien/Mais tout entière, couplet refrain… « 

Michèle Bernard chante encore et la fête viendra. Elle et son piano du pauvre, son accordéon comme une offense au goût des riches, elle semble cette chanteuse populaire qui chantait dans nos cours. Et quelque monnaie tombait parfois de fenêtres vite refermées.
Bien sûr elle sait encore le goût aigre du monde décalé, où tout se déglingue lentement, où l’on rate son train, où l’amour est en retard. Mais même si chacun est dans son désert, Michèle Bernard par la beauté de ses chansons (des « rêves réverbères »!) apporte de l’espoir à la volée, de la rosée sur les trous de la terre.

Elle a pour voisins de palier tous les opprimés de la Terre, surtout sa chère Louise Michel celle qui est L’oiseau noir du champ fauve. Elle chante les chansons que Louise n’a pas eu le temps de nous dire, fauchée non pas par la mitraille, mais par le bagne infâme de la Nouvelle-Calédonie, et par la maladie enfin à Paris.
 » Dans une époque désemparée et désenchantée, j’ai eu envie de réécouter la petite musique de ce personnage austère et fascinant qui a « jeté son cœur à la Révolution » alors qu’elle se rêvait poète et musicienne. »

La vierge rouge reprenait ses airs grâce à un tout petit bout de femme, qui est mille barricades contre la bêtise à elle seule. Quand Michèle Bernard s’avance sur scène c’est toutes les femmes libres et combattantes qui l’accompagnent. Tous les visages anonymes, ceux des petites vies des ouvriers sont sous ses fenêtres. Elle les aime et elle les chante avec sa tendresse solidaire, son ironie douce. Du haut de ses trois pommes qui font sa taille elle porte loin très loin. Son visage d’enfant soit en colère et rage, soit entre tendresse et larmes est illumination.

Elle a « au cœur une plaie ouverte », et demeure pourtant une messagère d’utopie et d’espérance.
Petit bout de femme obstinée, ouvrière des mots quotidiens, elle est joie simple dans les clairs-obscurs. Elle est aussi la voix de la colère qui monte des faubourgs du monde contre les nantis repus. Elle reprend haut et fort les cris de la  » Vierge rouge, la Bonne Louise »
Douce et sauvage, femme et lumière, voilà plus de vingt ans que Michèle Bernard a le dur désir de durer. Sa voix vibrante s’appuie sur la poésie des rues et des brins d’herbe, des amis trop lointains et des douleurs trop proches.

Michèle Bernard croit à la puissance de la vie, à la fraternité des rencontres. Ces mots si justes, tendres ou amers frappent en plein cœur en donnant du sens à nos journées. Le « Temps des cerises » reviendra avant le dernier soupir de ton accordéon. Tes amis tous les opprimés le chantonnent derrière toi. Ils nous disent de nous rappeler ce temps si proche où tant n’étaient que « chair à pavé, chair à travail, chair à patron, chair à trottoir, chair à prison, chair à scalpel pour les savants, chair à fusils pour tous les va-t-en-guerre. »

Michèle Bernard s’est trouvé un territoire dans le chant et une tanière dans la géographie dans un petit village à une heure de Lyon, un village dans le parc du Pilât au sud de Lyon, Saint-Julien-Molin-Molette.
« En pleine campagne, c’est un village d’anciennes usines. Je vis dans une ancienne fabrique textile. Pour moi qui suis très sensible à la chanson populaire, au thème du travail ouvrier et des luttes, c’est un lieu qui m’inspire. J’y ai aménagé ma tanière. « 

Campée dans la fraternité elle revient nous le dire.
Te revoilà de retour, Michèle, ton absence a été lourde pour nous, mais voici enfin « l’enfant émerveillée, la vieille conteuse ridée, la femme amoureuse, la croqueuse cruelle »

Au coin de toutes nos rues, elle chante avec son accordéon, et toutes nos rues intérieures sont plus belles. Plus sereine, plus dans le vif de la vie :
« J’ai moins peur de la douceur et du silence. Je me sens moins comme un bazooka. »

On boit à sa tendresse, on boit à sa lucidité.

