L’OISEAU DES RAILS


L’OISEAU DES RAILS

Du bouton de rose pressé, l’aiguillage s’en retourne au bercail

en laissant l’idée folle de mascaret se dissoudre dans les mirages du désert

cette couleur d’hirondelle maçonnière étrangère au savoir-faire de la truelle dont la construction illusoire actuelle est réelle

Le numérique a coupé les fils téléphoniques de bon messager en changeant sa voie

Maintenant qu’ils retournent au travail va falloir balayer les papiers gras pour redonner un visage aussi proche que possible à la vérité du paysage déformé

L’acide m’a brûlé l’oeil de son hypersensibilité sans pour autant me rendre traître à la bonne couleur

au Peintre d’y voir clair.

Niala-Loisobleu – 29 Mai 2022

L’ART A L’ECOUTE


L’Art a l’Ecoute – Frida Khalo

L’ART A L’ECOUTE

Tirant la barrière sur le caquetage assommant j’étends l’aire au rivage distrait de toute forme de conquête de pouvoir

Frida plongée dans la pensée profonde des mots venus du ventre dans la couleur exotique qu’un ara déploie sans violer l’espace vierge

à deux mains contre la peau sortie de tortures

Une maison bleue pour couchage à bord du respect individuel

Evasion d’une escorte de frissons que tes mots trouvent en gardant le regard dans ton jardin sans intrusion

Mes lèvres soufflent sur ton herbe afin d’en tirer le plus sauvage musc qui provient du bien-être venu de l’abandon floral

Pour civiliser cette invasion je laisse ma langue s’évader au fil de la rivière pour te rejoindre en ton ailleurs.

Niala-Loisobleu – 28 Mai 2022

DU GOÛT DES LÈVRES


DU GOÛT DES LÈVRES

En touches comme en brassées, de mes doigts au sein de l’arc-en-ciel sentir venir la langue de la vie remuer mes jambes jusqu’à l’érection créative, toi tu en connais l’art

Sur le bout des lèvres

Me dit le regard que je laisse se balader sur toi…

Niala-Loisobleu – 27 Mai 2022

« INTERIORITE » (Le Peintre 5) – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/CONTRECOLLE S/ VERRE 40X50


NIALA

« INTERIORITE »

(Le Peintre 5)

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/CONTRECOLLE

S/VERRE 40X50

DE PORTE EN PORTE EMPORTER L’UNIVERS INFINI

Votre porte claque –
Vous êtes à l’extérieur :
Vous y êtes enfermés

Vous êtes à l’intérieur :
Pas de dommage…

La clef est votre chance
Mais de l’intérieur :
Nul besoin d’elle…

Ainsi les courants d’air
Appellent de l’extérieur : la clef
Il faut être prudent
Avec eux

Mais de l’intérieur : vous ouvrez..
Et c’est l’accueil ou
Avec la clef…
Vous sortez
Vers…Le grand monde

Il est une porte qui semble
Vous interdire les deux…
C’est celle de
La prison
Or le grand monde
Peut être dans
Les songes…
Nul besoin de clef…
Ainsi échappe-t-on à l’univers clos :
De l’intérieur des âmes
Par la porte des
Songes…

Qui prétend en découvrir la clef
Sans être à l’intérieur
S’en voit refuser
L’entrée
Il s’agit là d’ouvrir son désir
De toucher un fil dans un
Courant d’air…
Écrire cette fulgurance
Pour ouvrir un
Horizon

Et qui a déjà rêvé à la porte de l’horizon
Où la mer se confond avec le ciel
Où la mer est allée avec
Le soleil couchant –
Peut s’abandonner à un grand
Air fugace

Mais…Ah ! Passer les portes et les murs
Sans chercher à les ouvrir…
On ne le peut que
Comme Alice ou
Marcel Aymé
En inventant – réinventant
Un monde merveilleux
Qui est derrière
La clôture

La liberté va jusque dans les portes des villes…
Si elles sont ouvertes
On peut rentrer et
Accueillir ce
Qui pointe à
L’horizon…
Le jour pointe ou la nuit tombe
On entre au jour par
Des points d’azur
Rougeoyants ou
Par les nuées
On entre dans la nuit
Par l’horizon étoilé
Par les phares
Les réverbères ou les enseignes
Au bout d’une avenue

