Emois flottés


Emois flottés

La lune passe entre mes bouées. Dépasse un long cri nautique d’un bout à l’autre d’horizons divers sur un radeau d’épaves

Je regarde mon père nageant avec sa dernière baleine amoureuse de ses fantasmagories. L’évent propice aux victoires en bataille navale. Le cochon n’avait pas en corps de diarrhées d’élevage et la marée noire ignorait l’émigration insensée. Je me souviens de la fille qui un soir au pied du phare m’a éclairée sur nos origines en belle innocence. en me laissant goûter à son artichaud

C’était avant les guères…

Et ce fut au couchant, dans les premiers frissons du soir encombré de viscères, quand, sur les temples frettés d’or et dans les Colisées de vieille fonte ébréchés de lumière, l’esprit sacré s’éveille aux nids d’effraies, parmi l’animation soudaine de l’ample flore pariétale.

Et comme nous courions à la promesse de nos songes, sur un très haut versant de terre rouge chargée d’offrandes et d’aumaille, et comme nous foulions la terre rouge du sacrifice, parée de pampres et d’épices, tel un front de bélier sous les crépines d’or et sous les ganses, nous avons vu monter au loin cette autre face de nos songes : la chose sainte à son étiage, la Mer, étrange, là, et qui veillait sa veille d’Etrangère — inconciliable, et singulière, et à jamais inappariée — la Mer errante prise au piège de son aberration.

St-John-Perse (extrait d’Amers)

Aux flux qui ne cessent, les roses jaunes de mon Capitaines n’ont pas fanées. Le sel a quitté Brouage bien avant que la Mer Morte n’enlise la Route du Tendre

Les calanques des Femmes restent l’unique point de refuge du saumon sauvage à l’abri du féminisme d’élevage et de son orthographe

Les miroirs des Gorgones n’ont qu’une seule face

Les seins que tu poses sur ma table de toilette mouflent mes mains dans la crise.

Niala-Loisobleu – 17 Octobre 2022

LE TIROIR


LE TIROIR

Collées aux murs les odeurs de bête tiennent pour raison principale aux brancards où j’attèle

Le grenier à foin est fleuri de tes robes imprimées

un trou dans le toit pour la lumière

la charpente pour l’exercice aux barres parallèles

C’est là qu’on s’est enseigné à l’exercice de la vie

et qu’on garde ses dessous dans leurs dentellles pour les moments ténébreux

Ta poupée et mon nounours y restent grandis par les montées à l’échelle.

Niala-Loisobleu – 17 Octobre 2022

DE TOI, TES PLEINS ET DELIES ?


NIALA les matins vont jusqu’à quand ?

DE TOI, TES PLEINS ET DELIES ?

Tout autour Reggiani entoure de sa voix « LE TEMPS QUI RESTE » d’un do raide et de jambes qui dérapent de leur âge sans se mentir et pourtant la distance entre la maison et l’atelier ne fait pas obstacle au franchissement. L’oeil colle à son acide et pourtant il se projette à la source. La main sans se couper de sa ligne pousse le pinceau plus loin. En somme vivre c’est se tenir dans et entre survivre aux caractéristiques de son âge et celui de son âme.

Pas encore sèche, la toile sort du chevalet en remettre une nouvelle avant d’avoir trouvé son titre mais comme l’auto-portrait de l’oiseau désireuse de signer ce qu’elle veut crier contre tout ce qui contribue à étendre la laideur de ne pas aimer.

Constatant qu’en ce domaine il n’y a pas d’âge pour être dépassé du hors d’âge, mais seulement un passager lambda hors-sujet.

Quand je pleure tout mon être pousse de vie riche.

Niala-Loisobleu.

17 Octobre 2022

LA PERCÉE


LA PERCÉE

En recherche de clarté ?

Question respiratoire ?

Se fore le tunnel à l’interne de l’aphone des bougies…

Niala-Loisobleu – 17 Octobre 2022