UN JOUR MAIN TENANT


UN JOUR MAIN TENANT

du raisin à la jarre je laisserai ma main égrener les cailloux de mon vélo pour refaire le chemin à la source de son rêve sans besoin d’en attendre autre chose

les rues sont des pigeons qui vont d’une fenêtre à l’autre en se tordant comme un accordéon dans les méandres sous les ponts d’un bout à l’autre de la scène. Terre entre mes doigts façonnables tournée par mon imaginaire pédestre à l’amble du cheval. A la santé de la mer…

Niala-Loisobleu – 22 Août 2022

Hindi Zahra – Un Jour

Un jour de pluie, un jour de doute
Je vous ai trouvé sur ma route
Un amour far un amour doux
Un amour plus grand que le jour

J’ai vu vos boucles noires danser
Sous le vent du printemps chantaient
Des oiseaux du haut de leurs ailes
J’ai vu dans vos yeux l’éternel

La promesse écrite de vos mains
Disait l’avenir incertain
Se plie au désirs des plus fous
À ceux qui valent plus que tout

Vous l’étranger, vous l’inconnu
Vous avez laissé sous ma plume
Des mots amères, des mots perdus
Des mots d’une tristesse absolue

Vous l’étranger, vous l’inconnu
Vous avez laissé sous ma plume
Des mots amères, des mots perdus
Des mots d’une tristesse absolue

Nous avons marché sous les ponts
Nous avons dansé notre amour
Cueillis les fleurs de cette saison
À jamais j’aurais vu le jour

Nous sommes le fruit de ces moments
De cette lumière et de ces instants
Un regard doux venant de vous
À mis mon cœur à genoux

Ce jour là je vous ai vu venir
Portant en vous le souvenir
Le souffle venait à me manquer
Votre sourire à ma portée

À vos lettres défendues
Je vous ai connu
Je vous ai connu

Vous l’étranger, vous l’inconnu
Vous avez laissé sous ma plume
Des mots amères, des mots perdus
Des mots d’une tristesse absolue

Vous l’étranger, vous l’inconnu
Vous avez laissé sous ma plume
Des mots amères, des mots perdus
Des mots d’une tristesse absolue

À vos lettres défendues
Je vous ai connu
Je vous ai connu

Et le temps passe
Et le temps passe
Et le passe hélas

Et le temps passe
Et le temps passe
Et le passe hélas

Et le temps passe
Et le temps passe

Source : Musixmatch

Paroliers : Zahra Hindi

RETOUR DE VAGUE


EDOUARD MUNCH

RETOUR DE VAGUE

Sel affleurant ton maillot mouillé je couds un à un les jours où nous v’écumes d’une même sueur. Celle que la canicule ne connaît ni des yeux ni des lèvres. Dans l’anse où s’est tenu le navire, la transparence de l’eau habille mieux qu’une pièce de maillot bi qui nie. Raconterai-je les mots de l’ancre, que ma plume couverte de poils finit par bleuir ?

Debout sur la souche de bois flotté, le père du Cri, pond des remous qui portent à l’orgasme du surf de la haute-vague

Dans l’embouchure du jardin flottant mon genou actionne la rame sur l’Inlé

Plus verte qu’une rizière tu t’étages en terrasse à l’avance du buffle. La joie des enfants colore le tissu de toute la colline d’un parfum vif de jasmin. En demeurant fermés sur le pont mes yeux traversent plus loin que tu n’osais croire à l’existence d’une rive. C’est magique ce que tes pores peuvent offrir au transit poétique. C’est l’éléphant qui déplace le bois mort.

Niala-Loisobleu.

22 Août 2022

Je me pousse


Je me pousse

En absence de vert le commerce de tondeuse se reconvertit, redonnant au poil un débouché qu’il n’espérait plus. Je me pousse au devant pour donner mon appui à la baisse du niveau des eaux d’où monte une mégalithe beauté. À tout perdre si la nature remonte au point de départ il y aurait à gagner.

De quoi faire floral le point de départ de la naissance du monde

Jardin utile dans un paradis de couleurs aux fragrances seyantes

Le chevalet s’est rangé dans l’ouverture sur La Chaume pour laisser l’air entrer dans la toile. La poésie est sur toi le dessous de soie se laissant voir au travers de dentelles éloquentes

Niala-Loisobleu – 22 Août 2022

AUX PERCEES DES NUITS


AUX PERCEES DES NUITS

Liaison continue avec l’île , ce point que les cartes méconnaissent où je me rends, voile levé sur les cornes de brume, en suivant la trace que mon coeur a incisé dans les pierres à la base du courant. De temps à autre un remora posté au carrefour montre le chemin à suivre. Toujours à la verticale d’une nuit de noces, il marie la veille au lendemain dans un épisode pris au passage des stimuli du courant marin. Comme si dans le paradoxe du rail d’Ouessant il y avait une voie secondaire pour la navigation à rames. Le phare de soleil à la pointe du corail en germe rougeoie l’amadou qu’il garde en longue mèche près des allumettes d’une inspiration laissée libre de son choix. Les mots ne remplaceront jamais le long silence des cris.. Comme le citron joint à la menthe du mojito a le pas de la rumba comme un vrai va-et-vient du ventre du couple d’amants greffé à la liane balance de son élan.

