DOMINICAL BOUQUET


DOMINICAL BOUQUET

Verdoyante couronne autour du chef d’où des papillons bleus sortent avant que sonne la messe

rie, ne s’oppose à se rendre plus avant

La campagne habillée de fleurs sauvages conduit à la mer

sans que j’aperçoive d’épingles à papillon.

Niala-Loisobleu – 8 Mai 2022

ROND COMME


ROND COMME

Comme un jour à sac de billes

ça roule grand circuit callipyge

de bas en haut

ma déesse

Le chemin mis de côté va repartir dans les roues dentées solaires de ce jour

trotteuses qui balancent, jumelaires, au souffle pulmonaire dans la gorge et chien noir qui renifle en tirant la langue au bas des reins

Au ricochet ajusté, le gué pêche à la mouche la roseur qui passe en battant des nageoires

Loup y es-tu ?

Allons au bois

Niala-Loisobleu – 5 Mai 2022

DES MAINS PAR JACQUES BERTIN


Paris, Théâtre De La Ville 1984

Des Mains par Jacques Bertin

sur Paris, Théâtre De La Ville 1984 (1985), En Concert (Café De La Danse) (1989), Ma Vie, Mon Œuvre (1984)

Des mains

Pour partir au long cours

Comme des cheveux

Ou comme la vie

De belles mains

Sur la page ou la peau

De belles mains

Des mains de noblesse

Des mains

Comme sont toutes les mains

Des mains

Comme des veilleuses

Dans l’ombre naissant

Allant et venant

Des mains de lingères

Des mains

Comme veillant, les mains de mère

Des mains

Qui creusent des sillons

Dans la vie sans ombre

Des mains aveuglément

Qui recherche une passion

Des mains pour bâtir la maison

Comme mon père

Des mains

Comme viennent des foules de mains

Qui donner la principale

Des mains

Comme des foules de mains

Appelant l’espoir et l’eau vive

Des mains

Comme des troupeaux de mains

Longeant la rive

Et t’accueillant dans ton lendemain

Sans limite

Des mains

Traçant les signes du pardon

Et puis se cherchant

Comme des paroles d ‘abandon

Des mains

Comme des voiles pour partir loin

Des mains

Comme des voiles pour partir loin, loin

Avec des yeux d’enfant dans l’horizon loin, loin

Des mains

Pour mon amour loin

Des mains pour ramener l’amour à la raison

Et le vagabond à la maison

BIEFS PAR MICHEL DEGUY


BIEFS

PAR

MICHEL DEGUY

Château de
Breeze du côté de la
Beauce où je n’allais

pas
La harde des vents dans les orges
Et les urnes des buis près des tombes
Les murs chaulés rose ou jaune
Pareils à des miroirs déjà traversés
Les bruits proches trop forts pour l’oreille
Frémissements dans les repères…

Si le ponton de la terre oscille

Le poète tangue comme un mousse

Beaucoup de vent affecté à ce lieu
Et le cri des ruminants comme un genévrier fendu par la tempête

Ce lieu me suffit

Où le parfum n’est pas rare

Mais la même senteur d’algue et d’hortensia

Dans les linges fins de l’air

Chaque case d’herbage assemble

Le cheval et la vache en pose animale :

D’attente écartelée blason de l’ultime

Un œil sur chaque côté du monde

Effroi

Très tôt et très tard comme tout point d’un cercle
Depuis longtemps poète et pas encore, jamais…
Plus loin!
Nous rapporterons la carte que vous n’avez

pas!
Pourtant me suffit ce lieu
Où déjà des hommes simples ameutaient le granit

Dix-huitième heure

La mer étend ses mains diaphanes vers l’épaule velue

des rives
Comme
Isaac tâtonnant la toison de
Jacob

Cave sur la face
La nuque tombe
Les reins
Corps qui rejoint
La neige le volcan
L’étang les jetées

Salive soudain
Sous le crâne
Tumeur de houle
Sous le ciel blanc

La nuit en croix sur la face
Au bout du pied les mites du silence
La main gauche est déjà phosphore
Un coq prononce la clairière