Et tout sera simplement comme dans cette autre vie, tu viendras.
« Ma fragile, ma fragile, ma copine ».

Gil Pressnitzer

Textes de Michèle Bernard

Les petits cailloux

Au fond de la Durance
y a des ptits cailloux verts
tach’tès de gris
à c’qu’on dit
on n’ en trouve que là-bas
de ces p’tits cailloux vert-là.

C’est tard les chiens vont s’endormir
pleins de grognements, de soupirs
après la chasse, après la fête
des rêves de chiens pleins la tête

Et mai je suis comme une pierre
au fond du lit ma rivière
ventre en l’air je n’sens plus mon corps
j’dérive avec les poissons morts

Tu m’as dit un jour
que le ventre de ta mère
sur son lit de mort
était lisse et doux
comme un ventre de petite fille

Offert a la mort
toute douleur effacée
et pourtant tu pleures
ce ventre que la mort seule
t’a permis de découvrir

J’peux pas dormir, ça tourbillonne
maint’nant j’ai peur du téléphone
corne de brume des mal-aimés
j’voudrais pas qu’tu t’mettes à sonner

J’suis cailloux au fond d’une rivière
qu’est pas notée dans l’annuaire
j ai fait vingt-mille lieues en silence
et les mots n’ont plus d’importance

Couchée sur une civière
je suis une vieille femme qui va mourir
deux hommes m’emmènent
indifférents derrière leur sourire

Ils me soulèvent
un peu au-dessus de la terre
balancement très doux
entre la mémoire et l’oubli

je pars pour une sieste infinie
Un voisin ronfle au-d’sus de ma tête
j’écoute monter la tempête
c’est un homme très distingué
qui m’salue pas dans l’escalier

J’imagine sa main posée
en signe de propriété
sur le sein d’une femme endormie
ça m’rend morose au fond d’mon lit

Oh j’aimerais bien
que tu me balances très fort
contre la vitrine
du magasin de porcelaine
ça f’rait chanter la sirène

J’f’rais un peu d’ remue-ménage
dans les listes de mariage
ménage et vaisselle brisés
j’aim’rais bien être un pavé
dans cette mare d’médiocrité

J’entends plus mon cœur c’est la fin
non c’est l’réveil qui marche pas bien
demain j’le porte a réparer
mais ’crois bien qu’son heure a sonné

J’vais m’endormir jusqu’à demain
mais c’soir prends-moi dans l’creux d’ta main

j ’suis un p’tit caillou vert de la Durance
et je pèse mon poids d’espérance

Quand vous me rendrez visite

Quand vous me rendrez visite
Oh, n’arrivez pas trop vite
De votre pays si loin
S’il vous plait, quoiqu’il arrive
Mon ami de l’autre rive
Surtout prévenez moi bien
Annoncez votre venue
Il faut que je m’habitue
A l’idée de vous revoir
C’est si bon de reconnaître
L’écriture sur la lettre
Que l’on vient de recevoir
C’est si doux de la relire
De la respirer, de rire
En tournant dans la maison
Et s’asseoir soudain plus calme
Pour approcher de la flamme
Ses ailes de papillon
Je regarde la fenêtre
Où vous allez apparaître
J’y cogne comme un oiseau
Un bruit de pas qui approchent
Et soudain contre la cloche
Vos trois coups comme un cadeau
Tout cela que j’imagine
C’est un ruisseau qui chemine
Dans le désordre du coeur
Permettez que j’en profite
Après tout ira si vite
Quand viendront le jour et l’heure
S’il voue plaît quoi qu’il arrive
Mon ami de l’autre rive
Surtout prévenez-moi bien
Non, n’arrivez pas trop vite
Quand vous me rendrez visite
De votre pays si loin

