La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
1 Été, grâce fugace en ce rivage sont cachés. Patientes voici que vous errez libres du temps Amoureuses de vous à vous-mêmes laissées Femmes, lichens perdus lorsque vous y passez. En cet amour qui se dévêt d’aubes lassées O rivage, sur qui les matins sont des crimes ! Sables, qui dévoiliez vos plages vers des cimes. Et milans, souvenirs d’hier au ciel jetés !
2 Pays, lorsqu’au soleil s’établissent les pluies, Où les forges de l’eau brasent un arc-en-ciel L’homme projette après l’orage, sur le Sel Son ombre taciturne et son espoir sans bruit. Le silence avait fui l’ardente solitude Palmes ! Le jour désert ramonait sur les fleurs ; Toujours entre la peur et le désir, hésite L’amour blessé qui jonchera le jour. O nuit, pays de carnage d’opprobre, De larves qui sans fin prédisent leur futur Aux cieux où dort l’oiseau sempiternel.
3 Navires vous errez dans l’immobilité Seules vous retenez l’eau fruste sur vos reins, Lieu sur le rivage où le regard se fortifie. Craignez-vous l’aube qui glanait les champs d’orage Noyé las au linceul de la première voix, De boire l’eau qui broute à l’aurore les plages Et la terre trop tard en vous ensevelie ? Mort beauté gloire éternité ! labours Du semeur en l’espace étincelant, pour qui Le Sel vient à douleur et s’efface toujours.
4 Comme enfin la parole appelle votre absence Vous êtes mer, telle une infante, telle encore La femme, aux cases nocturnes lavant le sel. Mer apparue, veillée de jardins enfouis Votre visage déracine son oiseau, Plus haut que nues dilapide le blé des mers. Vergers, glaciers, argile impure qui fermente Sous l’écume voyez ce jour où je vous vois Visage devenu labour déshérité. O l’océan si calme, et calme, ce sous-bois ! Le jour y fait sombrer la Pâque son amante. Le soleil y repose en douces cruautés.
Des voies s’étalent pour trouver aux aiguillages l’essence de l’arbre à rimes
le train en quête de regrimper l’échelle de secours vient de siffler plus de trois fois pour dire me revoilà, courage j’arrive
Comme le malheur ne sait pas arriver seul, il n’a pas manqué comme un singe de sauter de liane en liane ces jours derniers
Hélas pour lui, le bord de route n’étant jamais labouré, la flore sauvage peut s’y développer en pleine liberté
L’ancolie par exemple, lui a infligé un refus bleu intense, les menthes-sauvages une claque sonnante et le millepertuis sa haie vivace d’étoiles jaunes
Profitant du désordre cher à la SNCF j’ai mis mon billet en stand-by, pris d’une intuition soudaine que le soleil pourrait normalement revenir en ordre traverser le désert.
La barque est prête pour assumer la dernière traversée, le nautonier à reçu les instructions du notaire pour mes dernières volontés
On extraira les flûtes et leurs charmeurs de serpent du panier
en ne gardant que le pur du sentiment, le verger, le chantier naval et son herminette, la forêt et l’Arbre à Médecine, l’Indien et son Amazone et toutes les couleurs ocres de son corps
D’un jardin-flottant l’étendue du lacustre , ses éléphants + la Plaine des Temples et la Baie du Mékong
Passé les Guichets du Louvre, les dames de Mayol, mon tricycle, Guignol et le manège de chevaux de bois
les bateaux de papier du Grand-Bassin des Tuileries
Ma rue de Verneuil sans autre partage que celui d’avec René et Marthe
Puis mon Ecole du Quai Malaquais
Enfin le vivant du dernier amour-mort, incroyable mirage d’un réel bonheur…
Gardez tout je vous donne l’espoir comme seule vérité.
faite ce Premier de Juillet 22 n’est qu’écorce et sève réunies
le battement de pouls laissé à l’humanité
Auto-portrait du Peintre Niala en son Jardin
Métaphysique testament
rédigé de la main-gauche, en pleine conscience moins les jambes
jardin intégral
A droite, le monde fenêtre fermée dévoile son identité
A gauche, la main de l’artiste indique la toile comme fenêtre grande ouverte
avec les maisons pour symbole de construction
D’humbles anémones signifient la foi sacrée de mon amour
où le rouge marque la passion de l’être
avec le citron de l’acide que l’Homme presse pour corrompre
Ce que refuse le soleil niant l’abandon à la branche du chevalet pour m’empêcher de tomber.
