D’AUTOMNE


D’AUTOMNE

Promenade de terre ouverte par les grandes herbes que rien ne couche

faudra-t-il, comme tu dis, déplacer le lavoir de la gémellité de rivière pour tourner l’an fort

Non je vais pas me demander

combien à côté de leurs pompes s’inscrivent dans le club de gymnastique de l’égo

je suivrais les oies sauvages dans leur formation en escadrille

Et surtout la mouvance de tes formes naturelles quand tu laboures la phrase creuse pour la séparer de l’école

je me souviens, je me rappelle

moinillon quand mon père me montrait la manière de bien bander en humain

Geste ample que le ventre porte à la main du semeur quand il a la tripe et la moelle en sac

Feuille qui vole, nudité qui révèle

Novembre comme dit la ceinte Catherine c’est le mois de planter

En couple à l’araire ça entre tien émoi au fourré le mendiant, figue et fruit sec en coque

l’écureuil comme les feuilles couleur de feu.

Niala-Loisobleu – 30 Octobre 2021

JE ME SOUVIENS, JE ME RAPPELLE – DANIEL DARC


JE ME SOUVIENS, JE ME RAPPELLE

DANIEL DARC

Je me souviens je me rappelle
C’est en ces lieux chèrs à mon cœur
Le jour baissait j’étais près d’elle
Je me foutais bien du malheur

Dissimule dans le silence
Tes sentiments des espérances
Qui montent et plongent sans bruit
Etoile brillant dans la nuit

Je me souviens je me rappelle
Très doucement jouait le vent
Alors elle me semblait si belle
Alors moi j’avais tout le temps

Dissimule dans le silence
Tes sentiments des espérances
Qui montent et plongent sans bruit
Etoile brillant dans la nuit

Je me souviens je me rappelle
Une croix trop lourde pour moi
Un bois qui pèse et m’écartèle
Et pourtant comme j’aimais cette croix

Dissimule dans le silence
Tes sentiments des espérances
Qui montent et plongent sans bruit
Etoile brillant dans la nuit

Je me souviens je me rappelle
C’est en ces lieux chèrs à mon cœur
Le jour baissait j’étais près d’elle
Je me foutais bien du malheur

Je me souviens je me rappelle
Très doucement le vent jouait
Alors elle me semblait si belle
Et moi le temps je l’avais, oui
Je me souviens je me rappelle
Une croix trop lourde pour moi
Un bois qui pèse et m’écartèle
Et pourtant je l’aimais cette croix
Je me souviens je me rappelle
Je Dissimule dans le silence
Mes sentiments mes espérances
Qui montent et plongent sans bruit
Etoile brillant dans la nuit

Etoile brillant encore dans la nuit
Dans la nuit et puis…

EQUIN SI SOIT-ÎLE


EQUIN SI SOIT-ÎLE

Par la trouée du harnais le rein pousse les lèvres dans l’alignement d’Art Gilles

l’envolée lance un cri de mouettes à l’infini

appuyé contre la grosse pierre ton regard franchit l’agrafe du soutif pour respirer sa prise de conscience

le persistant tient sa feuille à jour, l’autre le caduque sans remet à l’automne pour la lessive, une boule de bleu au chaudron

Dans le rayon du sacré je ne me suis pas trompé d’aube, l’ostensoir solaire laissé sur l’ô tel accompagné des enfants que l’aigle du sermon épargné n’a pas fait fuir

A qui la faute ?

Je garde enclos la réunion de tes seins dans mes mains plutôt que l’intermittent frappement d’un spectacle sur ma poitrine flagellée

Quand Vierge je t’ouvre du Je Nous je ne déflore rien de ta beauté

Ma prière mécréante n’a ni les pieds du bouc satanique, ni les cornes du cocu, elle pénètre en toi sans faire la roue de celui qui a la plus longue

Ses défauts sont humains au point de l’auréoler de brun ocre

Hue oui da Ma…

Niala-Loisobleu – 30 Octobre 2021

NE PLUS DEVOYER L’Ô


NE PLUS DEVOYER L’Ô

Quitter le taire sec du non-dit , cet espace de non-reconnaissance par refus volontaire du paysage

A grimer la côte pour en repousser l’accostage la pieuvre tient les méduses sur la plage claire

Au centre du patio la fontaine chante, pourquoi vouloir couper ses branches du sauvage ?

Un temps nettoie l’encrassé du mal-fondé

Le pont est lancé

Pas de honte à reconnaître ses erreurs, l’automne assainit l’épendage

Reste du vers dans la cressonnière au rivet de la carlingue

Et nue aux pieds du chien tu tiens l’anémone debout.

Niala-Loisobleu – 30 Octobre 2021