CHAUD RETOUR


CHAUD RETOUR

Au coeur des flammes d’un incendie pyromane l’inattendu passage frais se montre sans prévenir

en la personne d’un visiteur remontant du tant

Il y a 42 ans à la suite d’une énorme perte, j’ouvrais mon atelier à Cognac au coeur de la vile sous l’enseigne : ATELIER DU DUODENAIRE

COURS ET EXPOS

aujourd’hui l’homme qui rentre dans l’atelier me dit, vous ne me reconnaissez pas, je suis un de vos anciens élèves, j’avais 8 ans à l’époque…

J’arrive de Hong-Kong où j’habite depuis 12 ans pour venir vous remercier de m’avoir appris le bonheur par vos cours.

Quelle merde qu’il n’y ait pas que des gens capables de retenir cet enseignement là

C’est tout

on est pas inutilement bon sur cette terre de voyous…

Merci Marthe, c’est à toi que je dois d’être ça.

Niala-Loisobleu – 11 Juillet 2022

GLORIEUSE NUDITE – (Reprise)


NIALA


GLORIEUSE NUDITE – (Reprise)

Quelques cris plus loin

Les arbres du parc gardent aux troncs

Les coeurs gravés dans la pierre

Des rires les ont martelés au burin

A grands coups de je t’aime

Les pleurs les ont transfusés

Aux déchirures de la raison

Du socle de la rue de Varenne

Je t’entends hurler

Camille

Hurler dans l’écoute du silence

qui, largement, dépasse les limites du cloisonné d’un musée de cire cacheté sous le sceau des lâchetés coutumières. Pathétique opéra-soap. Grand bain pour la Diva. Paroxisme de la comédie humaine. Un rat tatouille d’un couloir à l’autre. A la louche, remontent d’écoeurantes odeurs de cuisine des latrines-évêchés, au premier croissant du pétrin qui mue et z’in son obscure menace.

Retourne au bord de ta marée Loiso. Tant qu’il y aura de l’eau ton coeur fera surface. Tire de la coquille de quoi remettre assez de pigment au mortier. Tu n’as pas tout consommé de ta faculté créative. Nous n’avons d’autre besoin que celui de la simplicité de l’authentique. Rien à espérer du clinquant. Plus nus dans le champ de ruines, nous ferons encore cet Autre enfant constructeur de l’Amour. Sans rougir d’être naïfs pour croire qu’en vertu de la force de vivre l’Univers éteindra le barbare entre ses doigts.

Niala-Loisobleu – 30 Juillet 2016

SELS DE PIERRE


ODILON REDON

SELS DE PIERRE

Au fronton l’oeil poché

les colonnes s’extraient pierres et marbres des murs salpêtrés en rallumant les feux

Vénus tu as tes quatre membres

Apollon celui qui assurait la transmission

Ceinte du bleu intense que le sel marin garantit, la colline berce l’olivier jusqu’à l’amphore

pendant que poussant mon âme plus loin que moi le ton des dômes s’est accordé à celui qui transporte

la philosophie sur le blanc des temples

Ces fruits d’où les oiseaux noyautaient les lyres

étalés sur les gradins

Théâtre antique

où la voix porte une acoustique que la toge n’a pas assourdie et l’enfant la trace dans les yeux de nuits d’amour répétées

Les lions ont eu l’orgueil en tableau de chasse

un bâton de marche ses rubans d’humilité

le tout sa civilisation

que l’incurie a éborgné en isolant les femmes de la race humaine…

Là au bord du long fleuve où l’eau se rationne pendant que le feu se développe

je m’embrasse le coeur en cherchant comment je pourrais me faire un enfant moi-tout-seul qui prendrait le relais.

ANNA MARIA CARULINA CELLI – EXTRAIT


NIALA ETUDE

ANNA MARIA CARULINA CELLI – EXTRAIT

Au comptoir de ma fenêtre, menthe fraîche, ciboulette, hautes herbes

Semées en d’autres terres avec des grains de folie

Un bout de champ au gré du vent

La queue d’un songe passé trop vite aux premières heures du matin

Au comptoir de ma fenêtre, je prends

A gorgées lentes, un petit bleu

Frais, bouffées de menthe

Le flou de l’air caresse mes cheveux

Derrière mes reins, on joue Cumbia Sobre el mar

Mes talons se soulèvent à peine

Ma jupe ondule, et au poignet des femmes, des foulards

Rouges, qu’emporte la mer

Accoudée au comptoir, je rêve qu’arrive par le ciel

Sous des mouettes en nuées

Une voile blanche et altière

A son bord, un pirate aux cils noirs

L’oeil azur, la peau brûlée

Au bord des lèvres, du sel

Que la cumbia balance sous ses ailes

Larges, amples et souples

Serpent à plumes d’une danse indolente

De ses doigts déroulés

Il m’envoie un baiser

Soudain, dans le lointain, la cuisine à côté

Un bruit de verre cassé

Quelque chose est tombé

J’ouvre les yeux, me retourne, l’air hagard

Là, mon homme, d’os et de chair, je croise ton regard

Qui m’a vu, ailleurs, danser

Et j’entends, dans un coin de ma tête

Le rire du pirate

Parti pour d’autres fêtes

.

