La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Il n’y aurait rien Pas un insecte bourdonnant Pas une feuille frissonnante Pas un animal léchant ou hurlant Rien de chaud rien de fleuri Rien de givré rien de brillant rien d’odorant Pas une ombre léchée par la fleur de l’été Pas un arbre portant des fourrures de neige Pas une joue fardée par un baiser joyeux Pas une aile prudente ou hardie dans le vent Pas un coin de chair fine pas un bras chantant Rien de libre ni de gagner ni de gâcher Ni de s’éparpiller ni de se réunir Pour le bien pour le mal Pas une nuit armée d’amour ou de repos Pas une voix d’aplomb pas une bouche émue Pas un sein dévoilé pas une main ouverte Pas de misère et pas de satiété Rien d’opaque rien de visible Rien de lourd rien de léger Rien de mortel rien d’éternel Il y aurait un homme N’importe quel homme Moi ou un autre Sinon il n’y aurait rien.
Prenant mon portail à deux mains je tire ce qui reste
à l’intérieur
pour nourrir mon jardin
car en allant de droite à gauche
il se trouve que je me demande ce que l’on cherche réellement à construire en cassant
Les rues de marelles et les cours de savoir-vivre des fenêtres qui dialoguent, je veux dire les populaires d’une soupe plein l’assiette, pas les racolages internet pour lever des casseurs comme on place des putes pour parler de l’avenir de la femme
un trottoir ourlant
un quai bordant
une gare pour les départs et les arrivées
ces bateaux transe atlantique qui en épousant la vague ne font pas vomir
point barre
.
Le jardin d’herbe, d’iris, et les anémones de mes cheminées réunies, je déculotte le chien
d’aboiements de vie
bande l’arc
coupe le sot à l’élastique
pour laisser balloter les seins à leur guise dans le bons sens du déménageur
tel ce printemps
qui en poétisant mène sa révolte
sans se jouer de la nature avec une politique de combines mensongères
à nouveau, une nuit, de passage. le soleil s’est retiré, temporairement. tu devrais le suivre ! pourtant, les ténèbres illuminent ton instinct. la lune en fait autant au-dessus des flots au-dessus du sable mouillé.
une boussole ouvre le chemin là où tu es perdu entre le réel et l’irréel le territoire de l’utopie dans laquelle un rêve t’a précipité. leurs créatures, faites d’une nuit noire sans étoiles et d’une rare végétation, portent leurs belles silhouettes difformes et leurs contours indéfinissables.
il te revient de combler le fossé entre les frontières le cours du temps ne te fera pas retourner sur la rive de la vérité jusqu’à ce que tu décides de reconstruire ton propre monde : être incognito, vivant quelque part, sur terre.
Ces méandres où s’enfilent quelques mots Ce sont pensées d’un fleuve de lumière Jusque sur ses rives
Traçons-en une ligne Qui avale aussi l’obscur Et relève leur suspend comme Dans des cendres redevenant boue Où patauge un sens pour Tous les sens
Ce sens livré à sa naissance Comme par un cri On le ferait Exister : Statue trempée au suc de la vie Qui cheminerait nue sur Des terres inconnues …
Saisie comme par un pacte avec l’enfance Elle épouserait la faune Des villes Mais …
Rien de la pensée ne pourrait grimper Dans le train des sensations urbaines Si elle devait faire sienne La guerre des illusions
Au plus grand tracas pour des places La pensée s’effondrerait En ne reconnaissant Son chemin Initial
Fendue … Elle serait fendue en son tréfonds Ne saisissant plus de la ville Qu’un ordre fixe Dans la vitrine De son mouvement … Livrée à elle-même – Elle serait elle-même pétrifiée …
Premier souffle – première lueur – Ce serait au comble De l’innocence Et pour la questionner Qu’on retournerait à soi Comme à un abîme de nouveautés A entendre … :
Relève d’un cœur hors de l’oubli de l’oubli Relève d’un corps dans La plus serrée des Danses de l’amour
Là – ne gisant plus que dans la « docte ignorance » On attrape le plus harnaché des savoirs Pour le relancer au galop De l’instant Ainsi s’ouvrent les chaos urbains Sur tous les assauts De la lumière Au creux des Ombres
Un simple regard posé à l’insu De tout silence qui Se voudrait Rédempteur Entre dans la voix attractive Pour tous ses sauts Dans la vie
Nulle « toison d’or » pour habiller La peau de ce qui naît Sans-cesse Nulle gueuse de mort entrée Subrepticement dans La chair des mots Ne saurait Niveler les cris modulés
Mais nous fouillons – nous creusons Dans la nuit bardée de Lumières et … Nous y trouvons place et lieux Où résistent – saison après saison Les arborescences proches De la Marianne Nous la redécouvrons abandonnée Au gouffre obscur de La mémoire …
N’a-t-elle pas tant crié aux Rendez-vous des Lumières de La ville ?
