PAR LA VOIX BARREE


ODILON REDON

PAR LA VOIX BARREE

Venus de loin, du bois mort et des troncs sciés éteignent le passage à croire que plus rien ne peut arriver de positif

Redon a sorti ses chevaux d’ailleurs que Marly et dispensé Pégase de faire son cirque

C’est pas la parade de la Patrouille de France son manège

La pente est rude, il faut la remonter

Les tortures qui l’ont mises au point de départ ont nécessitées tant d’ingratitude que vouloir en sortir ne peut que guérir

Il n’a plus d’âge depuis longtemps le roc qui soutient la falaise.

Niala-Loisobleu – 4 Juillet 2022

LA MAISON DES SABLES – EDOUARD GLISSANT


LA MAISON DES SABLES – EDOUARD GLISSANT


1
Été, grâce fugace en ce rivage sont cachés.
Patientes voici que vous errez libres du temps
Amoureuses de vous à vous-mêmes laissées
Femmes, lichens perdus lorsque vous y passez.
En cet amour qui se dévêt d’aubes lassées
O rivage, sur qui les matins sont des crimes !
Sables, qui dévoiliez vos plages vers des cimes.
Et milans, souvenirs d’hier au ciel jetés !

2
Pays, lorsqu’au soleil s’établissent les pluies,
Où les forges de l’eau brasent un arc-en-ciel
L’homme projette après l’orage, sur le
Sel
Son ombre taciturne et son espoir sans bruit.
Le silence avait fui l’ardente solitude
Palmes !
Le jour désert ramonait sur les fleurs ;
Toujours entre la peur et le désir, hésite
L’amour blessé qui jonchera le jour.
O nuit, pays de carnage d’opprobre,
De larves qui sans fin prédisent leur futur
Aux cieux où dort l’oiseau sempiternel.

3
Navires vous errez dans l’immobilité
Seules vous retenez l’eau fruste sur vos reins,
Lieu sur le rivage où le regard se fortifie.
Craignez-vous l’aube qui glanait les champs d’orage
Noyé las au linceul de la première voix,
De boire l’eau qui broute à l’aurore les plages
Et la terre trop tard en vous ensevelie ?
Mort beauté gloire éternité ! labours
Du semeur en l’espace étincelant, pour qui
Le
Sel vient à douleur et s’efface toujours.

4
Comme enfin la parole appelle votre absence
Vous êtes mer, telle une infante, telle encore
La femme, aux cases nocturnes lavant le sel.
Mer apparue, veillée de jardins enfouis
Votre visage déracine son oiseau,
Plus haut que nues dilapide le blé des mers.
Vergers, glaciers, argile impure qui fermente
Sous l’écume voyez ce jour où je vous vois
Visage devenu labour déshérité.
O l’océan si calme, et calme, ce sous-bois !
Le jour y fait sombrer la
Pâque son amante.
Le soleil y repose en douces cruautés.

Edouard Glissant

LES POETESSES AU BOUT DU QUAI


LES POETESSES AU BOUT DU QUAI

Des voies s’étalent pour trouver aux aiguillages l’essence de l’arbre à rimes

le train en quête de regrimper l’échelle de secours vient de siffler plus de trois fois pour dire me revoilà, courage j’arrive

Comme le malheur ne sait pas arriver seul, il n’a pas manqué comme un singe de sauter de liane en liane ces jours derniers

Hélas pour lui, le bord de route n’étant jamais labouré, la flore sauvage peut s’y développer en pleine liberté

L’ancolie par exemple, lui a infligé un refus bleu intense, les menthes-sauvages une claque sonnante et le millepertuis sa haie vivace d’étoiles jaunes

Profitant du désordre cher à la SNCF j’ai mis mon billet en stand-by, pris d’une intuition soudaine que le soleil pourrait normalement revenir en ordre traverser le désert.