.ANNA MARIA CARULINA CELLI

PÉCHÉ DU JOUR


PÉCHÉ DU JOUR

En stationnement le long du trottoir au flan du dessein qui se maintient, je me tourne en cherchant des yeux l’amorce de l’étincelle lumineuse

Les mots se retiennent pour donner bon poids au silence

Trop de creux monte à la une pour une nécrologie suffisante

J’ai envie de garnir le chapeau de fruits et de fleurs d’un voyage loin du vide

Sur le sourire du visage de cette joie pure qui a seule le don de me faire peindre.

Niala-Loisobleu – 7 Juillet 2022

Par une nuit nouvelle – Paul Eluard



Par une nuit nouvelle – Paul Eluard

Femme avec laquelle j’ai vécu
Femme avec laquelle je vis
Femme avec laquelle je vivrai
Toujours la même
Il te faut un manteau rouge
Des gants rouges un masque rouge
Et des bas noirs
Des raisons des preuves
De te voir toute nue
Nudité pure ô parure parée
Seins ô mon cœur

Paul Eluard

DE LÀ ET DE SI


DE LÀ ET DE SI

A l’heure où la douceur couvre La Chaume la lumière matinale donne à croire que la vie marque sereinement son territoire

D’as l’équilibre d’un temps d’été l’oiseau sautille au sol entre les brins d’herbe le nez collé à la vitre do retour harmonique du partage à l’autre

Les petites maisons blanches sentant le peint frais sortent des blés fraîchement coupés

Contre le coquelicot où ton sein pointe la poésie relève sa jupe à fleurs.

Niala-Loisobleu – 5 Juillet 2022

LA BOÎTE A L’ÊTRE 21 (REPRISE)


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 21 (REPRISE)

LES CONTES DE L’INVISIBLE

Il y a une fois

qu’il était

un point suspendu se balançait

cerf-volant croisant dans son paradis Bleu

S’il s’interrogea des fois, mit long  à comprendre qu’à vouloir trouver réponse à tout on s’éloigne du Centre, droit dans le mur du Triangle des Bermudes

Bien sûr il y a

les parents

les frères

les soeurs

le mari ou l’épouse

les enfants

le patron

l’épicier

la voiture

les godasses à changer

et l’abscons qui répond toujours pas au téléfon

Mais mon dos

il me fait bien moins mal

quand j’écoute mon coeur à vélo hâler

et que je marche dans le sens de mon âme à bois

en sortant mon oeil de l’herpès pour gratter le besoin de Lumière

J’ai toujours le même âge

dans l’état civil

mais

la vérité

c’est qu’à devoir traverser

mieux vaut garder son tablier et ses culottes courtes

en déchirant tous ses papiers

puisque mourir pour mourir

vaut mieux vivre

Elle est là grande ouverte

a pas bougé

au bord de l’Amour

Ma qu’Aime

large

baie entre

regardant de la bonne moitié de la bouteille

tendue comme un promontoire

pour que j’habite chez Elle

Rut de la Plume d’Encre.

Niala-Loisobleu – 9 Janvier 2013

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LES DOIGTS SOUS LA TENTE


LES DOIGTS SOUS LA TENTE

Ombre délicieuse où les pins tendent leurs pots jusqu’au genou de la dune

l’oiseau vertical pique dans la marge écumante

en bleu et embruns

le coquillage entrain corail à l’écart

Estival relais sauvage d’une ligne de vie bienheureuse…

Niala-Loisobleu – 5 Juillet 2022

POUR CONTE D’AUTEUR


POUR CONTE D’AUTEUR

Poursuivie par un crocodile arrivé là sans le moindre hasard, la libellule ayant décollée du Charles de Gaulle par le bac de 18 h 00 devrait arriver avant que la récession se couche

Nous sommes entrés dans l’austérité artistique d’une sensibilité qui fait totalement défaut aux influenceurs

Je peins pour survivre

en noir pour sauvegarder mon bleu oiseau et en ouvrant mes quat’yeux (les deux ordinaires et les deux qui lisent entre les lignes et au-dessus des g’noue de la combine)

Au désastre des chiffres où la dette s’aligne, seuls les canards en file donnent un repaire sentimental qui tire du goudron que la canicule déverse entre deux grêles sur la nature

J’ai connu l’abri des caves quand les sirènes rugissaient la nuit

puis quand ça été fini les orgiaques complètement jazziques de St-Germain-des-Prés pour se refaire une santé

aujourd’hui l’endive se montrant comme l’avenir, la musique redevient mélodie en sous-sol.

Niala-Loisobleu – 4 Juillet 2022