DU VASE DE SEVRES


SEVRES – PAUL GAUGUIN

DU VASE DE SEVRES

Maisons fleuries d’arbres et fruits de collines escaladent la motte d’argile que le pied pousse sur la tournettel

Les idées que les mains enserrent montent et descendent comme un camion de pompiers d’un manège

qui va entrer cuire au four

Au bas de la rampe le tertre se remonte les manches

et la jupe du printemps retrousse ses plis par-dessus la barrière

à l’écart du résultat des urnes

qui va mobiliser les combines amoureuses des marieuses

Mon alliance se doigt d’être en hors pour rester la dernière fidèle au voeu de celle qui attendait de dire oui au nom

Symbole d’un autre soleil qui pousse sa parole à naître, pose là ta couleur sur tes feuilles que j’écrive !!!

Niala-Loisobleu – 12 Juin 2022

MELUSINE EN QUELQUE PART


MELUSINE EN QUELQUE PART

Et contre la grange le dessein d’aller jusqu’au soir sans quitter la couleur du matin

cette rousseur qui donne son goût à l’herbe au point de puiser dans l’aisselle le départ d’un sein plein

Ligne vertébrale bien axée dans l’oeil clair de l’embarcadère où le chien boit pour la joie de la mer en rideau de fond

Et l’oiseau nu dressé au bastingage de tes hanches qui roulent bien écumantes

Un bon Dimanche a disposer de soi.

Niala-Loisobleu – 12 Juin 2022

ENTRE TANT


ENTRE TANT

Vapeurs de premier plan en teinte de rosée

le temps seul est lourd à porter

alentour tes mots sont propres et plus légers

Le chien est tranquille comme un fusil au râtelier qui repose en paix

dans le bon sens

Sous le collier une sensation lissant le poil jusqu’au dessous du ventre à main nue.

Niala-Loisobleu – 11 Juin 2022

LIBRE SENS


LIBRE SENS

Sombre couleur qui de son bruit de botte couvre l’orée de sa cinquième colonne

Parti de sa branche au devant de la vague franche de la marée, l’oiseau pris dans le filet cherche l’embrun pour laver la lande

et du pore remonté il serre l’anneau plus fort en voyant les mariés sortir de la chapelle

un enfant criant la vérité par sa bouche

coupe le barbelé…

Niala-Loisobleu – 11 Juin 2022

A L’IMAGE VRAIE


A L’IMAGE VRAIE

L’enfant sort l’épouvantail coincé dans l’arbre et sort de son coeur le cerf-volant qui l’habite

la mésange tire la corde pour qu’il s’envole

Le cheval herse la mer et le chien ouvre le port

Derrière un mandat les menteurs se partageront la vie sans âme

Le LIS DE CHAMPS se tient droit.

Niala-Loisobleu – 11 Juin 2022

A PERTE DE VUE DANS LE SENS DE MON CORPS PAR PAUL ELUARD


Paul Eluard

A PERTE DE VUE DANS LE SENS DE MON CORPS PAR PAUL ELUARD

Sous les arbres toutes leurs branches toutes leurs

feuilles
L’herbe à la base les rochers et les maisons en masse
Au loin la mer que ton œil baigne

Ces images d’un jour après l’autre
Les vices les vertus tellement imparfaits

La transparence des passants dans les rues de

hasard
Et les passantes exhalées par tes recherches obstinées
Tes idées fixes au cœur de plomb aux lèvres vierges
Les vices les vertus tellement imparfaits
La ressemblance des regards de permission avec les

yeux que tu conquis
La confusion des corps des lassitudes des ardeurs
L’imitation des mots des attitudes des idées
Les vices les vertus tellement imparfaits

L’amour c’est l’homme inachevé.

PAUL ELUARD

L’OISEAU PLUME A PLUME


L’OISEAU PLUME A PLUME

Le prix loin d’excellence vient justifier l’indifférence humaine et sa vanité criminelle

Ô jardin en sa demeure il faut que tu serves à venger sans rien apaiser, juste ajouter aux peurs la douleur des réparations comme si on voulait se servir du mensonge biblique

Des fleurs devenues algues dans une mer coloniale de quel ponton va-t-il falloir s’équiper pour faire que la barque retrouve un autre voile que celui influenceur de la perte de conscience ?

Tes seins me tirent à la berge pour me donner leur bouche-à-bouche et tu me tiens en cale, fenêtre grande ouverte pour espoir, au contact de l’alliage du creuset

Il y a dans ce tonnerre un bruit de couleur primitive que l’espace garde en ligne

Les oiseaux s’essuient d’une caresse à l’image tirée pour récolte…

Niala-Loisobleu – 5 Juin 2022

CONTRE-MUR BLANCHE-TREILLE


CONTRE-MUR BLANCHE-TREILLE

Grimpée comme une vigne en treille aux pierres de l’abdomen du passage, la toison blanche marque l’âge du tant

En approchant de la porte du four on peut entendre le feu crépiter sans que rien des désordres climatiques n’ait éteint de ses crues

Le carré des troupes de végétation sauvage tenant bon, la dégénérescence n’a pu aborder

Vieillir c’est garder son enfance alerte

chaque pierre étant une page pleine, l’oeill s’y pose en oiseau de paradis

tes mots, mes couleurs

exposent en gravant leur vouloir-être sans se soucier du courant de la rue vide, cela n’est pas de notre fait…

Niala-Loisobleu – 4 Juin 2022

AQUA BON


AQUA BON

Les doigts dans l’ô la température est d’une autre chaleur où le plaisir d’exposer est incompatible avec le désir de peindre est détaché du lien qui poussait l’oeuvre plus loin

L’arrêt se place devant le départ, comme si on ôtait le goût de la spontanéité pour n’avoir que le souvenir pour mémoire

avec l’impression de s’écrire pour survivre

Les orages tournent et tombent sans prévenir comme pour prévenir je me demande quoi

En 1/4 d’heure la construction d’une vie s’éparpille en morceaux loin du jardin en te disant j’espère que t’as pris des photos

Ce qui m’inquiète pour la beauté…

Niala- Loisobleu – 4 Juin 2022

DU FOND DES PLANTES


DU FOND DES PLANTES

A la lyre des tiges où tes doigts pincent la substance, ta nature se refuse à être prise en instrument de loisir

Avant que le bouquet soit accroché à la charpente, toi mieux qu’une tuile tu provenais de cet argile où l’émotion fleurit

L’ocre brun qui me bague est allé au filon du souterrain tourner et retourner ce que ta plume travaille Apprendre ou à laisser. Le fait de ma présence face à la hauteur des vagues montre l’insubmersible navigabilité d’une flore plus pigmentée naturelle que chimiquement élaborée.

Niala-Loisobleu – 3 Juin 2022