DANS LA SALLE DE BAINS


PIERRE BONNARD

DANS LA SALLE DE BAINS

Bonnard se saisit de la lumière pour se glisser dans la sphère spirituelle

le corps exulte de l’esprit qui lave

Au coeur du jardin fruitier je me trace le seul chemin qui m’attache

La mer est joyeuse comme un poisson qui vole

et de ce qui coule de ma poitrine il me provient un chant d’oiseau bleu…

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Niala-Loisobleu.

7 Mars 2023

montee respiratoire


MONTEE RESPIRATOIRE

D’entre les cailloux du fond et la vase fertile

monte le souffle qui avale la douleur

C’est rose comme de transparence aquatique

L’enfant me dis viens…

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Niala-Loisobleu.

6 Mars 2023

Être vieux ? – Jacques Bertin


Être vieux ? Oh, je me voyais…
rassasié comme un paysage
peuplé de noces de campagne
festoyant en rires et chants
mais non, je me suis senti comme
un camion lassé du voyage
bourré de mobilier sans âge
et aucune chanson d’enfant
ou ce vieux meuble dans l’entrée
très fier, avec son pied cassé
et sa conception compliquée
qui interdit de le bouger
je me suis senti comme un peuple
dont il ne faudrait plus parler
sur de longs chemins, égaré
sans savoir aller où – un peuple…
soudain je me suis senti vieux
amours éteints par des vents sales
aventures à fond de cale
réussites à un cheveu
ou un chapitre dans un livre
pas marrant (rien que des longueurs…)
lui, assiégé par des vainqueurs
le héros cherchait juste à vivre
ainsi je suis dans mon retrait
et je vous invite à ma table
et à y trinquer, innombrables
plus léger je me sentirai
les vieux, ça fait ça, ça mitonne
eh oui ! Au lieu de s’adapter
les vieux, ça fait ça, ça pardonne
même au vent qui fait que tourner
malheureux, non ; mais transitoire
navigant parmi l’illusoire
c’est un p’tit peu lourd à gérer
un p’tit peu lourd à digérer
soudain je fus vieux pour de bon
ah, vous ne pouvez pas comprendre !
on risque pas de m’y reprendre
j’ai dit vieux, eh ! j’ai pas dit…

Jacques Bertin

VERS LA VOÛTE


VERS LA VOÛTE

Du couloir des morts cette voix de mon fils à laquelle je ne peux répondre me lève du fauteuil pour dire, j’arriverai à toi

J’arriverai à te faire l’écho

J’arriverai à suivre la lisière de notre forêt en tenant la rampe de la lumière pour te revoir debout à ton tour

Patrice

Nous sommes entrés dans la chambre à air du grand navire du soleil

par la voix de Ma qui a tiré le haut-d’eau qui remet à flots depuis Cécile

Fatigué certes par cette infection qui me mine le chenal , mais me voulant dragueur avec mes grenades pour marcher libre dans nos fleurs

Je vous aime…

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Niala-Loisobleu.

6 Mars 2023

DE L’ŒIL OUVERT DE LA BRANCHE


DE L’ŒIL OUVERT DE LA BRANCHE

Des routes molles qui m’entourent je sors les jambes de l’abcès à la traction d’une pensée solide

De la rose pointe au sec de l’écume de la première vague

Le loin est plus près de la maison ouverte à l’odeur des choses…

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Niala-Loisobleu.

6 Mars 2023

LA MAiSON DROITE


LA MAISON DROITE

Sortie des diagonales des girouettes, te voici de l’arbre racinée initiale

Oh comme l’oeil évide les parties creuses et montre la solidité de la pierre que d’autres ont mises en doute

Cette fleur que l’ô tient est vivante

L’abcès qui me déchire la poitrine monte prendre l’air à la guérison de la vérité

Déjà la peinture prend le pas du chemin à suivre…

Niala-Loisobleu.

5 Mars 2023

force suprême


FORCE SUPRÊME

De l’arc bandé des épaules

transperçant la nuit comateuse

au broc de tes lèvres

ma vie

me viennent les gouttes de l’absolu

Une énergie sans nom me remonte à l’échelle de corde

du mystique état des oiseaux …

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Niala-Loisobleu.

4 Mars 2023

SEOIR DU MATIN


SEOIR DU MATIN

Je l’ai fermé sur le sourire qu’il tenait sur le lin

lui laissant de l’eau propre pour le peint de demain

tout en emportant en réponse à l’écho du vent

le parfum qui sentait de loin

comme la trace que les roues de charrette

laissent pour chemin dans l’enfoncement du ressenti

L’oiseau sur sa branche

dans le couchant de soleil

regarde la lumière monter vers les étoiles

l’appelle par son nom

Elle

pas une autre

pose son jabot sous son oreille

lui dit ce que vous n’entendrez pas

remonte le tapis et tourne la clef de l’atelier.

Niala-Loisobleu.

1er Janvier 2023

N’ÊTRE QUE SON PREMIER MATIN JUSQU’AU SOIR


N’ÊTRE

QUE SON PREMIER MATIN

JUSQU’AU SOIR

Jouir les doigts au trempé de peinture fraîche comme on apprenait à lire et à écrire à l’illettrisme

dans le mortier où la lumière se broie pour l’étal

C’est étendre la plage au-delà des méduses

franchir le temps inutile

à l’araire parallèle de la sueur du cheval

bouchonnée à la paille

Comme Marthe m’apprit à dire merci

et René le nombre de marches que compte le palier d’un étage

Elle peut se taire à la foule en délire pour laisser battre son sein au tympan de mon église

seule la bêtise fait voeu de refaire le monde comme tout Président en carton

Je ne mourrai pas sans que tu me dises on y va je te suis

Moi l’oiselle du cerisier

ton émoi bleu outre mer qui vole en archipel.

Niala-Loisobleu.

1er Janvier 2023

Passé la ligne…


Passé la ligne…

Barbara

s’annonce comme ce qu’il faut savoir et surtout distinguer entre le fond et l’apparence

Me voici visible à l’Ecluse

mis à niveau pour le passage

Ce monde à plusieurs faces est un épouvantail redoutant l’oiseau par-dessus tout

aussi il affute son hypocrisie pour le tromper

Par la voie du silence les jours sont baladés en émettant leurs fumées

ruses d’indiens égarant de la seule destination

La poussée du volet libérant la lumière individuelle

Celle d’un Grindel, m’est parvenue au début de l’adolescence

Le matin en quittant la ruche Verneuil, mes pas allaient à sa poésie sans retenue

Visionnaire il m’initia au Surréalisme

Seule ouverture sans limite sur la Muse

Découverte de l’Absolu

De quoi ôter au voeu son machiavélique usage

Et ouvrir sans rien vouloir dénaturer, au mystique dans toute la force de la vérité

L’amour intègre passe par l’inévitable corruption du quotidien

Je peins pour dire autrement

Elle m’entend

Barbara a toujours su la racine

le dernier tableau lui est entièrement dédié

Je lui donne en bonne année comme pour lui dire, je suis là, je tiens sans me retenir autrement qu’au chevalet, La Chaume fertile, la couleur poétique, cet enfant silencieux là, ce sein de sel, plus loin que l’infinité du chien noir, l’Autre-Monde bien réel à la plume de ses vers.

Regarde-le, Barbara, je vis dans son tissage.

Niala-Loisobleu.

1er Janvier 2023