Mais – en aucun cas – on ne saurait ouvrir
Les portes du monde sans en faire
De même avec nos songes et
Sans nous donner
Un horizon

Et si le passé nous est fermé
Il faut entendre battre
Le cœur de
La mémoire avec nos désirs
Illimités…
Cela vaut pour toutes les portes
Si nous voulons les ouvrir
A nos amis et à
L’amour
Sinon nous les fermons
A tout partage et à
Toute fidélité

Et toujours s’enquérir des bruits et
Des voix du monde – implique
Qu’on se les remémore
Sinon on se lie
Aux chaînes
De l’oubli
De l’oubli
Sinon ce n’est que le travail
Pour lequel s’il ne
Nous plaît pas
On aimerait peut-être mieux
Rêver et désirer
Quitte à se calfeutrer chez soi
Comme en un cocon dont
On attendrait des
Métamorphoses

Ouvrir – fermer des portes
C’est encore le courant d’air des désirs
Qu’il faut peut-être
Laisser entrer
Dans l’instant d’une décision
Pour lâcher prise à
Notre plaisir…
La tristesse et l’angoisse nous guette
Et nous ne pensons plus
Ni à l’ouverture ni
A la fermeture ?…
Or la renaissance de nos êtres
Se fait dans le soin
Que nous accordons à l’accueil
Et au partage dans ce
Monde global
D’empires et de communautés fermées

Notre intériorité nous pousserait
A tout fermer que nous
Ne nous nous y
Reconnaîtrions plus
Sauf à lâcher prise
A tous courants
D’air
Vivifiants et salvateurs
Y passant au travers
Ainsi claquer
La porte au monde nous transforme
Nous-mêmes en
Courants d’air devant
L’univers infini !…

Alain Minod

L’OEIL DE SCENE


MARC CHAGALL

L’OEIL DE SCENE

Dressée sur le bout de craie d’une falaise

Percée dans l’ombre d’un chemin rabattu

A cheval sur la dérive d’un art populaire

Entre les seins d’une boucle de cerises

Au fond d’une barre de feu

Sur le mouvement d’un allegro andante largo

Dans le creux de la paume à la veine du poignet

Au rebondi pubien où le frisson lombaire marque la tranchée pare-feu

Du bout de l’ongle aux lunules des cinq antennes

Du genou précédant le pédoncule de l’étrave en chenal

cette fenêtre exploratrice traverse l’ignorance arrêtée derrière la vitre et le rideau d’un volet engendré par la médiocrité

Oeil de foi libre de dogme qui remonte du galop des bisons eu creusement de l’arbre pour remonter à l’océan

dense autour du feu enroulé aux secrétions volcaniques

Dans la fermeture présente c’est mon jour ouvré permanent

Niala-Loisobleu – 25 Mai 2022

Les jardins suspendus – Julien Gracq


« MAISONS SOLEIL 6 » – NIALA 2014 – ACRYLIQUES/TOILE 100X81

LES JARDINS SUSPENDUS – JULIEN GRACQ

Je suis entré dans la nuit fraîche des marronniers.

C’est toujours vers les lisières des villes de province, à l’insertion soudaine des quartiers d’usines désaffectées où tremblent au vent des bouquets de niasse, des
déchets de lingerie comme des pariétaires au long des grilles lépreuses des fenêtres, dans un silence plus prenant que celui d’une émeute avant le premier coup de feu,
que j’aime à suivre au fil des basses voûtes noires ces traînées longtemps humides sur l’asphalte où tiédissent englués au sol les pétales blancs et
roses, et ces lourdeurs humides de l’air sous le tunnel de branches le plus impénétrable que j’aie jamais vu. Le vide des pavés sur la droite, intercepté par la
retombée des arbres, surprend comme une étendue marine et l’on peut cheminer seul selon la pente vers des rivières tristes, cimetière tout l’hiver des embarcations de
plaisance, des places envahies silencieusement par les gazons et les jeux sans bruit des enfants pauvres, avec parfois un wagon de marchandises engourdi ou la vocalise dérisoire d’un
cerf-volant. Rien ne me va davantage au cœur alors que la terrasse étouffée de verdures noires d’un café somnolent de ces boulevards excentriques. La solitude est celle des
franges habitées d’où l’on tourne l’épaule aux fenêtres