La fête viendra

Soufflez les bougies croquez les gâteaux
La fête est finie et dans son cratère
Un volcan s’endort et dit à bientôt
Je reviens dans quelques années-lumière
Dans le ciel s’en vont cochons et chevaux
Ils ont laissé là leur trop vieux manège
Partir avec eux chausser leurs sabots
Oublier le sang tombé sur la neige
Quand revient la guerre on entend des cris
Et le long des routes on les voit qui marchent
Hommes affamés, loin du paradis
Enfants aux pieds nus, fleurs que l’on arrache
Quel espoir viendra cocher au hasard
Le calendrier près de la fenêtre
Où l’on voit des lunes et des saints bizarres
Des prénoms d’enfants qui vont bientôt naître
Soufflez les bougies croquez les gâteaux
La fête est finie et dans son cratère
Un volcan s’endort et dit à bientôt
Je reviens dans quelques années-lumière

Rêves réverbères

Rêves rêves réverbères
Beaux enfants de la misère
Les lend’mains qui chantent
Ont pris des coups
Dans leur vieux binious
Rêves rêves réverbères
Beaux enfants de la galère
Mon lit cette nuit
Un vieux carton
Une bouche d’égout
J’vends d’la lumière à la criée
Criez criez
Criez pour moi
Y’a d’ia poussière dans vos idées
Vos idéaux placés si haut
Qu’vous n’osez plus me regarder
Clodi-clodo
Marchand d’journaux
Le Père Noël est un vendu
Fait plus d’cadeaux
Rêves rêves réverbères
Beaux enfants de la colère
Les lend’mains qui chantent
Ont avalé Leurs bell’s dents de loup
Rêves rêves réverbères
Beaux enfant de la fourrière
Les mômes à Poulbot
Sont toujours là
Qui grattent leur poux
Je vends d’l’espoir à la volée
Volez volez
Envolez vous
Petits homm’s en trop dans l’décor
Même dehors on nous dit « dehors »
Fausses notes au milieu du Bal
Clodi clodo
Marchand d’journaux
L’av’nir ça m’fait
Un drôle d’effet
Où j’vais aller?
Rêves rêves réverbères
Beaux enfants de la misère
Les mômes à Poulbot
Sont toujours là
Qui grattent leur poux
Rêves rêves réverbères
Beaux enfants de la galère
Mon lit cette nuit
Un vieux carton

Une bouche d’égout

Une fois qu’on s’est tout dit

Une fois qu’on s’est tout dit
Tout crié
Qu’on pleure assis au bord du lit
Tout miné, les yeux bouffis
Le nez bouché
Comme la trompette
De Chet
Baker
Le cœur
En miettes
Qu’est-ce qu’on fait ?
On s’jette ?
Non, on va boire un verre
A la santé
De l’amour qui s’était
Un instant
Absenté

Discographie

* Le nez en l’air (2006)
* L’oiseau noir du champ fauve (2004)
* Une fois qu’on s’est tout dit (2002)
* Ses premiers vinyls (2002)
* Voler…(1999)
* Quand vous me rendrez visite 1997
* Nomade (1997)
* Des nuits noires de monde (1992 )
* « Lala et le cirque du vent », (1993) avec Anne Sylvestre
* En Public (1988 )
* Bar du grand désir (1982)
* Paroles & Musique No 14 (1980)
* Le kiosque (1978)

Source: Esprits-Nomades

BROUILLARD D’EFFETS CONTRAIRES


BROUILLARD D’EFFETS CONTRAIRES

L’étable d’orientation rumine

la désinformation cirque cule

A la radio un français vivant à Moscou dit que la vie en Russie ne laisse pas apparaître de changement. Le problème posé par Poutine laisse d’après lui la nation indifférente. On vit comme si de rien n’était en Ukraine. Et lui il se trouve bien là-bas sans aucune envie de rentrer en France

Quelques minutes plus tard le même journaliste interroge un jeune ukrainien de 22 ans vivant à Paris

-Comment vous quittez la France, vous partez vous engagez pour vous battre sur place contre l’armée russe ?

