La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Si je porte à mon cou En souvenir de toi Ce souvenir de soie Qui se souvient de nous Ce n’est pas qu’il fasse froid Le fond de l’air est doux
C’est qu’encore une fois J’ai voulu comme un fou Me souvenir de toi De tes doigts sur mon cou Me souvenir de nous Quand on se disait « vous »
Si je porte à mon cou En souvenir de toi Ce sourire de soie Qui sourit comme nous Souriions autrefois Quand on se disait « vous »
En regardant l’soir Tomber sur nos genoux C’est qu’encore une fois J’ai voulu revoir Comment tombe le soir Quand on s’aime à genoux
Si je porte à mon cou En souvenir de toi Ce soupir de soie Qui soupire après nous Ce n’est pas pour que tu voies Comme je m’ennuie sans toi
C’est qu’il y a toujours L’empreinte, sur mon cou L’empreinte de tes doigts De tes doigts qui se nouent L’empreinte de ce jour Où les doigts se dénouent
Si je porte à mon cou En souvenir de toi Cette écharpe de soie Que tu portais chez nous Ce n’est pas pour que tu voies Comme je m’ennuie sans toi Ce n’est pas qu’il fasse froid Le fond de l’air est doux
Poésie entremetteuse, qui concilie le nouveau monde et les nouveaux venus, qui présente aux villes anciennes les yeux nouveaux qui ne reconnaîtraient rien, elle est la jeune institutrice qui guide les enfants aux lieux étranges et reculés, redoutables, de leur temps, pour qu’ils ne restent pas muets. Elle réinstaure un bon voisinage entre le siècle, que transforment les ingénieurs illettrés, et ses habitants, pour que même imprévu il demeure habitable, si le poète l’a défrayé, dédicacé — Poésie passerelle.
Ou poésie nostalgique, écarquillée vers le présent en ruines, amie des cimetières ; car peut-être n’est-il plus possible d’unir le neuf à l’ancien ? Attention à la poésie socialiste, avec ses tramways et ses pylônes électriques, si à-la-traîne, si putain, qui s’essouffle et peut à peine suivre.
Son office, en tout cas, irremplaçable : rassembler le jour, lier les différences de ma journée pour en tisser le sens commun. Comme les sens transmettent à la centrale psychique l’approche bigarrée des choses, de même et profondément il convient que soient liées en un sens-commun les surprises décousues que réservent les heures, les gratifications improvisées du matin et du soir, flocons différents des instants, caresse des lisières aux flancs du train ; que soit prise dans le texte, sensée dans l’unique roman, l’invraisemblable, l’excessive averse des signes, pour que trépassent le moins de choses possible. S’il n’y avait qu’en la causalité que ce qui est pût trouver un sens, le déchet serait monstrueux ; si la seule science pouvait fonder une communauté, je serais toujours, et toujours plus, et a tout instant, bien seul avec ma coquille de bruit. Mais fureteuse, butineuse, comparante, œuvrante, sémaphorique, la poésie veille au sens ; elle transmue la contingence en vérité, la mosaïque du perçu en dessin. Sans le remue-ménage poétique, je serais pareil à un homme dont l’ouïe et la vue ne seraient pas réunies à un même monde : un fou.
Le phénomène, ça n’est pas si simple ; avant le poème, il n’y a pas encore de phénomène.
Des traversées qui rampent durant la nuit vont, . lamparo allumé, trémaille aux mains et aiguilles qui pêchent à la traîne des heures le désir de remonter l’amour absolu, ouïes en pleine énergie
Comme dans une odyssée de pis commença la vallée d’un Nil à soie, sauvage , qui muta le papillon en fleur pour installer l’Abeille
Marche initiatique où le feu, l’eau et l’air feulent comme le tigre de PI
la rencontre de ces deux expressions d’Art n’a pas eu dès le départ de visée commerciale
rien que la puissance attractive d’un sentiment recherchant sa symbiose pour combattre la fureur d’éléments mis à disposition de garnissage du catalogue de toutes les atrocités humaines
Les mesures du temporel se sont dissoutes dans l’intemporel de l’histoire à compte d’hauteur étalant ses bornes en inégales distances
Et l’embarcadère maintenu ferme sur ses pilotis est là au pied du phare qui dépêche ses appareillages
transport d’anémones d’une mer à l’autre, en provenance de ses jardins
La côte malmenée redresse ses mâts, les yeux tournés sur le bassin de rétention où la transparence de l’eau met Clémence en clairvoyance sur les dernièrs bancs de la peur qui vient de sévir
Le sens devenu plus compréhensible tombe du masque ce qui était caché derrière
Du supposé laissé par l’arrangement des faits la vérité sort nue dans son véritable appareil
La Rentrée a un sens tout à fait personnel qui prend la direction qui se cachait dans les effets de la tempête
La main tenue ferme assure l’équilibre que la volonté requiert d’elle-même.
Du peu qu’on peut en apercevoir au levé, ne retenir d’un nouveau jour, quoi qui puisse s’en déduire, est neuf à faire le choix de la fameuse moitié du vers
L’auto dans ce cas n’a pas de rapport avec un jeu qui fait fureur dans l’impôt déguisé que tout Etat met en jeu
Tu habites assez hôte en moi pour justifier mon désir de monter d’abord à toi
Cet arbre a ses feuilles prêtes à revenir au pouls de l’escalade
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