— comme du haut des falaises d’un vélodrome plein à craquer le regard étourdi jusqu’à l’écœurement qui flotte sur les terrains vagues où pend du linge
à sécher aux guimbardes des nomades, ou le laisser-aller incompréhensible de somnolence des gares de triage de banlieue. Les heures glissant sans effort et sans trace sur le
cadran plumeux d’un ciel océanique entre les feuilles, l’averse incolore et battante dont rien ne protège, la salle vide, le bâillement domestique submergeant sans effort le
comptoir

— quelle halte ! — et vertigineusement, de n’aller à rien tout au long de ces singuliers boulevards de ceinture, du harassement dépaysant comme sous l’alizé de ces
grands atolls de feuillages, sentir immobile circuler au flanc de la cité ce réseau de mort subite, et les grands coups de lance du désert jusques au cœur menacé des
villes de ces tranchées familières du vent.

Julien Gracq

EN MONTEE DU VALLON


EN MONTEE DU VALLON

Le virage débusque à partir du pied le derrière du genou en étape avant l’enchantement

comme la pente à se laisser glisser conduit au 7ème ciel

Enfoui dans ta fleur tutélaire mon subconscient allait trottinant, le voilà qui ouvre l’oeil

avec un mot pour chaque pierre sortant de l’herbe son air d’autan

cet ocre queue-de-vache venu de la mère en témoignage d’appellation

La tourterelle en écart des lèvres s’envole du trou de la haie qui me fait penser au claquement jubilatoire du travail bien fait

ce qui me rappelle la note que j’avais mis sur Julie fut un tant

Soudain tout ce qui demeure inchangé se met à éclore du vide à rendre le chien fou.. Il renifle les toiles jusqu’à la trame du bleu, appâté par la cerise des tomates

Des vélos me sortant des jambes me grimpent le pinceau en danseuse. J’ai le rire innocent d’enfant dans la palette.

Niala-Loisobleu – 24 Mai 2022

Prends-là des deux faces


NIALA

Prends-là des deux-faces

Et jette le mauvais côté des fausses strates aux sphères

le bidet sans jet central

la plume fessière

et son chat peau retendu pourri de douairière sans rides

ils ont noyés l’île

m’en fous

ta bouche c’est mon tuba boum-boum

Reste en corps assez d’ô dans la lanterne de mon phare pour mordre les dents de l’amer

Sur ta réalité je te monte à cru sur le do

pour labourer tout ça

et chante Alléluia

la messe est loin d’être dite !!!

Niala-Loisobleu – 23 Mai 2022

PRIMITIVISME


LES DEMOISELLES PICASSO ET LE PRIMITIVISME

PRIMITIVISME

Aux parois pariétales de ta caverne combien d’échos se renouvellent en mes doigts quand je les écoutent vibrer et les suis mufle collé à leur piste

il y a là, tout au point de départ ce qui manquera toujours au naïf

De la fourrure autour des lèvres de la gueule animale à la sécrétion fluviale où le corail vit pour nourrir les battements de l’anémone

Création du Monde, gigantesque humilité

Attaché du nombril resté je monte à l’élastique sans jamais en descencendre comme les abrutis du vide qui croient impressionner sans une goutte d’ancre

Et dans l’ELLE la nourrice des seins traverse sans obliger à faire le plein

La bouche ouverte aujourd’hui boire à même le ciel quelle régalade !!!

Niala-Loisobleu – 23 Mai 2022

MELUSINE


MELUSINE

Palliant la sécheresse et son manque de couleurs franches, trois ou quatre roses du matin respirable redressent un espace en perdition.

Mélusine a mené elle-même les chèvres au coin du Poitou où le vers serait encore sans obligation d’herbe d’ailleurs

Las des allusions le Nil demande au Soudan de lui envoyer l’alluvion et de se garder le crocodile aux cataractes

L’Île Eléphantine en felouque c’est l’autre voyage de l’initiation à poursuivre pour repolir la pierre qui s’est moussue

Les orages mis en surveillance j’attends autre chose de ce Dimanche qu’un raciste mis à l’éducation des enfants par le triste sire et sa technocrate frigide L’humide féminin est la base de la Source Originelle.

Niala-Loisobleu – 22 Mai 2022