EN BAS DE FEUILLE


EN BAS DE FEUILLE

La fenêtre allume de son tableau le jour d’une grisaille

ombre dessous

la nervure des feuilles vient chercher un fond de peau

laissant au passage du bleu sur ce qui meubla la parole de longues veillées

La mer tourne autour

.

Niala-Loisobleu

15 Novembre 2021

L’ENTAME


L’ENTAME

Coin de rue qui soulève au-dessus du genou l’écartement de jambes si grand que l’horizon dépassé montre le bout encore non vu

Les couleurs sont d’origine et à la même heur au poignet le quai vient se ranger à l’affichage d’un autre départ

Ce Pont-Neuf je l’aurais toujours préféré à dans la traversée à pied (en reconnaissant que sans pigeon à l’arrivée il y aurait eu un lézard dans le triporteur.) On ne peut supprimer les difficultés de la langue-française. Les pochettes-surprise ne sauraient pas ne pas mentir. Pourtant à première vue c’est toujours pour toujours que la vie engage la durée

en ajoutant « SUIVANT LE CAS »dans l’alinéa en toutes peites lettres

L’étendue des variantes est illimitée

Me reste le même attachement au fond qui fait la base du bâtiment. Le concept de vitesse n’ayant aucun intérêt, profiler la coque pour gagner je m’en fous. Je choisis le battement du coeur au lieu de celui des jambes, c’est plus vrai

Tenir la tige entre ses doigts sans l’avoir coupée ouvre un autre ressenti que celui du débottage de bouquet pour mise la mise en vase. T’aimer sur la table entre les repas ou pendant est de l’art d’aimer sans priorité laissée à l’ornementation

Les règles de soumission privent de l’extrême approche du sens initial

Je resterai primitif avant tout

La civilisation rabote la moindre cellule qui pointe du ventre. On voit comme ça tourne mal pour la morale. Le principe et son usine à tabous interdit jusqu’à l’herbe pour marcher, n’hésitant pas à ficeler le tabernacle en parlant de bien-être

Dans une humidité qui développe ses méfaits ne voit-on pas que la sécheresse est la cause ?

Au bout de mes pinceaux , l’idée-même d’une soie de porc qui s’élève dans le lisier est incompatible avec l’enfant que je suis en train de mettre au monde

. Il lui faut le jeu de la martre pour ne pas l’isoler du rayon vers.

Niala-Loisobleu – 14 Novembre 2021

« MURMURES DES VOÛTES » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/VERRE 60X80


« MURMURES DES VOÛTES »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/VERRE 60X80

Les arbres dégagent le prépuce du chapiteau au sommet de leur colonne

Roman pur lancé en chemins à St-Jacques

Sans fausse-chasteté

A son faîte, l’amour dresse la tête d’un cri sculpté

L’automne lave la clairière céleste pour l’à-venir

Déployant la voûte vaginale

En cassant le monologue au pic araire du laboureur

Vole la chevelure feuillue où caché, le serpent proxénète le fruit de son trottoir harangueur

La puissance novatrice du rêve secoue les nuits paresseuses

Du bouclier de lyre

la main pense s’arquer contre l’orage destructeur

L’espoir du sillon ouvre les lèvres aux demains qui chantent.

Niala-Loisobleu

9 Novembre 2021

SE DEVOIR TENIR CHAUD AUX DOIGTS


SE DEVOIR TENIR CHAUD AUX DOIGTS

Jeter la mitaine d’un sentiment sorti de saison

l’automne est un gant enveloppant

pour la main

gauche de surcroît

Du coeur d’où elle tire le pigment

rien ne gèle

La paume ne met pas de nid à l’index.

Niala-Loisobleu – 8 Novembre 2021

LA BOÎTE A L’ÊTRE 46


LA BOÎTE A L’ÊTRE 46

L’oiseau est posé sur la veine du poignet de sa vie

cicatrisation ?

Le hachoir est sur le billot, il attend pas le Messie

Dans l’obscur installé, le jour doit lever son emprise de non-dits

Et il regarde en pesant la manière d’élucider la contradiction pour clarifier les circonvolutions comportementales d’une relation boiteuse

Facteur aggravé par le like ambigu

marquant certainement une possessivité exclusive à défaut de sentiment clair

Bon signe, le tableau lui, a tourné l’expression au contact du tain remis

Un enfant à la case départ marque la ligne de séparation entre ce qui flèche le bon sens et ce qui l’enlise

Tirer l’aile du moulin du marais sans sel ne peut avoir lieu en Mer Morte

Aux vignes qui ont apporté le vain, l’oiseau presse le raisin au nerf du cep.