Et nous ne disons pas Adieu Nous filons le coton Assourdissant Au creux Des oreilles du silence Nous filons et modulons le long Hurlement de la vie Absentée là En écoutant les voix allègres De l’amitié au bord à bord Avec un monde Qui semble S’en aller
Et sans promesse autre Que celle qui lie les amants Nous n’attendons que l’insurrection De la vie dont le poète Est un enfant
Alain Minod
Il n’y a plus rien – Léo Ferré
Écoute, écoute Dans le silence de la mer Il y a comme un balancement maudit qui vous met le cœur à l’heure Avec le sable qui se remonte un peu Comme les vieilles putes qui remontent leur peau Qui tirent la couverture Immobile L’immobilité, ça dérange le siècle C’est un peu le sourire de la vitesse Et ça sourit pas lerche, la vitesse, en ces temps Les amants de la mer s’en vont en Bretagne ou à Tahiti C’est vraiment con, les amants Il n’y a plus rien
Camarade maudit, camarade misère Misère, c’était le nom de ma chienne qui n’avait que trois pattes L’autre, le destin la lui avait mise de côté Pour les olympiades de la bouffe Et des culs semestriels qu’elle accrochait dans les buissons Pour y aller de sa progéniture Elle est partie, Misère Dans des cahots Quelque part dans la nuit des chiens. Camarade tranquille, camarade prospère Quand tu rentreras chez toi Pourquoi chez toi?
Quand tu rentreras dans ta boîte, rue d’Alésia ou du Faubourg Si tu trouves quelqu’un dans ton lit Si tu y trouves quelqu’un qui dort Alors va-t’en, dans le matin clairet Seul, te marie pas Si c’est ta femme qui est là, réveille-la de sa mort imagée Fous-lui une baffe Comme à une qui aurait une syncope ou une crise de nerfs… Tu pourras lui dire « Dis, t’as pas honte de t’assumer comme ça dans ta liquide sénescence? Dis, t’as pas honte? Alors qu’il y a quatre-vingt-dix mille espèces de fleurs? Espèce de conne! » Et barre-toi! Divorce-la, te marie pas!, Tu peux tout faire T’empaqueter dans le désordre Pour l’honneur, pour la conservation du titre Le désordre, c’est l’ordre moins le pouvoir! Il n’y a plus rien
Je suis un nègre blanc qui mange du cirage Parce qu’il se fait chier à être blanc, ce nègre Il en a marre qu’on lui dise: « Sale blanc! » À Marseille, la Sardine qui bouche le port Était bourrée d’héroïne Et les hommes-grenouilles n’en sont pas revenu Libérez les sardines Et y aura plus de mareyeurs!
Si tu savais ce que je sais On te montrerait du doigt dans la rue, alors Il vaut mieux que tu ne saches rien Comme ça, au moins, tu es peinard, anonyme, citoyen!
