DE LA P0USSEE DES PIERRES


DE LA POUSSÉE DES PIERRES

Les pierres polissent et ébarbent à ras les bavures du moule

Déchirant le drap sur ce qui meuble sans faute de goût l’environnement vital, l’énergie amoureuse met la table pour son Banquet

Les mains tournent, modèlent, façonnent, burinent et coutélent jusqu’à donner voix à la moelle

Sortie des lacets d’accession au col la route plonge droite au but

Cette Femme, mon mas de laine,n’est pas à lapider

Son visage dévoile une pureté qui rejette la burka sur l’outrageuse action

En l’élevant à son rang initial

Niala-Loisobleu – 28 Août 2021

FLEUR DEPAVEE


FLEUR DEPAVEE

L’éteint du réverbère du Lycée des Oiseaux fourbit son vice éduqué en cage

Le je nous caché dans la robe longue

Des dames sur les parvis des églises scientologiques taillent un costume de calomnie aux mots propres qu’elles salissent en bavant dessus

La pure Anémone n’en peut pute

Et sans prendre pour autant carte au féminisme

Court au kiosque du jardin d’amour chanter la femme avec les vraies.

Niala-Loisobleu — 15 Août 2021

Un jardinier disait à ses mains…Michel Van Schendel


Un jardinier disait à ses mains…

Michel Van Schendel

Un jardinier disait à ses mains,

Disait au jardin :

            Je suis ta jument je suis ton pré

            Je suis ton ciel je suis ton sol

            Je suis ton aile et ton tourment

            Je suis ton eau

            Je t’abonde tu m’embrasses

            Tu m’élèves tu te glisses

            Tu m’inventes tu t’élides

            Tu m’étonnes tu t’en viens

            Je suis ton ambre et ta lumière

            Je suis la manne de tes fruits

            Je suis l’entaille du matin

            Je suis le toit je suis la plaine je t’étreins

            Je suis ton aile tu m’emportes

            Tu t’envoles tu m’étrennes

            Tu te donnes tout le ciel

            Tu me donnes ton haleine

            Tu es l’embrun tu es le sel

            Je suis la chair de ton hallier

            Tu es l’embrun tu es la sève

            Je suis ta brume ton entrain

            Je suis ton bras je suis ta main

            Je suis ton ombre et ton sentier

            Je suis ton pas

            Je suis ta soie ton couturier

Il contempla la toile de ses mains,

Il regarda le buis, l’érable, il vit l’aubier,

Il vit la feuille et la ligne des feuilles,

Il regarda le ciel, il regarda le sol,

Il contempla la soie de ses mains,

Il vit que la soie était celle du jardin.

Michel Van Schendel

« Un jardinier disait à ses mains », Mille pas dans le jardin font aussi le tour du monde, Montréal, L’Hexagone, 2005.

Né en France de parents belges, le poète, essayiste, traducteur et professeur Michel Van Schendel (1929 – 2005) s’établit au Québec…

HAUT DESSEIN


HAUT DESSEIN

Aux flancs de l’air

cette inspiration avale

et gonfle la poitrine

d’un double soleil aréolé sanguine

Niala-Loisobleu – 14 Août 2021

IL RESTE TOUJOURS PLUS DU TANT QUE DU RIEN QUI PASSE…


IL RESTE TOUJOURS PLUS DU TANT

QUE DU RIEN QUI PASSE…

De la main qui tient le fruit des vergers poussent

sans qu’aucune sorte de nitrate ne les émascule

au nu d’Elle

chante un humanisme en perte

à la saignée du burin que tient l’autre et qui frappe en dressant l’ineffaçable de l’obélisque

le soleil qui colle à son prénom tient au Nil qui la porte au large

j’en sais la profondeur

Il n’est d’aube que roue en cerceau guidé par l’enfant qui pousse ses ans hors du fossé

le doigt naif au bâton d’un refus de prostituer cette vérité qu’est le Beau

et là

à la renverse de son regard j’en pénètre les pigments pour prolonger la ligne de vie.

chante Barbara, chante !

Niala-Loisobleu – 13 Août 2021

ARRONDI DU POIDS TRANSPORTE


ARRONDI DU POIDS TRANSPORTE

S’éloigne le bruit du sèche-je-veux

L’extrême-fatigue qui suit après renaissance de l’Atelier bien que s’emparant de mon assise quitte l’angle à la pointe du levant

Ce bruit qui approche à tout du train sortant du tunnel

On voit qu’ill reste à franchir un relevé de montagne primaire

Mais c e n’est rien d’un Everest

Puisque l’Eve et ses mon arrive impressionniste, teintée de Claude Monet par la porte d’Etretat comme en Normandie le soleil claque la porte à la pluie en disant marre

L’encre me coule des yeux au fur et à mesure que ta main court au rythme du chien noir qu’un retour de lumière rougit d’espoir de tomates

Le haut ne retombe pas

Au sein de l’Esprit les bretelles sont plus solides que la déroute nationale

Question de pèse…

Grimpe, mon poids de senteur est au bord de mordre tes fraises.

Niala-Loisobleu – 12 Août 2021

TERRAIN DE BON GRAIN


TERRAIN DE BON GRAIN

Dans l’été présent l’orge dresse son ballet, l’oiseau vient deviner ce que pourrait devenir la suite

Comme au passage à niveau s’est soulevée la nuisette d’une chaleur qui s’est annoncée

La rivière s’apprête à dissiper les confusions

Et à la fourche où la petite culotte saute à l’élastique le pont de singe grise au-dessus du vide

Vous entendez claquer les portes des voyeuses sorties précipitamment cracher leur fiel

Ce n’est qu’après la 3eme vague que je plonge sans tuba…

Niala-Loisobleu – 12 Août 2021

COIN DE TABLE


COIN DE TABLE

Arrive le tournant, d’un côté le vide-grenier, de l’autre le jardin avec fourche, le cheval et son soc

L’arbre déploie ses branches avec des fruits secs dessus et sur celle où l’oiseau a son nid, l’œil des fleurs nouvelles

Un nuage peut toujours boucher la voie. Je sais qu’il y a des taupes qui croient voir haut

Du torrent qui charrie le bois mort, mon petit-moulin tourne en corps

Et ce bateau de papier file l’horizon pour tisser

Du sel dans le vers, je trinque en couleur à ta poésie sans la lire depuis qu’au garrot l’impression abandonnée de l’amble, suffocant

Le beau restant hors des mots flatteurs, l’accent circonflexe appuie sans lourdeur

La palette aime tartiner mes doigts pour te caresser à dessein

Quelques maisons dans cet ailleurs du jardin attaché au cœur abritent des vents contraires.

Niala-Loisobleu – 12 Août 2021

DU BEAU DE MA BELLE Ô JOUES


DU BEAU DE MA BELLE Ô JOUES

Du tant que j’allais seul au devant aucune peine ne vînt chasser un beau authentique de cette poésie que j’en fis trot

Cheval de bataille

les laides montrent leur perfidie en embuscade dans l’anonymat

« j’ai dit »

en initié qui se tait et ouvre l’union

Ô FEMME !

pris d’amour pour la seule qui réunit l’émotion sans omettre…

Niala-Loisobleu – 11 Août 2021