Niala-Loisobleu – 5 Novembre 2021

LA FORME ET LE MÊME – ALAIN MINOD


LA FORME ET LE MÊME – ALAIN MINOD

Le 27-06-2014
Repris le 19-11-2020

LA FORME ET LE MÊME

Rien n’est vraiment le même sauf ce que l’on sème
Écrire est à l’art ce qu’aimer est au hasard
L’on retrouve le même aux accents d’un « je t’aime »
Et le poème a part au désir qui démarre

Contre trop de fumée on tend à fulminer
Face aux rideaux l’on peste – qu’est-ce qu’il en reste ?
Oui ! Le poids des années qui nous ont malmenés
On le prend – on le teste – on ne change sa veste !!

Il se rend en la forme quand on le transforme
Et la beauté des choses rencontre la rose
On découvre printemps par tous les mauvais temps

Tumulte de l’informe … Tu nous désinformes
Il est temps que s’impose Liberté – qu’on ose
Animer tant et tant avec le bel instant

Alain Minod

SERENADE A QUELQUES FAUSSAIRES


SÉRÉNADE A QUELQUES FAUSSAIRES

PAR

GEORGES RIBEMONT-DESSAIGNES

Sous les couronnes de fer et de zinc,

O constance mécanique et fureur des limites,

Si l’inutile fleur de liberté se sèche pour mourir.

Esclave des libérateurs automates,

Hélas meurt la dernière ressource

Et sur le cheval vert et fulgurant,

On ne verra plus passer l’os dressé vers le ciel

Avec ses lambeaux de charogne,

Les doux platanes et les descentes de lit des campagnes,

Les frais enfants de l’espoir,

Les confitures de vertu, les grandes chandelles de papier

Ont-ils connu les pas brûlants ?

Tout n’est-il que cendre dans la salle des pas perdus,

Le vent est-il pur,

La glace, la mort, le sable, le sang

Sont-ils les derniers souvenirs ?

Croque-morts de
Dieu, avez-vous épousseté le cercueil,

Avez-vous craché sur votre ventre avant d’aller au

combat?
Chacals des cimetières, avez-vous entre les dents l’odeur

des âmes
Et toi tonnerre noir de l’épouvante,
Claquement des côtes,
As-tu fait d’un seul coup éclater le cœur du lion et la

vessie du cochon?
La tâche est-elle vidée comme le tonneau du ciel ?

Assez, faux-bourreaux, police humide, faux scandales,

Vendeurs de bazars!

Vous avez roté d’avoir trop rongé vos ongles et votre

caisse
Et sur votre peau de luxe
Repousse la moisissure de l’univers
Et sur votre menton le poil des nonnes.
Comme la croix vos pieds ont pris racine dans la cendre
Mais dans la solitude où donc est votre satisfaction,
Confessés,

Faux-frères de ma jeunesse,
Ange de confection, plumes en solde ?
Une de vos larmes a coulé et la terre a pourri.
Grands commandeurs de l’avenir et futur repos des

vieilles filles
Bouquet de fleurs d’oranger de la postérité,
Vous n’étiez que les fesses ignobles de l’ordre
Comme les sergents-majors en sont les narines,
Mais on se trompe bien sur le compte de la terre
Je n’ai pas de cheveux sur la tête mais une corde à

violon
Pour donner et recevoir
La foudre de la dernière heure
On n’a pas su encore ce qu’est la réalité, on s’est trompé

sur le compte de la terre
Et sur le feu des hommes.

Il est un temps qui germe enfin dans le noir des ongles
Pleins de poudre et de sang.
De cervelles et d’entrailles,
Le meilleur temps des grandes pluies de cendres
Dont la meilleure arme sera encore de construire
L’ignoré de vos langues,
Cochons !

