LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 26


LES BAVARDAGES D’UN PEU CAUSEUX 26

J’ai une chaise qui m’assoie en Elle. Comme ça mais pas n’importe où. Drainant avec elle des fenêtres sur l’infini. Pas n’importe lesquelles. Celles que le Grand Fauve a si largement ouvertes qu’elles déglinguent le sombre du présent des années après

Matisse, cette force de la nature à lui tout seul

Ils sont là tous les deux avec un commun en parabole qui pulvérise d’A à Z la prétention actuelle

Plus que presque 1 mois et les Récollets lèveront leur drapeau, pour moi sans doute la 38ème fois dernière

Sacré bout de chemin, mon Cousin

Dire ce que ça m’habite le ventre, dans le coin où l’émotion loge c’est pas possible. Mais le taire c’est pareillement impossible. C’est tellement physique d’accrocher à ce stade…

Je peins celui-là qui sera l’affiche de cette Expo 2022. Depuis plusieurs jours et pas fini

Je ne traîne pas mais à voir comme ça macère, je dois reconnaître que c’est nouveau en bavardage interne

Les tripes dans la main gauche, les tripes dans le regard en arrière, les tripes dans le transport sensuel, parce que l’érection part de la palette jusqu’à gicler sur la toile, les tripes qui regardent le bout du couloir où planent des corbeaux qui prendraient bien leur part. MAIS seulement arrêter les Récollets par conformité d’âge ça n’a rien d’un adieu pour l’atelier. Le Capitaine peut pas partir sans le bateau

Alors avec l’anémone et tout son bleu symbole ô hisse et ô

L’émotion finit par prendre le dessus avec bonheur sur les plus grands malheurs que la vie largue sans se priver.

Niala-Loisobleu – 19 Janvier 2022

PIECE D’APPUI


PIECE D’APPUI

L’argument en tant que pièce d’achoppement bute sur l’obstacle du manque de fondement

On fait en paroles ce qu’en acte on apprend à méconnaître

L’usage à des fins personnelles fondant dans le sens de ce qui tient la route pour personne, le feu reste au rouge, rien ne passe au vers.

Niala-Loisobleu – 19 Janvier 2022

L’AVEU DANS L’OBSCURITE PAR PHILIPPE JACCOTTET


L’AVEU DANS L’OBSCURITE PAR PHILIPPE JACCOTTET

Les mouvements et les travaux du jour cachent le

jour.
Que cette nuit s’approche et dévoile donc nos visages.
Une porte a peut-être été poussée en ces parages, une étendue offerte en silence à notre séjour.

Parle, amour, maintenant.
Parle, qui n’avais plus

parlé depuis des ans d’inattention ou d’insolence.
Emprunte à la légère obscurité sa patience et dis ceci, telle une haleine dans les peupliers :

«
Une douceur ardente en ce lieu me fut accordée, nul ne m’en disjoindra qu’il ne m’arrache aussi la

main, je n’ai pas d’autre guide qui me guide en ce chemin, sa fraîcheur et ses feux brillent tour à tour sur les

haies… »

Mais que reste caché ce qui fait notre compagnie, amour : c’est le plus sombre de la nuit qui est clarté, innommable est la source de nos gestes entêtés, au plus bas de la
terre est le vol ombreux de nos vies.

Dis encor, seulement : «
Cire brûlant sous d’autres

cires, conduis-moi, je te prie, vers cette vitre à l’horizon, pousse avec moi cette légère et coupante cloison, vois comme nous passons sans peiner dans l’obscur

empire… »

Puis rends grâce brûlante à la voisine de la nuit.

Philippe Jaccottet