EN LICE


EN LICE

Buté le temps ne cède pas

vu du dehors c’est un temps de merde

à 18 heures je décide de trancher

et je perce ce temps bouché

en entrant la lumière en plein coeur de l’obstination

Le spectacle suivra l’enfant dans son choix

La piste concentre les projecteurs sur la graine de vie

Gageons que demain un jardin sans mauvaises herbes lâchera ses oiseaux…

Niala-Loisobleu.

2 Décembre 2022

De pré et de bois


De pré et de bois

Sous le chapiteau où l’enfant poursuit sa résidence les formes prendront des couleurs dans ce jour absent de lumière

Il se peut bien que les heures qui se cherchent trouvent

Ce que nous passons sans voir surgit sans prévenir sans s’inquiéter de l’endroit et du rapport qu’il pourrait y avoir avec

la mode

L’oiseau-pêcheur plonge avant que le poisson sorte prendre l’air comme poussé par un chatoiement bizarre serrant le ventre

les trapèzes déplacent la lune d’un quartier à l’autre dans les roulottes qui se dirigent aux constellations partagées

Il y a toujours une femme accrochée au non sens pour que l’émoi soit vierge et entier

ses seins et un chien de n’importe quelle hauteur du moment qu’il lève la patte pour soulager la continence

Je crois que j’aime davantage promener tous les écarts dans mon tableau en court que signer une fin qui peut vagabonder d’un sujet à un autre sans jamais s’écarter du thème de la vie qui s’exprime

Dès que le ciel s’éclairera je retournerai à l’atelier pour changer le nombre de rayons aux roues de mon sens de la fortune.

Niala-Loisobleu.

2 Décembre 2022

ROUTE OUVERTE


ROUTE OUVERTE

Déjà le chant des abeilles dans mes idées alors que la nuit n’est pas encore partie

je vais répondre aux tâches d’approvisionnement de fin de semaine et vite je rentrerai à l’atelier pour manger ma faim créative

Ce qui macère en émoi est fort comme un solide pont entre deux rives

j’abandonne au silence ce que je n’ai rien à dire pour causer de la main-gauche avec un vibrant besoin de renouveau.

Niala-Loisobleu – 2 Décembre 2022

PROTEGE PAR SON CHAPITEAU


PROTEGE PAR SON CHAPITEAU

Assis contre le rebord de la piste, l’enfant est sorti de toutes les écoles pour apprendre de l’oiseau sa leçon de vivre

Il le tient contre sa poitrine

La chaleur du crin donne au galop des chevaux une buée fauve que rien ne peut réduire. C’est transpirant de sabots et les crinières tirent à elles des harnais riches de clous aux cuirs de couleur

On ne les voit pas les roulottes, on les sent tout autour de la grande toile qui va d’étape en étape sur sa carte

Les cuivres sonnent la marche des éclats de rire sans qu’aucun regret ne mette ses cors aux pieds du voyage

Fantastique

Surréaliste

Extraterrestre

Disent les yeux tournés vers le haut des trapèzes quand le vide est vaincu par les sauts des corps libres

C’est le moment ou M. Loyal sort l’arbre de son chapeau que les oies sauvages choisissent pour s’envoler à côté du tapis où l’éléphant-rose fait le poirier et que le Peintre ouvre sa boîte de couleur pour qu’elle se vide en arc

Oui ça semble surnaturel

mais qu’aux sceptiques au fond de leur fosse

Ceux qui ne comptent plus sur les années insensibles à leur présence, ne s’étonnent pas du pouvoir extravagant de tous les possibles dès lors qu’on a la folie nécessaire au mode d’emploi de l’Art de se dépasser.
Niala-Loisobleu.

1er Décembre 2022

PEINDRE DES NASEAUX


PEINDRE DES NASEAUX

Le ciel accroché aux mâts de la forêt dans l’esprit des feuilles

passe en trouée dans la course de mes chevaux

Quel sabot ne mettrai-je pas dans mon ça peint sans faire à cheval le trait d’esprit?

