La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Elle chante au milieu du bois La source et je me demande S’il faut croire en cette légende D’une fille qu’on y trouva Elle était blonde elle était douce Elle aimait à se reposer Dans les bois couchée sur la mousse Écoutant les oiseaux chanter Un jour qu’elle allait à la ville Par le bois où elle passait Elle vit soudain immobile Trois hommes qui la regardaient Trois hommes qui la regardaient Elle chante au milieu du bois La source et je me demande S’il faut croire en cette légende D’une fille qu’on y trouva Ils étaient là trois à l’attendre Trois hommes-loups cette brebis Elle avait la chair bien trop tendre Ils avaient bien trop d’appétit Elle ne savait pas défendre Le souffle léger de sa vie Elle tomba sur l’herbe tendre Comme un oiseau tombe du nid Comme un oiseau tombe du nid Elle chante au milieu du bois La source et je me demande S’il faut croire en cette légende D’une fille qu’on y trouva Quand on la souleva de terre Comme une grande fleur coupée Sa robe blanche et la lumière On aurait dit une mariée Quand on la souleva de terre On aurait dit comme un grand lit Entre les feuilles entre les pierres Une claire source a jailli Une claire source a jailli Elle chante au milieu du bois La source et je me demande S’il faut croire en cette légende D’une fille qu’on y trouva S’il faut croire en cette légende D’une fille qu’on y trouva
Si au loin se rapproche un ciel traversé de désirs funestes, viens et pose ton coude sur la table pour que l’anémone dise à ta tête de s’incliner vers elle, ça lui donnera matière à pencher du bon côté
Il nous reste, sans rien mesurer en dehors de l’instant présent, qu’à choisir librement la position qui enfantera le bien-être
Je sais qu’on ne peut pas savoir où et quand la bombe tombera, je me souviens seulement comme durant la dernière oppression, l’amour a gardé l’envie au-dessus de tout dans ses insurrections
Des murs qui posent un cerne sous l’aire de jeux comme une escarbille dans la fenêtre, en glissant mon levier sous l’éboulis, je soulève de quoi voir au-dessus du JE NOUS
D’un accent comme d’une couleur à l’autre le lien devrait voir en commun le beau sans le vouloir pour lui tout seul
N’arrête rien de l’oiseau qui vole ou du chien qui flaire ils transportent l’un comme l’autre le savoir mystique de là sève dans la tige-mère
Voilà pourquoi j’ai pris un billet pour ta gare avant que le train s’arrête
Pour mieux se confondre avec tout ce qui l’entoure
Ses yeux couleur de houle
A Pimproviste sont la mare tirant à elle le linge sale
les détritus Celle qui arrête toujours l’homme La mare avec sa petite place de l’Opéra dans le
ventre
Car la phosphorescence est la clé des yeux de la Bête
Qui se lèche
Et sa langue
Dardée on ne sait à l’avance jamais vers où
Est un carrefour de fournaises
D’en dessous je contemple son palais
Fait de lampes dans des sacs
Et sous la voûte bleu de roi
D’arceaux dédorés en perspective l’un dans l’autre
Pendant que court le souffle fait de la généralisation à l’infini de celui de ces misérables le torse nu qui se produisent sur la place publique avalant des torches à pétrole dans une aigre pluie de sous
Les pustules de la Bête resplendissent de ces hécatombes de jeunes gens dont se gorge le Nombre Les flancs protégés par les miroitantes écailles que
sont les armées Bombées dont chacune tourne à la perfection sur sa
charnière Bien qu’elles dépendent les unes des autres non
moins que les coqs qui s’insultent à l’aurore de
fumier à fumier On touche au défaut de la conscience pourtant
certains persistent à soutenir que le jour va
naître La porte j’ai voulu dire la Bête se lèche sous l’aile Et l’on voit est-ce de rire se convulser des filous au
fond d’une taverne Ce mirage dont on avait fait la bonté se raisonne C’est un gisement de mercure Cela pourrait bien se laper d’un seul coup J’ai cru que la Bête se tournait vers moi j’ai revu
la saleté de l’éclair Qu’elle est blanche dans ses membranes dans le
délié de ses bois de bouleaux où s’organise le
guet Dans les cordages de ses vaisseaux a la proue desquels
plonge une femme que les fatigues de l’amour ont
parée d’un loup vert Fausse alerte la Bête garde ses griffes en couronne
érectile autour des seins J’essaie de ne pas trop chanceler quand elle bouge
la queue Qui est à la fois le carrosse biseauté et le coup de
fouet Dans l’odeur suffocante de cicindèle
De sa litière souillée de sang noir et d’or vers la lune elle aiguise une de ses cornes à l’arbre enthousiaste du grief
l’incertain est plus que jamais à l’entrée du chemin
Aussi je veux te noter sans rien perdre dans mon Carnet de Vie
puis le remplir de tes mots que mes couleurs ont mises à l’ô depuis ta source
Mer céleste tressée d’algues, prairies en archipel, pores de cabotage
vallons d’alpage, où les forêts en broche tiennent les clairières en camées
les derniers animaux sauvages dans nos traces
pour partir en chanté l’un dans l’autre
avec Bertin
Niala-Loisobleu – 24 Février 2022
Jacques Bertin -Carnet
Il y a beaucoup de morts dans le journal d’hier Et beaucoup de misère mais partout Beaucoup de gens qui restent indifférents Le lendemain tout semble déjà moins grave
Je ne voudrais pas que tu vieillisses trop vite
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Avant que nous ayons eu le temps de nous arrêter Et de nous dire : nous sommes heureux Que nous nous regardions encore une fois Dans le miroir amoureux des sourires Que je te trouve belle encore une fois Je veux encore du temps pour offrir Ton corps aux regards de passage Gens de passage prenez cette femme Possédez-la un jour elle ne sera plus rien Montre-toi nue danse pour eux Possédez-la qu’elle demeure Et demeure l’empreinte de ses doigts dans le sol
Je sens maintenant que tout va un peu plus vite Pourtant nous avons juste trente ans Je m’arrête et je te regarde Ai-je assez profité de toi ? J’arrête le monde et je regarde Car il est plus que temps aujourd’hui de vivre Je cherche à écrire de plus en plus simplement Dans le journal d’hier beaucoup de morts Et puis partout beaucoup de gens indifférents Nous sommes peu nombreux à veiller Nous tenons la lampe allumée Nous repoussons de toutes nos forces le sommeil Et la lampe nous fait les yeux brillants
Nous tenons la lampe allumée Nous ne vieillissons pas
Le vent soulève plus de poussières que d’aire pure où se garer
attention le chahut actuel déplace la cinquième colonne comme qui rigole
Le coq doit vérifier la ponte des poules pour enrayer la propagation des couvées d’erreurs
plutôt que de voir la guerre et ses nuisances déborder des frontières la fermeture du gaz peut protéger de la construction des maudites chambres
je me rappelle d’une course aux signatures qui se termina au Vel d’Hiv à cause d’une collaboration abominable
Ce qui se passe actuellement dans la tête de coupables tentations rassemble l’absence de clairvoyance d’une pauvreté d’esprit qui peut aller bien trop loin,
qui parle d’union est à regarder au plus profond du dedans de la véritable intention.