Tu as droit, citoyen, au minimum décent À la publicité des enzymes et du charme Au trafic des dollars et aux trafiquants d’armes Qui traînent les journaux dans la boue et le sang
Tu as droit à ce bruit de la mer qui descend Et si tu veux la prendre, elle te fera du charme Avec le vent au cul et des sextants d’alarme Et la mer reviendra sans toi, si tu es méchant
Les mots, toujours les mots, bien sûr! Citoyens! Aux armes! Aux pépées, citoyens! À l’amour, citoyens! Nous entrerons dans la carrière Quand nous aurons cassé la gueule à nos aînés! Les préfectures sont des monuments en airain Un coup d’aile d’oiseau ne les entame même pas, c’est vous dire! Nous ne sommes même plus des Juifs allemands Nous ne sommes plus rien Il n’y a plus rien
Des futals bien coupés sur lesquels lorgnent les gosses, certes! Des poitrines occupées, des ventres vacants Arrange-toi avec ça! Le sourire de ceux qui font chauffer leur gamelle Sur les plages reconverties et démoustiquées C’est-à-dire en enfer Là où Dieu met ses lunettes noires Pour ne pas risquer d’être reconnu par ses admirateurs Dieu est une idole, aussi! Sous les pavés, il n’y a plus la plage Il y a l’enfer et la sécurité Notre vraie vie n’est pas ailleurs, elle est ici Nous sommes au monde, on nous l’a assez dit N’en déplaise à la littérature Les mots, nous leur mettons des masques, un bâillon sur la tronche À l’encyclopédie, les mots! Et nous partons avec nos cris! Et voilà! Il n’y a plus rien, plus, plus rien Je suis un chien? Perhaps! Je suis un rat? Rien Avec le cœur battant jusqu’à la dernière battue
Nous arrivons avec nos accessoires Pour faire le ménage dans la tête des gens Apprends donc à te coucher tout nu! Fous en l’air tes pantoufles! Renverse tes chaises! Mange debout! Assois-toi sur des tonnes d’inconvenances Et montre-toi à la fenêtre en gueulant des gueulantes de principe Si jamais tu t’aperçois que ta révolte s’encroûte Et devient une habituelle révolte, alors Sors, marche, crève, baise Aime enfin les arbres, les bêtes Et détourne-toi du conforme et de l’inconforme Lâche ces notions, si ce sont des notions Rien ne vaut la peine de rien Il n’y a plus rien…Plus, plus rien
Invente des formules de nuit, « cin, c’est la nuit! » Même au soleil, surtout au soleil, c’est la nuit Tu peux crever Les gens ne retiendront même pas une de leurs inspirations Ils canaliseront sur toi leur air vicié En des regrets éternels puant le certificat d’étude Et le catéchisme ombilical, c’est vraiment dégueulasse! Ils te tairont, les gens, les gens taisent l’autre, toujours Regarde, à table, quand ils mangent, ils s’engouffrent dans l’innommé Ils se dépassent eux-mêmes et s’en vont vers l’ordure et le rot ponctuel!
La ponctuation de l’absurde, c’est bien ce renversement Des réacteurs abdominaux, comme à l’atterrissage On rote et on arrête le massacre Sur les pistes de l’inconscient Il y a des balises baveuses Toujours un peu se souvenant du frichti, de l’organe, du repu Mes plus beaux souvenirs sont d’une autre planète Où les bouchers vendaient de l’homme à la criée
Moi, je suis de la race ferroviaire qui regarde passer les vaches Si on ne mangeait pas les vaches, les moutons et les restes Nous ne connaîtrions ni les vaches, ni les moutons, ni les restes Au bout du compte, on nous élève pour nous becqueter Alors, becquetons! Côte à l’os pour deux personnes, tu connais?
Heureusement il y a le lit, un parking! Tu viens, mon amour? Et puis, c’est comme à la roulette, on mise, on mise Si la roulette n’avait qu’un trou, on nous ferait miser quand même D’ailleurs, c’est ce qu’on fait! Je comprends les joueurs Ils ont trente-cinq chances de ne pas se faire mettre Et ils mettent, ils mettent Le drame, dans le couple, c’est qu’on est deux Et qu’il n’y a qu’un trou dans la roulette
Quand je vois un couple dans la rue, je change de trottoir! Te marie pas, ne vote pas, sinon t’es coincé
Elle était belle comme la révolte Nous l’avions dans les yeux Dans les bras, dans nos futals Elle s’appelait l’imagination Elle dormait comme une morte, elle était comme morte Elle sommeillait, on l’enterra de mémoire
Dans le cocktail Molotov, il faut mettre du Martini, mon petit! Transbahutez vos idées comme de la drogue. Tu risques rien à la frontière Rien dans les mains, rien dans les poches, tTout dans la tronche!
