La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Du bouton de rose pressé, l’aiguillage s’en retourne au bercail
en laissant l’idée folle de mascaret se dissoudre dans les mirages du désert
cette couleur d’hirondelle maçonnière étrangère au savoir-faire de la truelle dont la construction illusoire actuelle est réelle
Le numérique a coupé les fils téléphoniques de bon messager en changeant sa voie
Maintenant qu’ils retournent au travail va falloir balayer les papiers gras pour redonner un visage aussi proche que possible à la vérité du paysage déformé
L’acide m’a brûlé l’oeil de son hypersensibilité sans pour autant me rendre traître à la bonne couleur
En touches comme en brassées, de mes doigts au sein de l’arc-en-ciel sentir venir la langue de la vie remuer mes jambes jusqu’à l’érection créative, toi tu en connais l’art
Sur le bout des lèvres
Me dit le regard que je laisse se balader sur toi…
Votre porte claque – Vous êtes à l’extérieur : Vous y êtes enfermés
Vous êtes à l’intérieur : Pas de dommage…
La clef est votre chance Mais de l’intérieur : Nul besoin d’elle…
Ainsi les courants d’air Appellent de l’extérieur : la clef Il faut être prudent Avec eux
Mais de l’intérieur : vous ouvrez.. Et c’est l’accueil ou Avec la clef… Vous sortez Vers…Le grand monde
Il est une porte qui semble Vous interdire les deux… C’est celle de La prison Or le grand monde Peut être dans Les songes… Nul besoin de clef… Ainsi échappe-t-on à l’univers clos : De l’intérieur des âmes Par la porte des Songes…
Qui prétend en découvrir la clef Sans être à l’intérieur S’en voit refuser L’entrée Il s’agit là d’ouvrir son désir De toucher un fil dans un Courant d’air… Écrire cette fulgurance Pour ouvrir un Horizon
Et qui a déjà rêvé à la porte de l’horizon Où la mer se confond avec le ciel Où la mer est allée avec Le soleil couchant – Peut s’abandonner à un grand Air fugace
Mais…Ah ! Passer les portes et les murs Sans chercher à les ouvrir… On ne le peut que Comme Alice ou Marcel Aymé En inventant – réinventant Un monde merveilleux Qui est derrière La clôture
La liberté va jusque dans les portes des villes… Si elles sont ouvertes On peut rentrer et Accueillir ce Qui pointe à L’horizon… Le jour pointe ou la nuit tombe On entre au jour par Des points d’azur Rougeoyants ou Par les nuées On entre dans la nuit Par l’horizon étoilé Par les phares Les réverbères ou les enseignes Au bout d’une avenue
Mais – en aucun cas – on ne saurait ouvrir Les portes du monde sans en faire De même avec nos songes et Sans nous donner Un horizon
Et si le passé nous est fermé Il faut entendre battre Le cœur de La mémoire avec nos désirs Illimités… Cela vaut pour toutes les portes Si nous voulons les ouvrir A nos amis et à L’amour Sinon nous les fermons A tout partage et à Toute fidélité
Et toujours s’enquérir des bruits et Des voix du monde – implique Qu’on se les remémore Sinon on se lie Aux chaînes De l’oubli De l’oubli Sinon ce n’est que le travail Pour lequel s’il ne Nous plaît pas On aimerait peut-être mieux Rêver et désirer Quitte à se calfeutrer chez soi Comme en un cocon dont On attendrait des Métamorphoses
Ouvrir – fermer des portes C’est encore le courant d’air des désirs Qu’il faut peut-être Laisser entrer Dans l’instant d’une décision Pour lâcher prise à Notre plaisir… La tristesse et l’angoisse nous guette Et nous ne pensons plus Ni à l’ouverture ni A la fermeture ?… Or la renaissance de nos êtres Se fait dans le soin Que nous accordons à l’accueil Et au partage dans ce Monde global D’empires et de communautés fermées
Notre intériorité nous pousserait A tout fermer que nous Ne nous nous y Reconnaîtrions plus Sauf à lâcher prise A tous courants D’air Vivifiants et salvateurs Y passant au travers Ainsi claquer La porte au monde nous transforme Nous-mêmes en Courants d’air devant L’univers infini !…
Je suis entré dans la nuit fraîche des marronniers.