-Oui, c’est mon devoir.

-Vous n’avez pas peur de mourir ?

-Non, j’ai seulement peur de voir mon pays perdre son indépendance…

Terrifiant brouillard dans lequel il me semble seulement voir clairement la détermination diabolique du tsar. Ce fou furieux est prêt au pire et à moins de le supprimer quelle chance reste-t-il d’éviter l’extermination totale. Les mesures prises par les opposants sont bonnes mais en dysfonctionnement avec sa manière cosaque mégalo de faire. Il ne voit pas clair, l’idée fixe de toujours soumettre à ses vues par le jeu d’une certaine réussite pouvant l’aveugler jusqu’à une forme suicidaire où il jouirait de l’idée d’avoir gagné…

La base aérienne de Cognac devenant le haut-lieu de développement du drone, je forme le souhait totalement fou qu’on y fabrique celui qui partira éliminer le danger pour l’humanité

Manière de pouvoir garder mon optimisme…

Niala-Loisobleu – 28 Février 2022

CHEMIN DES RIVETS


CHEMIN DES RIVETS

Au coude de l’étrier du fromage et de la poire

je tes cris à mon tour pour te faire voir le grand tétra sorti de la bruyère, magnifique dans son habit de lumière

il avance sans bruit, les oreilles bouchées un moment, pour voir du printemps l’image ressemblante, tu sais à l’herbe qui nous roule pour nous embrasser de ses menthes

la trompette aux morts en se taisant garde la tombe fermée sur le trou du grand vide

étrange éclairage qui montre la peau au travers de l’imprimé du tissu, genre rayon pas si X que ça dit la Curie dans sa réserve d’ô lourde

J’ai retapissé la chambre en bleu tout autour de ce qui se passe

dans les doigts juste un peint saut pour la pensée proche de ceux-là qui sont au mauvais endroit

le cheval a henni comme on opine pour sauver l’injustice

en m’aime tant que du requiem l’aria poussait le choeur à mettre sa voix dans l’urne

ce bateau monte à la vague unanime dans les chants de blé locaux, tu vois on ne sort pas du pain quand on se pétris l’ami un brun pour le protéger d’une belle croûte

le sang coule menstrueusement de la terre égorgée de sa liberté, phrygien je t’en file le mien

le ciel devient bleu et jaune en hurlant.

Niala-Loisobleu – 27 Février 2022

INTROMISSION


INTROMISSION

Au plus charnu de cette cage thoracique

sur le souffle personnel qui n’a pas signé d’allégeance

bien que soumis à

en partage avec la minuscule faune insecte

dans la recherche du papillon, un bleu d’abord puis le jaune

j’ajoute la libellule pour l’émotion qu’elle cause au porte-avion-nénuphar quand elle y repose

et dans tous les ateliers floraux les stations des sens de l’abeille

bien-sûr sans oublier l’oiseau de toutes les couleurs

sinon il manquerait la portée des arbres

pour introduire aux abris la provision de sauvegarde

qui permettra de tenir le siège de l’invasion guerrière de l’agitateur de désamour.

Niala-Loisobleu – 26 Février 2022

GUERRE PAR ANDRE BRETON


GUERRE PAR ANDRE BRETON

Je regarde la
Bête pendant qu’elle se lèche

Pour mieux se confondre avec tout ce qui l’entoure

Ses yeux couleur de houle

A
Pimproviste sont la mare tirant à elle le linge sale

les détritus
Celle qui arrête toujours l’homme
La mare avec sa petite place de l’Opéra dans le

ventre

Car la phosphorescence est la clé des yeux de la
Bête

Qui se lèche

Et sa langue

Dardée on ne sait à l’avance jamais vers où

Est un carrefour de fournaises

D’en dessous je contemple son palais

Fait de lampes dans des sacs

Et sous la voûte bleu de roi

D’arceaux dédorés en perspective l’un dans l’autre

Pendant que court le souffle fait de la généralisation à l’infini de celui de ces misérables le torse nu qui se produisent sur la place publique avalant des torches à
pétrole dans une aigre pluie de sous