Vous n’avez rien à déclarer? (Non) Comment vous nommez-vous? Karl Marx (allez, passez) Nous partîmes. Nous étions une poignée Nous nous retrouverons bientôt démunis, seuls, avec nos projets dans le passé Écoutez-les, écoutez-les Ça râpe comme le vin nouveau Nous partîmes, nous étions une poignée Bientôt ça débordera sur les trottoirs La parlote, ça n’est pas un détonateur suffisant Le silence armé, c’est bien, mais il faut bien fermer sa gueule Toutes des concierges! Écoutez-les, il n’y a plus rien
Si les morts se levaient? Hein? Nous étions combien? Ça ira! La tristesse, toujours la tristesse Ils chantaient, ils chantaient Dans les rues, « te marie pas » Ceux de San Francisco, de Paris, de Milan Et ceux de Mexico, bras dessus, bras dessous Bien accrochés au rêve, ne vote pas
Ô, DC-8 des pélicans Cigognes qui partent à l’heure Labrador, lèvres des bisons J’invente en bas des rennes bleus En habit rouge du couchant Je vais à l’ouest de ma mémoire Vers la clarté, vers la clarté
Je m’éclaire la nuit dans le noir de mes nerfs Dans l’or de mes cheveux j’ai mis cent mille watts Des circuits sont en panne dans le fond de ma viande J’imagine le téléphone dans une lande Celle où nous nous voyons, moi et moi Dans cette brume obscène au crépuscule teint Je ne suis qu’un voyant embarrassé de signes Mes circuits déconnectent Je ne suis qu’un binaire
Mon fils, il faut lever le camp comme lève la pâte Il est tôt. Lève-toi. Prends du vin pour la route Dégaine-toi du rêve anxieux des bien-assis Roule, roule, mon fils, vers l’étoile idéale Tu te rencontreras, tu te reconnaîtras Ton dessin devant toi, tu rentreras dedans La mue ça se fait à l’envers dans ce monde inventif Tu reprendras ta voix de fille et chanteras demain Retourne tes yeux au-dedans de toi Quand tu auras passé le mur du mur Quand tu auras outrepassé ta vision Alors tu verras rien, il n’y a plus rien
Que les pères et les mères Que ceux qui t’ont fait Que ceux qui ont fait tous les autres Que les « Monsieur », que les « Madame » Que les assis dans les velours glacés, soumis, mollasses Que ces horribles magasins roulants Qui portent tout en devanture Tous ceux à qui tu pourras dire « Monsieur, Madame »
Laissez donc ces gens-là tranquilles Ces courbettes imaginées que vous leur inventez Ces désespoirs soumis Toute cette tristesse qui se lève le matin À heure fixe pour aller gagner vos sous Avec les poumons resserrés Les mains grandies par l’outrage et les bonnes mœurs Les yeux défaits par les veilles soucieuses Et vous comptez vos sous? Pardon, leurs sous!
Ce qui vous déshonore C’est la propreté administrative Écologique, dont vous tirez orgueil Dans vos salles de bains climatisées Dans vos bidets déserts, en vos miroirs menteurs
Vous faites mentir les miroirs! Vous êtes puissants au point de vous refléter tels que vous êtes Cravatés, envisonnés Empapaoutés de morgue et d’ennui dans l’eau verte qui descend Des montagnes et que vous vous êtes arrangés pour soumettre À un point donné, à heure fixe Pour vos narcissiques partouzes Vous vous regardez et vous ne pouvez même plus vous reconnaître Tellement vous êtes beaux, et vous comptez vos sous En long, en large En marge de ces salaires que vous lâchez avec précision Avec parcimonie, j’allais dire « en douce » Comme ces aquilons avant-coureurs Et qui racontent les exploits du bol alimentaire Avec cet apparat vengeur et nivellateur Qui empêche toute identification Je veux dire que pour exploiter votre prochain Vous êtes les champions de l’anonymat