Niala-Loisobleu- 2 Juillet 2022

L’OISEAU AU LENDEMAIN DU LEGS


L’OISEAU AU LENDEMAIN DU LEGS

La barque est prête pour assumer la dernière traversée, le nautonier à reçu les instructions du notaire pour mes dernières volontés

On extraira les flûtes et leurs charmeurs de serpent du panier

en ne gardant que le pur du sentiment, le verger, le chantier naval et son herminette, la forêt et l’Arbre à Médecine, l’Indien et son Amazone et toutes les couleurs ocres de son corps

D’un jardin-flottant l’étendue du lacustre , ses éléphants + la Plaine des Temples et la Baie du Mékong

Passé les Guichets du Louvre, les dames de Mayol, mon tricycle, Guignol et le manège de chevaux de bois

les bateaux de papier du Grand-Bassin des Tuileries

Ma rue de Verneuil sans autre partage que celui d’avec René et Marthe

Puis mon Ecole du Quai Malaquais

Enfin le vivant du dernier amour-mort, incroyable mirage d’un réel bonheur…

Gardez tout je vous donne l’espoir comme seule vérité.

Niala-Loisobleu – 2 Juillet 2022

« LEGS » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 46X38


NIALA

« LEGS »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 46X38

Se voulant terrestre la dernière croûte

faite ce Premier de Juillet 22 n’est qu’écorce et sève réunies

le battement de pouls laissé à l’humanité

Auto-portrait du Peintre Niala en son Jardin

Métaphysique testament

rédigé de la main-gauche, en pleine conscience moins les jambes

jardin intégral

A droite, le monde fenêtre fermée dévoile son identité

A gauche, la main de l’artiste indique la toile comme fenêtre grande ouverte

avec les maisons pour symbole de construction

D’humbles anémones signifient la foi sacrée de mon amour

où le rouge marque la passion de l’être

avec le citron de l’acide que l’Homme presse pour corrompre

Ce que refuse le soleil niant l’abandon à la branche du chevalet pour m’empêcher de tomber.

Niala-Loisobleu.

1er Juillet 2022

L’OISEAU AU LENDEMAIN DU LEGS

L’OISEAU AU LENDEMAIN DU LEGS

La barque est prête pour assumer la dernière traversée, le nautonier à reçu les instructions du notaire pour mes dernières volontés

On extraira les flûtes et leurs charmeurs de serpent du panier

en ne gardant que le pur du sentiment, le verger, le chantier naval et son herminette, la forêt et l’Arbre à Médecine, l’Indien et son Amazone et toutes les couleurs ocres de son corps

D’un jardin-flottant l’étendue du lacustre , ses éléphants + la Plaine des Temples et la Baie du Mékong

Passé les Guichets du Louvre, les dames de Mayol, mon tricycle, Guignol et le manège de chevaux de bois

les bateaux de papier du Grand-Bassin des Tuileries

Ma rue de Verneuil sans autre partage que celui d’avec René et Marthe

Puis mon Ecole du Quai Malaquais

Enfin le vivant du dernier amour-mort…

Gardez tout je vous donne l’espoir pour seulle vérité

Niala-Loisobleu – 2 Juillet 2022

LES PERLES


HENRI MATISSE

LES PERLES

Sur le cou de 11 h 30 des morceaux de vers montrent qu’entre la peinture émoi rien ne saurait s’abstenir

Paysage en forme de vision enfantine, une campagne prête à la mer un rapport agricole associé à la pêche au gros chère à Hemingway

Cuba libre et menthe pour mojito, ouvrent la route du rhum en vieille américaine pleine d’enfants rieurs

chantant déjà le soul…

Niala-Loisobleu – 29 Juin 2022

PUITS DE LUMIERE


PABLO AULADELL

PUITS DE LUMIERE

Derrière les quais dans une ruelle nichée dans le port, la boîte à tangos a fermé tard. Le videur est parti se coucher. Dans la pénombre la piste se prend la boule pour danser collé-serré avec la percée bleue d’un visage qui demeure

C’est avant que les dockers viennent remplir les containers pour les cargos. Moment de grâce où les horloges sont à l’étale

Les filles de joie se démaquillent et se lavent la tristesse des coups tordus dans la bassine de la maison d’abattage

Là-bas devant le bateau qui balance à l’embarcadère un pélican baille en se dandinant comme pour faire venir un vent favorable.