Georges Ribemeont-Dessaignes

JOURNAL D’UN VAGABOND QUI MONOLOGUE


Photo Niala – Asie du Sud-Est – Bali

JOURNAL D’UN VAGABOND QUI MONOLOGUE

JOURNAL INTIME D’UN VAGABOND  2

Le rendez-vous perpétuelJ’écris contre le vent majeur et n’en déplaise
A ceux-là qui ne sont que des voiles gonfléesPlus fort souffle ce vent et plus rouge est la braiseL’histoire et mon amour ont la même fouléeJ’écris contre le vent majeur et que m’importeCeux qui ne lisent pas dans la blondeur des blésLe pain futur et rient que pour moi toute porteNe soit que ton passage et tout ciel que tes yeuxQu’un tramway qui s’en va toujours un peu t’emporteContre le vent majeur par un temps nuageuxJ’écris comme je veux et tant pis pour les sourdsSi chanter leur parait mentir à mauvais jeuIl n’y a pas d’amour qui ne soit notre amourLa trace de tes pas m’explique le cheminC’est toi non le soleil qui fais pour moi le jourJe comprends le soleil au hâle de tes mainsLe soleil sans l’amour c’est la vie au hasardLe soleil sans l’amour c’est hier sans demainTu me quittes toujours dans ceux qui se séparentC’est toujours notre amour dans tous les yeux pleuréC’est toujours notre amour la rue où l’on s’égareC’est notre amour c’est toi quand la rue est barréeC’est toi quand le train part le coeur qui se déchireC’est toi le gant perdu pour le gant déparéC’est toi tous les pensers qui font l’homme pâlirC’est toi dans les mouchoirs agités longuementEt c’est toi qui t’en vas sur le pont des naviresToi les sanglots éteints toi les balbutiementsEt sur le seuil au soir les aveux sans parolesUn murmure échappé Des mots dits en dormantLe sourire surpris le rideau qui s’envole
Dans un préau d’école au loin l’écho des voixUn deux trois des enfants qui comptent qui s’y colleLa nuit le bruire des colombes sur le toitLa plainte des prisons la perle des plongeursTout ce qui fait chanter et se taire c’est toiEt c’est toi que je chante AVEC le vent majeur.

Louis Aragon
(Le Nouveau Crève-cœur)

Du bal costumé des étoiles éteintes viennent des bouffées de chaleurs aux moiteurs trop picales qui rancissent.
Quant à la lame du premier quartier de lune le tarot abat son jeu, un château d’arcanes cherche fantômes.
Les gris de Payne en cousant des listels convexes tentent encore de sortir l’ouvrage des limbes.
Hélas durant la nuit les lises à la lettre se sont étendues aux plages interdites, échouant au clavier d’opaques méduses urticaires.

L’allure légère d’un farfadet, j’allais d’un jour à l’autre en l’absence de tout compte chanter en bleu joie, des inclinaisons innées pour l’amour.
En faisant exception de cette méfiance spontanée que l’argousin des galères scande de son fouet à mon échine mise aux rames.
Grand Jacques tu m’as dit souvent ta candeur en totale lucidité, j’en ai gardé la mémoire au point que ne pouvant admettre de me méfier de tout, j’accorde confiance à l’amour.
La nuit se croise au jour pour métisser le voyage d’un voile de pudeur. J’aurai honte de me cacher d’être ce que je suis.

TU ES

Je t’attends au bout des doigts de mes couleurs, pâte fraîche, matière odorante de lumière.
Epaisse à en vouloir, fluide pour la transparence d’un glacis protecteur qui rehausse l’intime préservé.
Un besoin MARINE sort de la tombe, dur comme un granit indestructible, en couvercle sur la marmite en fusion d’un volcan créatif.

TU ES

Cette aurore à gratter de la pellicule qui se pose en membrane sur mon oeil. Un volet battant au balcon d’un autre jardin ouvert pour nourrir la vie.
Chaland tu navigues depuis ton onde douce jusqu’au sel de ton embouchure.

Loisobleu
24 Décembre 2011

LA VOIX MYSTIQUE


LA VOIX MYSTIQUE

Moucharabieh sur son image, les vibrations de cordes vocales de cette lyre ont tiré une magie d’échos

L’ombre en mettant les graves dans la lumiere, l’échelle chromatique a déroulée le tant par étapes

Le souffle en délivrant la chronologie en pré-programmation vague après vague comme dans toute histoire de mère

Le désir d’en faire la peinture m’a sauté aux doigts de ma main gauche (parabole du comprendre)

Ce sera fluide

Un corps bien assis

Souple, liane d’une enfance qui se double pour assurer en balançoire un manque d’affect

Aux tons amples d’un ensemble clair

le chaud du sang qui bat au sol enfin clément

L’oiseau derrière, sans cage

Une nidification.

Niala-Loisobleu – 1er Novembre 2021

OUI C’EST BIEN MOI DE NOVEMBRE


OUI

C’EST BIEN MOI DE NOVEMBRE

Des feuilles qui volent je me remonte dans l’arbre

en ce jardin qui est la chambre d’où la voie vient

bien accrochée

Résolution

faite d’une seule couleur vocale au transport d’oiseau

Il se passe plus qu’une naissance

une suite comprise et entendue

Lévé

sans cri de victoire

juste

celui de l’anémone plus ouverte de vérité

Comme raide est la vie

la pulpe automnale l’adoucit au rythme de son envie

Rien n’oblige le choix d’aimer, l’anse l’abrite par naturel partage.

Niala-Loisobleu – 1er Novembre 2021