Les révolutions? Parlons-en! Je veux parler des révolutions qu’on peut encore montrer Parce qu’elles vous servent, parce qu’elles vous ont toujours servi Ces révolutions qui sont de « l’Histoire » Parce que les « histoires » ça vous amuse, avant de vous intéresser Et quand ça vous intéresse, il est trop tard On vous dit qu’il s’en prépare une autre Et lorsque quelque chose d’inédit vous choque et vous gêne Vous vous arrangez la veille Toujours la veille, pour retenir une place Dans un palace d’exilés, dans un pays sûr Entouré du prestige des déracinés Les racines profondes de ce pays, c’est vous, paraît-il Et quand on vous transbahute d’un désordre de la rue Comme vous dites, à un ordre nouveau Vous vous faites greffer au retour et on vous salue Depuis deux cents ans, vous prenez des billets pour les révolutions. Vous seriez même tentés d’y apporter votre petit panier Pour n’en pas perdre une miette, n’est-ce-pas? Et les vauriens qui vous amusent Ces vauriens qui vous dérangent aussi On les enveloppe dans un fait divers Pendant que vous enveloppez les vôtres dans un drapeau
Vous vous croyez toujours, vous autres, dans un haras La race ça vous tient debout dans ce monde que vous avez assis Vous avez le style du pouvoir Vous en arrivez même à vous parler à vous-mêmes Comme si vous parliez à vos subordonnés De peur de quitter votre stature, vos boursouflures De peur qu’on vous montre du doigt, dans les corridors de l’ennui Et qu’on se dise « tiens, il baisse » « Il va finir par se plier, par ramper » Soyez tranquilles! Pour la reptation, vous êtes imbattables Seulement, vous ne vous la concédez que dans la métaphore Vous voulez bien vous allonger, mais avec de l’allure Cette « allure » que vous portez, Monsieur, à votre boutonnière Et quand on sait ce qu’a pu vous coûter de silences aigres De renvois mal aiguillés, de demi-sourires séchés comme des larmes
Ce ruban malheureux et rouge comme la honte Dont vous ne vous êtes jamais décidé à empourprer votre visage Je me demande pourquoi la nature met Tant d’entêtement, tant d’adresse Et tant d’indifférence biologique À faire que vos fils ressemblent à ce point à leurs pères Depuis les jupes de vos femmes matrimonières Jusqu’aux salonnardes équivoques où vous les dressez à boire Dans votre grand monde, à la coupe des bien-pensants Moi, je suis un bâtard Nous sommes tous des bâtards
Ce qui nous sépare, aujourd’hui C’est que votre bâtardise à vous est sanctionnée par le code civil Sur lequel, avec votre permission Je me plais à cracher, avant de prendre congé Soyez tranquilles, vous ne risquez rien! Il n’y a plus rien Et ce rien, on vous le laisse! Foutez-vous-en jusque-là, si vous pouvez Nous, on peut pas, un jour, dans dix mille ans Quand vous ne serez plus là, nous aurons tout Rien de vous, tout de nous
Nous aurons eu le temps d’inventer la Vie, la Beauté, la Jeunesse Les larmes qui brilleront comme des émeraudes dans les yeux des filles Les bêtes enfin détraquées, la priorité à gauche, permettez! Nous ne mourrons plus de rien, nous vivrons de tout Et les microbes de la connerie Que vous n’aurez pas manqué de nous léguer l’montant de vos fumures De vos livres engrangés dans vos silothèques De vos documents publics De vos règlements d’administration pénitentiaire De vos décrets, de vos prières, même Tous ces microbes juridico-pantoufles, soyez tranquilles! Nous avons déjà des machines pour les révoquer Nous aurons tout Dans dix mille ans!
Des fonds d’un panier vide dont les anses qu’une infection avait coupé
manquaient
sans que s’arrête l’horloge cardiologique
on cherchait à travers les mouvements de la campagne, un arbre remuant d’oiseau
Certains trop pressés étaient déjà dans les tiroirs à fouiller, alors que d’autres, les moins nombreux, se tenaient rassénérés au coin de l’estran prochain
Un bateau sur ses jambes finissait de se construire au chantier naval de La Chaume
Les décorateurs furent appelés en premier pour lancer le ménage
Des coulisses où le gendarme ne dormait que d’un oeil, à peine le rideau ouvert, on vit un arc-en-ciel sortir des loges
C’est dense
Les hanches ondulent
les seins tirent le gros bourdon à balancer
et dans le tremblement des cuisses, le ciel écluse l’estuaire
C’est printemps comme un iris qui vulve au milieu de l’herbe folle
Les ocres de la plaine s’adoubent au départ des étreintes fruitières
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