La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Les herbes du chemin ont la réalité qui manque à la vraie fleurie et bien entretenue
L’imaginaire finit par procréer une réussite consanguine que vos héritiers ignorent jusqu’à l’heure où vous traversez pour l’autre rive, en vous laissant crever au bord du chemin dont ils se sont extirpés sans jeté votre adresse pour la ramasse
Cette relativité le peintre que je suis, l’aura construite pour de vrai en en faisant sa réalité par la poésie qu’il jardine
Aussi je ne me permettrai pas l’injure qu’aujourd’hui les présidents s’octroient
Je n’emmerderai pas les non vaccinés à l’onirisme qui fit les cathédrales au départ
Je vais avec le chien errant dans l’ombre d’un juif qui plane dans un pyjama à rayures et matricule au poignet, avec tolérance limitée au respect de l’autre, pas celle des livres de bonne conduite qui ne s’appliquent qu’aux autres
les yeux dans la lucidité pour faire de quoi survivre.
Je parle pour celui qui a manqué le train – Jacques Bertin
Je parle pour celui qui a manqué le train Et qui reste tout seul sur le quai. Il s’en moque Toulouse-Éternité : soixante années de train Qu’est-ce que c’est que ce ticket qu’on m’a mis dans la main ?
Je parle pour celui qui a manqué le train Il s’en voudrait de s’embarquer dans ce voyage Et de vivre il s’en fout. Sa vie de lui s’éloigne Dans le wagon de joie de vivre des premières et il s’en fout
Ce train sent la sueur, les femmes qui rigolent Les cris d’enfants, la gueule rasée des officiers Le regard suffisant des femmes engrossées Les causes et les drapeaux, le bon marché, la révolte
C’est un matin très gris, très beau d’une province Tu vas dans le silence des étals et des balcons Tu marches dans la rue, tu t’en fous, tu te moques De toi, de tout, de rien, de ta vie qui s’en va
Ce serait chouette de partir tout seul pour un voyage La vie rêvée, la mort qui tremble de parfums Et dans le paradis sans bruit, comme une enfance Où s’en vont les linges de femmes, parait-il
De la graminée folle sans trafic criminel sous-couvert, ce jardin, dernier carré des buttes aux cailles, réunit l’espoir insensé mis en exclusion par le censé-faire du bar à teint des cages à pool
Mon Baltard sans fumée rescapé de Pompidou
Vieux poils d’une Samaritaine où l’on trouve twoo
le voila mon bateau-mouche qui tourne autour de Notre-Dame restaurée à l’identique
comme ce cri de vieux-loup que l’aube sort de la lune seulement revêtu de son rêve
elle marche de pair à l’essence de l’arbre cachée dans le contenant de l’écorce
derrière le bise-bise de ton trottoir, sur le contoir de ton bistrot, atout dans la manille des joueurs de cartes, Cézanne ouvre-moi
Quand au matin du cantonnier ouvrant l’ô du caniveau, le grand ballet de bouleau entre en Seine et cueille la péniche à convoyer au large de la lumière recherchée, l’Abeille peut remorquer les écluses sont ouvertes
Le Quai des Brumes garde l’atmosphère
Ce rien fait du tout qui s’harmonise aux vouloirs du corps et de l’esprit
Comme Mireille a su mettre des luzernes au petit-chemin, l’émoi d’hiver tient au show du vivant plus sûrement qu’un descriptif d’agence de voyages
Au point d’y croire au chevet d’un arasement des valeurs, sentiment qui rappelle le germe de l’haricot planté dans la peau d’une communale
Si nous n’avons pas le pouvoir d’empêcher les guerres nous avons celui de bercer nos rêves jusqu’à les toiles.
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