Un crin passe


Un crin passe

Voie rouillée d’une gare laissée en route

où les vaches vont-elles voir un film ?

Une gardienne au passage fouille dans ses tiroirs à la recherche d’un chemin de traverse

Des pas perdus attouchent une charentaise.

Niala-Loisobleu – 8 Février 2022

BOUT DE TABLE


BOUT DE TABLE

Sur la grande table les cendres débordent des vers vides

Où est le Phénix cherchent les mots du discours pour faire croire qu’on transporte la paix sur des colonnes de chars?

La guerre prend son tant comme une première victoire.

Niala-Loisobleu – 8 Février 2022

Jacques Bertin / Luc Bérimont – Je t’attends aux grilles des routes


Jacques Bertin / Luc Bérimont – Je t’attends aux grilles des routes

Je t’attends aux grilles des routes
Aux croisées du vent du sommeil
Je crie ton nom du fond des soutes
Des marécages sans oiseaux

Du fond de ce désert de fonte
Où je pose un à un mes pas
J’attends la source de tes bras
De tes cheveux de ton haleine

J’attends la source de tes bras
De tes cheveux de ton haleine
Tu es terrible tu m’enchaînes
Tu me dévastes tu me fais

Je t’attends comme la forêt
Inextricable enchevêtrée
Tissée de renards et de geais
Mais que le matin fait chanter.

Luc Bérimont

PEAU LISSAGE


PEAU LISSAGE

Sereine est la vue sur ton jardin qui passe sur la sorcière de l’entrée

les arrondis mènent droit à la plage

où le talc d’un saut dans l’espace trapèze ton iso sel comme une butineuse que l’arène favorise.

Niala-Loisobleu – 7 Février 2022

CETTE RELATIVITE QUI A ET POSSEDE


CETTE RELATIVITE QUI A ET POSSEDE

Les herbes du chemin ont la réalité qui manque à la vraie fleurie et bien entretenue

L’imaginaire finit par procréer une réussite consanguine que vos héritiers ignorent jusqu’à l’heure où vous traversez pour l’autre rive, en vous laissant crever au bord du chemin dont ils se sont extirpés sans jeté votre adresse pour la ramasse

Cette relativité le peintre que je suis, l’aura construite pour de vrai en en faisant sa réalité par la poésie qu’il jardine

Aussi je ne me permettrai pas l’injure qu’aujourd’hui les présidents s’octroient

Je n’emmerderai pas les non vaccinés à l’onirisme qui fit les cathédrales au départ

Je vais avec le chien errant dans l’ombre d’un juif qui plane dans un pyjama à rayures et matricule au poignet, avec tolérance limitée au respect de l’autre, pas celle des livres de bonne conduite qui ne s’appliquent qu’aux autres

les yeux dans la lucidité pour faire de quoi survivre.

Niala-Loisobleu – 7 Février 2022

PILE EFFACE


PILE EFFACE

Le bon choix tombe à pic pour garder l’humeur en sel

Les rênes d’une belle poitrine en mains sont gagnantes au saut d’obstacles

Un sourire en offrande des deux côtés transperce l’animosité.

Niala-Loisobleu – 7 Février 2022

Je parle pour celui qui a manqué le train – Jacques Bertin



Je parle pour celui qui a manqué le train – Jacques Bertin

Je parle pour celui qui a manqué le train
Et qui reste tout seul sur le quai. Il s’en moque
Toulouse-Éternité : soixante années de train
Qu’est-ce que c’est que ce ticket qu’on m’a mis dans la main ?

Je parle pour celui qui a manqué le train
Il s’en voudrait de s’embarquer dans ce voyage
Et de vivre il s’en fout. Sa vie de lui s’éloigne
Dans le wagon de joie de vivre des premières et il s’en fout

Ce train sent la sueur, les femmes qui rigolent
Les cris d’enfants, la gueule rasée des officiers
Le regard suffisant des femmes engrossées
Les causes et les drapeaux, le bon marché, la révolte

C’est un matin très gris, très beau d’une province
Tu vas dans le silence des étals et des balcons
Tu marches dans la rue, tu t’en fous, tu te moques
De toi, de tout, de rien, de ta vie qui s’en va

Ce serait chouette de partir tout seul pour un voyage
La vie rêvée, la mort qui tremble de parfums
Et dans le paradis sans bruit, comme une enfance
Où s’en vont les linges de femmes, parait-il

L’Arche de nos Hé


L’Arche de nos Hé

De la graminée folle sans trafic criminel sous-couvert, ce jardin, dernier carré des buttes aux cailles, réunit l’espoir insensé mis en exclusion par le censé-faire du bar à teint des cages à pool

Mon Baltard sans fumée rescapé de Pompidou

Vieux poils d’une Samaritaine où l’on trouve twoo

le voila mon bateau-mouche qui tourne autour de Notre-Dame restaurée à l’identique

comme ce cri de vieux-loup que l’aube sort de la lune seulement revêtu de son rêve

A la brou être comme image du Kama-Sutra

Niala-Loisobleu – 6 Février 2022

La couleur complémentaire


La couleur complémentaire

Non assujettie aux étals racoleurs munis si pâles

elle marche de pair à l’essence de l’arbre cachée dans le contenant de l’écorce

derrière le bise-bise de ton trottoir, sur le contoir de ton bistrot, atout dans la manille des joueurs de cartes, Cézanne ouvre-moi

Quand au matin du cantonnier ouvrant l’ô du caniveau, le grand ballet de bouleau entre en Seine et cueille la péniche à convoyer au large de la lumière recherchée, l’Abeille peut remorquer les écluses sont ouvertes

Le Quai des Brumes garde l’atmosphère

Ce rien fait du tout qui s’harmonise aux vouloirs du corps et de l’esprit

Comme Mireille a su mettre des luzernes au petit-chemin, l’émoi d’hiver tient au show du vivant plus sûrement qu’un descriptif d’agence de voyages

Au point d’y croire au chevet d’un arasement des valeurs, sentiment qui rappelle le germe de l’haricot planté dans la peau d’une communale

Si nous n’avons pas le pouvoir d’empêcher les guerres nous avons celui de bercer nos rêves jusqu’à les toiles.

Niala-Loisobleu – 6 Février 2022