Un homme sur un banc dans une rue qui fuit la foule
Et que la solitude comble
Place à l’appareil banal du désespoir
A ses miroirs de plomb
A ses bains de cailloux
A ses statues croupissantes
Place à l’oubli du bien
Aux souvenirs en loques de la vérité
Lumière noire vieil incendie
Aux cheveux perdus dans un labyrinthe
Un homme qui s’est trompé d’étage de porte de clé
Pour mieux connaître pour mieux aimer
Où commence le paysage
A quelle heure
Où donc se termine la femme
Le soir se pose sur la ville
Le soir rejoint le promeneur dans son lit
Le promeneur nu
Moins gourmand d’un sein vierge
Que de l’étoile informe qui nourrit la nuit Il y a des démolitions plus tristes qu’un sou Indescriptibles et pourtant le soleil s’en évade en
chantant Pendant que le ciel danse et fait son miel Il y a des murs déserts où l’idylle fleurit Où le plâtre qui se découd Berce des ombres confondues Un feu rebelle un feu de veines Sous la vague unique des lèvres Prenez les mains voyez les yeux Prenez d’assaut la vue
Derrière les palais derrière les décombres
Derrière les cheminées et les citernes
Devant l’homme
Sur l’esplanade qui déroule un manteau de poussière
Traîne de fièvre
C’est l’invasion des beaux jours
Une plantation d’épées bleues
Sous des paupières écloses dans la foule des feuilles
C’est la récolte grave du plaisir
La fleur de lin brise les masques
Les visages sont lavés
Par la couleur qui connaît l’étendue
Les jours clairs du passé
Leurs lions en barre et leurs aigles d’eau pure
Leur tonnerre d’orgueil gonflant les heures
Du sang des aubes enchaînées
Tout au travers du ciel
Leur diadème crispé sur la masse d’un seul miroir
D’un seul cœur
Mais plus bas maintenant profondément parmi les
routes abolies Ce chant qui tient la nuit Ce chant qui fait le sourd l’aveugle Qui donne le bras à des fantômes Cet amour négateur Qui se débat dans les soucis Avec des larmes bien trempées Ce rêve déchiré désemparé tordu ridicule Cette harmonie en friche Cette peuplade qui mendie
Parce qu’elle n’a voulu que de l’or
Toute sa vie intacte
Et la perfection de l’amour.
Lumière noire vieil incendie
Aux cheveux perdus dans un labyrinthe
Un homme qui s’est trompé d’étage de porte de clé
Pour mieux connaître pour mieux aimer
Où commence le paysage
A quelle heure
Où donc se termine la femme
Le soir se pose sur la ville
Le soir rejoint le promeneur dans son lit
Le promeneur nu
Moins gourmand d’un sein vierge
Que de l’étoile informe qui nourrit la nuit Il y a des démolitions plus tristes qu’un sou Indescriptibles et pourtant le soleil s’en évade en
chantant Pendant que le ciel danse et fait son miel Il y a des murs déserts où l’idylle fleurit Où le plâtre qui se découd Berce des ombres confondues Un feu rebelle un feu de veines Sous la vague unique des lèvres Prenez les mains voyez les yeux Prenez d’assaut la vue
Derrière les palais derrière les décombres
Derrière les cheminées et les citernes
Devant l’homme
Sur l’esplanade qui déroule un manteau de poussière
Traîne de fièvre
C’est l’invasion des beaux jours
Une plantation d’épées bleues
Sous des paupières écloses dans la foule des feuilles
C’est la récolte grave du plaisir
La fleur de lin brise les masques
Les visages sont lavés
Par la couleur qui connaît l’étendue
Les jours clairs du passé
Leurs lions en barre et leurs aigles d’eau pure
Leur tonnerre d’orgueil gonflant les heures
Du sang des aubes enchaînées
Tout au travers du ciel
Leur diadème crispé sur la masse d’un seul miroir
D’un seul cœur
Mais plus bas maintenant profondément parmi les
routes abolies Ce chant qui tient la nuit Ce chant qui fait le sourd l’aveugle Qui donne le bras à des fantômes Cet amour négateur Qui se débat dans les soucis Avec des larmes bien trempées Ce rêve déchiré désemparé tordu ridicule Cette harmonie en friche Cette peuplade qui mendie
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