Pas de rendez-vous chez le dentiste, une douleur à subir en moins

je crois qu’aller remonter du sel au marais changerait les draps du lit de l’estuaire.

Niala-Loisobleu – 29 Juin 2022

« EN DEPIT DE TOUT » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE ENCADRE S/VERRE 30X40


NIALA

« EN DEPIT DE TOUT »

NIALA 2022

ACRYLIQUE ENCADRE S/VERRE 30X40

JE SUIS LE FEU PAR SERGE VENTURINI

Je suis feu. Je vis dans le feu, ― mon élément.
Salamandre, je suis, ni ne brûle ni ne flamboie. Ma sœur est Marina Tsvétaïéva. Je suis l’incendie qui à jamais se propage. C’est du cœur que viennent les flammes, elles montent vers le ciel. Sans me consumer, brûlant, moi, l’incandescent, ne suis-je pas l’ardent barde ?

En moi, tout le souffle attise les flammes, ― affamées. Je suis le feu qui ravage et le feu qui purifie. La nuit, en rêve, quelqu’un s’approche du brasier, il vient à l’état subtil, ― ma force. Je croise parfois mon double, la pluie qui descend sur la terre. ― O Bonté ! ― Souvent, sans le souffle de l’esprit, je fume, j’étouffe noir.

Âme errante du ciel, grand feu, je suis l’éclair.
La vérité m’a marqué de son signe. ― L’illumination. La foudre est mon arme, je suis foudroyant et foudroyé. Mes yeux se ferment et ne voient plus que l’irréductible diamant. Ma parole est pierre de feu, je la lance aveugle, voyant le disque rouge du soleil levant, ― ciel bleu.

Corse, 1er août 2005.

Extrait de: 

 Avant tout et en dépit de tout.

Serge Venturini

LE POIDS QUI CONTE


NIALA

LE POIDS QUI CONTE

Puisque tout s’en balance, l’arrime prends bien plus d’importance et le lourd avec

A la côte on se sert d’un corps-mort pour tenir le navire, deux beaux seins tombant à pic me donneront plus d’assurance dans la nécessité d’y croire en corps malgré les diverses débandades

Oui ce qu’il me faut c’est du lourd bien palpable

Autrement concret qu’une invitation de casseur à mener de front la pagaille !

Niala-Loisobleu – 24 Juin 2022

CHANSON D’ETE PAR ALBERT SAMAIN


ESQUISSE D’UN ETE – NIALA 2022

CHANSON D’ETE PAR ALBERT SAMAIN

Le soleil brûlant
Les fleurs qu’en allant
Tu cueilles,
Viens fuir son ardeur
Sous la profondeur
Des feuilles.

Cherchons les sentiers
À demi frayés
Où flotte,
Comme dans la mer,
Un demi-jour vert
De grotte.

Des halliers touffus
Un soupir confus
S’élève
Si doux qu’on dirait
Que c’est la forêt
Qui rêve…

Chante doucement ;
Dans mon coeur d’amant
J’adore
Entendre ta voix
Au calme du bois
Sonore.

L’oiseau, d’un élan,
Courbe, en s’envolant,
La branche
Sous l’ombrage obscur
La source au flot pur
S’épanche.

Viens t’asseoir au bord
Où les boutons d’or
Foisonnent…
Le vent sur les eaux
Heurte les roseaux
Qui sonnent.

Et demeure ainsi
Toute au doux souci
De plaire,
Une rose aux dents,
Et ton pied nu dans
L’eau claire.

Albert Samain

Extrait: Au jardin de l’Infante