Niala-Loisobleu.
1er Juillet 2022
L’OISEAUAU LENDEMAIN DU LEGS
L’OISEAUAU LENDEMAIN DU LEGS
La barque est prête pour assumer la dernière traversée, le nautonier à reçu les instructions du notaire pour mes dernières volontés
On extraira les flûtes et leurs charmeurs de serpent du panier
en ne gardant que le pur du sentiment, le verger, le chantier naval et son herminette, la forêt et l’Arbre à Médecine, l’Indien et son Amazone et toutes les couleurs ocres de son corps
D’un jardin-flottant l’étendue du lacustre , ses éléphants + la Plaine des Temples et la Baie du Mékong
Passé les Guichets du Louvre, les dames de Mayol, mon tricycle, Guignol et le manège de chevaux de bois
les bateaux de papier du Grand-Bassin des Tuileries
Ma rue de Verneuil sans autre partage que celui d’avec René et Marthe
Puis mon Ecole du Quai Malaquais
Enfin le vivant du dernier amour-mort…
Gardez tout je vous donne l’espoir pour seulle vérité
Derrière les quais dans une ruelle nichée dans le port, la boîte à tangos a fermé tard. Le videur est parti se coucher. Dans la pénombre la piste se prend la boule pour danser collé-serré avec la percée bleue d’un visage qui demeure
C’est avant que les dockers viennent remplir les containers pour les cargos. Moment de grâce où les horloges sont à l’étale
Les filles de joie se démaquillent et se lavent la tristesse des coups tordus dans la bassine de la maison d’abattage
Là-bas devant le bateau qui balance à l’embarcadère un pélican baille en se dandinant comme pour faire venir un vent favorable.
Pas de rendez-vous chez le dentiste, une douleur à subir en moins
je crois qu’aller remonter du sel au marais changerait les draps du lit de l’estuaire.
Je suis feu. Je vis dans le feu, ― mon élément. Salamandre, je suis, ni ne brûle ni ne flamboie. Ma sœur est Marina Tsvétaïéva. Je suis l’incendie qui à jamais se propage. C’est du cœur que viennent les flammes, elles montent vers le ciel. Sans me consumer, brûlant, moi, l’incandescent, ne suis-je pas l’ardent barde ?
En moi, tout le souffle attise les flammes, ― affamées. Je suis le feu qui ravage et le feu qui purifie. La nuit, en rêve, quelqu’un s’approche du brasier, il vient à l’état subtil, ― ma force. Je croise parfois mon double, la pluie qui descend sur la terre. ― O Bonté ! ― Souvent, sans le souffle de l’esprit, je fume, j’étouffe noir.
Âme errante du ciel, grand feu, je suis l’éclair. La vérité m’a marqué de son signe. ― L’illumination. La foudre est mon arme, je suis foudroyant et foudroyé. Mes yeux se ferment et ne voient plus que l’irréductible diamant. Ma parole est pierre de feu, je la lance aveugle, voyant le disque rouge du soleil levant, ― ciel bleu.
Puisque tout s’en balance, l’arrime prends bien plus d’importance et le lourd avec
A la côte on se sert d’un corps-mort pour tenir le navire, deux beaux seins tombant à pic me donneront plus d’assurance dans la nécessité d’y croire en corps malgré les diverses débandades
Oui ce qu’il me faut c’est du lourd bien palpable
Autrement concret qu’une invitation de casseur à mener de front la pagaille !
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