Niala-Loisobleu.

22 Août 2022

Mise à Jour


Mise à Jour

Cas fait frais et tranches de 4 1/4 , un rien de pluie nettoie le regard

Sur le chemin du retour, la criée attend les pêcheurs.

Niala-Loisobleu – 22 Août 2022

DERRIERE LE TINTEMENT DES CLOCHES


Katarina Vavrova

DERRIERE LE TINTEMENT DES CLOCHES

Au virage qui suit

des broussailles d’où sort la dernière syllabe, un tressaillement d’ailes inidentifiable disparaît sans avoir rempli le registre, la ligne qui borde le ru s’assèche au coeur du tartre . La maison du garde forestier pourrait être mise en location. Ces ouragans couchent tôt les arbres, en emportant les traces qui permettaient aux chiens de relever la fréquence du passage sauvage. Les hauts-bois se sont tus, l’âme de la nature s’est mise en arrêt médical. Il y aurait une troupe de louveteaux qui pourrait venir bivouaquer dans un centre de sinistrés juste le temps d’un atelier de noeuds marins. Dans les écoles les services techniques municipaux réapprovisionnent les toilettes des écoles en papier H. On verra bien combien de temps le masque attendra que le nouveau variant se fasse connaître et que l’abandon de tout geste barrière charge les insoumis de s’indigner.

Niala- Loisobleu -21 Août 2022

UN ASTRE PAR ANTONIO RAMOS ROSA


128317034
Antonio Ramos Rosa

UN ASTRE

PAR

ANTONIO RAMOS ROSA

Entends la mémoire du sang qui s’éteint, la longue

incohérence de la parole. Entends la terre taciturne.

Tout est furtif, les ombres inaccueillantes. Nul jardin

de secrets. Nulle patrie entre les herbes et le sable.

Mais où donc jaillissent l’ombre et la clarté ?

Voici les coteaux de la terre aride et noire. Qui

reconnaît l’équilibre des évidences sereines ?

Ces mots ont une odeur de portes souterraines.

Comment dominer la démesure de l’absence et le vertige ?

Comment rassembler l’obscur dans l’évidence des mots ?

Ecoute, écoute la longue incohérence de la terre

et de la parole. Tout au long de la distance

murmure la monotone perfection d’une mer.

Par oublieuse pudeur un astre se fait velours

d’un bleu profond dans la corolle du silence.

Traduit du portugais par Michel Chandeigne

in, « Anthologie de la poésie portugaise contemporaine,1935 – 2000 »

Editions Gallimard (Poésie), 2003

António Ramos Rosa | [Il y a une terre qui halète dans la gorge]


NIALA


António Ramos Rosa | [Il y a une terre qui halète dans la gorge]





[HÁ UM OFEGAR DE TERRA NA GARGANTA]



Há um ofegar de terra na garganta,
há um feixe de ervas que perfuma a casa.
O ar é solidez, o caminho é de pedra.
Procuro a água funda e negra de bandeiras.

Encho a cabeça de terra, quero respirar mais alto,
quero ser o pó de pedra, o poço esverdeado,
o tempo é o de um jardim
em que a criança encontra as formigas vermelhas.

Vou até ao fim do muro buscar um nome escuro:
é o da noite próxima, é o meu próprio nome?



António Ramos Rosa, Ciclo do Cavalo, Limiar, Colecção Os Olhos e a Memória, Porto, 1975, pág. 36.






[IL Y A UNE TERRE QUI HALÈTE DANS LA GORGE]



Il y a une terre qui halète dans la gorge,
il y a un bouquet qui embaume la maison.
L’air est solide, le chemin pierreux.
Je cherche l’eau profonde et pavoisée de noir.

J’emplis de terre le crâne, je veux respirer plus haut,
je veux être la poussière de la pierre, le puits verdi de mousse ;
le temps est celui d’un jardin
où l’enfant rencontre les fourmis rouges.

Je vais jusqu’à la fin du mur chercher un nom obscur :
est-ce celui de la nuit proche, est-ce le mien ?



António Ramos Rosa, Le Cycle du cheval suivi de Accords, Éditions Gallimard, Collection Poésie, 1998, page 43. Traduction du portugais par Michel Chandeigne. Préface de Robert Bréchon.

Relativité


Relativité

Durant des années ce qu’un seul pinceau a pu couvrir m’interpelle face au néant de moins d’une nuit d’un seul d’entre eux…

Niala-Loisobleu – 21 Août 2022

SUR L’ESPACE DE L’HERBE


SUR L’ESPACE DE L’HERBE

Pots d’émail en bande sur les tables se sont vidés

la tournée en renversant ses rires grêle à qui mieux-mieux la vendange à portée

Y aura-t-il un coup de cidre ?

Le silence des claies fait semblant de répondre

Et pourtant dans ma provision ce matin j’ai rempli ma boîte de peinture

à part ceux qui ne savent rien de moi – les plus nombreux – approcher l’immaturité pour expliquer collerait à l’inconséquence de tout

seuls les enfants vieillissent hors d’âge comme la beauté est hors de portée du dérèglement quel qu’il soit

Je trouverai le moyen d’empiler mon travail comme on s’en fait une digue

Trop pugnace pour céder à la déchéance du tout pour le profit.

Niala-Loisobleu.

20 Août 2022