Mes façades se dévoilent dans la nudité du désir vif qui avale à pleins poumons aux balcons des chemins

Si le soleil perce le fond des mers ça n’est pas pour faire venir le touriste à l’aquarium c’est pour soutenir le mouvement de l’anémone toute simple

Aux yeux du fond où se repose le départ des négriers aux abords de l’île aux oiseaux

Vieux château d’une croisade dont rien n’est resté sauf l’empreinte profonde des chevaux désarmés

Un donjon que des cloches de brume abrite fait des rondes avec des enfants pas encore nés

histoire d’y voir clair dans les obscurs desseins

Je ne sais rien de prémédité

je peins vierge

comme une bête sauvage

que la toile tient en vie par l’oreille alerte et les reins sans charge guerrière attelés aux semailles

Il existe un quelque part qui ignore l’élucubration dévastatrice

entièrement voué à bâtir, primitif dans l’âme.

Niala-Loisobleu.

30 Novembre 2022

TOUT AU FOND


TOUT AU FOND

Face à ce que tu tais se décache ce que j’en pense en cessant de compter jusqu’à sans puisque c’est ta manière de répondre que tu es là, me dis-je en me promenant dans les heures passées comme avenir

Les distances n’existent qu’en matière de brouillard au départ

Il paraît l’enfant dans le bac à sable du ventre

C’est un si que les marionnettes attachent à leurs ficelle

et que jamais

quoi qu’on en pense je n’ai tranché du pont quelque soit la situation de l’étiage

Niala-Loisobleu – 29 Novembre 2022

VAS, VIS ET DEVIENS


VAS,VIS ET DEVIENS

L’oiseau sépare le ciel en deux morceaux d’un seul coup d’ailes

d’un côté la nuit qui dépend du hasard

de l’autre, à partir de l’arbre le fruit

qui dispose de la racine du vouloir de la verticalité du jour

Soleil ô Soleil

Tombant du nid de la lune

il vole de son gré ascensionnel, clignotant d’étoiles

droit au labour en suivant les semailles du cheval jusqu’au grenier à sel

Les Caprices laissés au Prado dans les autopsies du légiste Francisco Goya

pour une séguedille au clair-de-lune avec Lorca le gitan

plantant des pilotis ici de là à l’entrée du chenal

Gulf-stream de la poésie signalé par les bouées de Niki de St-Phalle

arc-en-ciel amphibie

Il faut marcher en dehors des nasses, sans cages

loin des filets aspirateurs des influenceurs

pour se tirer de la gloire éphémère du bruit consensuel des enseignes pirates

vrai de l’humilité qui choisit l’humanisme à la fortune

Ainsi peins-je comme Zarathoustra, dit Niala…

Niala-Loisobleu.

27 Novembre 2022

« CONCOCTION LUNAIRE » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 73X60


« CONCOCTION LUNAIRE »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 73X60

Apeurer les oiseaux noirs de longs frappements dans les mains

coquelicots libérés dans les blés

l’anémone rendue à la mer

la renoncule cette belle fleur charnue symbole de la séduction allant de l’attraction timide du rose à l’attirance charnelle boostée par le rouge

capable de mettre la tête dans le saut de deux seins acrobates

aux tressaillements du ventre offrant l’entrée chaude

breuvage concocté par la lune plus imaginative qu’un jour sans

et laisser couler dans la rainure des vertèbres.

Niala-Loisobleu .

27 Novembre 2022

Le dernier pas encore sec


Le dernier pas encore sec

Je remonte de l’atelier les poches pleines de ma lune d’hier et du soleil d’aujourd’hui

« DECOCTION LUNAIRE »

73×60

né le 26:11:22

les doigts mettant le chaud du côté gauche

je ferai les mots-peints demain

Niala-Loisobleu – 26 Novembre 2022


COMMENT ENCORE RECONNAITRE

PAR RAINER MARIA RILKE

Comment encore reconnaître
ce que fut la douce vie ?
En contemplant peut-être
dans ma paume l’imagerie
de ces lignes et de ces rides
que l’on entretient
en fermant sur le vide
cette main de rien.

Rainer Maria Rilke