Bientôt dans le jardin leur fard charge à l’excès les fleurs domestiques

Beaucoup déjà cessèrent de vivre

Un jour elle sera là elle apparaîtra
Elle n’était pas là elle était ailleurs
Voici qu’elle
Viendra de là-bas ici elle entrera
J’aurai affaire à elle
Elle sera là pour moi
C’est moi plutôt qui entrerai dans son champ d’absence
Qui ne cesse pas
Je serai happé pris dedans
Soudain
Elle sera ici la fascinante
Elle apparaîtra de là-bas de
Cet horizon
Visible

On respecte un homme

s’avance à bonne hauteur sur le mail

Et large parmi les platanes

Et ceux même qui vont en groupe au travail

Sont enclins à respecter l’étranger

Pourquoi tant d’émotion devant l’image
Et si froide froideur devant la chair et l’os
La femme aux hanches de carafe est pareille à l’amphore qu’elle porte
Un seul pourtant et sans passion caresse l’anse couperosée de ses coudes

Tu viens de relâcher son thorax et sa main retombe et

Sa tête roule dans ta mémoire et déjà

S’amenuise notre dernière semaine

Comme un lâcher de parachutes dans l’abîme de midi

Beaucoup plus incroyable
La rencontre aujourd’hui
De la mort d’un ami
Et du chant d’un ami
Dans le mail déserté de mon jour — tels, ceux qui font profession de dresser l’éventaire et d’attendre les mages

Toujours un arbre plus sensible accueille en premier la

saison
L’essaim roux de l’automne a remplacé ses feuilles
Il prévient

L’absence de deuil serre les tempes

Maintenant ils sont morts le mercenaire et le connétable
Cages mêlées comme cercles de tonneaux
Dans la cave

Armures et fémurs de soudards
Qui crèvent des ceintures d’os
Au charnier latéral où s’abattent femmes et capitaines

Léger sur la cave des os

D’enfant qui souffre
Prière comme sueur
Du caveau d’innocence
Vivace malgré la pierre
L’incessant
Tu quis es

corps et jusqu’au masque dur des mâchoires et monte jusqu’aux yeux

seuls

où un peu de nudité parfois tressaille.

Michel Deguy

Bout de pas pillé


Bout de pas pillé

Globe oculaire à rosée

la plume n’a pas été mise au cul

dans les bras de l’armoire nous reste de quoi tenir les navettes pour un lissier en quête d’épopée.

Niala-Loisobleu – 3 mai 2022

CE CHENAL DE MA MER 2


CE CHENAL DE MA MER 2

La Chaume montre son herbe sans jouer la demoiselle aux lèvres pincées d’une biologiste n’ayant plus pour la nature que peu de goût

à suivre le papillon dans sa spirale elle remplit toute la page des carreaux à la marge au point d’en tirer du miel

elle s’est même lâchée des tractations qui montreraient de l’intérêt que pour le côté politique des choses

la sienne ma foi c’est d’avoir le retour au doux repos de la sérénité amoureuse de l’ensemble du système partenaire. c’est pas parce que je crois pas en dieu que j’imaginerai un système végétal-minéral n’usant pas de l’eau, de l’air, de l’eau et du feu, d’où sortent les beaux-arts.

Niala-Loisobleu – 3 Mai 2022

DOUBLE-COQUE


ODILON REDON

DOUBLE-COQUE

Antique navigation autour du bleu des maisons-blanches, au rivage de l’île où le prao me dépose

le silence des chiens dans mon transport d’enfant en me couchant au pied de la porte, a semé un trouble dans la lecture du destinataire des signaux lancés de l’embarcation

à qui s’adresse l’ohé-codé du navire et à quel genre

l’émoi qui porte le tapis à décoller du sol en toute bonne foi, doit être mis à la bonne température pour continuer son bon voyage dans le bon cap

L’atelier s’est ouvert ce matin sous la pulsion heureuse d’Odilon.

Niala-Loisobleu – 2 Mai 2022

PLANCHE A PEINT


PLANCHE A PEINT

Allumant le toast avec un brin d’aillé

le grillon charentais

a suivi la tradition

je m’ai frotté sans illusion au soleil de ma déraison sans me prendre tout à fait pour un con

La foi sauve du ridicule parce qu’elle n’abuse pas quand on l’a

Mon bac à sable croit à cela…

Niala-Loisobleu – 1er Mai 2022