Les pustules de la
Bête resplendissent de ces hécatombes de jeunes gens dont se gorge le
Nombre
Les flancs protégés par les miroitantes écailles que

sont les armées
Bombées dont chacune tourne à la perfection sur sa

charnière
Bien qu’elles dépendent les unes des autres non

moins que les coqs qui s’insultent à l’aurore de

fumier à fumier
On touche au défaut de la conscience pourtant

certains persistent à soutenir que le jour va

naître
La porte j’ai voulu dire la
Bête se lèche sous l’aile
Et l’on voit est-ce de rire se convulser des filous au

fond d’une taverne
Ce mirage dont on avait fait la bonté se raisonne
C’est un gisement de mercure
Cela pourrait bien se laper d’un seul coup
J’ai cru que la
Bête se tournait vers moi j’ai revu

la saleté de l’éclair
Qu’elle est blanche dans ses membranes dans le

délié de ses bois de bouleaux où s’organise le

guet
Dans les cordages de ses vaisseaux a la proue desquels

plonge une femme que les fatigues de l’amour ont

parée d’un loup vert
Fausse alerte la
Bête garde ses griffes en couronne

érectile autour des seins
J’essaie de ne pas trop chanceler quand elle bouge

la queue
Qui est à la fois le carrosse biseauté et le coup de

fouet
Dans l’odeur suffocante de cicindèle

De sa litière souillée de sang noir et d’or vers la lune elle aiguise une de ses cornes à l’arbre enthousiaste du grief

En se lovant avec des langueurs effrayantes

Flattée

La
Bête se lèche le sexe je n’ai rien dit.

André Breton

ILLUSTRATION VERITABLE DE MA PENSEE


ILLUSTRATION VERITABLE DE MA PENSEE

En premier lieu je la positionne en genre Féminin

eu égard à sa faculté exclusive de reproduction

Âme jaune solaire en coque bleue

elle dense

poitrine des deux sphères

en alpage

Ne cherchant pas pour l’avoir plus verte au milieu d’une sécheresse indépendante de mes choix

Ce qui fait que toute ressemblance avec une idée changeante serait une erreur existante.

Niala-Loisobleu – 24 Février 2022

Maria – Jean Ferrat


Maria – Jean Ferrat

Maria avait deux enfants, deux garçons dont elle était fière
Et c’était bien la même chair, et c’était bien le même sang

Ils grandirent sur cette terre, près de la Méditerrannée
Ils grandirent dans la lumière, entre l’olive et l’oranger
C’est presque au jour de leurs vingt ans qu’éclata la guerre civile
On vit l’Espagne rouge de sang crier dans un monde immobile

Les deux garçons de Maria n’étaient pas dans le même camp
N’étaient pas du même combat, l’un était rouge, et l’autre blanc
Qui des deux tira le premier, le jour où les fusils parlèrent
Et lequel des deux s’est tué sur le corps tout chaud de son frère ?

On ne sait pas. Tout ce qu’on sait, c’est qu’on les retrouva ensemble
Le blanc et le rouge mêlés à même les pierres et la cendre
Si vous lui parlez de la guerre, si vous lui dites liberté
Elle vous montrera la pierre où ses enfants sont enterrés

Maria avait deux enfants, deux garçons dont elle était fière
Et c’était bien la même chair, et c’était bien le même sang.

AUTAN EN EN PORTE


AUTAN EN EN PORTE

Sur la grande table blanche la goutte de sang déborde

le poumon des arbres crève au milieu de la route d’une indépendance

Par le trou d’un pore l’Atlantide avait sombrée

dans la main du tsar l’abus de pouvoir mobilise sa dictature

les maux en sortant de la marge ouvrent sur le chapitre de l’inconscience des lendemains

L’amas zonie jusqu’où débordera son souffle court ?

Niala-Loisobleu – 22 Février 2022