C’est toujours vers les lisières des villes de province, à l’insertion soudaine des quartiers d’usines désaffectées où tremblent au vent des bouquets de niasse, des déchets de lingerie comme des pariétaires au long des grilles lépreuses des fenêtres, dans un silence plus prenant que celui d’une émeute avant le premier coup de feu, que j’aime à suivre au fil des basses voûtes noires ces traînées longtemps humides sur l’asphalte où tiédissent englués au sol les pétales blancs et roses, et ces lourdeurs humides de l’air sous le tunnel de branches le plus impénétrable que j’aie jamais vu. Le vide des pavés sur la droite, intercepté par la retombée des arbres, surprend comme une étendue marine et l’on peut cheminer seul selon la pente vers des rivières tristes, cimetière tout l’hiver des embarcations de plaisance, des places envahies silencieusement par les gazons et les jeux sans bruit des enfants pauvres, avec parfois un wagon de marchandises engourdi ou la vocalise dérisoire d’un cerf-volant. Rien ne me va davantage au cœur alors que la terrasse étouffée de verdures noires d’un café somnolent de ces boulevards excentriques. La solitude est celle des franges habitées d’où l’on tourne l’épaule aux fenêtres
— comme du haut des falaises d’un vélodrome plein à craquer le regard étourdi jusqu’à l’écœurement qui flotte sur les terrains vagues où pend du linge à sécher aux guimbardes des nomades, ou le laisser-aller incompréhensible de somnolence des gares de triage de banlieue. Les heures glissant sans effort et sans trace sur le cadran plumeux d’un ciel océanique entre les feuilles, l’averse incolore et battante dont rien ne protège, la salle vide, le bâillement domestique submergeant sans effort le comptoir
— quelle halte ! — et vertigineusement, de n’aller à rien tout au long de ces singuliers boulevards de ceinture, du harassement dépaysant comme sous l’alizé de ces grands atolls de feuillages, sentir immobile circuler au flanc de la cité ce réseau de mort subite, et les grands coups de lance du désert jusques au cœur menacé des villes de ces tranchées familières du vent.
Le virage débusque à partir du pied le derrière du genou en étape avant l’enchantement
comme la pente à se laisser glisser conduit au 7ème ciel
Enfoui dans ta fleur tutélaire mon subconscient allait trottinant, le voilà qui ouvre l’oeil
avec un mot pour chaque pierre sortant de l’herbe son air d’autan
cet ocre queue-de-vache venu de la mère en témoignage d’appellation
La tourterelle en écart des lèvres s’envole du trou de la haie qui me fait penser au claquement jubilatoire du travail bien fait
ce qui me rappelle la note que j’avais mis sur Julie fut un tant
Soudain tout ce qui demeure inchangé se met à éclore du vide à rendre le chien fou.. Il renifle les toiles jusqu’à la trame du bleu, appâté par la cerise des tomates
Des vélos me sortant des jambes me grimpent le pinceau en danseuse. J’ai le rire innocent d’enfant dans la palette.
Aux parois pariétales de ta caverne combien d’échos se renouvellent en mes doigts quand je les écoutent vibrer et les suis mufle collé à leur piste
il y a là, tout au point de départ ce qui manquera toujours au naïf
De la fourrure autour des lèvres de la gueule animale à la sécrétion fluviale où le corail vit pour nourrir les battements de l’anémone
Création du Monde, gigantesque humilité
Attaché du nombril resté je monte à l’élastique sans jamais en descencendre comme les abrutis du vide qui croient impressionner sans une goutte d’ancre
Et dans l’ELLE la nourrice des seins traverse sans obliger à faire le plein
La bouche ouverte aujourd’hui boire à même le ciel quelle régalade !!!
Palliant la sécheresse et son manque de couleurs franches, trois ou quatre roses du matin respirable redressent un espace en perdition.
Mélusine a mené elle-même les chèvres au coin du Poitou où le vers serait encore sans obligation d’herbe d’ailleurs
Las des allusions le Nil demande au Soudan de lui envoyer l’alluvion et de se garder le crocodile aux cataractes
L’Île Eléphantine en felouque c’est l’autre voyage de l’initiation à poursuivre pour repolir la pierre qui s’est moussue
Les orages mis en surveillance j’attends autre chose de ce Dimanche qu’un raciste mis à l’éducation des enfants par le triste sire et sa technocrate frigide L’humide féminin est la base de la Source Originelle.
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