DANS MON CARTABLE


DANS MON CARTABLE

La corde est usée

les pas branlent au chevalet

on ne choisit plus son chemin

on suit l’influenceur les yeux bandés

Reste que son cheval pour monter son manège.

Niala-Loissobleu .

19 Décembre 2022

QUE FAIRE ? – JACQUES BERTIN

Fonder quelque chose

Demeurer vivant

Brûler à tes causes

Courir en avant

Fonder l’amour même

Et l’homme nouveau

Nier le problème

Lancer des bateaux

Ouvrir une route

Cueillir le grand vent

Défier le doute

Brûler le gréement

Atteindre la rive

Débloquer le port

Débarquer les vivres

Débusquer la mort

Tricher sur les dates

Sauver la maison

Avancer sans carte

Plaider la passion

Inventer de l’âme

Gonfler les enjeux

Tutoyer le drame

Rallumer le feu

Renverser la table

Nier le destin

Croire dans ses fables

Retoucher la fin

Rallumer de l’homme

Se laisser hanté

Ramener de l’homme

Tout réinventer

Ramener de l’homme

Cueillir en hiver

Réhabiter l’homme

Planter dans la mer

Parler à mon frère

Te prendre la main

Quelques pas sur terre

Enfant du chagrin

Défier les astres

Marcher au canon

Violer le cadastre

Rétablir les ponts

Croire dans des choses

L ‘homme est dans nos mains

Boire dans des causes

Aimer à sa faim

Boire dans des causes

Aimer à sa faim

Ramener de l’homme

Cueillir en hiver

Réhabiter l’homme

Planter dans la mer

Parler à mon frère

Te prendre la main

Quelques pas sur terre

Enfant du chagrin

Défier les astres

Marcher au canon

Violer le cadastre

Rétablir les ponts

Croire dans des choses

L’homme dans nos mains

Boire dans des causes

Aimer à sa faim

Boire dans des causes

Aimer à sa faim

Boire dans des causes

Aimer à sa faim !

Jacques Bertin

BIFURCATIONS


BIFURCATIONS

Sur la route les fougères piquent du nez, un gros rhume racle le sol et derrière la toux on ne voit aucun canard sortir des iris d’eau. Le facteur met ses publicités plein la boîte sans qu’un seul billet ne s’y joigne. Mots vendeurs parlant de fête en pleine solitude, comme un faux-sein qui racole à la porte d’un décolleté obcène pour vanter l’horrible foutoir de l’allumage érotique

Il y a des chevaux dans mon pré qui sont pas là pour la monte. Être à ras c’est bien mon cas, sans qu’il faille commettre de me prendre pour l’haras étalon de service

L’image présente pointe des nichons au départ de l’aisselle poilue naturelle telle que je devine la source bleue

Objectivité du Bauhaus d’où elle émerge

Comme mon sexe quand l’amour ne lui dégrafait pas la ceinture à l’époque où il se se promenait sans culotte pour s’oxygéner

Les temps changent et c’est loin de faire un scoop. On châtre direct sans pipe au préalable. Ma nature poétique se fout le doigt dans l’oeil à chercher le graal, j’entends sa voix qui me dit: Viens, j’ai mon rottweiller pour te faire une plume

Dans un Pompéi en flammes j’ai perdu les termes de l’Amour Courtois qui comblait mes attentes, restant seul dans le naufrage avec un mal de dos qui n’a rien à voir avec le matin d’une nuit de noces à Venise

Refusant l’aigri d’un acide qui ne mène qu’à l’overdose, je me retire en fuyant Noêl comme je l’ai toujours fait

Ses douleurs depuis que mes enfants m’ont répudié sont abominables

Mon prochain tableau ne sera que dédié à mes utopies personnelles, j’ai envie de me glisser dans la glace, les yeux détournés des poses de modèles. Comme l’espoir qui mène à rien excepté à soi et en corps…

Niala-Loisobleu.

19 Décembre 2022

LE CYCLE DU CHEVAL 2 – ANTONIO RAMOS ROSA


LE CYCLE DU CHEVAL 2

ANTONIO RAMOS ROSA

Il n’en finit pas le cheval d’être cheval

par son nom et par son corps,

par l’argile rouge et le taillis vert,

le commencement de la forme de son être.

Je me glisse à plat ventre pour le voir

dans la gloire de son champ d’herbe rase :

il respire l’air de son air

et la glaise du souffle immobile.

Le jour aussi gris qu’un pain de terre,

l’impatience de ces aines renforce

le marteau dont je bats le sommeil des champs.

Antonio Ramos Rosa

LE CYCLE DU CHEVAL 1 – ANTONIO RAMOS ROSA


LE CYCLE DU CHEVAL 1

ANTONIO RAMOS ROSA

Cheval prêt à s’élancer, à gravir,

mais toujours la terre et le silence

soulèvent la maison et le chemin,

le tronc et la croupe, des noms forts.

Cheval de parole et de terre,

vaste par son nom et par son être,

il court le temps d’un regard sur la plaine,

ou se cabre embrasé sur les maisons.

Cheval à la fureur contenue,

écume d’un hénissement sur le mur

le plus haut de la terre, oreille

de la nuit en forme de cheval

sur l’horizon.

Antonio Ramos Rosa

Dire sans retension


Dire sans retension

Il fait encore noir d’où la nécessité d’éclairer pour ne pas s’égarer

L’erreur d’interprétation est attachée au non-dit qui entraîne sur la mauvaise voie

Retenir sa pensée fait barrage à tout ce qui vient du courant naturel.

Niala-Loisobleu. – 19 Décembre 2022