La leçon de piano – Jacques Bertin


PIERRE BONNARD

La leçon de piano

Jacques Bertin

Vous ne pouvez savoir comme ce son du piano
Étouffé au fond des salons cossus des demeures
Sous des lueurs on suppose de lampes d’une belle époque et des murmures apaisés
Vous ne pouvez savoir comme ce son du piano
Presque éteint hésitant sur le seuil de mon front me défait
Ou pose sur mes lèvres sur le seuil un désir de baiser ou de fraîcheur
La grand-mère bien douce qui régnait sur les meubles cirés
Conservant dans des carnets bleus l’histoire des années
Est morte hier un père absent
Une mère plus belle que la mère du roman
Ou de la chanson des lieurs
Le retrouve pour l’amour calme
Et les velours semblent fermer une âme
Où je suis entré sans être invité jamais
On entend le piano où s’appliquent les doigts d’une petite soeur

Et j’y meurs j’y meurs
Tandis que se défont des orages plus loin ailleurs

Jacques Bertin

Vos commentaires seront toujours les bienvenus

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.